Les Brèves

  • La dalle réhabilitée

    Outre la démolition de la T17, des travaux de réhabilitation et de résidentialisation des immeubles des bailleurs sociaux du secteur de la dalle 2002 seront effectués mi-2020.

ANRU 2, le retour !

Argonne-La Source

ANRU 2 : derrière cet acronyme à la sonorité gutturale se cache la deuxième phase de renouvellement des quartiers de l’Argonne et de La Source à Orléans. Autant dire des aménagements qui vont changer la vie des habitants, mais aussi l’image de ces quartiers pour les dix ans à venir.

gaëla messerli

Lors du conseil municipal du 20 mai, Muriel Chéradame, adjointe à l’aménagement urbain et au logement, a présenté la convention à passer avec l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU). Trois quartiers prioritaires de la politique de la ville sont situés sur le territoire d’Orléans et vont pouvoir bénéficier des financements du programme national de renouvellement urbain : l’Argonne, La Source et le quartier des Chaises, à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Le montant d’investissement sur dix années s’élève à plus de 253 M€ HT et doit permettre de poursuivre la requalification urbaine de ces quartiers en les réintégrant « aux dynamiques économiques, sociales et résidentielles de la métropole ». Il est également prévu que la mairie d’Orléans s’engage à hauteur de plus de 5 millions d’euros en participant à la réalisation d’un équipement culturel dans le quartier de l’Argonne. Elle doit aussi participer au retournement de l’entrée de l’école Jean Piaget dans le secteur du Clos-Gauthier.

La participation de la Métropole sera elle de plus de 38 millions pour les quartiers de l’Argonne et de La Source, et l’ANRU s’engage à plus de 48 millions pour ces deux quartiers. Autant dire qu’il y a de l’argent mis sur la table par les collectivités et l’État, comme l’a souligné Michel Martin, l’adjoint orléanais aux finances, qui a totalisé presqu’un demi-milliard d’investissement dans les deux quartiers en ajoutant les précédents programmes de renouvellement urbain. « C’est une somme qui n’est pas mise ailleurs », a-t-il affirmé.

Bolière et la T17

À La Source, la démolition de la T17 est prévue entre 2021 et 2022. Le Jardin de la Renaissance sera agrandi, car « il est victime de son succès », indique Muriel Chéradame. 308 logements seront démolis et 1 525 seront réhabilités. Michel Ricoud, conseiller municipal d’opposition PC, a cependant regretté qu’« on ne reconstruisait pas un logement social pour un détruit. »

« à la source, 308 logements démolis et 1 525 réhabilités »

Parmi les changements attendus également à La Source, il y a la restructuration du centre commercial de La Bolière, qui doit commencer « fin 2019-début 2020, avec la suppression de la galerie intérieure et une ouverture des boutiques sur l’extérieur ». On s’attend aussi au déménagement de l’antenne de la CPAM. « Bonne nouvelle, elle déménage avenue de la Bolière (NDLR : au n°12 de l’avenue de la Bolière, l’ouverture est prévue au 1er juillet), face à la place Ernest-Renan », a indiqué François Foussier, l’adjoint au commerce.

La conseillère d’opposition Corinne Leveleux-Teixeira (PS) a, pour sa part, souligné l’absence de restaurant à La Source et de cinéma dans le quartier. Autre point d’interrogation pour l’ensemble des élus : les Chèques postaux. La municipalité est en effet toujours dans l’attente de décisions du groupe La Poste. Nouveauté aussi, la présence d’ateliers, dans le cadre de la mission d’égalité hommes-femmes, pour travailler avec l’aide d’une sociologue sur la présence de la femme dans l’espace public (lire notre article page ci-contre). En tout cas, l’objectif annoncé de cette programmation urbaine est de faire de La Source un « nouveau quartier d’innovation autour de l’environnement et du savoir. »

Des « makers » à l’Argonne

Du côté de l’Argonne, la nouvelle convention ANRU a pour but de refonder une attractivité résidentielle et fonctionnelle, notamment avec des programmes de logements en accession sociale. Parmi les projets pour l’Argonne, il y aura un travail sur des locaux professionnels à destination des jeunes entreprises « qui recherchent un petit bureau mais n’en trouvent pas actuellement », mais aussi un espace « culturel. »

