Les Brèves

  • Et la cité musicale ?

    Lors de l’annonce officielle de sa candidature à la mairie d’Orléans, le 17 décembre dernier, Serge Grouard a lancé l’idée de ne pas construire la cité musicale à la tête nord du pont de l’Europe, comme Olivier Carré l’avait souhaité, mais de l’implanter plutôt sur le site de l’ancien Hôpital Porte-Madeleine. Un tel changement serait-il possible techniquement, alors que des études ont déjà été lancées ? Dans le camp Carré, on semble répondre que oui, même si cela coûterait de l’argent, et qu’il faudrait alors, dans ce cas précis, renoncer à des logements sur le site d’HPM. Olivier Carré, lui, se montre sceptique : « un certain nombre de profs ne seraient pas à l’aise avec l’idée d’aller enseigner là-bas (porte Madeleine, ndlr). De plus, il ne faut pas raisonner qu’à l’échelle du centre-ville d’Orléans, mais bien à celle de la métropole. Et ne pas regarder tout le temps vers le passé… » Une petite pique assassine à visage découvert, tandis que d’autres, parmi les proches du maire d’Orléans, soupirent : « c’est triste à dire, mais Serge ne connaît plus ses dossiers, ou en tout cas beaucoup moins bien que lorsqu’il était aux affaires… »

L'O est sur de bonnes voies !

Grand équipement dans le quartier Gare, à Orléans

Dans un peu plus d’un an, les Orléanais devraient pouvoir profiter du nouveau centre aqualudique qui se construit en lieu et place de l’ancienne maison d’arrêt. Un chantier à 18 M€, qu’élus et constructeurs habillent de toutes les qualités...

benjamin vasset

Pierre Pouëssel, le préfet du Loiret, a le sens de la formule. Au moment de commenter la pose de la première pierre de l’O, le plus haut représentant de l’Etat dans le département a défini le futur équipement comme une « invitation au voyage et à l’évasion ». Il faisait ainsi un parallèle avec l’histoire séculaire des lieux, où s’érigeait auparavant la maison d’arrêt d’Orléans. Après que les pelleteuses ont désormais terminé leur travail de démolition, le chantier est entré dans sa phase de construction, malgré quelques péripéties conséquentes à la découverte de trois bombes datées de la Seconde guerre mondiale lors de la phase de démolition.

De bombes, il en sera question dans un peu plus d’un an, quand les habitants de la métropole orléanaise se jetteront gaiement, d’ici au premier trimestre 2021, dans l’eau des deux bassins ouverts au public, aux scolaires et aux associations. Pour rappel, un bassin polyvalent et un bassin de nage formeront le cœur de ce nouveau centre aqualudique, lequel abritera également un espace de bien-être (balnéo, hammam, saunas, jacuzzi…) et des éléments ludiques (pentagliss, simulateur de gliss pour le surf, etc).

Cet équipement de 4 000 m2 sera notamment entouré de 2 000 m2 d’espaces boisés et végétalisés.

« Nager dans la nature… »

C’est d’ailleurs cet aspect que les élus locaux et le groupement chargé de la construction ont absolument voulu mettre en avant lors de la pose de la première pierre, à la fin du mois de décembre dernier. Parmi eux, l’architecte Cyril Trétout, de l’agence parisienne ANMA, s’est montré, assez logiquement, le plus dithyrambique. « Nous avons proposé quelque chose qui a complètement surpris le jury, raconte-t-il. La première image que nous leur avons montrée, c’était… une forêt. » Aussi Cyril Trétout insiste fortement là où, selon lui, ça fait (du) bien. « L’O n’est pas un projet d’équipement, c’est un projet d’urbanisme, dit-il. Dans notre bâtiment, ce n’est pas la piscine qui sera mise en valeur. Ce que les habitants verront en premier, ce seront les arbres... » Bien sûr, ceux qui seront plantés n’ont pas encore été tout à fait définis, mais les architectes assurent sur ce point qu’ils travailleront avec les services de la Ville, « qui ont une grosse compétence sur la question du paysage ».

« quand il faut faire vert... »

En attendant que cette végétation pousse et que les usagers puissent « nager dans la nature », selon l’image toute en emphase de l’architecte, tout le monde a bien insisté sur le côté vert du projet, comme toujours en de pareilles occasions. Olivier Carré, maire d’Orléans, a ainsi salué la sortie prochaine « d’un écrin naturel en plein cœur d’une zone urbaine » et d’un « quartier très minéral ». Bouygues Construction a de son côté rappelé que le label « Biodivercity » serait, pour la première fois en France, accolé à l’équipement. Pour les non-initiés, sachez que ce label permet « d’attester et de valoriser la prise en compte de la biodiversité et de la haute qualité écologique d’un projet, autant sur la stratégie déployée que sur l’architecture écologique du projet et les services rendus aux usagers. » At last but not least, la Ville pointe encore un projet environnemental « exemplaire », dans le sens où l’O aura pour but « de présenter des performances énergétiques au-delà des objectifs, grâce à une récupération des calories de l’eau et de l’air et un recyclage de l’eau, avec notamment une consommation d’eau de moins de 100 litres par baigneur ».

