Les Brèves

  • Changer pour moins de pollution

    Pollution de l’air et nuisances sonores

    L’un des leviers prioritaires pour réduire les nuisances urbaines, qu’elles soient sonores ou par l’apparition de pics de pollution « même si en fonction des conditions météorologiques elles arrivent le plus souvent de la région parisienne », explique Olivier Carré, tout en précisant, « qu’il n’est pas nécessaire d’y ajouter un surcroît de pollution », c’est évidemment l’évolution des modes de transport, mais également du type de véhicules employés, qui sera le meilleur gage d’un air plus respirable. Et ce particulièrement dans certaines zones touchées de façon régulière par les particules fines.

    L’augmentation du nombre de piétons et de cyclistes, qui font partie des objectifs affichés, doit aller de pair avec un accroissement du covoiturage. Mais également par l’accentuation de l’électrification des bus ou le pari fait sur l’évolution de véhicule propre à horizon de cinq ans.

    Reste que concernant les nuisances sonores (voir plan ci-contre) c’est un plan encore plus global que le PDU voudrait voir mettre en œuvre comme la prise en compte globale au plan urbanistique de cette préoccupation d’un grand nombre d’habitants à proximité des grandes voies de circulation.

    La voiture ou le bus électrique sont-ils les solutions d’avenir ? Pour le bruit probablement mais Florent Montillot estime lui que l’hydrogène est la vraie source de motricité d’avenir. « Si ce n’est qu’à cette heure, 7 137 véhicules seulement roulent à l’hydrogène », ajoute Olivier Carré, et que ce manque de recul n’est pas fait pour inciter la métropole à faire le grand saut. « Mais d’ici 4 ou 5 ans il faudra effectivement réfléchir à cette mobilité d’avenir » ajoute David Thiberge.

Comment réduire la part des voitures... pour une mobilité différente

Organisation des modes de transports métropolitains

Aujourd’hui près de 49 % des déplacements se font en voiture avec son seul conducteur. Comment agir pour augmenter la part des piétons, des cyclistes, des transports urbains et du covoiturage ? C’est tout l’enjeu de ce PDU voté lors du conseil métropolitain mardi et qui dresse les grands axes d'action pour l’avenir.

philippe hadef

Le plan de déplacements urbains est en réalité la déclinaison du schéma de cohérence territorial qui a été présenté juste avant le PDU (plan de déplacements urbains) lors du conseil métropolitain. Son objectif : agir sur l’organisation du territoire dans son ensemble pour agir de façon incitative sur les habitudes des modes de déplacement des habitants de la métropole – et même au-delà –.

Car, les élus en ont conscience, pour changer les habitudes il faut plus que des vœux pieux, il faut des actions attractives qui rassurent sur la fiabilité des modes alternatifs à ceux habituellement employés.

Pour David Thiberge, vice-président délégué aux transports, aux déplacements et à la politique ferroviaire, qui a présenté ce PDU qui engage la métropole pour les dix prochaines années a, initialement, souhaité noter le caractère partenarial de ce plan qui, après le vote des élus, continuera son cheminement jusqu’à l’enquête publique « avec des moments de débats », précise-t-il, qui animera l’automne 2018 avant l’adoption définitive en 2019.

Un million de déplacements par jour

Pour David Thiberge, il faut prendre en considération l’ampleur du sujet et l’ambition portée par la métropole compte tenu du nombre de déplacements identifiés par jour qui est proche du million.

D’autant qu’à l’intérieur de l’espace urbain et notamment les voies à fort trafic comme la RD 2020 ou les mails, « il faut travailler sur un partage de la voirie » ce qui, probablement, induira de lourds investissements. La requalification des mails, de la RD2020 et l’émergence de la passerelle à proximité du pont George V – puis ensuite une seconde en direction du l’Île Charlemagne, auront cette vocation d’offrir un nouveau mode de déplacement, plus sécurisé cette fois et qui jouera également sur la pollution de l’air et les nuisances sonores (lire par ailleurs).

