Les Brèves

    100 000 € pour l’OLB, la Ville « assume »

    Conseil municipal d’Orléans

    Le conseil municipal d’Orléans a voté, lundi dernier, une rallonge de 100 000 € à l’OLB destinée à soutenir financièrement ce dernier. Alors que l’opposition municipale faisait part de son émoi, la majorité justifiait

    cette décision par sa position d’actionnaire majoritaire dans le capital du club. Benjamin Vasset

    Les conseillers municipaux d’opposition avaient promis qu’ils rueraient dans les brancards, et ils l’ont fait, avec peut-être un peu moins de verve que prévu. Les caméras de télé avaient d’ailleurs pressenti d’éventuelles frictions et avaient, chose rare, été autorisées à filmer les débats, lundi dernier, lors d’un conseil municipal dont l’ordre du jour ne comprenait pourtant « que » 30 points. L’un d’eux devait cependant cristalliser des points de vue divergents entre la majorité et l’opposition, au sujet de la subvention exceptionnelle de 100 000 € accordée à l’OLB pour boucler une saison 2017-2018 particulièrement mouvementée sur le terrain et en coulisses. Touchée par les blessures, les suspensions et/ou les méformes, l’OLB a en effet recruté à tour de bras cette saison pour tenter d’arriver à bon port, c’est-à-dire le maintien en Pro A. Tout récemment, trois joueurs sont arrivés dans le Loiret pour prêter main forte au navire OLB. Trois arrivées qui ont un coût et auraient contraint le club à puiser dans ses ressources si la Ville n’avait pas décidé de lui accorder cette rallonge exceptionnelle et substantielle. C’est en tout cas ce qu’a justifié lundi la majorité dans les prises de parole concordantes de Soufiane Sankhon, Philippe Pezet, Michel Martin, Olivier Carré et… Florent Montillot. « Le fait d’être en Pro A, ça ne se discute pas », expliquait d’ailleurs le maire-adjoint à l’Éducation.

    « C’est choquant  »

    Cela a pourtant été discuté sur les bancs de l’opposition municipale, Corinne Leveleux-Teixeira (PS) se déclarant ainsi « très surprise » par le montant et le timing de cette rallonge, octroyée en pleine saison.

    « Il ne s’agit pas de ne pas soutenir le club, soulignait-elle, mais cette subvention pose problème. Je n’aime pas la politique du coup par coup. » La chef de file socialiste était rejointe par le conseiller municipal communiste Michel Ricoud, qui trouvait « fort de café » le déblocage de ces 100 000 € destinés à « maintenir l’OLB ». « J’estime qu’il y a d’autres priorités, continuait l’élu. Je suis choqué. Le sport de haut niveau est gangréné par le tout-fric. » Pris en suspicion de « conflit d’intérêt » par Corinne Leveleux-Teixeira, qui l’interrogeait sur sa double casquette de maire-adjoint aux Finances et de président du conseil de surveillance, Michel Martin abattait la carte « Ville d’Orléans, actionnaire majoritaire » du club pour légitimer cette subvention. Actionnaire majoritaire et donc dans l’obligation de « prendre ses responsabilités et de faire son devoir » quand le besoin s’en fait sentir. « Lorsqu’on pilote un club, il faut être combatif », martelait Michel Martin, qui déplaçait ensuite le débat sur le terrain de la… métropole pour les années à venir. « Il y a neuf clubs en Pro A qui sont financés par des métropoles, lançait l’élu. Peut-être faut-il que nous le fassions, avec un périmètre plus large pour ne pas avoir de subventions à la traîne. » Ceux qui trouvent que l’aide accordée par les collectivités à l’OLB est déjà conséquente en seront pour leurs frais : ce n’est visiblement pas à l’ordre du jour, ni à celui des prochaines années. Souhaitant « dépassionner » les débats, Olivier Carré prenait la parole pour rappeler que la Ville « n’avait pas la même responsabilité » par rapport à l’OLB que vis-à-vis de l’USO. « On fait notre devoir, rien de plus, rien de moins », sommait le maire d’Orléans, dans l’optique, aussi, d’apaiser les ressentiments qui pourraient naître du côté du stade de La Source. On aura relevé que personne n’aura sinon évoqué les responsabilités des uns et des autres dans la saison calamiteuse d’Orléans Loiret Basket. Nul doute que ce débat-là devrait avoir lieu, si ce n’est pas déjà fait, quelle que soit l’issue du championnat.

