Les Brèves

  • Techno ou Électro ?

    L’électro est plus fédérateur que la techno. L’un comme l’autre sont des genres qui invitent à danser, mais la techno est plus minimaliste et répétitive. Une multitude de sous-genres a vu le jour depuis la naissance de l’électro, et certains artistes n’hésitent pas à mixer l’électro à du jazz ou du hip-hop (Parov Stelar), voire au son du saxophone (Thylacine) ou des cuivres (Meute). Les festivals tech-électro rassemblent un public large principalement motivé par la musique, à ne pas confondre avec un teknival, un rassemblement de plusieurs sound systems installés librement en un endroit pendant plusieurs jours consécutifs, ou une rave party, souvent clandestine et associée à un public plus underground véhiculant un refus du système.

L’électro monte le son !

TENDANCE EN CENTRE-VAL DE LOIRE

Depuis que le Set Électro des fêtes johanniques a popularisé l’électro auprès du grand public local, différents événements éclosent et élisent domicile en Centre-Val de Loire, répondant à un réel besoin exprimé par plusieurs générations de fans. Entre modernité et univers décalé, explication du phénomène.

ambre blanes

Souvent méconnues du grand public, les musiques électro, au même titre que celles de son sous-genre la techno-house, drainent de véritables communautés à travers le territoire mais sont peu représentées à la radio ou à la télévision. C’est Internet qui participe en effet majoritairement à la diffusion de ce style musical. La région Centre-Val de Loire faisait figure de « mauvais élève » dans ce domaine jusqu’en mai 2008, date à laquelle fut créé le Set Électro des fêtes de Jeanne d’Arc. Pour attirer plus de jeunes sur cet événement et réduire la somme de contre-soirées dans les communes alentour, la mairie d’Orléans choisissait de mêler tradition et modernité à travers un événement fédérateur. Un pari réussi, puisque 12 000 jeunes assistèrent à la première édition du Set Électro, portée par les DJs Clamaran et Martin Solveig.

Mêler patrimoine et électro

Dès lors, les organisateurs d’événements électro se branchèrent sur la bonne fréquence : le patrimoine. Certaines régions disposent de leurs plages ou de leur montagne pour séduire le public, la région Centre-Val de Loire misa, elle, sur les forêts (le Belvédère des Caillettes a accueilli le live mix de Viken Arman pour Cercle, en 2017), les bords de Loire et, surtout, les bijoux de l’Histoire. Regorgeant de cathédrales, châteaux et manoirs privés, les départements locaux invitent désormais les spectateurs à pousser les portes du terroir pour avoir accès à un cadre unique qui séduit maintenant l’Île-de-France, comme d’autres villes de Province. Nantais, Lillois ou Marseillais rejoignent ainsi les villes et villages du Centre-Val de Loire pour "tripper" momentanément. L’émergence de temps forts électroniques confère ainsi une image jeune et positive au territoire, dont le potentiel est quasi-illimité, entre friches industrielles et bords de Loire.

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      Orléans, Chambord, Blois… Tous en mode électro

      Les événements électro se multiplient

      Le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire accueillent chaque année de très beaux événements électro. Après le Set Électro orléanais du 7 mai et avant le Cocorico Electro de ce week-end à La Ferté Saint-Aubin, petit tour d’horizon des événements phares en région.

      Les Îlots Électroniques, à Tours

      Créés en 2014 en Touraine, Les Îlots animent les dimanches après-midi grâce à une programmation qualitative dans des lieux atypiques et une ambiance conviviale. Les Tourangeaux, amateurs ou curieux, assistent aux live d’artistes de la scène électronique gratuitement, tels que les Groove Boys Project ou Arno N’Joy.

      Prochaines dates : 21 juillet, 4 août


      Cercle X, à Chambord

      Les événements Cercle bénéficient d’une renommée mondiale du fait de leur label. Le principe : promouvoir des artistes grâce à des performances live diffusées en direct depuis des lieux inhabituels. Particulièrement prisées, les dates (généralement en semaine) sont communiquées au dernier moment et les plus réactifs seulement assistent à la soirée. Cercle pose ses enceintes à Chambord en 2017, invitant Deborah de Luca à mixer sur la terrasse. En 2019, le collectif organise son premier festival, surfant sur le rayonnement des 500 ans de la Renaissance. Stephan Bodzin, Polo & Pan, Solomun… : le line-up attire un large public, trop peut-être, puisque l’événement aura souffert de plusieurs couacs logistiques du fait de l’affluence de 25 000 festivaliers. 


