Les Brèves

  • À SAVOIR / FORMATION

    Orientation : Parcoursup, c'est parti !

    Les élèves de Terminale peuvent déjà se connecter à Parcoursup pour préparer leurs projets d'orientation. Il est déjà possible de commencer à regarder les formations proposées puis, début décembre, de renseigner sa fiche de dialogue pour les lycéens. Ce n'est qu'à partir du 20 décembre qu'il sera possible de consulter la liste complète des formations pour 2020 et, à partir du 22 janvier jusqu'au 12 mars, de formuler ses vœux. Plus d'informations sur www.parcoursup.fr

    Orléans : Le Salon de l'Étudiant, c'est maintenant !

    Le 30 novembre à Orléans (9 h-17 h) se tiendra le Salon de l'Étudiant au Chapit'O, à Fleury-les-Aubrais. Un rendez-vous à ne pas manquer pour découvrir des formations, mais aussi assister à des conférences afin de choisir son orientation. Il sera possible, en salle de conférences, de découvrir comment partir étudier à l'étranger (15 h), ou encore de brosser un panorama des études supérieures scientifiques et technologiques (10 h 30). Programme complet sur www.letudiant.fr

    Orléans : L’ISC Paris, c’était mercredi !

    Mercredi 20 novembre, l’ISC Paris, installé à Orléans, rue Jeanne d’Arc, a été inauguré. Cette grande école de commerce propose un Bachelor de niveau Bac + 3 et délivre un titre RNCP de niveau II (niveau VI dans la nouvelle nomenclature). 29 étudiants de première année et 30 étudiants en troisième année constituent la première promotion. Pour la prochaine promotion, l’ISC espère accueillir 60 étudiants en Bachelor 1, 30 en Bachelor 3 mais aussi des Mastères spécialisés et une offre de formation continue, développée en partenariat avec les entreprises régionales. Côté encadrement, 30 enseignants-chercheurs et experts professionnels y interviendront.

Les jeunes vont savoir s'orienter de nuit !

Un événement « fun » et instructif pour les jeunes du Loiret

Afin de démonter les idées reçues sur certains métiers et surtout susciter des vocations, la CCI du Loiret reconduit le 6 décembre, de 17 h à 21 h 30, dans ses locaux de Citévolia, son opération baptisée La Nuit de l'Orientation, à destination des collégiens, lycéens mais aussi de leurs parents.

g.m.

« Malgré les taux actuels du chômage, nous avons des difficultés à recruter, pas seulement dans les métiers en tension, mais dans tous les secteurs pratiquement », explique Alain Jumeau, le président de la CCI du Loiret, laquelle organise le 6 décembre prochain sa deuxième édition de La Nuit de l'Orientation. « Nous attendons plutôt un public familial, surtout des collégiens et des lycéens. » En effet l'événement, contrairement à un salon classique, se passera en fin de journée et soirée. « C'est une organisation fun », insiste Alain Jumeau, qui espère atteindre les 1 200 visiteurs cette année.

Plus de 120 professionnels

En arrivant à La Nuit de l'Orientation, les collégiens et lycéens seront invités à répondre sur place, s'ils le souhaitent, à un questionnaire en ligne fourni par la fondation Jeunesse Avenir Entreprise, afin de déterminer les secteurs vers lesquels ils ont le plus d'appétence. « Grâce à leurs identifiants, les jeunes pourront accéder à leurs résultats et consulter des fiches métiers pendant soixante jours », précise Alain Jumeau. De quoi leur permettre d’affiner leur projet notamment afin de commencer à réfléchir à leur stage de 3e par exemple ou pour anticiper le choix de leurs spécialités pour le lycée. Il sera également possible de rencontrer des professionnels de l'orientation pour construire son projet professionnel sur le pôle Orient'Express avec le service régional d'orientation.

