Les Brèves

  • Moins de recours aux services à la personne dans le Loiret

    Parmi les analyses effectuées par les services de l’Insee et de la Direccte, on peut observer un plus grand recours aux services à la personne à l’Ouest de la Région à niveau de vie identique et qui s’affaiblit en suivant l’axe ligérien vers l’Est. Un constat d’autant plus étonnant dans un département comme le Loiret avec une démographie parmi les plus importantes de la région. Au-delà de la présence de travail au noir possible mais difficile à estimer, pour Vincent Bernard, chef de service de l’Insee Centre-Val de Loire, « il y a aussi les habitudes de vie, les politiques de maintien à domicile qui sont différentes d’un département à l’autre ainsi que les structures présentes sur le territoire. »

8 000 emplois à créer d’ici 2030 !

SERVICES à la personne

Entre le vieillissement de la population mais aussi le renouvellement des emplois actuels, 8 000 équivalents temps plein dans les services à la personne devraient être créés d’ici 2030 pour répondre à l’augmentation des besoins en région Centre. G.M.


Les services à la personne sont un métier d’avenir ! En effet, ces métiers caracolent toujours dans le top 15 des recrutements difficiles en région Centre-Val de Loire mais selon la dernière étude réalisée par la Direccte Centre-Val de Loire et l’Insee, les besoins de la population risquent d’être encore revus encore à la hausse d’ici 2030. Si les tendances se poursuivent, « 190 000 ménages seraient utilisateurs » de services à la personne dans la région, rien qu’avec le vieillissement de la population. « En augmentant les tendances actuelles d’un point », ce nombre pourrait atteindre les 200 000 ménages, analysent Marion Hillau, responsable du service des études statistiques de la Direccte et Sophie Goupil de l’Insee. À cela s'ajoutent les départs à la retraite des personnes qui exercent actuellement ces métiers. 1/3 des 44 700 salariés étaient – en moyenne – âgés de 55 ans et plus en 2013. Autant dire que la profession qui a déjà du mal à recruter aujourd’hui va devoir innover pour renouveler environ 5 000 équivalents temps plein en plus. Un défi qui pourrait devenir cependant une aubaine pour l’emploi local avec ces 8 000 emplois salariés à temps complet à pourvoir.

Attirer les vocations

Parmi les leviers possibles suggérés dans cette étude, il y a l’augmentation du temps plein dans une profession qui compte beaucoup de temps partiels. Parmi les effectifs estimés dans cette étude, seulement 10 % travaillent à temps complet, soit 16 500 personnes. « Il n’y a pas que des temps partiels subis » tempère Benoît Colin, directeur de l’association À domicile 45, « sur 145 salariés chez nous, la moitié est à temps complet. La présence des particuliers employeurs dans l’étude fait aussi beaucoup baisser la statistique. » Pour ce professionnel du secteur comme pour Romain Artiges, conseiller en formation d’Uniformation, l’OPCA qui gère la formation dans ce secteur au niveau des associations, il y a un problème lié aux diplômes existants comme le DEAES, diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, qui demande une spécialisation trop rapide « au détriment des services à domicile. On demande ce choix dès le troisième jour. Presque 100 % des étudiants choisissent l’accompagnement en structure ! » Et Romain Artiges de citer une proposition mise en place récemment de formation avec 70 CDI à la clef dans l’Indre. « Je n’ai eu que 11 candidatures ! »

« il n’y a pas que des temps partiels subis »

tempère Benoît Colin, directeur de l’association À domicile 45

Formation et tremplin

Outre l’image du métier qui n’est pas assez valorisée, ce professionnel analyse que des rapprochements avec des secteurs proches doivent être travaillés afin de créer un parcours professionnel pour les salariés. « La formation n’est pas le problème et avant même la rémunération, aujourd’hui ce sont les perspectives d’évolution qui reviennent en discutant avec les demandeurs d’emploi. » Pour ce conseiller en formation, l’idée serait de faire de ces métiers des passerelles vers d’autres secteurs ensuite. Parmi les pistes évoquées également, il y a aussi le problème des déplacements et de la nécessité dans certaines zones géographiques du permis de conduire. De quoi orienter un peu plus le contrat de filière « services à la personne », signé en 2017 qui vise à développer et orienter la filière dans notre région.


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  • 190 000

    C’est le nombre de ménages qui seraient utilisateurs de services à la personne en 2030, soit une hausse de 19 % par rapport à aujourd’hui.

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    Les chiens d’Orléans sortent en meute !

