Les Brèves

    Les pré-enseignes de retour ?

    Législation

    C’est en tout cas le sens de l’amendement défendu par Richard Ramos (LREM) et adopté à l’Assemblée nationale. Il reste maintenant au Sénat à conforter cette première « victoire » et pour cela le député En Marche passe le relais à la droite.

    Richard Ramos, député LREM du Loiret, ne cesse de faire parler de lui dès qu’il s’agit d’alimentation. Et cette fois, avec un amendement qu’il a défendu durant des mois dans les coulisses et visiblement, selon le député, contre l’avis même des ministres, il est parvenu à décider les députés de voter « oui » ce qui permet, malgré la loi Grenelle 2 qui avait scellé son interdiction, de continuer, dans les communes de moins de 10 000 habitants de continuer à afficher au bord des routes, les pré-enseignes qui permettent de faciliter l’accès ou de capter la clientèle. Des pré-enseignes souvent essentielles dans les espaces ruraux et qui, avec la future limitation à 80 km/h, seront donc d’autant plus faciles à décrypter.

    C’est en soit un gros coup médiatique – un de plus – aussi pour Richard Ramos qui se défend néanmoins d’avoir une stratégie de communication et assume de travailler sans exclusivité avec toutes les parties de l’hémicycle.

    Il assume d’avoir soutenu une loi présentée par le FN

    « Nous avons travaillé très largement sur ce dossier. Et maintenant qu’il a pu être adopté à l’Assemblée nationale, c’est au Sénat, et notamment à Hugues Saury de reprendre la main pour conforter le travail réalisé ».

    Pour Richard Ramos, « le temps des salons de thé est terminé » et c’est autant pour démontrer l’importance du travail des élus de la nation et leur capacité à résoudre les problèmes locaux « que je réponds aux sollicitations des journalistes. Et si on me demande sur RMC ou ailleurs, c’est probablement parce que mon discours est simple et compréhensible. Et je ne vois pas pourquoi je refuserais. Alors, non, je n’ai aucune stratégie de communication, je m’en tape comme de l’an 40 ».

    S’il a fédéré quelques parlementaires autour de lui lors d’une conférence de presse aux côtés du président départemental de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière, ce n’est donc pas par vanité d’afficher le résultat de son travail sur un dossier que les professionnels dénonçaient depuis des mois, sinon plus... Et les critiques de Claude de Ganay (député LR du Loiret) dans le quotidien local qui expliquait n’avoir été à aucun moment informé de cette démarche le laisse de marbre : « Un amendement similaire était présenté par son groupe, il ne l’a même pas signé ! J’ai déjà eu l’occasion de signer une proposition de loi présentée par Emmanuelle Ménard (député FN) ». Il est clair qu’avec cet exemple, Richard Ramos veut démontrer clairement que peu importe son origine, l’idée si elle est convaincante, est capable de faire tomber toutes les barrières.

    Les Brèves

      Les Brèves

        Le temps des grandes manœuvres est arrivé

        Municipales 2020

        Àlors qu'Olivier Carré a rapidement pris la mesure de ses nouvelles responsabilités et à deux ans de l’échéance, les candidats à l’élection municipale émergent. À la fragilisation du centre et de la gauche lors de l’émergence de La République en Marche répond en écho une majorité municipale qui s’interroge...

        philippe hadef

        Il y a ceux qui le disent, l’affirment et y travaillent. Il y a ceux qui s’y préparent en ménageant un suspense bien dérisoire. Il y a enfin ceux, plus nombreux encore, qui menacent d’y aller en espérant pouvoir négocier.

        À gauche, et particulièrement au Parti socialiste, les choses sont claires. On veut prendre en considération les causes de l'humiliante défaite de 2014 pour tenter un "coup" et réussir ce que Serge Grouard avait réalisé en 2001 en devenant le surprenant successeur de Jean-Pierre Sueur 

        À cette différence près que l'élu d'alors était usé et qu'à l'inverse Olivier Carré apparaît malgré tout comme un homme nouveau.

        Une écharpe qui a déjà changé de main...

        Mais, l’avenir amène chacun dans des aventures improbables ou tout du moins imprévisibles. Cela fut vrai au plan local, quand le 28 juin 2015, l’écharpe changeait de main suite à un très gros coup de fatigue du maire – le diagnostic médical n’a jamais été étalé sur la place publique – et propulsait Olivier Carré au poste de maire. Qui, de la même manière, même après avoir testé sa popularité lors des fêtes johanniques aurait imaginé qu’un Emmanuel Macron serait l’emblème du « dégagisme » qui allait, quelques semaines plus tard, balayer nombre d’élus à l’Assemblée nationale, y compris le même Serge Grouard qui avait fait le choix de porter la parole orléanaise à Paris ?

        Dès lors les cartes sont rebattues. Le scénario idéal pour la droite orléanaise d’une victoire de Fillon n’est plus de mise. L’émergence de La République en Marche fragilise la majorité rajeunie et peu encartée. Et, pire encore, alors même qu’Olivier Carré semble avoir quelques soutiens dans les hautes sphères pour rassembler au plus large et asseoir à la fois son autorité et son poids électoral en étant désigné « Macron compatible »... Et alors qu’il regarde ailleurs dans son troupeau pour calmer quelques ardeurs naissantes, c’est Serge Grouard qui sort du bois critiquant à demi-mot la méthode actuelle et se présentant, sans le dire, comme un recours.

