Les Brèves

  • La conférence des financeurs

    Ce comité est composé du conseil départemental, de l’ARS, de la MSA, de l’Assurance retraite, de la Mutualité Française, de la mairie d’Orléans, de l’AML 45, de la communauté de communes Pithiverais Gâtinais, de la sécurité sociale des indépendants ; de la retraite complémentaire Agirc et Arrco, de l’Assurance Maladie.

L’innovation pour le bien-être des seniors

Département innovant

Le département et les partenaires de la conférence des financeurs ont soutenu 77 projets pour permettre aux personnes âgées de gagner en confort, en autonomie. Au total, ce sont 733 832 euros qui ont été alloués après ces appels à projet sur l’ensemble du territoire.

philippe hadef

La première ambition était de coordonner les moyens de ces organismes, nombreux, qui sont en lien avec les personnes âgées et qui sont susceptibles de contribuer financièrement à des actions pour ralentir la perte d’autonomie. C’est aussi une façon de coordonner les moyens et les actions de façon à gagner en efficacité. Ainsi est née la conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. Et, comme son nom l’indique son objectif est avant tout de travailler en amont pour prévenir et anticiper au mieux les besoins des personnes afin de leur permettre de vivre à leur domicile dans le confort.

Mais tout ne gravite pas autour de l’habitat. Car qui dit prévention dit également actions pour améliorer le bien-être et la condition physique des habitants qui peuvent très rapidement s’isoler à la fin de leur activité professionnelle.

Une politique globale adaptée au territoire

Tout cela s’inscrit évidemment dans le cadre général de la politique de prévention et de la perte d’autonomie publiée par le ministère des Affaire sociales, de la Santé et des Droits des femmes en septembre dernier qui fixait six axes prioritaires : améliorer les grands déterminants de la santé et de l’autonomie, prévenir les pertes d’autonomie évitables, éviter l’aggravation des situations déjà caractérisées par une incapacité, réduire les inégalités sociales de la santé, former les professionnels à la perte d’autonomie et développer la recherche et l’évaluation des stratégies.

Sur la base de ces objectifs la mission qu’a confié le département à la conférence des financeurs dans le cadre de cet appel à projet aura été, dans un premier temps, de recenser les initiatives locales et de définir un programme coordonné de financement des actions.

Des actions au spectre très large pouvant aller de l’activité physique adaptée avec des conseils de diététique à la prévention des chutes, ou encore un forum sur la domotique pour maintenir l’autonomie à domicile, ou l’accès au droit par le numérique.

77 actions pour comprendre et agir

Les actions sont au nombre de 77 et elles ne concernent pas seulement le lieu de vie mais également la prévention dans le cadre de la mobilité, de la nutrition et l’accès au droit. C’est le cas notamment concernant les conducteurs avec une remise à niveau du code de la route. Prévention également concernant les arnaques à domicile dont les auteurs aiment à se focaliser sur les populations les plus fragiles.

« Il est évident pour nous que ces actions ont surtout pour intérêt de tout mettre en œuvre pour retarder la perte d’autonomie », explique Alexandrine Leclerc, vice-présidente du conseil départemental. « C’est aussi un âge où l’on prend conscience de ses faiblesses et notamment lorsqu’il faut délaisser la voiture pour un autre mode de transport, il est bon d’être accompagné, rassuré, pour accepter ce changement. Mais de la même manière, là où le sommeil peut parfois être un vrai problème, l’idée est d’expliquer les mécanismes du sommeil pour mieux le gérer. Beaucoup d’actions vont dans le sens de l’information et de l’accompagnement ».

Toutes ne sont pas nécessairement destinées aux personnes âgées. Les aidants et les familles pourront aussi bénéficier de ce programme global et coordonné pour, par exemple, suivre des cours de sophrologie ou tout simplement mettre en œuvre un film pour attirer l’attention des familles (voir en encadré). « Ces 77 projets portés par des associations, des CCAS ou des communes de l’ensemble du département ont tous pour objectif de réfléchir et agir pour adapter le logement et pouvoir s’y maintenir, mais également déceler les indices du vieillissement pour pouvoir le plus souvent possible travailler en amont » ajoute Alexandrine Leclerc.

