Les Brèves

  • 2 000

    C’est le nombre de demandes de permis de conduire émises chaque mois dans le Loiret

  • Attention aux faux amis…

    Pour rentrer les renseignements demandés dans le cadre de cette télé-procédure, il faut bien se connecter au site de l’ANTS : www.ants.gouv.fr. Car si vous tapez sur un moteur de recherche « certificat d’immatriculation » ou « permis de conduire », des liens sponsorisés vous enverront fissa sur des sites Internet qui se proposent de faire ces demandes à votre place, et moyennant finance, alors que les demandes réalisées sur le site de l’ANTS sont, elles, totalement gratuites… 60 millions de consommateurs a récemment épinglé ces sites privés, type servicecartegrise.fr ou cartegrise.com : « tous ne sont pas gages de sérieux (…), assure la revue. Ils réclament en moyenne 30 € pour réaliser la prestation mais soyez vigilants : les frais grimpent parfois. » À bon entendeur…

Permis et cartes grises passent au web

Vie pratique

C’est officiel depuis le 6 novembre : pour faire sa demande de permis de conduire et/ou de carte grise, finies les files d’attente interminables dans les couloirs de la Préfecture. Désormais, tout passe par la télé-procédure. Explications.

Benjamin Vasset

Depuis lundi, les fonctionnaires du Bureau des Usagers de la Route de la préfecture du Loiret n’épluchent plus les demandes de permis de conduire et de certificat d’immatriculation. C’est la conséquence du « Plan Préfectures nouvelle génération », mis en branle depuis 2015 pour recentrer les missions des préfectures et sous-préfectures vers quatre priorités : « la gestion des crises, la lutte contre la fraude documentaire, l’expertise juridique et le contrôle de légalité, et la coordination territoriale des politiques publiques. » Le but est, selon Hervé Jonathan, secrétaire général de la Préfecture du Loiret, de « supprimer certaines tâches chronophages, d’améliorer l’efficience de l’action publique et de travailler sur un coût moindre. »

Des « points numériques » contre la fracture

Concrètement, que cela va-t-il changer pour les usagers, qui sont 25 000 par an à faire leur demande de permis de conduire (105 000 pour les certificats d’immatriculation) dans le Loiret ? Désormais, ils devront se connecter sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés), créer un compte personnel, renseigner certains espaces et scanner les documents demandés pour recevoir le précieux sésame, permis de conduire ou certificat d’immatriculation.

Se pose évidemment la question de la fracture numérique, puisqu’il existe encore certaines zones blanches, en France et dans le Loiret, où Internet pédale encore dans la choucroute. L’État répond à ce manque par le déploiement de « points numériques ». À Orléans, l’un d’eux est situé à l’accueil de la Préfecture, au 181, rue de Bourgogne. « D’autres espaces numériques verront le jour prochainement dans les dix Maisons des Services Publics du Loiret », indique la Préfecture. Deux sont ou seront situés dans les locaux des communautés de communes (Beaune-la-Rolande, Lorris), et sept dans d’anciens bureaux de Poste (Bonny, Château-Renard, Artenay, Sully, Neuville-aux-Bois, Courtenay, La Ferté Saint-Aubin).

Pas tous seuls…

Cette offre sera-t-elle suffisante ? Hervé Jonathan assure que « l’usager ne sera pas laissé seul » face à ce qu’il qualifie davantage « comme une évolution que comme une révolution. » Et la préfecture abat la carte de « médiateurs numériques » présents qui pourront accompagner sur place les usagers. D’autre part, des professionnels de l’automobile habilités par le ministère de l’Intérieur pourront eux aussi se charger des formalités concernant le certificat d’immatriculation « pour le compte de l’usager ». Les auto-écoles auront la possibilité de faire de même pour ce qui concerne les demandes d’inscription au permis pour les primo-accédants et pour les demandes de titre en cas de réussite à l’examen. On verra, à terme, si le service au citoyen en sortira « renforcé », comme l’espère la préfecture.

Les Brèves

  • À savoir

    Réorganisation : Où iront les agents ?

    Trente-cinq fonctionnaires travaillaient jusqu’à présent au Bureau des Usagers de la Route à la Préfecture du Loiret. Que feront-ils désormais de leurs journées ? « Ils seront redéployés sur des missions prioritaires », assure la Préfecture, sans plus de précision. En tout état de cause, ils seront déjà occupés à faire un peu de ménage dans leurs bureaux. « Cinq ans d’archives de permis de conduire, cela représente plus d’un kilomètre de papier ! », assure Laurent Chamaillard, le chef du Bureau des Usagers de la Route.


