Les Brèves

    De la sculpture aux honneurs

    Charles Million

    À Orléans, sur le médaillon de la tombe de Charles Péguy, sur le buste de Fernand Rabier ou encore sur le monument à Léon Chenault, une signature : celle de « C. Million ». Qui était ce sculpteur talentueux ? Retour dans les années 1900. 

    Claire Seznec

    Au premier étage du 163 de la rue du faubourg Saint-Vincent, à Orléans, dans un immeuble anodin, on a pu apercevoir, derrière les vitres, des bustes de plâtre, oubliés là. Là, ce fut la demeure et l’atelier de Charles Million, né le 28 avril 1890 à Orléans d’un père plâtrier. Élève à l’école des Beaux-Arts de la ville, il reçut plusieurs prix pour ses réalisations estudiantines. Entre-temps, il rencontra l’écrivain Charles Péguy, avec qui il lia une forte amitié.

    En octobre 1911, le jeune homme, alors âgé de 21 ans, fut intégré au parcours militaire du conseil départemental, avant de rejoindre le 131e Régiment d’infanterie en mai 1912. Après la mobilisation générale de la Première Guerre mondiale, début 1914, il fut blessé en Meurthe-et-Moselle, précisément à Tellancourt. Il souffrit alors d’une « commotion cérébrale et d’une hémoptysie dues à l’éclatement d’un obus ». Il fut tout de même nommé caporal en décembre 1914. Son parcours militaire s’arrêta en octobre 1919, suite à des « troubles fonctionnels du cœur ». Dès lors, il revint à l’école des Beaux-Arts d’Orléans, où il devint professeur de modelage. Quelques temps plus tard, en 1927, il fut membre de la Société des Artistes Français et reçut les Palmes académiques de la « Légion violette ». Ces Palmes étaient remises, depuis 1808 et jusqu’à aujourd’hui, à certains fonctionnaires de l’Université. Million fut alors fait officier de l’instruction publique et continua d’exercer jusqu’en 1961, tout en présidant la commission tripartite d’apprentissage dans le Loiret.

    En parallèle du professorat, Charles Million se lança dans l’entrepreneuriat et ouvrit une entreprise de marbrerie et de statue. S’il grava et décora des objets de verre et créa des enseignes murales pour les magasins orléanais, son travail s’orienta surtout vers les monuments aux morts. Il réalisa entre autres celui de Beaugency et du Lycée d’Orléans.

    Des ouvrages « remarqués »

    L’artiste aimait aussi l’humain et dressa de nombreux bustes en plâtre, parfois polis de manière cuivrée. Parmi ses bustes les plus connus, on compte celui de l’homme politique Fernand Rabier, installé sur la place Halmagrad ainsi que le monument dédié à l’horticulteur Léon Chenault et le monument de Pierre-1er-de-Serie, tous deux au parc Pasteur. Son œuvre la plus importante pour les Orléanais, de par la notoriété du sujet, est plus ancienne. Il s’agit du médaillon ornant la tombe de Charles Péguy, au cimetière Saint-Marc. Les traits sculptés sont d’ailleurs repris d’un tableau de Pierre Laurens (1908).

    Chaque année, le sculpteur orléanais exposa aux Artistes Orléanais et sur son stand de la Foire Expo. « Ses devantures et installation de magasins : boucherie, charcuterie, alimentation ; ses meubles en marbre, si bien ouvrés, ses étagères, ses comptoirs sont très remarqués », pouvait-on lire dans Le Journal du Loiret, lors de la 15e Foire Expo d’Orléans, en mars 1936, où il connut un véritable succès. Deux ans plus tard, à Saint-Benoît-sur-Loire, il rencontra l’écrivain Max Jacob, dont il sculpta un buste vivant et souriant, une œuvre délocalisée au musée des Beaux-Arts de Quimper. Après avoir reçu la Légion d’honneur à une date inconnue, Charles Million décéda le 9 janvier 1978 à Orléans, laissant son atelier de la rue du faubourg Saint-Vincent à l’abandon.

    « Charles Million et ses " troubles fonctionnels du cœur " »


    Les Brèves

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        Marre du lit qui grince ?

        Le lit qui craque lorsqu’on essaie de s’endormir n’est jamais agréable. Pour y remédier, rien de plus simple. En soulevant le matelas, on peut mettre du talc pour bébé sur les jointures, il faut tout de même éviter d’amasser la poudre dans les recoins. 

        La cire d’abeille, à frotter sur une bougie avant utilisation, est également une astuce intéressante. Il suffit de l’appliquer aux endroits qui grincent. L’opération est à renouveler tous les deux ans environ.



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