« une inadéquation des formations aux métiers »

On n'oublie pas cependant que ce grand rendez-vous est organisé par la CCI, et donc qu’il s'agit bien d'une manifestation orientée « métiers ». Ce sont ainsi plus de 120 professionnels répartis sur 17 pôles qui seront présents pour faire découvrir leurs métiers, mais aussi leurs réalités de manière concrète. « Le stage de 3e ne suffit pas, explique Alain Jumeau. On s’aperçoit que les jeunes ont une image assez éloignée de la réalité des professionnels. » Chez ces derniers, le constat est également celui d'une inadéquation des formations à leurs métiers. Les jeunes pourront donc se renseigner directement auprès des professionnels sur la voie à suivre. Hôtellerie-restauration, santé, informatique, transport-logistique... Il ne restera plus qu'à choisir les domaines qui les intéressent afin de rencontrer professionnels, chefs d'entreprise mais aussi salariés.

Codage et DJ !

Comme l'événement se veut festif, des animations seront prévues : DJ set tout au long de la soirée, espace pour se relaxer avec des jeux ainsi qu'un bar sans alcool... Pour dérouiller ses méninges et pourquoi pas susciter quelques vocations car le secteur est porteur, il y aura même une initiation au codage animée par les étudiants de la Wild Code School (6 ateliers de 30 minutes). À noter, pour ceux qui n’habitent pas dans la Métropole, que des cars seront mis à disposition gratuitement pour se rendre à la CCI (sur inscription) au départ des villes de Beaugency, Gien, Montargis et Pithiviers. 

Plus d'infos
Nuit de l’Orientation
Le 6 décembre de 17 h à 21 h 30, à la CCI du Loiret, 43 rue Danton, à Fleury-les-Aubrais.
Entrée libre et gratuite.
Inscription obligatoire et gratuite pour les cars jusqu'au 3 décembre sur www.loiret.cci.fr

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  • Les statistiques de l'orientation

    Selon les derniers chiffres communiqués à la rentrée 2019 par le rectorat, 65 % des élèves de 3e avaient choisi de s'orienter vers une seconde générale et technologique dans l'académie. 35 % des élèves seulement avaient choisi la voie professionnelle (8 % CAP et 27 % bac professionnel). Des chiffres identiques à ceux de 2018, qui confirment cependant une montée en puissance de la voie professionnelle. Cependant, il existe des disparités régionales : en effet, dans le Loiret comme l'Indre-et-Loire, le taux de poursuites dans la voie générale est de 66 % et de 66,3 % contre 62,8 % dans l'Indre et 64 % dans le Loir-et-Cher.

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  • Sinon, le prêt ad hoc

    Les étudiants capables d'apporter des garanties suffisantes peuvent se tourner vers les prêts ad hoc des banques. Ces offres incluent elles aussi un différé de remboursement, sur une durée globale oscillant entre neuf et douze ans, et permettent surtout d'emprunter beaucoup plus. Comptez par exemple jusqu'à 120 000 € dans le cadre du « prêt étudiant évolutif » de la Société générale, 80 000 € pour le « prêt études » du CIC, 60 000 € à LCL et 35 000 € à la Banque postale. Concernant les taux d'intérêt, ils tournent grosso modo autour de 1 à 1,5 % (TAEG fixe). Sachez d'ailleurs que certains établissements ont des partenariats avec des écoles afin de proposer des taux préférentiels à leurs étudiants.

Un prêt garanti par l'État

Financement des études

Pour des milliers d'étudiants, l'emprunt est un passage obligé afin de financer des études supérieures. À défaut d'un bon dossier, il peut toutefois être difficile d'obtenir les fonds escomptés. C'est pourquoi l'État a mis en place un crédit garanti par ses soins.

julie polizzi

La poursuite d'études supérieures peut coûter très cher. Faute de trésorerie familiale suffisante, il faut bien souvent recourir au crédit pour s'offrir le cursus de son choix. Or, même si les banques proposent des offres dédiées à ce public particulier, la fragilité d'un dossier a tôt fait de vous fermer les portes. À défaut de pouvoir montrer pattes blanches, les jeunes peuvent se tourner vers un prêt étudiant garanti par l'État.

