Les Brèves

    Orléans s’ouvre à l’international

    Service civique ou volontaire

    Ils ont entre 18 et 28 ans, ont terminé leurs études ou font une pause dans leur cursus. Marocain, Lituanien, Espagnol, Allemand… Ils sont aujourd’hui à l’Aselqo ou au CRIJ pour découvrir une autre réalité et proposer leur service dans un esprit civique.

    philippe hadef

    L’Aselqo et le CRIJ, avec le soutien de Keolis, de la mairie d’Orléans, de la Région Centre-Val de Loire, accueillent pour une année deux jeunes volontaires européens et deux services civiques internationaux à Orléans. Deux sont sous tutorat Aselqo dans le cadre du SVE (Service Volontaire Européen), avec pour mission de partager des actions sociales et solidaires avec les équipes, les habitants des quartiers, et ainsi favoriser la mobilité et l’ouverture culturelle. Deux autres jeunes sont sous tutorat CRIJ dans le cadre du SCI (Service Civique International), avec pour mission l’information jeunesse sur les thématiques "Europe" et "solidarité internationale".

    « Une mission de solidarité internationale »

    « L’enjeu est bien de renforcer notre appartenance à la citoyenneté européenne par l’accueil de jeunes volontaires pour des missions spécifiques et valorisantes, mais aussi de rendre accessible aux jeunes Orléanais des expériences de voyage en Europe et dans le monde : stages, emploi, volontariat, solidarité », explique le président de l’Aselqo, Bertrand Perrier. La mobilité, Youssef, Ula, Irène et Carolin l’ont souhaitée. Et ils sont surtout à Orléans pour apporter leur concours à l’encadrement des jeunes et des adolescents. « J’ai un DEUG en informatique, avec une spécialisation multimédia, indique Youssef. Pour moi, c’est d’abord une mission de solidarité internationale et une autre façon de voir les relations nord-sud ». Installé au CRIJ depuis plusieurs semaines déjà, il organise des ateliers théâtre ou d’écriture.

    « Une expérience incroyable »

    Caroline, l’Allemande, avait pour sa part envie de donner de son temps aux autres, mais ses études ne lui laissaient guère d’espace. « Ici, je suis dans une approche pratique et cela correspond parfaitement à mes attentes. » Son credo, c’est la laïcité et les valeurs de la République. À l’Aselqo, Ula, qui vient à peine de passer l’équivalent du bac en Lituanie, mûrit son propre projet artistique en animant des ateliers créatifs avec les enfants. « Ce partage est une expérience incroyable » explique-t-elle. Irène, l’Espagnole, ne pourra probablement pas mettre en pratique son diplôme d’ingénieur électrique. En revanche, elle compte bien mobiliser son énergie pour redynamiser un potager urbain à la Madeleine. Solidarité, mission internationale mais surtout action de proximité : voilà ce qui définit au mieux cette politique d’échanges internationaux.

    « ici, je suis dans une approche pratique »

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      • L’alcool, fléau des routes

        Pendant l’année 2017, le Loiret a connu une baisse de la mortalité routière. 37 personnes- « toujours de trop » précise Jean-Marc Falcone- ont péri sur les routes départementales, contre 43 en 2016. « Nous avons cependant eu un mois de décembre terrible avec neuf tués… », complète le Préfet. La majeure partie des accidents mortels est liée au comportement des usagers : l’alcool est présent dans 44 % de ces accidents. Un fléau difficile à endiguer. Lors des – quelque 178 300 – dépistages d’alcoolémie faits par la police en zone urbaine, « un conducteur sur dix » conduisait alors en ayant bu.

      Parole libérée, dépôts de plainte augmentés

      La délinquance dans le Loiret

      La délinquance a légèrement réduit entre 2016 et 2017 dans le Loiret. Pourtant, les autorités observent une hausse des plaintes pour violence physique volontaire dans le département. L’affaire Weinstein et la libération d’une certaine parole ont certainement eu une forte incidence sur l’augmentation de cet indicateur cette année.

      claire seznec

      Et si la libération de la parole des femmes avait bouleversé les chiffres de la délinquance donnés traditionnellement en début d’année ? « Cela fait quelques années que c’était amorcé, mais cette nouvelle libération est un phénomène de société et c’est une très bonne chose, commente Jean-Marc Falcone, le préfet du Loiret. Les victimes expriment enfin leur détresse. » Sans doute est-ce pour cela que le nombre d’atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes (AVIP) ont, l’année dernière, augmenté partout en France. Dans le Loiret, la police (zones urbaines) et la gendarmerie (zones rurales) constatent d’ailleurs une hausse de 9,8 % de ces atteintes par rapport à 2016.

