Les Brèves

    Festival de Loire, neuvième !

    Du 18 au 22 septembre 2019

    La 9e édition du Festival de Loire commencera mercredi prochain. Plus de 750 000 visiteurs sont attendus, autour d’une programmation riche et agrémentée de petites nouveautés. b.v


    Comme tous les deux ans, le Festival de Loire revient donc animer les berges du Fleuve royal du 18 au 22 septembre prochain. Les Orléanais bien installés connaissent désormais la grosse machinerie de cet événement qui vise à mettre en valeur le patrimoine fluvial de la cité johannique. Plus de 200 bateaux ligériens et des fleuves de France sont attendus dès la semaine prochaine, de même que 700 mariniers, qui ne viendront pas (que) boire des chopines en profitant de la douceur d’une fin d’été orléanaise.

    Le gros du programme est cousu de fil blanc : courses de bateaux, démonstrations de métiers et savoir-faire liés à la batellerie fluviale, scènes musicales, expositions, conférences ateliers, etc. Il y aura aussi deux temps forts, les vendredi et samedi soirs. Le premier sera un spectacle intitulé La Loire au temps de la Renaissance : on y parlera des « gens » de la marine fluviale à cette époque, « en traçant des portraits emblématiques ». Le lendemain, spectacle pyro-musical au menu – comprenez feu d’artifice en musique – qui rendra hommage au pays invité d’honneur de ce Festival de Loire : l’Angleterre.

    Tamise la table ?

    590 ans après la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc, la Grande-Bretagne revient donc par la grande porte sur les berges de la Loire. Trois bassins fluviaux d’outre-Manche seront représentés à Orléans : le Fleuve Severn, le Fleuve Mersey et la Tamise, avec un village spécialement dédié à ce dernier. Le fait d’inviter l’Angleterre cette année n’est pas, on s’en doute, une approbation du Brexit… « Sur la Loire comme sur la Tamise, l’utilisation était faite de bateaux à fonds plats, en raison de la profondeur des fleuves parfois faible », expliquent les programmateurs, jetant là un pont entre Orléans et l’Angleterre.

    Parmi les grands temps forts de ce Festival de Loire 2019, la présence d’un chanteur de renommée nationale le dimanche, pour un concert aux airs de clôture. Après Olivia Ruiz en 2017, ce sera Renan Luce qui viendra pousser la chansonnette. Adjointe en charge du tourisme et du Festival de Loire, Martine Grivot indique qu’elle voulait un « artiste jeune » qui puisse emmener sous son pavillon toutes les générations. Ce sera chose faite.

    Enfin, l’une des grandes nouveautés de cette neuvième édition sera la mise en place, le dimanche, de grandes tables sur le pont George V, « pour se restaurer ou boire un verre avec un point de vue unique sur le festival », indique la mairie. Voilà qui promet, selon elle, « cinq journées intenses, joyeuses et colorées », malgré l’émergence, depuis quelques semaines, de polémiques sur l’impact environnemental de l’événement (voir ci-dessous). 

     Plus d'infos : Retrouvez le programme complet sur www.orleans-metropole.fr

    Les Brèves

    • Un festival ouvert

      Concerts, initiations à la danse, déambulations, humour de rue… seront proposées aux Orléanais, non seulement sur les quais, mais dans l’ensemble de la ville, promet la mairie. Et ce afin de ne pas circonscrire la seule attraction du Festival aux berges de Loire. 

    Les Brèves

      Quand la campagne s’invite…

      L’impact écologique du Festival de Loire

      Transport des bateaux, pompage de l’eau pour remplir le Canal d’Orléans, Duck Race… Des voix s’élèvent et reprochent au Festival de Loire de ne pas être tout à fait « vert ». Comme si la campagne aux municipales était déjà lancée... b.v


      Certains esprits chafouins s’agaceront certainement que les écolos ne leur lâchent pas le grappin. Mais c’est un fait : aujourd’hui, dans un contexte d’urgence climatique, la plupart des événements de grande ampleur, comme le Festival de Loire, sont passés au crible de l’empreinte écologique. Bien consciente qu’elle serait observée sur ce point, la mairie d’Orléans met en avant, dans sa communication, des « actions concrètes en faveur de l’environnement » : tri sélectif, 35 000 gobelets consignés, récupération des huiles de cuisson usées, interdiction des pailles en plastique, etc. Et pour venir au Festival, elle dit favoriser les transports en commun avec la mise en place d’un pass TAO deux jours pour l’utilisation des bus et du tram.

      Pas assez pour Jean-Philippe Grand, actuel conseiller municipal EELV et candidat à la mairie en mars 2020. « Depuis le début du Festival de Loire, j’ai toujours été étonné qu’on fasse venir les bateaux sur des camions, exprime-t-il. Tout cela coûte en plus de l’argent. Je vais faire une proposition pour faire construire une flotte de bateaux en local. » Sur ce point, Martine Grivot, adjointe au tourisme, répond qu’une subvention, dont le montant n’a pas été précisé, sera versée à « une association qui lutte pour l’environnement », en l’occurrence Loiret Nature Environnement. Une « compensation carbone » qui ne satisfait pas totalement Jean-Philippe Grand, lequel a déjà rué dans les brancards sur un autre sujet, celui du pompage de l’eau de Loire décidé pour emplir le Canal d’Orléans. « Cela n’a aucun intérêt, c’est anti-pédagogique, et c’est mettre des rustines sur une jambe de bois, affirme l’élu EELV. Et cela coûte de l’énergie. On est à côté des enjeux environnementaux. » Face à la polémique naissante, la mairie a dégainé par communiqué, rappelant que le débit d’eau pompé ne représentait « seulement que 0,05 % de celui en Loire », qu’il serait effectué « dans les eaux superficielles de la Loire, non dans les nappes phréatiques », et que « l’eau pompée pour remplir le canal retournerait, à la suite de la manifestation, dans la Loire. »

      Trop, c’est trop ?