« Il s’agira d’un lieu alternatif qui ne sera pas une extension du Lab’O, a insisté Muriel Chéradame. Ce sera un projet à l’interface entre la fabrication avec les mains et le numérique, un lieu de partage des savoirs et des machines. Cela s’inscrira en lien avec les CFA qui se trouvent à côté avec le Campus des métiers et l’implantation de nouvelles entreprises. Le but est de faire de ce lien un équipement, pas seulement pour le quartier, mais pour la Métropole. »

Les Brèves

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      L’ANRU s’interroge sur… la femme

      Habitat et espace public

      L’ANRU 2, ce n’est pas qu’un programme de constructions et de réhabilitations, c’est aussi l’occasion pour la municipalité d’Orléans d’impulser une réflexion sur la place de la femme dans l’espace public…

      G.M

      La convention de l’ANRU 2 est l’occasion pour la municipalité d’Orléans d’initier une réflexion sur la place de la femme dans l’espace public et de proposer ensuite des politiques publiques. « Nous sommes attentifs à ce sujet depuis longtemps, commente Muriel Chéradame, adjointe à l’aménagement urbain et au logement à la ville d’Orléans. Dans les réunions déjà, la parole des femmes, lorsqu’elles sont présentes, est parfois moins visible. Même si elles interviennent, c’est souvent l’homme qui fait la synthèse, le portage de l’idée. Il y a une confiscation de la parole. Pourtant, les femmes sont tout autant usagères de l’espace public, parfois même plus ! Les femmes contribuent autant que les hommes à notre société. » D’où l’idée de lancer, dans le cadre de l’ANRU 2, des groupes de travail sur cette question de l’occupation par les femmes de l’espace public.

      Une première réunion est ainsi ouverte le 13 juin, de 14 h à 16 h, à la Maison des associations, place Sainte-Beuve, à La Source. « On va voir comment cela se passera. Le but est de mobiliser les associations mais pas seulement, la société civile plus largement, voir comment cibler les lieux où l’on rencontre les femmes… », commente l’élue, pour qui cette démarche pourrait être étendue, à l’avenir, à d’autres quartiers. « Villes au Carré (centre de ressources de la politique de la Ville) s’intéresse à ce sujet et va travailler dessus, ainsi que la sociologue Claudy Vouhé. » De quoi impulser ensuite des initiatives « à traduire à travers les différentes politiques de la Ville » dès fin 2019.

      Pieds d’immeubles et jogging

      Concrètement, pour l’élue, il y a un aspect sécuritaire sur lequel s’interroger, mais pas seulement. « On dit que la présence féminine pacifie l’espace public, mais c’est réducteur », tempère Muriel Chéradame, qui prend pour exemple une réflexion à mener sur l’implantation de certains commerces au pied des immeubles. « Une boulangerie, ce n’est pas la même chose qu’un café. Ce genre de lieu de rassemblement peut poser problème pour celles qui habitent à côté car, sans le vouloir, elles donnent leur adresse... Certaines jeunes femmes font des détours à cause de cela. » Autre réflexion potentielle : « on peut réfléchir une piste de jogging sécurisante pour que les femmes puissent faire leur jogging à La Source. »

      « réfléchir aussi à l’implantation des commerces »

      Une affaire à suivre, donc, mais un sujet où il existe déjà quelques données, comme le rapport sur l’égalité femmes-hommes dans les quartiers prioritaires de la Région Centre-Val de Loire de 2017 par Villes au Carré dans le cadre des Contrats de plan État-Région, qui montre que 52 % de la population des quartiers prioritaires de la Métropole sont des femmes et qu’elles sont en général plus jeunes également que dans le reste de l’intercommunalité. Des quartiers où la monoparentalité féminine est également fortement représentée, tout comme l’isolement résidentiel chez les plus de 50 ans. Les femmes y sont également plus au chômage que les hommes, alors même qu’elles y sont souvent plus diplômées que leurs voisins masculins…

      Les Brèves

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        • Un acteur majeur sur la métropole