Tout l'intérêt de ce crédit à la consommation spécifique est qu'il permet d'obtenir un financement sans avoir besoin de fournir la caution d'un proche ou une preuve de revenus. À la place, c'est ici un fonds de garantie géré par la Banque publique d'investissement Bpifrance qui couvre 70 % du montant total du crédit (hors intérêts), tandis que la banque partenaire prend en charge les 30 % restants. Si vous ne remboursez pas vos échéances dans les temps, ce sera donc le fonds qui couvrira l'essentiel de votre créance. Destiné au plus grand nombre, ce prêt garanti est accessible à toute personne, française ou de citoyenneté européenne, de moins de 28 ans, inscrite dans un établissement d'enseignement supérieur afin d'y préparer un diplôme.

Des avantages…

Ce crédit spécifique est proposé par cinq établissements bancaires partenaires : les Banques populaires, la Société générale, le Crédit Mutuel, le CIC et certaines Caisses d'épargne. Dans tous les cas, vous pourrez emprunter jusqu'à 15 000 € sur un minimum de deux ans. Mieux encore : vous pouvez attendre d'entrer dans la vie active pour rembourser ! Cette offre prévoit en effet la possibilité d'un paiement différé, total ou partiel, au terme du cursus. Vous pouvez par exemple vous acquitter des seuls intérêts du crédit pendant votre formation et régler le capital emprunté après votre diplôme ou carrément tout payer après l'obtention de ce dernier. Le différé ne s'étend cependant pas au-delà de dix ans à compter de la date de souscription du prêt. Bon à savoir : le coût total du crédit sera forcément moins élevé si vous remboursez les intérêts au cours de vos études.

… et des bémols

À première vue, ce dispositif est une véritable aubaine. Mais s'il permet d'obtenir un coup de pouce bienvenu, il ne faut toutefois pas être dupe : les établissements partenaires ne s'engagent pas par pure bonté d'âme. Pour s'y retrouver financièrement, les banques sont libres de fixer le taux d'intérêt de l'emprunt. Et elles n'hésitent pas à se baser sur le type d'études poursuivies pour déterminer ce dernier. Il est donc judicieux de comparer plusieurs offres. Quant aux dossiers bancals, ils peuvent ici aussi être refusés. Comme pour tout crédit, l'agence réalise en effet une analyse de risques. Or, si elle juge que vous ne serez pas capable de vous acquitter de votre dette, elle est en droit de vous refuser les fonds, et ce malgré la caution de l'État. En l'absence de critère de ressources, sachez d'ailleurs que c'est la qualité de votre projet professionnel mais aussi la notoriété de l'école que vous avez choisie qui seront passés à la loupe. Mieux vaut donc savoir précisément vers quel métier vous vous destinez. D'autant plus que les banques proposent un nombre limité de ces prêts étudiants qui s'écoulent en général entre juin et octobre.

Les Brèves

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    • En pratique

      Les sessions de formation de la Kutter School Academy sont consultables sur le site Internet mybarbermarket.com, rubrique Kutter School Academy. Les master classes se déroulent à Blois, dans des locaux spécifiques de 80 m2 destinés à la formation. Deux formules sont au programme : Trois jours pour 1 200 € TTC ou une journée pour 450 € TTC. L’inscription se fait par téléphone au 02 54 46 69 27.

    Les barbiers ont droit à leur école en centre-val de loire !

    une formation originale : La Kutter School Academy

    Emmanuel Renaud est à l’origine de la première école de barbier en France, qui ouvre à Blois. Possédant déjà quatre barber shops – dont un à Orléans – ainsi que sa propre marque de soins naturels, cet entrepreneur de 44 ans a voulu transmettre son savoir-faire dans un secteur en pleine mutation. Entretien.

    charly colin

    Emmanuel Renaud, vous avez un parcours professionnel assez atypique. Comment en êtes-vous arrivé là où vous en êtes aujourd’hui ?