      Certains s’étonnent également de voir des bateaux traditionnels armés d’un gros moteur naviguer sur la Loire. « Pendant une heure par jour, on essaye de demander à tous les bateaux de ne pas l’utiliser », répond Martine Grivot. L’emploi de feux d’artifice est également de plus en plus décrié par des associations, comme récemment le collectif Je Nettoie ma Loire, qui s’inquiète de leur impact sur la faune locale. « On pourrait, c’est vrai, faire appel à des fabricants qui utilisent des matériaux biodégradables, appuie Jean-Philippe Grand. Mais surtout, il faudrait se poser la question de la multiplication de ces feux d’artifice au cours de l’année. »

      Devant ces réticences, Martine Grivot se dit « surprise » : « il y a certes des personnes et des assos qui sont soucieuses de l’environnement, mais je sens bien qu’on est à six mois des élections, et que tout est prétexte à critiquer la ville… » Visé, Jean-Philippe Grand répond : « nous sommes face à une équipe qui privilégie l’économique à l’écologique. Tant que cette municipalité fera des choix anti-écologiques, nous les dénoncerons. » 

      Les Brèves

      • Et la Duck Race…

        30 000 canards en plastique seront jetés à l’eau le dimanche 22 septembre pour une course au profit d’associations. Ces derniers mois, on a reproché à ces volatiles de polluer l’environnement. « C’est la 3e édition, et personne n’en avait rien dit avant, tonne Martine Grivot. Or, tous les canards sont contrôlés ! » Jean-Philippe Grand dit lui comprendre le « symbole » qu’en font les anti-canards, mais veut rester mesuré, rappelant sa position « d’écologiste pragmatique ». 

      Les Brèves

        Do you know Festival de Loire ?

        Rayonnement et retombées

        Le Festival de Loire est bien connu des Orléanais. Mais un événement de ce type est aussi conçu pour faire rayonner la ville bien au-delà de ses frontières. Répond-il à cet objectif ? b.v


        Au printemps dernier, les élus orléanais ont présenté la neuvième édition du Festival de Loire dans le prestigieux cadre de l’ambassade de Grande-Bretagne, à Paris. Une manière de ramener des médias nationaux et internationaux à la cause de l’événement. Et à en croire Martine Grivot, quelques-uns auraient mordu à l’hameçon. « Il y avait même une télévision chilienne qui était présente », indique l’adjointe au tourisme. Selon elle, lors de la dernière édition du Festival de Loire, 40 % des retombées presse étaient régionales. Il y en aurait eu 680 en tout : TF1 et l’AFP auraient parlé deux fois de l'événement, NT1 une fois, et d’autres médias nationaux (Historia, Rustica…) auraient aussi relayé la tenue du Festival. « En 2017, nous avions cinq journalistes nationaux sur site : RTL, TF1, l’AFP, Le Parisien et Radio-Vinci », complète Martine Grivot. Pour 2019, les services indiquaient, à dix jours de l’événement, 119 retombées presse. Cependant, si l’on tape Festival de Loire sur Google, l’occurrence renvoit presque exclusivement à des articles de supports médiatiques locaux. Même chose si l’on répète l’exercice sur la plateforme de vidéo en ligne YouTube.

        Un événement qui reste local

        Difficile de savoir, sur les 750 000 visiteurs annoncés lors de la dernière édition, la provenance de ceux-ci. D’après un professionnel orléanais du tourisme, la plupart d’entre eux « sont des locaux. Le reste représente une part résiduelle ». Selon lui, malgré les campagnes d’affichage qui ont été menées tout le long de la Loire jusqu’à Nantes, et même à Paris, il est dommage que la clientèle de la capitale ne soit pas plus appâtée par l’événement : « il faudrait l’ouvrir sur un autre axe : par exemple, que tous les commerçants du centre-ville affichent des réductions de 20 %. Ça pourrait créer un levier de déplacement encore plus important pour faire venir les Parisiens. » Pour ce professionnel, il est compliqué d’appâter des visiteurs hors Loiret sur une longue durée lors du Festival de Loire : « il faut être honnête : c’est un bel événement, mais faire le tour des quais, ça dure au maximum une journée. Le Festival de Loire, c’est avant tout des gens du coin qui viennent chercher des produits du coin. »

        À quelques jours de l’événement, certains hôteliers constatent pourtant des retombées palpables. Même hors centre-ville, au Mercure des Portes de Sologne, la directrice, Christine Fournot, observait un impact sur ses réservations : « cela a surtout pris le samedi soir, et le week-end est pratiquement complet. » 

        Les Brèves

        • 2,180 M€

          C’est le budget du Festival de Loire. Si l’on soustrait les 400 000 € de recettes annoncées, 1,8 M€ restent à la charge de la collectivité.