Les Brèves

  • Les Fêtes Véganes d’Orléans

    Chaque année, l’association Info Végane 45 organise les Fêtes Véganes d’Orléans sur le quai du Châtelet. Cet événement gratuit s’est déroulé le samedi 23 juin dernier dans un village associatif. Des stands sur la maltraitance animale, l’exploitation animale, les courses de lévriers, l’état des fonds marins, les vêtements végans ou encore l’alimentation végétale ont attiré des dizaines de personnes. Cette année, un cycle de conférences a mis en lumière les tests sur les animaux dans les laboratoires, le sport et le véganisme, et enfin l’univers de MagiCJacK, un activiste français végan et réalisateur de films.

La vie sans viande, « plus qu’une mode »

être végan à orléans

De plus en plus de personnes se passent de viandes et de produits animaux. Ces végans se positionnent contre l’exploitation animale et souhaitent changer le monde. Utopie ou vraie bonne idée ? Rencontre avec l’association Info Végane 45.

claire seznec

Des fruits, des légumes, des légumineuses, des produits « substituts » aux produits d’origine animale… Le véganisme intrigue presqu’autant qu’il divise. À Orléans, l’association Info Végane 45 promeut ce mode de vie et de consommation sans produits animaux ni produits issus d’animaux (miel, lait, œufs, laine, soie, cuir…). Plus largement, il s’agit de supprimer les produits fabriqués et testés par l’exploitation animale et d’éviter les loisirs qui y sont liés, comme l’équitation et les courses animales (chevaux, lévriers). « C’est plus qu’une mode, estime Pauline Merle, la présidente de l’association, végétarienne depuis l’âge de seize ans. Ça touche tout le monde et ça peut permettre de trouver une clef pour résoudre des problèmes. » Selon elle, la santé, l’environnement et encore la défense et la préservation des animaux « qui sont quand même des terriens comme nous » peuvent être améliorés par le véganisme.

Outrepasser les traditions

Pour l’heure, les végans n’ont pas vraiment bonne presse. Étant donné qu’ils ne mangent pas « comme les autres », c’est-à-dire pas de viandes, ils sont parfois mis à l’écart voire incompris. « Avant, certains pensaient que nous faisions partie d’une secte, raconte Véronique Seltz, la trésorière d’Info Végane 45. Aujourd’hui, ils entendent nos idées mais ils n’ont pas envie de savoir pourquoi et encore moins de remettre en cause nos croyances alimentaires et nos traditions. » L’apport en protéines pose notamment question auprès des omnivores. Pourtant, les végétaux et les légumineuses en possèdent de fortes quantités.

 « on lutte contre l’antispécisme, c’est-à-dire la discrimination des espèces »
Véronique Seltz, trésorière d’Info Végane 45

Comme expliqué plus haut, les végans mettent davantage en avant le problème de la surexploitation animale. Ces dernières années, l’association L214 a diffusé de nombreuses vidéos provenant d’élevages intensifs et d’abattoirs. Les images de poussins broyés et de vaches se débattant têtes en bas ont fait le tour de France des médias et en ont choqué plus d’un. Ce traumatisme nous rend démunis : peut-on continuer à consommer de cette manière ? Le plaisir de manger de la viande est-il finalement honteux au vu de la souffrance animale ? Ces interrogations demeurent propres à chacun et si de plus en plus de personnes deviennent végétariennes, voire végans, d’autres font abstraction des images.

Un combat politique

La consommation peut être une action militante. Parmi les végans, il existe plusieurs « mouvements » : ceux qui ne font que consommer « différemment », ceux qui militent parfois avec des mots durs, ceux qui prônent une ouverture de conscience mais tolèrent le monde tel qu’il est. Tous, à plus ou moins grande échelle, souhaitent changer le monde. Si cela peut paraître utopique, de nombreux militants estiment que le véganisme possède aussi un aspect politique. « On lutte contre l’antispécisme, c’est-à-dire la discrimination des espèces, précise Véronique Seltz. La justice est différente selon l’utilité de l’espèce, selon si elle est domestique, sauvage, à destinée alimentaire ou vivant dans un laboratoire. »

Dans ce même cadre, le Parti Animaliste a été créé en 2016. Il milite pour une évolution de la société, laquelle prendrait en compte les intérêts des animaux et repenserait la relation entre les animaux et les humains. Le parti devrait d’ailleurs présenter une liste lors des élections européennes de 2019. 

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  • À savoir

    Polémique : Végans VS bouchers

    « Viande = meurtre », « stop au spécisme »…. Selon la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), des « groupuscules végans » ont vandalisé des boucheries, notamment dans les Hauts-de-France et dans les Yvelines. Certaines ont été taguées avec du faux sang. Les bouchers ont même adressé une lettre à Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, lui demandant une protection policière.


    Sport : Un végétarien au PSG

    Les végans peuvent-ils être des sportifs de haut-niveau ? A priori, la réponse est oui comme le montrent le bodybuildeur Franck Medrano, la snowboardeuse Hannah Teter ou encore le sprinteur Carl Lewis. Plus récemment, on a appris que Thomas Tuchel, le nouvel entraîneur de l’équipe de football du PSG est végétarien. Pas encore végan, mais peut-être un jour ?