    J’ai débuté par une formation classique en coiffure. Je souhaitais ensuite m’orienter dans le domaine de la barbe et je suis parti me former à l’étranger. Ça a été une période très enrichissante, puisqu’elle m’a permis d’apprendre le métier mais aussi de découvrir différentes techniques. J’ai par la suite lancé mon premier Mister Kutter, à Blois, en 2014. Voyant le succès de ce premier salon, j’en ai ouvert un deuxième à Orléans, rue Royale, en 2015, puis à Tours en 2016, et au Mans, l’année dernière. Je voulais garder cet esprit « barbier de quartier », ce côté convivial et proche du client. Je me limite donc à quatre barbiers par boutique.

    Comment avez-vous eu l’idée de lancer votre école, et qu’est-ce que votre formation apporte réellement ?

    Premièrement, c’est un métier qui se transmet par la pratique, sur le terrain. Ensuite, au vu du manque de main-d’œuvre et de la difficulté à recruter des personnes déjà compétentes, l’idée de former du personnel spécialisé dans ce domaine a rapidement émergé. C’est un métier en pleine mutation, il y a une forte demande et malheureusement, aucune formation reconnue par l’État n’existe actuellement. Le but est donc de former les apprenants de A à Z, de leur donner les clés afin d’être rapidement opérationnels sur le terrain par une formation adaptée aux besoins réels du métier. Ils pourront potentiellement avoir un poste chez moi ou dans une autre enseigne. L’objectif de cette école est de développer la profession et faire bouger les choses.

    « Rester sur du qualitatif »

    Concrètement, comment se passe la formation ?

    Ce sont des master classes de trois jours durant lesquels les apprenants vont apprendre la taille de la barbe, le rasage, la coupe… En somme, toutes les bases du métier de barbier. J’ai décidé de me concentrer sur quatre élèves par session de formation, afin de rester sur du qualitatif. Le matin est consacré à la théorie – par des démonstrations notamment – et l’après-midi à la pratique sur des modèles mis à disposition par mes soins. On passe en revue tout le déroulé, étape par étape, de l’ensemble des prestations que propose un barbier. Cette formation est ouverte aux coiffeurs et professionnels de la barbe et, à l’issue de celle-ci, ils repartent avec une certification de la Kutter School Academy.

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      • On peut tester !

        Nombreux sont les jeunes qui ne savent pas choisir leur formation.

        À l’école de La Mouillère, à Orléans, il est possible de tester l’internat et les formations, à partir de 14 ans, dès le printemps, sous forme de stage de trois jours. C’est gratuit, une participation étant seulement demandée pour l’internat. 

      Environnement : où se former ?

      des Formations dans le Loiret

      L’environnement et sa protection suscitent des vocations. Il existe une vaste palette de métiers divers pour lesquels il est possible de se former dans la métropole orléanaise et dans le Loiret à partir du bac.
      g.m. 

      BTSA Gestion et Maîtrise de l’eau

      La maîtrise de l’eau est un élément important aujourd’hui. L’école de la Mouillère, à Orléans, propose depuis cette rentrée un nouveau BTSA en apprentissage autour de la gestion et de la maîtrise de l’eau. « Nous avons des profils de jeunes venant de bac S, STAV, mais aussi de bacs STL, explique Mélissa Masure, chargée de développement à La Mouillère. Mais il est possible d’accueillir un candidat littéraire si cela correspond à son projet et s’il est motivé. » Cette formation peut déboucher sur une poursuite d’études comme sur des postes de technicien en système d’assainissement, conseiller en gestion de l’eau, technicien de rivière… Pour postuler, pas d’épreuves spécifiques : l’entretien sera déterminant dans la sélection. Il est conseillé de venir aux portes ouvertes le 8 février prochain ou de contacter l’école avant l’ouverture de Parcoursup. Comme il s’agit d’apprentissage, il faudra également trouver une entreprise, mais l’école dispose de contacts. 16 étudiants sont inscrits dans la première promotion, dont le planning se partage entre 15 jours chez l’employeur et 15 jours à l’école.