    Les Brèves

    • 30 000 € pour l’USO

      En marge de cette délibération « basket », les élus ont été amenés à approuver un avenant à la « convention d’objectifs Espoir 2017-2020 » passé entre la Ville et l’USO. Avenant qui prévoit le déblocage d’une subvention de 30 000 € pour soutenir la politique sportive de l’USO en matière de formation. Corinne Leveleux-Teixeira a qualifié cette délibération d’ « opportune », tant cet avenant donnait l’air d’être présenté pour ne pas donner l’impression qu’on habillait Pierre pendant qu’on laissait Paul en chaussettes. 

    Les Brèves

      Les fleurs, reines des Jardins

      Domaine de Chaumont-sur-Loire

      Depuis 1992, le Domaine de Chaumont-sur-Loire se pare d’œuvres d’art vivantes et végétales lors du Festival international des Jardins. Cette année, l’événement s’intéresse au pouvoir des fleurs. Et si les pétales pouvaient changer le monde ? 

      Claire Seznec

      Certains ne regardent pas les arbres, ni les fleurs, ni les jardins. D’autres se sentent démunis sans la verdure et les couleurs chatoyantes des plantes. D’autres encore en sont littéralement passionnés. C’est le cas de Chantal Colleu-Dumond, la directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire et, donc, du Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire : « Quand on travaille beaucoup sur et dans les jardins, on est obsédé par le pouvoir esthétique et le pouvoir thérapeutique des fleurs. » Ce constat pose une question : « Comment de jeunes concepteurs vont utiliser les fleurs dans des jardins contemporains ? »

      Le thème de cette 26e édition du festival s’est alors imposé de lui-même : Flower power, ou le pouvoir des fleurs. On peut aussi y voir une référence aux années 1970, « une époque à laquelle on mettait en valeur la paix et l’amour, des idées peut-être parfois un peu oubliées aujourd’hui », regrette Chantal Colleu-Dumond. Dans un monde où la violence semble présente à chaque instant, les fleurs, par leur panel de couleurs, leurs parfums en tous genres et leurs formes incroyables, sont un contrepoids bienvenu. « Elles constituent un concentré de beauté formelle, affirme la passionnée de végétaux. Il suffit de bien regarder une fleur, même un bouton d’or, pour y découvrir une perfection géométrique et chromatique. » Les fleurs sont mystérieuses à bien des égards : elles entraînent vers le rêve ceux qui ont gardé leur esprit d’enfants curieux de tout et « ensorcellent nos esprits tendus ». En laisser son regard vagabonder sur la surface immense et bleue des iris, dans les Prés du Goualoup, une sorte d’apaisement étreint. « Les fleurs font vraiment du bien », estime Chantal Colleu-Dumond.

      Des mondes imaginaires

      Plus de 300 dossiers de jeunes créateurs de jardins du monde entier ont été reçus pour le concours du Festival international des Jardins. Après une première sélection d’une soixantaine de dossiers réalisés par le jury du festival, vingt-cinq ont été retenus et auditionnés par les jardiniers et paysagistes du Domaine. « Nous avons aussi cinq invités qui n’ont pas participé au concours, mais qui créent un jardin pour l’occasion », précise la directrice du site. Jusqu’au 5 novembre, trente nouveaux jardins contemporains s’épanouiront donc sur le Domaine de Chaumont-sur-Loire. Tous portent la marque du créateur, tous s’engouffrent dans des univers particuliers et racontent une histoire. Végétaux et matériaux se mêlent pour ne former qu’un et même ensemble. « Ce ne sont pas des jardins classiques. L’intérêt réside dans la mise en scène, dans l’imagination et dans l’émotion », complète Chantal Colleu-Dumond.