Démarche nouvelle en revanche avec, outre le plan vélo, un plan spécifique pour les piétons. Là aussi, il s’agit notamment dans l'hyper-centre de redonner aux piétons toute leur place.

La multimodalité à repenser

Mais ce qui est néanmoins flagrant c’est l’absence d’intermodalité dans les habitudes des Orléanais au sens large. Autant il est assez régulier de voir une personne passer du tram au bus (2 tiers des déplacements), autant il est plus rare de voir se succéder l’utilisation de la voiture avant celui des transports urbains ou du vélo pourtant autorisé à entrer dans le tram.

Mais on entend aussi que certaines sources d’information sont méconnues. Qui sait aujourd’hui que l’on peut utiliser une application –

JVMalin – d’information multimodale avec un calculateur d’itinéraire intégrant tous les modes de transport, qu’ils soient gérés ou non par la métropole. Ou encore Géovélo, une autre application qui propose des itinéraires en prenant en compte la cyclabilité des voies.

« il faut travailler sur un partage de la voirie »
David Thiberge, vice-président délégué aux transports, déplacements et à la politique ferroviaire

Plus fiable, plus rapide

Mais le mot magique pour inciter les automobilistes à changer de mode de transport reste la fiabilité et la rapidité. La fiabilité, elle, a été mise à mal par les nombreux travaux sur le tram ces dernières années. Peut-être que cela explique notamment que l’augmentation du nombre de voyageurs soit due principalement à l’utilisation croissante des bus et, notamment, les lignes fortes à cadencement rapide.

Il y a donc des améliorations à trouver. Pour ce qui concerne le tramway, les aménagements actuels devraient lui permettre de retrouver une vitesse plus importante. Son allongement vers le nouveau quartier d’Olivet, la Jarry, et la ligne vers Co’Met pourraient apporter quelques arguments complémentaires.

Concernant les bus, l’opération « Chronobus », toujours sur les lignes les plus denses, devra permettre de mieux naviguer au milieu de la circulation avec des voies spécifiques de circulation, des feux dédiés... Autant de facilités qui ont un objectif principal : assurer le respect des horaires.

La ruralité à la demande

Reste que si la zone urbaine est complexe pour cause de densité de circulation, en zone rurale la difficulté est toute autre. David Thiberge, plaide, lui, pour le transport à la demande : « Une expérimentation est en cours depuis le 3 avril sur Chécy, Semoy et Saint-Jean-de-Braye qui sera étendue sur Boigny, Combleux et Bou. Cette expérimentation doit nous permettre une modélisation poussée pour ensuite la décliner également sur la zone urbaine afin qu’aucune partie de la métropole ne soit desservie ».

Quant à la réflexion menée sur les grands axes pour raccorder Orléans aux grands aéroports parisiens, ou encore permettre une accessibilité accrue vers Chartres ou Châteauneuf, elles risquent de prendre plus de temps à émerger car les élus métropolitains n’ont pas la main sur ces sujets. Au mieux peuvent-ils tenter de convaincre.

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  • 150 000

    C’est le nombre de déplacements quotidiens vers ou depuis la métropole réalisés par les habitants au-delà des frontières métropolitaines

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  • Après le calcaire... l’argile

    Si les anciennes carrières ou les cavités naturelles dues à l’érosion sont un problème, les sols argileux qui se situent principalement au nord de la Loire sont aussi dévastateurs pour les constructions. Et ce de façon plus insidieuse car il peut se passer des années, peut-être même des décennies pour en déceler les effets.

    Cela concerne environ près de 50 % du territoire dont 25 % classé en zone d’aléa fort.

    La particularité des sols argileux est qu’ils gonflent en cas de pluie et se tassent en période de sécheresse. Ces mouvements du sol successifs peuvent fragiliser, fissurer et, finalement, aller jusqu’à l’effondrement. Mais les signes avant-coureurs sont suffisamment évidents pour que les occupants aient largement le temps d’identifier le problème et éviter ainsi de se mettre en danger.