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  • Un film pour attirer l’attention

    Au fil des actions qui ont été retenues par la conférence des financeurs : un film. Une véritable production qui mettra en scène acteurs professionnels et amateurs avec un scénario qui mettra en lumière les difficultés et l’isolement que peuvent rencontrer les seniors y compris en milieu urbain.

    Pour le « héros » du film, ce cadre bientôt à la retraite, mis sur la touche par son entreprise, vient de se retrouver missionné pour déterminer comment une personne peut bien vieillir tout en restant à son domicile. « C’est un véritable outil de prévention » ajoute Alexandrine Leclerc. « Là il s’agit d’ouvrir le regard des familles qui souvent interviennent sur le tard, parfois dans l’urgence. On les appelle à l’anticipation par la diffusion de ce film ». 500 dvd seront ensuite rendus disponibles avec notamment un lancement et une première diffusion, à l’automne, au cinéma des Carmes, le tout suivi d’un débat sur la thématique.

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  • Michelle et Maurice Doisneau : Une « candidature » spontanée

    Ils ont respectivement 72 et 78 ans et ont décidé de tester les capteurs de Janasense. Une façon pour eux de participer à la mise au point de ce produit et de donner leur sentiment sur l’intérêt d’un tel outil.

    « Nous avons reçu un courrier de notre bailleur, Logem Loiret, expliquant que, dans le cadre de l’amélioration de la sécurité des locataires, un projet allait nous être présenté ». Ce projet c’est évidemment celui développé par la société Janasense. « Nous avons rencontré un représentant de Logem Loiret et de la start-up orlénaise et, sans même vraiment y réfléchir, nous avons spontanément accepté de tester le produit » explique Michelle Doisneau.

    Le couple ne manque pas d’autonomie et c’est d’abord par volonté d’accompagner l’initiative qu’ils ont répondu présent tout en sachant l’intérêt d’un tel outil, notamment pour les familles et les accompagnants : « À partir du 22 mai – date de l’installation des capteurs à leur domicile, nous allons entrer dans la phase d’expérimentation qui durera environ un an. Nous n’avons pas réellement d’idées sur la façon dont les données pourront être exploitées, mais nous n’avons aucune inquiétude sur leur utilisation. Si cela peut faire avancer le projet... ».

    Dès les premières minutes ils ont néanmoins compris tout l’intérêt de ces capteurs : « Nous avons une fille qui nous appelle tous les jours. Pour l’entourage, la famille, je pense que ce produit peut être rassurant. De la même manière il peut y avoir des alertes pour eux si, par exemple, nous sommes à la maison et que le frigo n’a pas été ouvert de la journée ».

    Et de conclure par une anecdote dramatique : « dans notre voisinage, un homme a été découvert dix jours après son décès à son domicile ». Qu’en aurait-il été si les capteurs avaient décelé des changements d’habitude notoires chez cette personne en amont de son décès ?

Des capteurs pour réagir à temps

Retraités connectés

Janasense, la start-up orléanaise a obtenu le soutien de la conférence des financeurs du département et un accompagnement sans faille de ses partenaires dans le cadre de cette politique d’innovation à destination des seniors pour un meilleur confort et un maintien plus performant à domicile en toute sérénité pour les familles.

philippe hadef

Quand on parle nouveau service et nouvelle technologie, rien n’est jamais en lien avec le hasard. Michaël Alves, après vingt ans dans l’univers du web, est un de ces entrepreneurs qui confrontés à une réalité vécue, a tenté d’apporter, par son savoir-faire et sa créativité, une réponse adaptée au problème de lien existant entre les personnes âgées et leur famille.

Car si l’on anticipe assez facilement certaines étapes de notre vie, il est assez rare de voir, sauf événement exceptionnel ou maladie dégénérative déclarée, ses parents ou grands-parents perdre peu à peu leur autonomie. D’autant plus quand la mobilité est encore bien au rendez-vous et que le seul contact que l’on peut avoir est un coup de téléphone ou un passage régulier pour vérifier que tout va au mieux.

Ces petits riens qui ne passent plus inaperçus

Mais qu’en est-il de ces petits signes avant-coureurs ? De ces petits riens qui doivent néanmoins alertés l’entourage. Pour cela Michaël Alves a imaginé toute une série de capteurs qui permettent d’identifier les failles dans la routine quotidienne de nos aînés.