      « Les fleurs constituent un concentré de beauté »
      Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire

      À l’orée du festival, un nouveau jardin des carpes, créé par l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois et l’Union nationale des entreprises du paysage, accueille le visiteur. En contrebas du chemin principal, presque caché, ce sous-bois semble rendre hommage à la vie de la nature. Avec ses fleurs blanches au printemps et son feuillage rougeoyant en automne, il est comme une porte d’entrée vers le végétal. Une porte qui débouche sur un mur vert et feuillu. En contournant ce dernier, un champ de fleurs colorées, démultiplié par un agencement de miroirs, s’étale. Ce jardin rappelle qu’il est bon de s’arrêter quelques instants pour contempler notre environnement et sa nature cachée aux yeux inattentifs. Un peu plus loin, un arbre fleuri éclate un sol de béton. Au détour d’un chemin, les plantes médicinales des Sorcières d’antan rougeoient. En continuant un peu, un village abandonné entouré de nombreuses plantes hallucinatoires permet d’étudier cinq états éprouvés par la prise de drogues. Chaque jardin ouvre un monde différent sur les pouvoirs floraux. « Cela permet de mettre en évidence le talent de futurs grands paysagistes » qu’on pourrait qualifier d’artistes tout en dévoilant « les nouvelles tendances de végétaux et de matériaux » utilisés dans le jardin. Chantal Colleu-Dumond espère que le festival « déclenche l’envie et le désir de créer des univers analogues chez soi ». Mais surtout, qu’il « crée de la joie ».

      Le végétal, art éphémère

      Les trente nouveaux jardins du festival ont été réalisés entre le 15 février et le 15 avril sur des parcelles allant de 250 à 300 m2. « Cinq-six personnes travaillent sur une seule parcelle. Il y a des botanistes, des paysagistes, des artistes, des paysagers, des designers… », énumère la directrice du festival. Dans un souci de qualité, « chaque matin, les jardiniers du Domaine passent dans chaque jardin pour les entretenir. » Au début du mois de juillet, un panel d’experts des jardins, avec des artistes, des paysagistes, des journalistes spécialisés, rendra, comme chaque année, quatre grands prix : le prix de la Création, le prix Design et idées novatrices, le prix Palette et harmonie végétales ainsi que le prix Jardin transposable. « Le fait que les jardins aient vécu avant le verdict du jury est important : ils sont sans cesse différents, mais la qualité doit durer », explique Chantal Colleu-Dumond.

      Jusqu’à la fin du festival, ces jardins scénographiés vont donc être soignés, évoluer au gré des saisons et surtout, vivre. Un des jardins contemporains de l’événement fait d’ailleurs écho à cette vie. Il propose un cheminement du désespoir vers la renaissance : de fleurs basses, sombres et résistantes à un foisonnement de fleurs lumineuses et hautes, les traces d’anciens conflits sont avalées par les végétaux. Car si leur floraison est éphémère, ils continuent de vivre malgré les actes négatifs de l’Homme.

      Alors, après la fermeture du festival, que deviendront les centaines de fleurs, d’arbres et de matériaux divers ? « Nous récupérons tous les végétaux, informe la directrice. Ils sont replantés dans les jardins permanents du Domaine de Chaumont-sur-Loire. Rien n’est jeté. » Ces fleurs continueront donc à s’épanouir, dans le sanctuaire végétal qu’est le Domaine.

      Plus d'infos

      Le Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire est ouvert tous les jours du 20 avril au 5 novembre 2017, de 10 h à 20 h (horaires variables selon la saison). Plusieurs tarifs sont établis. Pour voir uniquement le Festival, comptez 15 € en tarif plein, 9,50 € pour les 12-18 ans, les étudiants et les demandeurs d’emploi et 5 € pour les 6-11 ans (gratuit avant 6 ans).

      Les Brèves

      • Le Flower Power en images

        Dans les galeries de la cour des jardiniers, la poésie des fleurs s’expose en deux temps. D’abord avec une série de dix photographies d’Éric Sander, le photographe attitré du Domaine de Chaumont-sur-Loire. En trente ans de carrière, il a réalisé des milliers d’images du Festival international des Jardins. Puis, avec de petites vidéos de Luzia Simons, qui entraînent dans un univers mêlant humour et onirisme. Univers où cohabitent avec grâce les plantes et les insectes. 

      • 400 000

        Le nombre de visiteurs qui se sont rendus au Domaine de Chaumont-sur-Loire en 2016.