      Plus d'infos www.lamouillere.fr


      BTSA Gestion et protection de la nature

      Les passionnés de nature peuvent aussi passer le Brevet de Technicien Supérieur Agricole option gestion et protection de la nature au lycée général et technologique agricole Le Chesnoy Les Barres, à Nogent-sur-Vernisson. Un établissement qui prépare en deux ans ce diplôme entrecoupé d’un stage de 12 à 16 semaines. De quoi permettre des débouchés dans des structures associatives de protection de la nature ou dans des administrations territoriales. Il est d’ailleurs possible de poursuivre des études dans ce domaine avec ce même établissement et l’université de Tours, afin d’aller vers une licence professionnelle forêt, gestion et préservation de la ressource en eau, voire même d’effectuer – avec l’université d’Orléans – un Master agrosciences, environnement, territoire, paysage et forêt.

      Plus d'infos www.lesbarres.fr


      Master Risques et Environnement

      À l’Université d’Orléans, plusieurs parcours peuvent déboucher sur des métiers touchant à l’environnement. Il est ainsi possible de se spécialiser en trois ans dans la maîtrise énergétique avec la licence professionnelle « Maîtrise de l’énergie, électricité, développement durable, parcours Maîtrise de l'efficacité énergétique et réseaux ». Celle-ci a pour objectif de former des professionnels capables de faire de la veille technologique et de suivre l’évolution de la réglementation en matière d’efficacité énergétique.

      Il existe aussi des formations de l’OSUC et de l’Université d’Orléans, comme le Master risques et environnement, qui a pour objectif de permettre aux jeunes diplomés de maîtriser les fondamentaux des sciences appliquées à l'environnement, à l'énergie et à la gestion de risques industriels. Deux parcours sont possibles : chimie, pollution, risques, environnement, ou bien véhicules et systèmes énergétiques durables.

      Plus d'infos www.univ-orleans.fr

      Plus d'infos
      Plus de formations sur www.etoile.regioncentre.fr/GIP/accueiletoile

      Les Brèves

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        • Humaniser le numérique

          Le 23 janvier prochain aura lieu en région, à Orléans, une journée consacrée au numérique pour tous et à ses usages dans le cadre d’une action spéciale baptisée Human Tech Days. Il sera notamment question de savoir comment adapter les services sur Internet aux usagers, notamment ceux en situation de handicap ou d'illettrisme, mais aussi d'illectronisme. Ce dernier point est en effet l’un des freins rencontrés par nombre d'usagers dans leurs démarches.

        • 10,5 %

          Le taux de personnes souffrant d’illettrisme en région Centre-Val de Loire

        Illettrisme et illectronisme, deux fléaux très présents

        Région Centre-Val de Loire

        Vendredi 8 novembre se tenait à Orléans un colloque régional autour de l’illettrisme et « l’illectronisme » en présence des acteurs régionaux qui luttent contre cette réalité à laquelle n’échappe pas notre territoire.

        gaëla messerli

        Les chiffres sont alarmants. Au niveau national, 7 % de la population métropolitaine serait en situation d'illettrisme, soit 2,5 millions de personnes. 11 % des moins de 25 ans auraient également une difficulté de compréhension d'un texte simple, rappelle Jean-Paul Carlat, le président de l'Union Régionale des Centres de Ressources Illettrisme et Alphabétisme (CRIA) du Centre-Val de Loire, qui accompagnent chaque année près de 1 000 personnes dans chacun des six centres locaux. « Notre société a du mal à réduire cette réalité », estime François Bonneau, président de la Région. Celui qui était proviseur dans une autre vie affirme d’ailleurs qu’il est « plus difficile de travailler en Zep + en milieu rural que dans les quartiers prioritaires de la ville en milieu urbain, car il y a moins d'offres culturelles. »