      Electro Pool Party, à Blois

      ElectroLab Events a lancé la première Pool Party régionale en 2018 à l’espace aquatique L’Agl’eau, à Blois. Ici, il est question de faire la fête pour saluer la fin de l’été dans un cadre propice à la détente. Mosimann sera la tête d’affiche de l’édition 2019, qui propose un espace VIP avec une vue imprenable sur la scène et un apéritif dînatoire arrosé au champagne.

      Prochaine date : 7 septembre


      Fusion Estivale, à Orléans

      Fusion voit le jour en 2018 grâce à l’alliance de deux collectifs régionaux, le chartrain Splitzer et Tarmac 3000 (lui-même produit de la fusion de l’Orléanais Collectif Première et du Parisien Clubster) avec la volonté de mettre en place deux jours de fête 100% gratuits autour de la découverte de la musique électro dite underground. En 2019, plus de 3 000 participants désireux de taper du pied sur le sol orléanais (contre 600 l’an passé) sont enregistrés, témoignant d’un attrait grandissant pour cette culture. Le line-up de l’événement intègre des artistes de renommée internationale comme Folamour, Mézigue ou encore Cabanne et Lowris, tous deux résidents de Concrete (rendez-vous électro sur les quais parisiens) pour la session 2019.

      Prochaine date : mai 2020

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        • La programmation

          Vendredi, de 20 h à 2 h : The Avener, Yuksek, Jabberwocky et ADN

          Samedi, de 17 h à 2 h : Fakear, Mome, Joachim Garraud, Retrovision, Maeva Carter, Mozambo, Holseek et Jokiz

          Tarifs : 35 € la soirée, 69 € le pass 2 jours / dès 89 € la soirée VIP, 159 € le pass 2 jours VIP

          Plus d’infos sur www.cocorico-electro.fr

        Le Cocorico électro Festival double la ration !

        Ça va bouger à la ferté saint-aubin...

        Cette année, le Château de La Ferté Saint-Aubin accueille la troisième édition du Cocorico Electro Festival, les 12 et 13 juillet. Un festival de musique électronique qui allie patrimoine et pyrotechnie, en prolongement du Festival du Cosson.

        A.B

        L’idée de départ du Cocorico Festival était de proposer une alternative rassemblant un large public pour la traditionnelle soirée du 14 juillet. Agathe Pouillart, Nils Limoge et Lancelot Guyot, les organisateurs, se sont alors lancés dans l’aventure en 2017, qui a pris corps dans un lieu emblématique : le Château de La Ferté Saint-Aubin, dont Lancelot Guyot est aussi le gestionnaire, après avoir pris la suite de son père, Jacques. L’architecture classique de l’édifice contrastait avec les sonorités basses du genre électro. Ils ont ensuite axé leur programmation sur des DJs français uniquement, histoire de rappeler le patriotisme des festivités, et en incluant un talent régional en ouverture de soirée. Préoccupés par la préservation des lieux et la mise en avant du terroir, ils se sont aussi engagés à ce que le Cocorico Electro soit un événement éco-responsable : aujourd’hui, ils travaillent à 90 % avec des fournisseurs et prestataires locaux, distribuant des cendriers de poche, utilisant des éco-cups consignées et enclenchant le tri des déchets.

        Quelques bugs à corriger

        Nouveauté ce week-end : la troisième édition du Cocorico Electro va s’étendre non plus sur une nuit, mais deux. « Nous aimons prendre des risques, justifient les organisateurs. Nous souhaitons offrir une vraie expérience-festival au public. » Qui dit format doublé dit line-up doublé également. La programmation propose ainsi une soirée pour un public plus initié (le vendredi), suivie d’une autre plus grand public (le samedi). Mais rallonger la programmation représente un défi supplémentaire, puisque les organisateurs veulent déjà corriger les bugs de l’an passé, à commencer par un défaut de communication quant au lieu de dépose de la navette sur Orléans centre. Ils ont aussi affronté des critiques concernant les files d’attente très longues ou l’impossibilité de changer la monnaie du festival s’il en restait... Du coup, cette année, le Cocorico Electro a investi dans le système Cashless ainsi que dans des TPE filaires disposant de leur propre réseau temporaire pour ne pas saturer les réseaux téléphoniques qu’utilisent les festivaliers. Et ce n’est pas tout : la signalétique a été renforcée pour un accès facilité aux buvettes, et un parking supplémentaire à l’attention des campeurs a été rajouté. Un nouvel espace a été mis en place face au camping municipal : le Village, avec jeux, restauration, buvettes et scène accueillant des artistes locaux.