          Nous en parlions dans notre numéro de la semaine dernière : Sully Promotion a décroché un très joli contrat avec la vente de la friche Renault-TRW à Saint-Jean-de-la-Ruelle, dont il va s’occuper avec Nexity. Mais ce promoteur local a aussi d’autres fers au feu dans la métropole orléanaise : une promesse de vente a récemment été signé pour un autre projet « haut de gamme » à Saint-Jean-de-la-Ruelle, trois chantiers sont programmés ou en cours du côté de Saint-Jean-de-Braye, et un projet va également démarrer à Saint-Jean-le-Blanc. À Orléans, dans le quartier Madeleine-Loire, c’est aussi Sully Promotion qui va s’occuper du quartier Sanitas. Sur le plan national, entre Bordeaux, Lyon ou Paris, ce promoteur né entre Orléans et Tours répond d’une soixantaine de projets.

        À la Cigogne, tout est parti…

        Programme immobilier

        Le 23 mai dernier, la résidence haut de gamme « Côté Sud », dans l’ancien site de La Cigogne, a été inaugurée à Saint-Marceau. Elle mixe une Maison de Santé Pluridisciplinaire, une crèche mais aussi 54 logements « haut de gamme » qui sont partis « comme des petits pains », dit-on chez Sully Promotion, promoteur du projet.

        Olivier Carré s’était déplacé pour l’inauguration de la Maison de Santé et pour celle de la crèche mais le 23 mai dernier, il a laissé Muriel Chéradame, son adjointe à l’urbanisme, couper le ruban en compagnie des dirigeants de Sully Promotion et de Bâtiment Force Centre pour inaugurer la partie « habitat » du programme « Côté Sud », dans le quartier de Saint-Marceau. Une réhabilitation d’un site emblématique, celui de l’ancienne maison de convalescence « La Cigogne », à laquelle il fallait trouver une destination un peu différente, à la suite de la vente actée avec le propriétaire tourangeau des lieux. Pourquoi ce groupe a-t-il investi dans un tel projet et que voulait-il en faire ? « Nous sommes Orléanais de naissance, et nous avons une connaissance poussée du secteur, explique Oriane Le Roy Liberge, directrice région de Sully Promotion. D’ailleurs, nous étions depuis longtemps en négociation avec le propriétaire. Notre cœur de métier, c’est le logement neuf (voir encadré), mais nous faisons aussi de la réhabilitation. Nous avions à cœur de redynamiser ce secteur de ville. »

        « Il fallait aller vite »

        Il s’est d’ailleurs agi, selon le promoteur, d’une réhabilitation particulièrement lourde. Un curetage du bâtiment et des opérations de désamiantage ont ainsi été nécessaires lors des travaux. « Sur un bâtiment comme celui-ci, il y a eu un travail de technique et d’ingénierie poussée », assure Oriane Le Roy Liberge. D’autant plus qu’il a fallu créer un parking pour abriter les voitures, et qu’il a fallu aussi compter sur un autre calendrier, politique que celui-ci. « Nous devions nous dépêcher, puisque le maire d’Orléans avait annoncé le début des travaux pour début 2018 » : une maison de santé, cela urgeait en effet dans le quartier…

        « redynamiser ce secteur de ville »

        Entre la promesse de vente, le dépôt du permis de construire et le début effectif des travaux, un peu plus de six mois auront ainsi été respectés. Plutôt court, comme délais ! De fait, trois livraisons ont eu lieu séparément : la Maison de Santé Pluridisciplinaire a été livrée en septembre 2018 pour permettre ensuite des travaux d’aménagement intérieur ; la crèche le fut deux mois plus tard, et les logements l’ont été officiellement le mois dernier. « Il y avait une volonté de tout le monde d’aller vite, on s’en est aperçu dès les premières réunions publiques, précise Oriane Le Roy Liberge. Il y a ensuite un vrai travail d’ensemblier. Évidemment, les problématiques en termes de circulation sont assez vite apparues, notamment avec les places de parking visiteurs. Mais finalement, on peut voir aujourd’hui qu’on se gare très bien. »