« C’est aussi une façon de ne pas rompre le lien en faisant de ce coup de téléphone quotidien une forme de communication quasi « professionnelle ». En sortant de cette obligation on ne dégrade pas le lien familial ».

Mais si l’entreprise Janasense, qu’il a créée à Orléans et installée au Lab'O depuis juin 2016, est encore dans une phase de test de ses produits, notamment en relation avec les résidents (lire par ailleurs) de Logem Loiret – autre partenaire au même titre que le Crédit Agricole Centre Loire – la phase de commercialisation est néanmoins programmée pour la fin de l’année 2018 ou, au plus tard, premier trimestre 2019.

Mais quelle est la valeur ajoutée de ce produit qui s’adresse d’abord à des personnes non-dépendantes : « Quand on parle vieillissement, on est très peu dans la prévention et l’accompagnement. Et c’est de ce constat qu’est parti le projet. Le « bien vieillir », c’est considérer qu’on est bien et qu’on va le rester le plus longtemps possible. Et on a créé ce service dans ce sens-là ». Aucune dramatisation à l’horizon donc mais au contraire une posture qui se veut positive afin d’identifier le plus tôt possible une lassitude, un laisser-aller ou des soubresauts dans le quotidien qui peuvent être autant d’alertes qui, bien anticipées, pourraient permettre un maintien au domicile dans les meilleures conditions possibles.

Des capteurs pour identifier les évolutions

Mais ces capteurs qui peuvent à la fois identifier si le frigo a été ouvert, si la température est bonne, si le bruit n’est pas une cause de mal être, si l’hydrométrie est cohérente, notamment avec la toilette quotidienne... sont autant d’éléments qui, analysés, permettent d’identifier rapidement des évolutions comportementales qu’un simple coup de téléphone, fusse-t-il quotidien, ne saurait mettre au jour.

« Le principe de la prise de conscience grâce à ces capteurs d’une évolution dans le rythme quotidien des personnes âgées au cœur de leur logement est aussi une façon d’anticiper les difficultés » avant qu’elles ne deviennent une réelle pathologie. Les utilisateurs, eux-mêmes, peuvent être partie prenante de l’installation de ces capteurs, « ce n’est pas fait seulement pour rassurer les proches, c’est une responsabilité partagée », ajoute Michaël Alves.

La phase de test qui s’ouvre maintenant pour plusieurs mois auprès d’une vingtaine de personnes âgées autonomes aura également son importance. « Ce que nous visons avec ces tests c’est l’acceptabilité de notre système, son ajustement avant la phase d’industrialisation ».

Ce qui est certain en revanche c’est que le département ainsi que l’ensemble des membres de la conférence des financeurs ont trouvé le projet suffisamment pertinent pour apporter un soutien financier à cette start-up à hauteur de 100 000 euros. Jonasense a, en moins de deux ans, cinq salariés à plein temps, plusieurs stagiaires et contrats de professionnalisation sans compter les personnes qui sont prestataires de l’entreprise. Le Lab’O vecteur d’innovation et d’emploi, en voilà une brillante démonstration.

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  • L’accélérateur, un plus

    Ce n’est pas totalement par hasard si Jonasense a souhaité s’installer au Lab’O dès sa création même si depuis elle a pris plus d’espace pour intégrer les nouveaux personnels. « Même si j’ai suivi une formation avec la CCI lors du parcours de création d’entreprise, le Lab’O permet de partager, de confronter les expériences et aussi, parfois de se rassurer. Mais la logique veut aussi, à partir d’un certain stade de développement, qu’on en sorte un jour ».

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  • Prenez date !

    Les ateliers pour seniors « Simple comme un clic », organisés par l’association Action Orléans, se déroulent à l’Espace public numérique dans les locaux de l’Aselqo Sainte-Beuve, à Orléans-La Source. Les prochains rendez-vous sont le mardi 22 mai, jeudi 24 mai, mardi 29 mai et jeudi 31 mai, de 10 h à 12 h. Il reste une vingtaine de places. Les ateliers se terminent à la fin du mois de juin.