        À moyen terme, les organisateurs savent ce qu’ils veulent : pérenniser le format deux jours avec deux spectacles pyrotechniques nocturnes en tenant les promesses faites dès le début de l’aventure.

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          • Ses prochaines dates

            Jokiz mixera 1 h lors de la deuxième soirée du Cocorico Electro Festival le samedi 12 juillet, festival pour lequel il a créé la bande-son des deux feux d’artifice de l’édition 2019. Il sera présent sur la terrasse de La Tropézienne du Trocadéro cet été (date à venir). Enfin, retrouvez-le tous les week-ends au MOOG, de 22 h à 3 h.

            Mais d’autres événements concourent au rayonnement de l’électro en région Centre-Val de Loire, à commencer par Fusion Estivale « Fusion est une réussite ! Cela apporte vraiment quelque chose de nouveau dans le Loiret. Ici, l’objectif n’est pas d’ameuter le grand public mais d’accueillir une programmation pointue à l’attention de ceux qui s’y connaissent. » En effet, le public qui s’y retrouve est un auditoire d’aficionados qui peinaient à prendre leur pied musicalement à domicile. Quant aux soirées Cercle au Château de Chambord, Jokiz a adoré y voir Carl Cox en 2018 : « assister au live d’une légende de la musique chez soi, c’est mémorable. » 

          Jokiz, de DJ kid à DJ résident

          L’électro à Orléans

          À seulement 20 ans, Jokiz, de son vrai nom Rémi, vit de sa passion. Il a gagné le DJ Cast 2019, un concours de mixage organisé par la mairie d’Orléans. Il a ainsi pu mixer le 7 mai dernier lors du Set Électro des fêtes johanniques. Il raconte.

          A.B

          Dès lors qu’il a découvert la musique électronique, Jokiz n’a plus écouté que cela, allant jusqu’à confesser son manque de culture dans les autres genres musicaux. Le garçon a ainsi commencé à mixer en 6e. À 17 ans, il jouait dans sa première boîte de nuit et multiplia ensuite les apparitions sur différents événements nocturnes, devenant de fil en aiguille le DJ résident du MOOG, poste qu’il occupe depuis maintenant deux ans.

          Jokiz se revendique comme un DJ de tech-électronique, genre qui s’est imposé à lui comme une évidence. Ses influences ? Mark Night, Fisher, Claptone ou encore David Guetta, dont il est très fan : « c’est un peu mon héros… », dit-il. Participer au Set Électro d’Orléans, ce fut l’aboutissement de ce à quoi il pouvait prétendre en local. « Le set, c’était mon rêve réalisable, raconte-t-il. Mon rêve irréalisable à ce jour, c’est participer à Tomorrowland », le festival de musique électronique le plus connu au monde.

          D’après Rémi, le Set Électro d’Orléans, qui accueille 40 000 personnes en mai, est devenu un rendez-vous très important pour la démocratisation du genre sur l’Orléanais : « tous les jeunes veulent se rendre sur le lieu de l’événement, même ceux qui écoutent du rap, pour être dans le bain de foule. » D’après lui, c’est l’ambiance qui fait la différence : « à chaque drop, tu sens vraiment l’énergie des gens. Ce n’est pas un public électro, mais la vibe assure le succès du set. C’est assez incroyable tant c’est palpable. »

          S’exporter à l’étranger

          À ce jour, l’objectif de Rémi, qui a mixé sur Fun Radio en juin dernier en direct dans toute la France est de faire ses armes en tant que DJ sur différentes scènes (taille, style, public) pour être capable de s’exporter à l’étranger. Aussi, il envisage de créer d’ici l’arrivée de l’automne un live électro de 2 h « dans un lieu cool et central sur Orléans » en compagnie d’autres DJs de la scène locale, dont Mack Swell, DJ résident de La Folie Douce (expérience mixant la gastronomie au clubbing à 2 500 mètres d’altitude, dans les Alpes). Restez branchés sur ses ondes pour ne rien rater de l’événement !

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