        Diversité, variété, mixité

        Outre la Maison de Santé Pluridisciplinaire (787 m2) qui fait aujourd’hui salles combles et accueille une vingtaine de professionnels de santé médicaux et paramédicaux, une crèche d’une vingtaine de berceaux (340 m2) est aujourd’hui en fonction. Et 54 logements ont été construits en accession libre, avec des superficies variées, allant du studio au T4. « La résidence offre à ses occupants des logements qualitatifs, bénéficiant d’espaces extérieurs à vivre (loggias, balcons, terrasses et jardins) ouverts pour la plupart sur le cœur d’îlot paysager et le Parc du Moins Roux », explique-t-on chez Sully Promotion. C’est en effet l’un des arguments centraux qui ont permis la commercialisation des logements : « dès le premier étage, on a vue sur le Parc du Moins Roux, explique Oriane Le Roy Liberge. Au rez-de-chaussée, il y a un jardin commun. D’autre part, nous avons gardé les codes de l’architecture du bâtiment existant tout en le modernisant. D’ailleurs, aujourd’hui, les gens du quartier ne se souviennent pratiquement pas de la transition. » Le côté « haut de gamme » est aussi appuyé, et il se décline à travers un « niveau de prestation conséquent », des « gammes de carrelage d’un niveau hyper qualitatif », et des logements « cosy ». « Nous avons aussi fait un vrai travail sur les halls des parties communes », insiste Oriane Le Roy Liberge. D’où les qualificatifs de « diversité » et de « valorisation » du quartier qui ont été prêtés à cet immeuble de trois étages lors de son inauguration.

        « des logements qualitatifs avec vues sur le parc du moins roux »

        « L’édifice s’inscrit donc dans le jeu architectural équilibré entre le rythme de l’existant et des prestations plus contemporaines, faisant de ce bâtiment un lieu respectueux de son histoire, intégré dans son environnement et élégant pour le voisinage », a-t-on pu aussi lire dans la communication qui a été faite sur ce projet. Une littérature qui a trouvé une matérialisation concrète, puisque le programme a reçu le « Prix de la Mixité Urbaine » aux Pyramides d’Argent 2018, attribués par la Fédération des Promoteurs Immobiliers de la Région Centre-Val de Loire.

        « Un gros succès »

        Tout cela ferait certainement une belle jambe au promoteur si les logements rénovés n’avaient pas trouvé preneur : on le sait, la demande est forte dans la métropole orléanaise et le programme a ainsi trouvé son public, puisque, selon Oriane Le Roy Liberge, « tout a été vendu ». « Cela a été un gros succès, c’est parti comme des petits pains, poursuit la directrice région de Sully Promotion. Beaucoup de locaux ont investi dans ce programme. Il y avait une vraie attente, car ce bâtiment était quand même vide depuis dix ans et avait des airs de dent morte. On pouvait aussi compter sur l’attractivité de l’école, qui se trouve à côté. » À l’heure où le vote du SCOT de la métropole a été vivement critiqué il y a quelques semaines pour avoir programmé la « bétonisation de 845 ha », le programme présenté à Saint-Marceau, dans un site historique, prouve que la réhabilitation peut aussi présenter quelques avantages…

        Les Brèves

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          • D’autres découvertes

            Alternatiba Orléans est un mouvement citoyen « pour le climat et la justice sociale ». En 2019, il propose de faire visiter gratuitement tous les deux mois un lieu alternatif de l’Orléanais. Avant cette maison saranaise en paille, il avait ainsi fait découvrir le Pôle ESS de Saint-Jean-de-Braye.

          La construction paille, ça vous tente ?

          Un éco-lieu dans la métropole orléanaise

          Le 18 mai dernier, un habitant de Saran a fait découvrir, à l’initiative de l’association Alternatiba, le chantier de construction de sa maison en paille.

          B.V

          Dans notre enfance, on nous racontait l’histoire d’un des trois petits cochons qui avait construit sa maison en paille pour se protéger du grand méchant loup… lequel souffla sur son habitation et dévora finalement tout cru sa proie. Entre les contes et la réalité des années 2020, il y a désormais un monde : selon le Réseau Français de la construction paille, 5 000 bâtiments sont en effet construits en bottes de paille en France. Et « l’on recense environ 500 nouvelles constructions chaque année. La filière française est la plus dynamique d’Europe. »

          Dans la métropole orléanaise, un Saranais, Alexandre Porthault, s’est mis à la paille – et non sur la paille, nuance… – depuis deux ans pour construire lui-même sa maison grâce à ce matériau et en utilisant la technique du GREB. Selon le réseau Approche-Paille, un millier de constructions sont réalisées de cette façon dans le monde. Le principe est de bâtir une double ossature bois ; la paille assurant quant à elle les fonctions d’isolant thermique et de support d’enduit. Le but est évidemment de « réduire au maximum l’empreinte écologique et de consommer très peu d’énergie », explique Marion Brumelot, de l’Association Alternatiba Orléans, qui a organisé le 18 mai dernier une visite de ce chantier pas comme les autres.