    À la lecture de ces informations, on pourrait estimer que la métropole est le territoire de tous les dangers. Ce n’est pas le cas... notamment pour les risques sismiques qui sont au niveau 1, soit le plus faible. Et pour la construction d’une maison ou d’un édifice quel qu’il soit, aucune réglementation parasismique particulière n’est à appliquer. Bonne nouvelle non ?

La métropole est-elle un gruyère ?

Risques géologiques

Dans le cadre de ce plan de déplacement, de nombreux sujets sont abordés et notamment les risques liés aux mouvements de terrain, d’affaissement ou d’effondrement en relation avec les cavités souterraines. Un phénomène connu sur notre territoire mais qui montre là l’étendue du problème à prendre en considération.

philippe hadef

Les risques d’effondrement ou de glissement sont-ils véritablement un problème majeur sur la métropole ? Oui et il suffit pour s’en rendre compte de consulter l’analyse des risques pour en avoir le cœur net.

À ce jour, 730 cas de mouvements de terrain ont été recensés par La base de Gestion Assistée des Procédures Administratives relatives aux Risques (GASPAR).

C’est un volume plus que conséquent qui touche toutes les communes à l’exception de Fleury-les-Aubrais et Semoy. Et sur l’ensemble du territoire, à l’exception de trois cas de glissements de terrain, tous les autres ont eu comme conséquence des effondrements. Les plus touchées sont les communes de Saint-Denis-en-Val (130), Saint-Cyr-en-Val (87) et Orléans (74). Au total ce sont 726 cas d’effondrement qui ont eu lieu.

Pour l’heure, aucun plan de prévention des risques spécifique n’a été élaboré. Pour autant, les différentes zones de fragilité sont peu à peu recensées. Orléans, à elle seule, a identifié 703 cavités pour un total – d’après la base nationale des cavités souterraines – de 1 175 sur l’ensemble de la métropole (500 000 au plan national selon le BRGM).

Comment expliquer une telle situation ?

On estime que depuis des siècles, et peut-être même dès que l’homme a identifié les matériaux qui pouvaient assurer sa protection, le calcaire a été largement utilisé. Le volume est devenu de plus en plus conséquent au fur et à mesure que les constructions se faisaient massives et la population imposante.

Mais le calcaire à la différence d’autres roches est très sensible à l’érosion. Il peut notamment se dissoudre peu à peu en fonction des différents niveaux de montée des eaux de la Loire et accélérer un effondrement. Il peut en être de même avec une rupture de canalisation d’eau qui aura les mêmes effets. Dans tous les cas, les infiltrations d’eau sont souvent l’élément déclencheur ou aggravant comme en 2016, à la fin du mois de mai, lors de fortes précipitations près d’une centaine d’effondrements sont recensés dans le département.

Reste qu’il faut dissocier les anciennes carrières et les cavités naturelles qui se sont formées par dissolution progressive du calcaire liée à la circulation des eaux souterraines.

Qui est responsable de l’entretien de ces cavités ?

Et bien la réponse est assez simple : les propriétaires du terrain. Si vous achetez une maison et qu’une cavité se trouve sous celle-ci, vous avez la responsabilité de son entretien. La situation est d’autant plus complexe si ce sous-sol fragilisé s’étend sur plusieurs emprises.

Reste que si le site est connu, la loi oblige à prévenir le futur acquéreur s’il y a un changement de propriétaire.

Dans ce cas précis, une fois avoir pris connaissance de ce risque, il suffit de prendre contact avec les services municipaux qui sont en contact permanent avec le BRGM afin d’identifier l’ampleur du risque. Une cavité humide, fissurée, avec des blocs au sol ou ayant un plafond très haut – rendant donc aléatoire l’assise de la construction qui se trouve au-dessus – sont autant de signes de fragilisation.

Évidemment, il existe une façon simple de réduire le risque à zéro c’est de combler la cavité totalement par du béton. Mais en fonction de son importance, la note peut être salée...

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  • 726

    Au total, dans le périmètre de la métropole, c’est le nombre d’effondrements qui ont eu lieu.