Les Brèves

    Des photos de son ex sur un site libertin

    Loiret / Autruy-sur-Juine

    Le 14 mai dernier, le Tribunal correctionnel d’Orléans jugeait une affaire concernant la diffusion d'une cinquantaine de photos sur un site de libertinage sur fond de menace avec arme… g.m


    Séparé depuis avril 2016, André*, 51 ans, a continué de cohabiter plusieurs mois avec Patricia*, son ex-femme. Une cohabitation compliquée car il utilisait un vieux fusil de chasse – non déclaré – pour la terroriser… Plusieurs mois après leur séparation, Patricia est informée de la présence d'images à caractère sexuel d'elle sur un site libertin. Elle connaît ce site, car les époux ont ouvert le compte ensemble. Mais au moment de leur séparation, Patricia assure qu’elle a demandé à André de « retirer ces photos. Il s'était engagé à le faire et je lui faisais confiance ! »

    Mais le compte est resté ouvert jusqu’au 20 janvier 2019. Au cours de leur enquête, les gendarmes découvrent même sur le site des photos de Patricia dont elle-même ignorait jusqu'à l’existence... Pour André, « ces photos étaient masquées ». Il assure en outre qu’il avait seulement laissé le compte en l'état. « Je l'utilisais juste pour discuter avec des personnes rencontrées », explique-t-il à la barre. Il indique également que Patricia aurait pu elle-même les faire retirer en contactant la modération du site. Il ajoute qu’elle n’a pas non plus « donné son accord ni son désaccord » concernant la publication des images.

    « J’étais son objet… »

    « Mais vous avez refait votre vie, là ! Il y avait tromperie sur la marchandise ! Pourquoi n'avoir pas rouvert un autre compte ? », s’étonne la juge. Pour ce qui est de l'arme non déclarée, André explique : « elle me venait de sa mère, et je ne l'utilisais que dans mon jardin pour tuer les taupes ! » Quant aux menaces envers son ex-épouse qu’il aurait proférées le 16 novembre 2016, il nie complètement. « Je venais d'avoir l'ordonnance du juge et savais qu'elle partait dans trois mois. Pourquoi faire cela ? » Pourtant, Patricia se rappelle avoir fermé les stores de la maison, car André « tournait autour avec son arme. Il tirait sur la terrasse ! » Une photo d’André pointant le fusil a d'ailleurs été prise par la victime.

    Pour l'avocate de Patricia, il s'agissait d'une situation de divorce assez classique, mais avec une pension compensatoire à régler qui aurait déplu à André. Du côté de la défense, l’avocate demande la relaxe en opposant les dires de la victime à ceux de son client. Le Procureur réclame néanmoins de 6 à 8 mois d’emprisonnement avec sursis dans cette affaire. La juge tranche en déclarant l’ex-mari coupable et le condamne à 6 mois de prison avec sursis et 500 € de dommages et intérêts. 

    * Les prénoms ont été changés

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    • Du cannabis en prison

      La semaine dernière, le Tribunal correctionnel d’Orléans a jugé une femme de 23 ans, accusée d’avoir tenté de faire passer 9,8 g de cannabis à un détenu de la prison de Saran, le 12 mai 2018. C’est en passant les contrôles pour se rendre au parloir que cette mère (célibataire) d’un enfant de 5 ans a été découverte avec le morceau. Juste avant de rentrer dans la prison, « un ami de mon ancien compagnon devait me donner un sac d’affaires, s’est-elle justifiée. Mais il m’a remis la boulette de cannabis en disant que si je ne la prenais pas, on s’en prendrait à mon fils ! » Le Procureur a réclamé une peine de 500 € d’amende avec sursis. 

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      Loiret : Liaisons dangereuses sur Snapchat



      De source judiciaire, les policiers croulent de plus en plus sous les affaires liées à l’usage des réseaux sociaux. La semaine dernière, une affaire de diffusion d’images à caractère sexuel sur Snapchat entre juin 2017 au janvier 2018, a d’ailleurs été jugée au Tribunal correctionnel. Trois jeunes femmes en auraient été les victimes, mais une seule d’entre elles était présente à l’audience.

      De plus en plus de plaintes

      Stéphanie*, une des victimes, poursuivait son ex-petit ami Lucas*, 21 ans, qui aurait utilisé des photos d’elle en petite tenue et indiqué son nom sur un compte Snapchat anonyme, dans le but de lui nuire. La jeune femme aurait découvert l’existence de ce compte grâce à 300 notifications envoyées sur son téléphone par des proches pour la prévenir. Bien que la police ait retrouvé les originaux dans son téléphone portable, Lucas a nié avoir publié ces photos. « N’importe qui aurait pu le faire, tout le monde peut enregistrer ma photo de profil, s’est-il défendu. Pourquoi aurais-je fait cela, alors que j’étais plus en couple à ce moment-là ? » Et de renchérir face aux accusations de la victime : « j’ai trois sœurs et j’ai été élevé dans le respect de la femme ! »

      Un plaidoyer qui n’a convaincu ni le Procureur ni la juge, qui a suivi la demande du Parquet en condamnant le jeune homme à 70 heures de travail d’intérêt général dans un délai de 18 mois et deux mois d’emprisonnement en cas d’inobservation.

      * Les prénoms ont été changés

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          Université d’Orléans : L’ex-président devant le Tribunal


          Youssoufi Touré, l’ancien président de l’Université d’Orléans, devra comparaître en octobre prochain devant le Tribunal correctionnel pour des faits présumés de détournement de fonds publics et favoritisme. L’affaire a commencé en 2017, avec une plainte contre X déposée auprès du Procureur de la République par l’actuel président, Ary Bruand, suite à un vote unanime du conseil d’administration relatif à la publication d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche. Un rapport qui n’a jamais été rendu public, mais qui aurait fait état d’une mauvaise situation financière de l’Université d’Orléans. En avril dernier, des perquisitions ont d’ailleurs été effectuées par la Police Judiciaire à l’Université d’Orléans dans le cadre d’une enquête préliminaire pour suspicion de détournement de fonds publics et favoritisme.

          L’université partie civile ?

          En octobre prochain, Youssoufi Touré devra donc s’expliquer sur des avantages qui auraient été accordés à l’une de ses proches en charge des « Investissements d’Avenir » à l’Université. Il est également reproché à l’ancien président – qui a par ailleurs renoncé à son poste de recteur de l’Académie de Guyane – l’attribution de marchés publics sans mise en concurrence concernant une extension de Polytech’Orléans. Pour l’heure, l’Université n’a pas encore annoncé si elle se portait partie civile. Du côté des syndicats, la FSU est montée au créneau. « L’Université doit se porter partie civile et obtenir réparation si elle a été victime », insiste Alexis Boche, représentant du syndicat FSU, qui s’étonne également du « silence assourdissant » des autorités de tutelle de l’Université que sont le rectorat et le ministère de l’Enseignement supérieur... 

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