          Paille et toilettes sèches

          C’est par le réseau Twiza, qui propose de découvrir l’éco-construction, qu’Alternatiba est tombée sur ce projet saranais, qui s’avère aussi être un chantier participatif. Alexandre Porthault construit certes sa maison lui-même, mais il se fait aussi aider par des auto-entrepreneurs et des bénévoles qui peuvent apprendre et se former à des techniques novatrices. La paille n’est d’ailleurs pas la seule caractéristique de cet éco-lieu. Des toilettes sèches sont installées aux deux étages de cette maison de 140 m2 habitables, située tout près du centre-bourg de Saran. Un sas situé juste après la porte d’entrée permet aussi de diminuer les déperditions de chaleur. Un puits canadien est en outre installé pour renouveler l’air de la maison, tandis qu’un poêle à bois est également prévu. « Mais il ne devrait que peu servir », tant la paille paraît être un excellent isolant naturel. Le projet d’Alexandre Porthault est, paraît-il, relativement accessible, puisque ce Saranais est juste un « citoyen-lambda qui auto-construit sa maison. » « C’est un projet qui est certes un peu long, mais qu’on peut faire tout seul », insiste Marion Brumelot. Évidemment, ce chantier n’est pas non plus un long fleuve tranquille, puisqu’Alexandre Porthault a également confié quelques difficultés, comme un retard qui l’a conduit à construire un mur en septembre, lors d’un mois humide, ce qui ne fait pas forcément bon ménage avec la paille… Mais cela forge aussi l’histoire d’un lieu qui devrait aussi être accompagné d’un projet de maraîchage. À Châteauneuf-sur-Loire, un autre chantier de maison en paille est actuellement en cours.

          Les Brèves

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            • Quid du PTZ ?

              L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) a été prolongé grâce à la loi des finances de 2019 et facilite le financement des travaux de rénovation énergétique des logements, jusqu'à 30 000 €, sans conditions de ressources, et ce jusqu’en 2021.

            Est-ce le moment d’acheter ?

            Investir dans l’immobilier

            Votre projet immobilier nécessite un recours à un prêt bancaire ? Les taux semblent atteindre en ce printemps 2019 des niveaux historiquement bas. C’est peut-être du coup pour vous le moment d’investir dans l’immobilier.

            Selon l'Observatoire crédit logement/CSA, les taux des crédits immobiliers n’ont jamais été aussi bas et battent même le dernier record historique de 1,33 % datant de fin 2016. L’Observatoire annonçait pour le mois de mai 2019 un taux d'intérêt moyen de 1,29 %, toutes durées confondues. Ce chiffre plus qu’avantageux pourrait donc inciter les ménages à emprunter massivement et investir dans l’immobilier.

            Depuis plusieurs années, les crédits immobiliers se font à des taux particulièrement bas en France, notamment parce qu’ils sont la répercussion de la politique monétaire historiquement accommodante de la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière a annoncé qu’elle ne comptait pas remonter son taux directeur avant « au moins fin 2019 ».

            Les emprunteurs optent ainsi aujourd’hui pour des prêts de longues durées (22 ans en moyenne), pas seulement parce qu'ils y sont contraints, mais parce que plus la durée du prêt est longue, plus la mensualité du crédit baisse.

            Baisse des taux mais hausse des prix…

            Cette baisse des taux permet donc aux acheteurs de s'endetter davantage sur de plus longues périodes, ce qui stimule la demande et ferait par conséquent augmenter les prix de l'immobilier. Finalement, cette spirale s’avèrerait donc être plus avantageuse pour le vendeur que pour l’acheteur.