    Délocalisation : De Poitiers au Raincy

    Une fois les demandes de renseignements et de documents transmises sur le site de l’ANTS, celles-ci sont dorénavant traitées par des personnels qui ne se trouveront plus dans le Loiret. L’instruction de ces demandes dépend en effet d’une plateforme située à Poitiers pour les certificats d’immatriculation et au Raincy, en Seine-Saint-Denis, pour les permis de conduire.


    Perspectives : « On est allé au bout »

    Cette « nouvelle étape dans la modernisation des démarches administratives » au sujet des permis et des cartes grises fait suite à une première étape, actée elle en mars 2017. Depuis lors, les usagers doivent en effet déjà faire leur demande de délivrance de cartes d’identité et de passeport via Internet. Y aura-t-il, dans les mois qui viennent, une ultime phase de « dématérialisation » ? « Concernant le service à l’usager, pour l’instant, on est allé au bout, répond Hervé Jonathan, secrétaire général de la Préfecture du Loiret. Mais sur certains aspects, et notamment nos relations avec les collectivités locales, on peut encore progresser, puisque l’on a encore beaucoup d’échanges papiers pour le moment. À terme, le but est que tout arrive sur informatique. »


    Réflexion : Plus propre, le numérique ?

    L’argument écologique est souvent rappelé quand il s’agit de promouvoir la dématérialisation des documents, dans les administrations notamment. Si les arbres s’en satisfont, c’est en revanche un peu moins vrai pour l’atmosphère terrestre. L’émission scientifique de France Inter, La Tête au Carré, rappelait ainsi dernièrement que « 33 courriels envoyés par jour généraient 180 kg de CO2 , soit l’équivalent de 1 000 km parcourus en voiture ». Quand on sait que 250 milliards de courriels sont envoyés par jour sur la planète…

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  • Un spécialiste reconnu

    La parole de Jacques Baillon sur le loup n’est pas celle d’un expert à la petite semaine. En 2016, il publiait ainsi, avec Drôles de loups et bêtes féroces, son quatrième ouvrage sur le sujet. Personnage reconnu dans le domaine de la protection de l’environnement à Orléans –il fut notamment président de l’association des Naturalistes Orléanais, devenue Loiret Nature Environnement- il ne cesse de mettre en garde contre les raccourcis véhiculés par les possibles observations de loup revenant régulièrement dans l’actualité. Pour en savoir plus sur Jacques Baillon, vous pouvez toujours consulter sur Calaméo le portrait que L’HebdO d’Orléans lui avait consacré en janvier 2015 (n°92). 

Loup, y es-tu… vraiment ?

Le point de vue d’un expert

Les récents témoignages d’observation de loup dans le Loiret, et notamment dans le massif de Lorris*, sont-ils crédibles ? Et dans le cas où cette hypothèse serait vérifiée, doit-on avoir peur du grand méchant loup ? L’Olivétain Jacques Baillon, spécialiste du sujet, a répondu à ces questions. Et son message est clair : gare aux fantasmes !

« Un tel témoignage -comme celui qui a été mentionné dans les journaux à mi-octobre- ne peut être validé que lorsqu’une preuve scientifique de son sérieux est apportée. Ce qui, à ma connaissance, n’est pas le cas pour cette apparition furtive dans le massif de Lorris (mais l’ONCFS** a diligenté une enquête sur ce témoignage suivant les procédures habituelles). Pour cela, il faut récupérer du matériel (crottes, poils, etc), par exemple sur des restes de proies (chevreuils, moutons...) consommées par le carnivore afin de pratiquer une analyse ADN. Elle seule permettra de savoir s’il s’agit d’un loup, d’un chien ou d’un renard.

Il y a eu, dans un passé récent, plusieurs récits d’observations de « loups » dans la région, en Sologne, en Berry, en forêt d’Orléans et même en Beauce, qui se sont tous avérés faux après enquête. Un des derniers en date concerne un animal ressemblant à un loup, repéré en Ile-de-France, et qui a fait la Une de toute la presse. En fait, il a été prouvé ensuite, photos à l’appui, qu’il s’agissait d’un chien-loup échappé depuis deux ans de chez son maître. Les ressemblances physiques entre certaines races de chien (principalement les chiens-loups tchèques ou les Saarloos) et les loups sont à l’origine de ces confusions.