    Pour plus de renseignements et pour toute inscription (jusqu’au début du mois de juillet pour les ateliers de septembre), veuillez contacter le 02 38 69 45 98 ou action.epn@gmail.com

  • 100

    seniors ont participé à « Simple comme un clic » depuis l’automne 2017.

L’autonomie en un clic

Numérique

Chaque semaine, l’association Action investit l’Espace public numérique d’Orléans-La Source pour son atelier « Simple comme un clic ». Ce temps dédié à l’approche et l’apprentissage du numérique et d’Internet est primordial pour les personnes âgées en quête d’autonomie.

claire seznec

Depuis le début des années 2000, le numérique a fait son entrée dans la société : des inscriptions dans des activités de loisirs aux démarches administratives, Internet est devenu un outil incontournable. Mais tout le monde n’y a pas accès, notamment les personnes âgées. Si certaines d’entre elles ont déjà des connaissances dans les usages numériques, d’autres peinent à s’y mettre. Pour les aider à comprendre l’univers et l’utilité du numérique, l’association orléanaise Action organise des ateliers d’initiation appelés « Simple comme un clic ». « En cinq séances hebdomadaires de deux heures, on leur apprend les bases de l’informatique, on les conseille sur le matériel utilisé, on leur montre le fonctionnement d’Internet et des connexions hors de chez soi, et on leur explique les démarches sur les sites et les services administratifs en ligne, énumère Solène Chavey, animatrice au sein d’Action. On va plus loin que le simple outil informatique. »

Maintenir l’autonomie

Le premier pas vers le numérique ? Créer une adresse e-mail. Selon l’association Action, cela permet de garder un contact avec les administrations mais aussi avec la famille. « Beaucoup de personnes âgées viennent dans l’association quand ils sentent la dépendance arriver, explique Solène Chavey. L’enjeu est important : il faut maintenir leur autonomie via Internet. » Et ce n’est pas forcément évident. Les seniors d’aujourd’hui ont grandi dans un monde où le numérique n’avait pas la place qu’il a dorénavant. Les achats sur Internet et les réseaux sociaux peuvent être perçus comme des dangers pour eux. En cause ? La question de la sécurité en ligne. L’association Action lève ce frein et dédramatise. « Les démarches auprès des organismes officiels se font de plus en plus en ligne…. Il faut que les personnes âgées soient capables d’accéder au numérique afin qu’elles puissent continuer à faire les choses sans un tiers », affirme Bénédicte Laplace, également animatrice au sein de l’association.

Au terme des séances, les seniors peuvent continuer leurs premiers pas dans le numérique grâce à des cours individuels et personnalisés. Selon l’animatrice d’Action, cette démarche est généralement faite dans les semaines suivantes. « C’est important car on s’améliore en pratiquant dans la durée », précise-t-elle. Certains approfondissent leurs acquis pendant que d’autres s’intéressent, en plus de l’ordinateur, à d’autres supports, comme le smartphone et la tablette numérique.

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  • L’Espace public numérique

    Kézako ?

    Installé dans les locaux de l’Aselqo d’Orléans-La Source (place Sainte-Beuve), l’Espace public numérique est géré par l’association orléanaise Action. Douze postes d’ordinateurs y sont disposés. L’espace est en accès libre, sur adhésion. L’objectif est de rendre accessible le numérique aux populations défavorisées ou déconnectées. Ce peut être les personnes ayant peu de revenus, ne pouvant acquérir un outil numérique, mais aussi des personnes âgées, éloignées des usages numériques. 

  • Les seniors sur le web

    France

    Selon le Baromètre 55+ de TNS Sofres (2016), 63 % des seniors de 55 ans et plus utilisent Internet, même si c’est rarement. Parmi eux, 30 % surfent très souvent sur le web. Les plus actifs sur Internet sont les 55-60 ans. Plus l’âge avance, moins les personnes âgées se prêtent à cette pratique. Le point de bascule se fait vers 70 ans.

    À noter que sur la population globale des 55 ans et plus, 14 % n’ont aucun équipement numérique connecté.

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    Quelle intimité pour les seniors hébergés en maison de retraite ?