            À Tours par exemple, le prix moyen d’un appartement est d’environ 2 300 € au m² et de 2 500 € pour une maison. À Orléans, un appartement coûterait aux alentours de 2 000 € par m² et un tout petit peu moins pour une maison, selon les derniers chiffres des sites d’estimation immobilière effiCity et MeilleursAgents. Rien à voir évidemment avec Paris, où le prix moyen d’un appartement est cette fois-ci d’environ 9 500 € au m² alors que la barre des 10 000 € au m² est désormais franchie pour une maison. Cette hausse générale des prix, malgré des taux bas, aura-t-elle une conséquence directe pour les primo-accédants ? En effet, les personnes voulant effectuer leur premier achat immobilier pourraient retarder, voire même renoncer à cet achat dans l’immédiat.

            Les Brèves

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              • Le marché de l’énergie

                Une trentaine de fournisseurs d'électricité et de gaz naturel se livrent à une bataille commerciale. D'après le rapport 2018 du Médiateur de l'énergie, les opérateurs alternatifs gagnent progressivement du terrain face aux géants historiques. Ces concurrents représentaient 21,9 % de parts de marché en électricité et 29,4 % en gaz naturel fin 2018, contre respectivement 17,9 % et 26,2 % fin 2017.

              Tarifs de l'Énergie : faut-il changer d'opérateur ?

              Dérèglementation des tarifs de l’énergie

              Alors que les tarifs réglementés de l'énergie sont voués à disparaître, le démarchage s'intensifie auprès des particuliers. Mais avant de céder aux sirènes commerciales, mieux vaut y regarder à deux fois. Comment les départager ? Est-ce que cela vaut vraiment le coup ? On fait le point avec Nicolas Moulin, fondateur de PrimesEnergie.fr et spécialiste du secteur.

              Expliquez-nous ce que sont les tarifs réglementés, indexés et fixes ?

              Les tarifs réglementés sont hérités de l'ancienne situation monopolistique d'EDF et GDF. Seuls EDF, Engie et les ELD (entreprises locales de distribution) peuvent donc les proposer. Même si ces prix varient en principe en fonction du marché, c'est ici l'État qui décide des hausses et des baisses. Toutes les autres offres émanent de fournisseurs alternatifs. La plupart proposent des tarifs indexés, c'est-à-dire qu'ils suivent les prix réglementés mais y appliquent une décote qui est de l'ordre de 10 % en général. Même Engie a une formule de ce type ! Les opérateurs qui commercialisent des offres à prix fixes s'engagent, pour leur part, à respecter un tarif établi dès le départ pendant une durée déterminée qui varie souvent de un à trois ans.

              Quelle formule est la plus avantageuse ?

              Bien qu'on parle beaucoup des hausses des prix de l'énergie, des études montrent que les tarifs réglementés sont en réalité relativement stables depuis 2015, puisque les augmentations sont compensées par des baisses moins médiatisées. Or, ces montants sont plutôt bas. Dans ce contexte, les tarifs indexés sont d'autant plus intéressants, puisqu'ils intègrent une décote supplémentaire. Quant aux offres à prix fixes, même si elles permettent de connaître son budget pendant la durée déterminée, elles coûtent souvent plus cher au particulier. Selon moi, les hausses actuelles ne justifient pas d'opter pour ces formules.

              « ce n’est pas en changeant de fournisseur que vous réaliserez d’énormes économies »

              Y a-t-il de réelles différences entre les offres à tarifs indexés ?

              Tous les opérateurs appliquent grosso modo la même décote de 10 %, hormis Leclerc qui propose de créditer 20 % du montant HT de votre consommation d'électricité sur votre carte fidélité pour faire vos courses dans ses magasins. Pour se démarquer, les fournisseurs misent donc sur des services complémentaires en proposant par exemple une prime énergie avec les certificats d'économie d'énergie, un accompagnement lors d'un déménagement ou encore pour réaliser des travaux, sans oublier l'argument d'offre « verte », qui est en plein boom.

              Que faut-il donc privilégier ?