      Celles-ci se répartissent en parties distinctes : ce qui est crapuleux, telles les violences pour arracher un téléphone portable ou voler un portefeuille, qui sont en baisse de 18 % dans le département ; et ce qui ne l’est pas : les violences intrafamiliales, les incivilités automobiles, les conflits de voisinage ou la violence gratuite, qui enregistrent une hausse de 13,5 %. « Souvent, dans cette catégorie non crapuleuse, l’alcool est un facteur aggravant qui peut faciliter un passage à l’acte », précise Pascal Segura, le commandant de la gendarmerie du Loiret.

      Les hommes en disent plus, eux aussi…

      Dans une catégorie presqu’à part, les violences sexuelles connaissent une hausse, de 15,8 % dans le Loiret. « Et depuis quelques années, on observe qu’une part non négligeable d’hommes déposent plainte (pour tous types de violences), ce qui n’était pas aussi vrai auparavant, complète Fabienne Lewandowski, Directrice départementale de la Sécurité Publique. Il y a aussi une libération de la parole chez les hommes. » Pour exemple, depuis deux ans, parmi les plaintes pour violences familiales et/ou intraconjugales (qui représentent 25 à 30 % des AVIP non crapuleuses), environ 25 % des plaintes ont été déposées par... des hommes.

      « Les années précédentes, le Loiret était déjà au-dessus du panel national concernant les violences physiques », souligne en outre Fabienne Lewandowski. Sur le terrain, des intervenants sociaux ont établi des relations de confiance avec des victimes qui n’avaient pas forcément porté plainte. Au fur et à mesure du temps, la parole se libérant, ces dernières décident de se rendre au commissariat ou à la gendarmerie. Ce phénomène serait de plus en plus fréquent, ce qui expliquerait donc en partie la hausse de cet indicateur. « Nous avons également des liens étroits avec les services hospitaliers du département et avec l’Éducation nationale, ajoute Jean-Marc Falcone. D’où, peut-être aussi, une hausse des signalements de violences volontaires. »

      « les victimes expriment enfin leur détresse »
      Jean-Marc Falcone, Préfet du Loiret

      Les statistiques à la hausse ne veulent pas pour autant dire qu’il n’y a pas d’élucidations des faits. Bien au contraire même, puisqu'en 2017, la police nationale dans le Loiret affiche un taux d’élucidation* pour l’ensemble de la délinquance de 37,9 % (contre 31,7 % en 2016). Celui de la gendarmerie s’élève lui à 45,2 %, « soit 2, 8 % par rapport à 2016 ».

      Plus particulièrement, l’élucidation des cambriolages, qui impactent fortement le Loiret depuis plusieurs années, augmente elle aussi. Proche de la région parisienne et traversé par de grands axes routiers, notre département est traditionnellement un « territoire intéressant » pour ce type de larcins. « En zone rurale, la tendance à la hausse des cambriolages s’inverse doucement, explique ainsi Pascal Segura. Nous développons des relations avec la gendarmerie de Paris et ça fonctionne plutôt bien, puisque notre taux d’élucidation a augmenté de trois points en un an, pour s’élever à 11,4 %. » Pour continuer dans cette voie, le commandant souhaiterait mettre en place un dispositif de contrôle des flux routiers et ferrés. D’autant plus qu’un point de vigilance particulier concerne les alentours de Gien, plusieurs cambriolages étant « sans doute » réalisés par des personnes venues de départements limitrophes avec lesquels la gendarmerie n’a pas de liens forts pour le moment.

      Orléans, ville test ?

      Enfin, pour continuer de mieux élucider les faits, un complément de sécurité pourrait naître en zone urbaine sous l’impulsion du Gouvernement. Il s’agit de la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ). Selon le préfet Falcone, une proposition a été faite auprès du Premier ministre pour que le Loiret serve de terre d’expérimentation. « Si le gouvernement nous suit, nous sommes capables de mettre cette PSQ en application en deux à trois semaines », affirme Jean-Marc Falcone. Ces derniers jours, Orléans et le quartier de l’Argonne revenaient souvent dans les conversations pour servir de test grandeur nature à cette PSQ. La réponse devrait être annoncée à la fin de la semaine.

      *Le taux d’élucidation concerne les interpellations, les auditions et les mises en d’état de nuire.

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      • 22 813

        Le nombre de faits de délinquance enregistrés en 2017 dans le Loiret, contre 23 685 en 2016.