        En région, l’Indre et le Cher mauvais élèves

        En effet, si l'on regarde les Journées d’Appel de Préparation à la Défense, où se présentent des jeunes de nationalité française de 17 ans, « le taux régional d’illettrisme est de 10,5 %, mais il y a parfois des chiffres plus élevés dans certains territoires, notamment dans le Cher (14 %) ou l'Indre (13,6 %) », indique Pierre Pouëssel, préfet de région. Il s'agit cependant d'indicateurs qui ne comptent pas les personnes de nationalité étrangère, rappelle-t-on du côté des Centres de Ressources Illettrisme et Analphabétisme. En outre, pour Mathieu Juchet, directeur du CRIA Loiret, « la carte de l'illettrisme est souvent superposable à celle de la pauvreté. »

        Cependant, l’une des vraies difficultés pour les professionnels et les associations, outre le problème du tabou qui entoure encore ce genre de situations, c'est que la moitié des personnes en situation d'illettrisme… travaillent. Nathalie Bellier, de l'agence Partnaire, confirme d’ailleurs « perdre certaines candidatures à cause des tests passant par l'écrit. C'est dommage, car les personnes pourraient parfois être très compétentes pour certains postes. » « Lorsque les temps sont compliqués au niveau économique, ce sont les plus fragiles qui sont touchés », poursuit de son côté Isabelle Gaudron, vice-présidente de la Région en charge de la formation. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, les CRIA se tournent vers les entreprises, mais aussi vers les syndicats, pour tenter de trouver des solutions. « Nous travaillons par exemple en lien avec l'agence d’intérim Partnaire et avec l'UDEL-MEDEF pour sensibiliser davantage le tissu entrepreneurial », explique Jean-Paul Carlat.

        « notre société a du mal à réduire cette réalité »
        François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire

        La fracture numérique

        Après l'illettrisme, un autre fléu s’insinue dans les réalités sociales contemporaines : avec l'ère de la digitalisation et de la dématérialisation de la plupart des démarches, 13 millions de personnes sont en situation « d'illectronisme » en France. La région Centre-Val de Loire n'y échappe pas, notamment en raison des nombreuses zones blanches, mais pas seulement. « L'illectronisme, c'est l'illettrisme de demain », résume ainsi Geneviève Baraban, conseillère départementale du Loir-et-Cher, chargée de mission pour la lutte contre l'illettrisme et l'illectronisme dans un département qui a créé un Observatoire autour de ces problématiques. Pour les professionnels des CRIA, Internet est tout à la fois un défi, mais aussi un outil avec des programmes d'e-learning et la création d’applications adaptées afin de faire baisser cette tendance.

        Prévention et accompagnement

        Plus globalement, pour lutter contre ces deux problèmes de fond, l’État et la Région se sont engagés dans la lutte contre l'illettrisme à travers un plan régional pour l'acquisition et le développement des compétences entre 2016 et 2021. Il porte sur la prévention, notamment au niveau de la petite enfance, « avec les partenaires » comme l’Éducation nationale. Pour la Région, qui s'est positionnée depuis longtemps sur le volet de la formation, il s'agit surtout d'intervenir à travers l'accompagnement et la formation de publics en situation d'illettrisme, à travers notamment les visas libres savoirs. Un nouveau Visa + a vu le jour récemment pour les demandeurs d'emploi (remise à niveau, acquisition de compétences de base pour les personnes en situation d'illettrisme, etc...). 350 000 personnes ont déjà pu bénéficier de Visas et 290 000 ont été formées avec le Visa pro numérique (ex-visa Internet).

        Pour Isabelle Gaudron, les centres sociaux, les CCAS et les associations sont souvent le premier relais, mais à l'approche des élections municipales, la vice-présidente de la Région Centre-Val de Loire rappelle que c'est le moment de sensibiliser les élus locaux et de les impliquer. « Il faut les prendre aux tripes ! », conclut-elle dans une formule bien sentie.

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        • Un observatoire en région

          Au sein de l'Observatoire de l'Économie et des Territoires et de la Direction de l'Insertion et de l'Action Sociale Territoriale du Loir-et-Cher, un observatoire de l'illettrisme a été créé. Ce département pilote dans le domaine a signé notamment un contrat-territoire lecture publique afin d'accompagner et de former les usagers aux nouvelles pratiques culturelles et numériques, en particulier les publics fragiles.