              Au point de vue strictement financier, l'écart entre une offre à - 10 ou - 12 % représentera peut-être un gain de 40 ou 50 € par an. Ce n'est donc pas en changeant de fournisseur d'énergie que vous allez réaliser d'énormes économies sur vos factures. Seuls des travaux d'isolation dans votre domicile vous le permettront. Pour choisir un opérateur d'électricité ou de gaz, il faut donc surtout regarder les à-côtés : vérifiez le prix de l'abonnement, mais aussi s'il y a un dépôt de garantie à verser, les pénalités en cas de résiliation, le tarif d'appel pour contacter le service client, le coût appliqué en cas d'incident de paiement, la procédure prévue, etc. Il faut aussi faire attention aux petits fournisseurs récents qui ne sont pas forcément rentables. Préférez un opérateur bien établi.

              Que faut-il penser des offres vertes ?

              Aujourd'hui, tous les fournisseurs ou presque se vantent de proposer une formule verte. C'est un argument marketing très vendeur. Sauf que les particuliers croient à tort qu'ils achètent de l'électricité provenant d'une énergie renouvelable comme une éolienne ou du photovoltaïque, alors que c'est faux ! Elle est issue du réseau général, comme le reste. La différence, c'est que l'opérateur s'engage à financer la production d'une énergie alternative à hauteur du nombre de kilowattheures qu'il commercialise. Ceci étant dit, certains fournisseurs sont plus engagés que d'autres dans la cause…

              « quand les tarifs réglementés disparaîtront, tout le monde augmentera ses prix »

              Les prix sont-ils voués à augmenter avec la fin des tarifs réglementés ?

              C'est très probable, oui. Il faut savoir que l'énergie est actuellement vendue beaucoup moins cher que ce qu'elle coûte à produire. Mais comme c'est une question éminemment politique, l'État limite pour l'instant les hausses. Or, même les offres indexées se basent sur ces montants. Le jour où les tarifs réglementés disparaîtront, tout le monde augmentera donc ses prix. C'est pour ça qu'il est grand temps de faire de réelles économies d'énergie dans son logement (ndlr : la loi Pacte prévoyait la fin des tarifs réglementés en 2023, mais la mesure a été censurée pour une question de forme par le Conseil constitutionnel.) 

              Les Brèves

                Les Brèves

                • Les pour et les contre

                  Chaque mode de garantie a ses avantages et inconvénients :

                  • L'hypothèque : le délai d'acceptation du dossier est souvent plus court puisqu'il est effectué par la banque qui vous octroie le prêt. Néanmoins, le coût de cette garantie alourdit de façon non négligeable votre prêt.

                  • La caution : c'est la garantie la moins chère, mais elle peut rallonger les délais de traitement de votre emprunt puisque la société de cautionnement analyse en profondeur votre dossier.

                Quelles garanties d’emprunt s’offrent à vous ?

                Financement d’un achat

                Tout crédit immobilier impose des frais de garantie visant à protéger la banque en cas de défaillance de paiement de l'emprunteur. Caution ou hypothèque, il faut alors choisir.

                Parce qu’une banque ne peut pas se contenter de votre seule bonne foi pour être certaine de revoir les milliers d'euros qu'elle vous a prêtés à l'occasion de l'achat de votre maison, elle vous impose de souscrire différentes protections. Si la très médiatisée assurance-emprunteur se charge de rembourser vos mensualités en cas de décès, d'invalidité ou de chômage, ce qu'on appelle la garantie du prêt couvre toutes les autres hypothèses de défaillance. Elle peut alors prendre la forme d'une hypothèque ou d'une caution bancaire.

                Dans le premier cas, il s'agit d'un acte notarié nécessitant un enregistrement au bureau de la conservation des hypothèques et coûtant environ 2 % du montant du prêt. Au-delà du tarif, le principal inconvénient de cette solution réside dans le fait que, si vous manquez à l'obligation de remboursement de vos échéances de prêt, la banque peut procéder à la saisie de votre maison puis à sa vente pour couvrir votre dette ! Autre point noir : si vous vendez le bien avant la fin de l'emprunt, la mainlevée d'hypothèque entraînera des frais. À noter : le privilège de prêteur de deniers (PPD) est une variante moins onéreuse. En revanche, cette solution n'est possible que pour l'achat d'un bien existant ou d'un terrain.