        Si la majorité municipale était seule en lice et si les adversaires étaient en quantité négligeable, un tel couac pourrait passer pour un accroc dans une côte de maille puissante et résistante. Mais tel le talon d’Achille, la fragilité émerge là où on l’attendait le moins. Au grand bonheur des autres candidats trop heureux de pouvoir à nouveau espérer un miracle en 2020.

        Richard Ramos incontournable ?

        Au premier rang d’entre eux, Richard Ramos, le député Modem du Loiret, élu dans le sillage de la vague macroniste l’affirme : « en septembre je serai beaucoup plus présent à Orléans ». S’il ne peut se présenter sans mettre en péril son mandat de député, son ambition est simple : s’il n’affirme pas encore vouloir créer une liste, il compte bien « avec les Orléanais » mettre en place un socle de valeurs qui serait ensuite soumis aux autres candidats déclarés – une démarche déjà entreprise par le passé. Pas certain d’ailleurs qu’il s’enflamme déjà à l’idée de rejoindre le camp d’Olivier Carré. « Il y a des gens dans cette équipe qui ne sont pas des humanistes et qui ne peuvent se prévaloir de pouvoir incarner le mouvement de la majorité présidentielle ». Et visiblement encore plein d’émotions en évoquant le soutien appuyé de Florent Montillot (UDI) à Jean-Pierre Door (LR), il ajoute : « Il est impossible que certains « coquins » puissent prendre l’étiquette sans en porter les valeurs ».

        Assis pour l’heure confortablement sur son siège d'élu de la Nation, Richard Ramos ne peut que se féliciter d’avoir, de surcroît, en quelques temps à peine, marquer son mandat de petits coups d’éclat qui l’ont fait passer d’un quasi anonymat à une notoriété encore à confirmer.

        Grand, toujours plus haut ?

        Jean-Philippe Grand (EELV), lui, n’a pas tardé à se déclarer. L’écologiste, conseiller municipal d’opposition et conseiller régional de la majorité, est parti très vite en besogne. D’autant qu’il le sait, la tâche est complexe. Car pour espérer l’emporter, il faut rassembler. Et à gauche, c’est une mosaïque très diverse à laquelle il faut donner une forme qui soit en capacité de rassurer par sa diversité et non inquiéter par ses divergences de fond qui s’effacerait miraculeusement le temps d’une élection.

        Le rassemblement, tout le monde semble porter ce mot comme s’il venait de découvrir une nouvelle pierre de Rosette, propre à rendre lisible les intentions et les messages de toute une population. Baptiste Chapuis, comme les autres responsables des sections orléanaises du PS, en est persuadé : « Travaillons ensemble », s’exclame-t-il. Un slogan presque, qu’il a pu tester au fil de ses rencontres lors des diverses manifestations où il a pu croiser tous les prétendants. « Il n’y a aucune difficulté à discuter avec toutes les forces progressistes. D’ailleurs, il n’y a eu, de mémoire, aucune liste portée par le PS qui n’ait été exclusivement composée de militants socialistes ». Pour Baptiste Chapuis, « la machine socialiste se remet en route, nous allons accentuer nos relations avec nos concitoyens et d’abord nous focaliser sur le projet. D’abord le projet, ensuite on pourra parler des hommes et des femmes qui auront à le porter ». Et le fait que ce ne soit pas un socialiste qui puisse être tête de liste ne semble effaroucher personne même si l’on comprend également qu’il faudra apporter beaucoup pour que les militants PS acceptent de passer la main et de se contenter de seconds rôles.

        Une primaire ouverte à gauche ?

        Mais fédérer à gauche, ce n’est pas simplement ajouter des écologistes et des socialistes. Il faut aller au-delà. Et plus les acteurs sont nombreux, plus le dialogue peut devenir complexe.

        Il y a ceux qui discutent déjà, comme la France Insoumise, ceux qui trouvent inélégant, pour ne pas dire plus, de n’avoir pas encore été contactés comme le Front de Gauche.

        Pourtant, dans cette belle machine à géométrie variable qui pourrait simplement se résoudre à multiplier les logos en bas d’une affiche, Baptiste Chapuis n’hésite pas à rappeler qu’en 2014 les logos étaient bien là. Et qu’une primaire mal négociée aura suffi à faire plonger le PS dans les abysses municipales. Il milite donc pour renouveler le genre : « faire des agglomérats de partis c’est fini ». Alors négociation entre « candidats » ? Primaire ouverte à gauche ?

        Et dans ce jeu de poker menteur pré-électoral où tout le monde se jauge et veut prendre position avant de jouer la partie, certains candidats que l’on appelle, sans être méprisant, de « témoignage » pourraient prendre plus d’importance que par le passé.

        Mais nous ne sommes qu’à l’aube de cette phase de campagne. D’ici 2019 qui marquera probablement le point de départ d’un sprint pour ravir le siège d’Olivier Carré (et de la métropole par la même occasion) beaucoup de choses vont être dites, nombre de liens vont se tisser, certains vont même s’agréger, d’autres se désagréger. Mais quoi qu’il advienne, le vainqueur de 2020 – alors que chacun pensait que cette élection était écrite par avance – devra générer une attente, être crédible dans sa capacité à gérer et ne pas incarner la vieille politique. Et malgré tout, Olivier Carré a cette chance et peut-être cette fraîcheur. Pour la première fois il aura la responsabilité de porter une liste sur son nom. De quoi apparaître comme un homme nouveau...

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