    Création

    C’est une nouvelle marque d’appartenance qui émerge avec des supports multiples : vêtements, goodies, bières... Et d’autres à venir. Pour Mylène Bruno, une phrase a suffi pour faire émerger l'initiative. Lancée en novembre dernier, ce sont déjà 18 000 pièces qui ont trouvé preneur. Et c’est juste un début visiblement. philippe hadef


    Créer une marque qui soit également un signe d’appartenance territorial avec une exigence de laïcité qui, de fait, mettait sur le bas-côté Jeanne d’Arc, emblème majeur et internationalement reconnue d’Orléans, voilà un pari complexe...

    Mylène Bruno a pourtant porté cette idée en espérant trouver cet élément distinctif que personne ne pourrait lui contester. Et c’est un jeune inconnu qui va la mettre sur la voie en clamant fièrement : « Je suis un chien d’Orléans, et j’en suis fier ». Le déclic était là.

    Si l’histoire retient, pour définir les Orléanais, ce terme ainsi qu’un second aussi piquant que la guêpe (logo aujourd’hui utilisé par l’USO Football), c’est bien ce canidé qui deviendra le signe distinctif « laïque » du territoire.

    Faisons un peu d’histoire...

    Une appellation dont les origines sont diverses avec parfois une connotation des plus négatives même si plusieurs textes évoquent le bruit des canons (une forme de canon spécifique appelée chien) de la forteresse orléanaise lors de la guerre de Cent Ans et notamment du blocus anglais organisé autour de la ville et du fleuve. D’ailleurs n'y a-t-il rien de plus fidèle qu’un chien ? Il y aurait d’ailleurs là, dans la fidélité au roi lors de cette tragédie européenne, une autre explication avancée pour comprendre le sens profond de ce terme.

    Mylène qui se présente comme la femelle alpha de la meute des chiens d’Orléans qui, pendant des années, a œuvré comme journaliste reporter d’images pour des télévisions locales, France 4 ou encore Eurosport, avant de se lancer dans le tatouage à Châteauneuf-sur-Loire, n’hésite pas à évoquer ces sens multiples pour ceux, peu nombreux à vrai dire, qui s’interrogent sur cette facette que certains estiment peu glorieuse.

    Une éthique de fabrication

    Mais tout ne se résume pas à la marque. L’éthique que porte Mylène est aussi l'un des atouts qu’elle met en avant « les produits locaux ou, pour le textile notamment, je suis très vigilante sur les conditions environnementales et sociales de la fabrication ».

    Pour mener à bien son entreprise, il a bien évidemment fallu trouver une part de trésorerie complémentaire. Et malgré un projet qui aurait pu être regardé avec scepticisme, « mon banquier a été enchanté de l’idée et il n’a fallu que cinq minutes pour avoir un avis favorable ».

    L’aventure a d’abord débuté par la mise en place d’une ligne complète reprenant le nom de la marque et en y associant diverses races : un chiot labrador, un doberman, un chihuahua ou encore un bull terrier... Très vite les goodies sont sortis des cartons avec notamment le logo ajouté au dos #JeMords.

    Mylène est aussi adepte des partenariats. C’est le cas notamment avec un brasseur d’Outarville qui vient ainsi de sortir une bière blanche sous la marque « Les chiens d’Orléans » laquelle a été goûtée officiellement la semaine dernière au Blue Devils, place du Châtelet.

    Des distributeurs qui se multiplient

    Le succès, lui, ne s’est pas fait attendre et la meute n’a fait que grossir au fil des jours. Depuis le 28 novembre 2018, date de la première vente, ce sont aujourd’hui 18 000 produits qui ont été vendus. « J’ai été particulièrement bien accompagnée pour la réalisation de la collection par la société Brodelec, leader sur le marché de l’impression textile numérique et qui m’a prodigué de précieux conseils ».

    Restait ensuite à se faire connaître et le bouche-à-oreille a très bien fonctionné car la femelle Alpha de cette meute sait aussi être piquante quand il s’agit d’évoquer Jeanne d’Arc en relayant notamment une boutade sur ses dernières heures : elle s’est éteinte deux heures après sa mort !

    Mais pour autant, Mylène ne ressent aucune animosité autour d’elle, y compris des membres de la ville qui ont salué récemment son initiative.

    On serait même plutôt bienveillant à son égard comme elle a pu le constater car si une boutique avait vu le jour, c’est maintenant sur Internet d’une part que l’on trouve la version dématérialisée de l’ancien lieu situé rue des Clés et plusieurs partenaires distribuent dorénavant comme La Factory, BioCoop et Le Shop. On imagine d’ailleurs que cette liste ne va que grossir au fil des semaines et des mois à venir.


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