                Une caution variable

                Face aux inconvénients de l'hypothèque, les banques ont créé une alternative : la caution. Ici, pas besoin d'acte notarié, puisque c'est un organisme financier qui se porte garant pour l'acquéreur vis-à-vis de son établissement bancaire, en s'engageant à régler la dette à sa place en cas de pépin. Pour ce faire, ces sociétés spécialisées mettent en place un fonds de garantie alimenté par les cotisations de tous les clients et destiné à rembourser les éventuels impayés. Sauf période noire, cette caisse est toujours bien remplie, ce qui permet de reverser à l'emprunteur tout ou partie de ses frais de cautionnement au terme de son prêt. Bémol : ce montant n'est ni garanti ni réévalué par rapport au coût de la vie. En revanche, en cas d'incident de paiement, un rééchelonnement de la dette sera possible, l'inscription d'hypothèque par voie judiciaire, à vos frais, étant le dernier recours. Toutefois, si vous en arrivez à cette extrémité, vous n'échapperez pas à la saisie de votre bien puis à sa vente, pour un coût total très onéreux.

                Les Brèves

                  Les Brèves

                  • Pauvres fraudeurs…

                    À savoir : d'après les chiffres disponibles de l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa), les fraudes détectées pour la branche incendie, accident et risques divers, dont fait partie l'habitation, ont représenté 159 M€ en 2015.

                  Attention à la fraude !

                  Assurance habitation

                  Les tarifs d'assurance ne cessent d'augmenter ces dernières années. Pour limiter la facture, certains particuliers peuvent alors être tentés de ne pas tout dire à leur assureur…

                  Un accident est si vite arrivé ! Et dès lors qu'il intervient dans le logement, il peut avoir des conséquences financières astronomiques. C'est pourquoi l'assurance multirisque habitation est un contrat incontournable. Bémol : en l'espace d'une dizaine d'années, son coût a grimpé en flèche de 34 %, selon les calculs du comparateur Web Selectra, qui a analysé les chiffres de la Fédération française de l'assurance (FFA). De quoi détourner certains assurés du droit chemin ? C'est ce qu'a voulu savoir le site Lecomparateurassurance.com.

                  Cette plateforme Internet a fait réaliser deux sondages auprès d'un échantillon de mille personnes, afin d'évaluer la perception des Français par rapport à leurs contrats et d'évaluer leur propension à la fraude. Sans surprise, l'assurance habitation arrive en top liste des protections souscrites avec 85 % d'assurés, contre 75 % pour l'automobile et 59 % pour la santé. Mais si les citoyens sont donc plutôt bien couverts, cela ne les empêche pas d'être méfiants à l'égard de leur compagnie d'assurance. Et pour cause, puisque plus d'un sondé sur trois déclare avoir déjà eu une mauvaise surprise à la suite d'un sinistre, parce que l'incident n'avait pas été pris en compte (8 %), que les indemnités versées étaient trop faibles (6 %), à cause de la franchise appliquée (11 %) ou encore en raison de la vétusté du bien (3 %).

                  Exagérer pour empocher plus ?

                  De là à frauder pour limiter la facture, il y a tout de même un gouffre. Seule une personne interrogée sur dix se dit en effet prête à faire une fausse déclaration à sa compagnie d'assurances. Ceci étant dit, certains sondés sont tout de même déjà passés à l'acte. À l'heure de déclarer un sinistre, la situation frauduleuse la plus courante consiste alors à exagérer les dommages pour percevoir des indemnités plus importantes. Autre pratique : faire passer une négligence personnelle pour un sinistre couvert. D'autres encore déclarent carrément un accident qui n'a jamais eu lieu. Mais gare aux conséquences !

                  Dès lors que votre assureur a suffisamment d'éléments pour prouver que vous avez agi délibérément afin de tirer profit de façon illégitime de votre contrat d'assurance, il peut refuser votre prise en charge et résilier votre convention. En cas de fraude avérée, la compagnie peut aller jusqu'à envisager des poursuites judiciaires pour récupérer les sommes indûment versées et porter plainte au pénal. Les actes les plus graves peuvent ainsi être constitutifs d'escroquerie, un délit puni d'un an de prison et de 375 000 € d'amende…

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