Un délégataire connu dans un gros mois

Tout cela est bien beau, mais ces arguties seront vite rangées par les usagers quand ils voudront faire leurs premières brasses. Et une chose les intéressera au premier chef : le prix d’entrée. Celui-ci n’a pas encore été fixé mais, en mairie, on signale qu’il devrait être « du même ordre que celui du Palais des Sports » (3,80 € plein tarif) pour la partie bassins. Pour la partie bien-être et ludique, ce sera autre chose, et il faudra encore attendre les résultats de l’appel d’offre lancé pour l’exploitation de l’équipement, qui sera une délégation de service public (DSP). Quatre candidats se sont déclarés pour le moment. Les offres finales seront étudiées début janvier, et le vote concernant l’heureux élu devrait intervenir au conseil municipal de février. Cette DSP sera effective pour quatre ans. La mairie sera évidemment soucieuse des prix proposés par l’exploitant et lui demandera, en outre, d’être « très large sur les horaires d’ouverture ». Il n’a pas encore été décidé si les tarifs seraient différents entre les habitants d’Orléans et ceux du reste de l'agglo. Mais Olivier Carré a rappelé que cet équipement serait utile aux « Orléanais et à l’ensemble de la métropole… » Celui qui coiffe les deux casquettes de maire et de président de l’interco a enfin indiqué que l’O ne mettrait pas en péril les finances publiques. Maintenir ou non les dépenses lors du prochain mandat : cela fut en effet l’un des nouveaux thèmes de la campagne aux municipales au mois de décembre. Un débat lancé par les partisans de Serge Grouard, qui ont pris la posture de ceux qui comptent sérieusement leurs sous. « On donne l’impression que beaucoup de choses bougent en même temps, mais tout est planifié. Rassurez-vous, ces éléments sont cohérents avec notre capacité d’investissement », répond Olivier Carré... à ce coup d’épée dans l’O.

Les Brèves

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    • EN BREF

      Orléans : Et un label, un !

      Repris en 2012 par la Ville d’Orléans, le Parc de la Fontaine de l’Étuvée (5 ha), situé au nord-est de la commune, a récemment reçu le label Eco-Jardin. Celui-ci permet de valoriser le travail réalisé par les agents en matière de gestion écologique des espaces verts. Selon la mairie, une équipe d’experts a ainsi validé en décembre dernier le fait qu’aucun traitement phyto n’avait été réalisé depuis plus de 10 ans, qu’il n’y avait aucun arrosage automatique d’utilisé, que les espèces remarquables étaient identifiées ou que les prairies naturelles étaient bel et bien conservées. Un véritable Éden en pleine ville !

      Orléans : Si, si, le MOBE avance…

      Malgré des débats récents concernant des retards dans les travaux, le chantier du MOBE entre bien dans sa dernière phase. Depuis la fin décembre et jusqu’à la mi-février, des interventions extérieures vont ainsi être menées, notamment sur la façade. Elles auront lieu le soir, entre 21h et minuit, et nécessiteront alors une mise en sens unique de la rue Marcel-Proust. Le MOBE doit être livré cet été, après plus de deux ans de travaux…et presque un an de retard sur le calendrier établi au départ.

    Un parc urbain à La Source ?

    Un futur équipement en projet

    Dans le cadre du plan ANRU 2, un parc urbain pourrait voir le jour sur un hectare dans le quartier de La Source. Des ateliers de concertation ont déjà commencé pour définir les contours du projet.

    B.V 

    On n’a pas fini d’entendre parler de l’ANRU 2 dans la métropole orléanaise. Un peu plus de 250 millions d’euros vont en effet être mis sur la table dans les dix années à venir aux Chaises (Saint-Jean-de-la-Ruelle), à l’Argonne et à La Source. Dans ce cadre-là, la mairie d’Orléans prévoit d’aménager, dans ce dernier secteur, un « parc urbain » sur une superficie d’un hectare environ, situé entre les rues Alain-Fournier, Senghor et Jean d’Aulon. « Cet espace est situé en proximité du complexe sportif du Minouflet, la médiathèque Maurice-Genevoix, de la mosquée, et de la Maison de Santé Pluridisciplinaire, précise Muriel Chéradame, maire-adjointe orléanaise en charge de l’urbanisme. Il avait un temps été émis l’éventualité de construire un CFA pour les Compagnons du Devoir. Mais finalement, cet espace aurait plutôt vocation à être ouvert et à être surtout utile aux habitants. » D’où la notion de « parc urbain », qui est apparue.

    Du sport, des jeux, du repos…

    Pour ce faire, l’élue assure que la population a été consultée afin de donner du corps à ce projet. Selon elle, des particuliers, des écoles, l’Aselqo locale et le conseil consultatif de quartier ont été associés aux discussions, pour une « concertation très en amont ». Et la restitution de ces échanges a abouti, pour Muriel Chéradame, à des « éléments de consensus », autour de la réalisation d’espaces de jeux, de sport et d’aires de repos. La nature de ces équipements a ensuite donné place à des débats sur leur destination. « Par exemple, sur le ou les équipements sportifs, doit-on bâtir quelque chose pour les jeunes de 15 à 17 ans ou pour un plus large public ?, fait remonter l’élue. Sur le stationnement, comment l’organise-t-on ? Et que fait-on de l’eau ? Certains voudraient des fontaines, d’autres des miroirs d’eau… » Avec ces éléments en main, un maître d’œuvre paysagiste doit en tout cas être désigné dans le courant de cette année 2020 pour mettre sur papier les premiers éléments actés. « Ensuite, assure Muriel Chéradame, il y a aura une nouvelle phase de propositions qui devra donner lieu à de nouvelles suggestions. »

    Bref, ce n’est pas tout à fait demain la veille que les habitants de La Source pourront gambader dans ce « parc urbain », d’autant plus que, cela n’a échappé à personne, des élections municipales auront lieu en mars prochain. À la question de savoir si ce projet ira à terme au cas où les élus actuellement aux manettes seraient remplacés par d’autres, Muriel Chéradame monte tout doucement dans les tours. « Aujourd’hui, on est inscrit dans la convention ANRU 2, relève-t-elle. Et je ne vois pas une équipe qui la dénoncerait ! Même si tout est possible, ce serait pour le moins malvenu ! » En ce moment et jusqu’au mois de mars, tout sera donc sensible…et éminemment politique.

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