    Numérique : Un emoji « inclusif »

    Début juin, le logiciel Android (qui appartient à Google) a fait évoluer ses emoticons (emoji). Outre l’entrée d’individus roux et chauves, la salade s’est transformée : la laitue et les deux rondelles de tomate sont toujours présentes, mais l’œuf a disparu. L’objectif est de plaire à plus d’utilisateurs, notamment aux végétariens et aux végans. La nouvelle a fait réagir les mangeurs de viande qui ont fustigé l’emoji. Google s’est défendu et la petite salade n’a pas retrouvé son œuf.


    Contraception : Des préservatifs végans ?

    La marque allemande Fair Squared se targue d’avoir lancé une gamme de « préservatifs végans » fabriqués en latex 100 % végétal. Ils sont créés à partir de caoutchouc cultivé dans le sud de l’Inde et de caséine, une protéine qui assouplit le latex. Le problème pour les végans ? Cette fameuse protéine vient du lait, et donc d’un produit animal.

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  • Petit lexique de consommation

    Végétarisme : les végétariens consomment de tout sauf de la chair animale, c’est-à-dire pas de viande blanche ni rouge, pas de poissons ni de crustacés. Certains d’eux évitent également certains fromages et produits laitiers.

    Végétalisme : les végétaliens consomment de tout sauf de la chair animale ou tout autre aliment d’origine animale (produits laitiers, œufs, miel).

    Véganisme : les végans consomment de tout sauf de la chair animale ou tout autre aliment d’origine animale (produits laitiers, œufs, miel). Ils bannissent également tous les produits issus de l’exploitation animale (vêtements, cosmétiques, loisirs). 

Orléans est-elle végan friendly ?

Consommation

En plein essor auprès de la population, le véganisme commence à avoir la cote chez les commerçants.

À Orléans, plusieurs enseignes permettent de manger, mais aussi de se pouponner végan... État des lieux.

c.s

À Orléans, les végans sont plus ou moins bien lotis dans leur consommation quotidienne. « On peut facilement trouver de quoi se nourrir en termes de légumes mais aussi de protéines avec les haricots et toutes les sortes de légumineuses », avance Véronique Seltz, la trésorière d'Info Végane 45. D’autant plus que les producteurs locaux produisent parfois en bio et qu’il existe une multitude de jardins et potagers partagés. Néanmoins, pour dénicher de bons « produits innovants » comme le lait de soja ou le lait d’amande, il faut généralement se rendre dans les magasins bios, même si les grandes surfaces commencent à en vendre. « Le plus dur, c’est le fromage, car il fait partie de notre tradition française », souligne Pauline Merle, la présidente de l’association. Heureusement, des substituts à ce produit laitier sont fabriqués, souvent avec du soja. Mais ils sont difficiles à trouver. « Avant, il y avait La petite fromagerie, une start-up d’Auvergne, qui en vendait, se souvient Véronique Seltz.

Mais elle avait trop de demandes et ne pouvait pas subvenir aux besoins de tous. »

 « on peut facilement trouver de quoi se nourrir »
Véronique Seltz, Info Végane 45

Sortir au resto

À notre connaissance, trois lieux permettent de manger végan au restaurant. Dans la rue des Halles, l’enseigne O’Terroir propose des salades et des burgers sans produits d’origine animale ; dans la rue Sainte-Catherine, la chef du Piano dans la théière cuisine des soupes, des salades et des gâteaux végétaliens et sans gluten ; enfin, ouvert récemment, Le Bidule a commencé par inscrire uniquement des plats végans sur sa carte. Ces mets existent toujours, mais le gérant a décidé de proposer des versions pour les omnivores afin de répondre à une demande. « À part ses enseignes, c’est difficile de sortir au restaurant avec des amis, confie Pauline Merle. Il y a toujours les pizzas, mais, même si ça ne pose généralement pas de problème, il faut demander à supprimer le fromage. » 

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  • Le végétal dans la peau

    Pour sortir de la consommation liée à l’exploitation animale, les végans n’utilisent que des produits végétaux non testés sur des animaux. Aujourd’hui, la majorité des cosmétiques ne répondent pas à ces critères. Il faut donc trouver des marques et des enseignes spécifiques. À Orléans, deux boutiques de maquillage et soins du corps proposent des produits végans : la société anglaise Lush, installée dans la rue de la République, et la start-up orléanaise Nuoo, dans la rue de la Cerche. « Ces derniers temps, la gamme se développe également dans les supermarchés et dans les boutiques bio », précise Pauline Merle, la présidente de l’association Info Végane 45.

    Se faire coiffer

    Parmi la multitude de coiffeurs présents à Orléans, deux se distinguent auprès du mouvement végan : Mlle & Naturel, dans la rue du Cheval Rouge ; et Le Peigne Vert, dans la venelle de la Boëche, derrière le collège Dunois. Cette deuxième enseigne est aussi une marque déposée de produits végétaux sans éléments issus de l’industrie pétrochimique (shampoings, soins, colorations, maquillage) imaginée par Marine Duchêne, la gérante du salon de coiffure, et vendu notamment chez Nuoo.

    Comme quoi, se faire beau (et belle) végan à Orléans, ce n’est pas bien compliqué. Par contre, pour les vêtements, il faut se rendre sur Internet. Car à notre connaissance, aucune enseigne n’en propose dans la ville.