Possible… un jour

Ceci dit, le loup peut à tout moment revenir en région Centre-Val-de-Loire puisque c’est une espèce qui peut parcourir des distances considérables à la recherche de nouveaux territoires : plusieurs centaines de kilomètres en quelques semaines ne lui font pas peur. Les indices de présence attestés, aux portes de la région, ont concerné l’Aube en 2014 (non loin des frontières orientales du département) et plus récemment la Nièvre. Il n’est donc pas théoriquement impossible que le carnivore sauvage soit un jour observé dans le Loiret ou plus au sud de la région.

« si un loup arrivait, il n’y aurait rien à craindre » 

Depuis que, dans les années 70, l’État italien a décidé de protéger cette espèce qui était en voie de disparition (il ne restait qu’une centaine d’individus dans les Abbruzzes), celle-ci a entrepris de reconquérir les territoires qu’elle occupait autrefois, dont la France, et les loups erratiques qui pourront nous intéresser ici sont issus de cette population italo-alpine en expansion.

Pas de quoi s’inquiéter

Le loup était autrefois un danger pour l’homme lorsqu’il était porteur de la rage (ainsi que les chiens), mais la maladie a disparu de France depuis fort longtemps (dernier cas sur l’Homme en 1924). Les seuls cas constatés récemment ont concerné des personnes mordues par des chiens dans des pays encore infectés ou importés illégalement en France. Donc, si un loup pointait le but du museau un de ces jours en Sologne ou ailleurs, il n’y aurait rien à craindre. Seuls les moutons à l’air libre auraient peut-être quelques raisons de s’inquiéter… » 

*Ce témoignage a été repris dans La République du Centre, le 15 octobre dernier. Il faisait état d’une observation faite en août dans le massif de Lorris par un certain François Baillon, qui n’est autre que le frère de…Jacques Baillon.

**Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage. 

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  • En bref

    Ailleurs en France : Il est partout, le loup !

    Faire une revue de presse dans les différentes régions de France s’avère tout à fait instructif sur le traitement réservé au loup. « Un loup aperçu dans la Somme » (La Voix du Nord, 27/10), « Plusieurs loups rôdent aux portes de Nîmes » (BFM TV, 26/10), « Le loup est aux portes du Limousin », (Le Populaire, 25/10)… Si l’on écoutait l’ensemble de nos gazettes, on pourrait presque croire que des dizaines de milliers de bêtes menacent la tranquillité des populations. Heureusement qu’il n’y a qu’un peu plus de 350 individus recensés en France en 2017, selon les données du réseau Loup-Lynx de l’ONFCS. Toutefois, ce chiffre, rendu public en mai dernier, faisait aussi état d’une augmentation de 23 % par rapport à l’année précédente…


    Protestation : Debout contre le plan loup

    Plusieurs centaines d’éleveurs ont manifesté début octobre contre un Plan Loup 2018-2023 en pleine élaboration. Un plan que ces éleveurs ne jugeaient pas assez ferme contre le prédateur, rendu coupable, par la DREAL, de la mort de plus de 10 000 ovins en France en 2016. Les mesures de protection envisagées par le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de la Transition Ecologique, notamment la priorité aux tirs d’effarouchement et de défense simple et la restriction de la délivrance des tirs de défense renforcée, ont ainsi été vivement critiquées par ces éleveurs proches de la FNSEA, de la FNO et des Jeunes Agriculteurs.


    Coup de gueule : Vanier au front

    Invité de Jean-Jacques Bourdin (RMC) le 27 octobre dernier, le réalisateur solognot Nicolas Vanier a déclaré qu’il allait rencontrer Nicolas Hulot pour lui proposer d’interdire la chasse dans les espaces clos. Sont clairement visées les grandes propriétés de chasse clôturées de Sologne, où leurs propriétaires viennent s’adonner à la carabine le week-end venu. On souhaite bon courage à Nicolas Vanier dans cette croisade, à laquelle les lobbys de chasseurs et de propriétaires –parmi lesquelles de riches industriels parisiens (Bouygues, Dassault…)- réserveront sans doute un accueil enthousiaste. Chose amusante : le film de Nicolas Vanier, L’Ecole Buissonnière, a été adoubé par la puissante fédération nationale des chasseurs, qui y a vu un moyen de réhabiliter la pratique de la chasse auprès des jeunes générations. Comprenne qui pourra.