    Seniors et sexualité

    Aujourd'hui, des établissements spécialisés dans l'hébergement des seniors garantissent la dispense de soins quotidiens aux personnes partiellement ou totalement dépendantes, ainsi que le respect de leur intégrité. Néanmoins, lorsque le corps vieillissant manifeste un désir intime, il n'est pas rare de voir le corps social se murer dans la gêne et le silence. 

    Même pour le personnel soignant, formé à accompagner les patients dans tous leurs besoins quotidiens, faire face à la question du désir est loin d'être une banalité. Pourquoi est-il aussi délicat d'envisager la vie affective et sexuelle de personnes âgées que nous chérissons par ailleurs ? Les peaux plissées, les silhouettes frêles, les postures ratatinées et les maladies sont-elles incompatibles avec les notions de désir et de plaisir ? Tour d'horizon de la situation aujourd'hui en France…

    Vieillesse et sexualité : le poids du tabou

    Pourquoi la société contemporaine véhicule-t-elle l'idée que les personnes âgées sont asexuées, qu'elles ne ressentent pas de désir ou ne sont pas désirables ? Les représentations médiatiques, publicitaires et culturelles nous invitent à rester jeunes, beaux, souriants et performants en toutes circonstances, et tout au long de notre vie. Ce « culte du corps », dans lequel nous vivons au quotidien, est en grande partie responsable du déni de l'intimité chez nos aînés. Là est certainement le paradoxe le plus flagrant de notre époque. Dans une société hypersexualisée, qui pratique l'injonction permanente à la jouissance, le sex-appeal semble limité dans le temps. Après 60 ans, plus personne ne vous invitera à « développer votre curiosité », à « tout savoir sur le sexe opposé » ou à « réaliser vos fantasmes ». Pourtant, le plaisir charnel n'est pas le privilège de la jeunesse !

    L'ensemble des interdits et des non-dits qui entourent la vie sexuelle des seniors s'impose comme une négation totale de la sexualité comme source de bien-être physique et psychique à tous les âges de la vie. Alors qu'une intimité comblée semble profitable à des personnes souvent fragiles et diminuées, il n'est pas rare d'observer chez certains individus des attitudes intolérantes à l'égard de l'expression du désir sexuel de leurs aînés. Ces réactions, sans aucun fondement éthique, sont par ailleurs en contradiction avec la réalité, puisqu'une enquête révèle que 86 % des hommes et 64 % des femmes âgés de 50 à 69 ans ont eu une relation charnelle datant de moins d'un mois.

    La maladie et la proximité avec les soignants

    On peut imaginer qu'il est difficile d'aborder cette question dans un établissement où l'intimité corporelle des patients est tributaire d'une aide médicalisée. Si cette pulsion de vie qu'est le désir de l'autre peut être compliquée à gérer pour le personnel médical, c'est, entre autres, parce que certains résidents sont atteints de syndrome démentiel, qui se manifeste par différents troubles du comportement. Les désordres cognitifs peuvent créer des comportements sexuels inappropriés qui nécessitent d'être canalisés par le personnel soignant, chargé de veiller à la quiétude de la vie en communauté. Il n'est donc pas toujours facile de distinguer la désinhibition liée à la démence, de ce qui est de l'ordre de la sexualité d'un senior autonome et lucide.

    Et parce que les soins que l'on prodigue au corps de l'autre nous ramènent irrémédiablement à notre propre rapport au corps, le désir de vivre de manière sensuelle apparaît parfois dérangeant dans un univers qui côtoie la maladie et la mort. Le personnel soignant (médecins, infirmières, aides-soignants) et les accompagnants (famille, proches) peuvent facilement se sentir embarrassés, voire débordés, lorsqu'ils sont confrontés à la question du désir des seniors. « Il y a trente ans, on n'en parlait pas du tout, ça n'existait pas, aujourd'hui on commence à chercher des solutions… », nous confie Corinne, ergothérapeute en gériatrie. Pour respecter et préserver l'intimité des couples de résidents, certains établissements travaillent à mettre en place des chambres doubles. Les personnes dépendantes peuvent également manifester le souhait d'avoir accès à une intimité. Des assistants sexuels peuvent alors être rémunérés par la structure, ou par une association spécialisée dans ce type d'interventions. Mais si ces services sont plus développés à l'international, la France n'en reste pour l'instant qu'aux prémisses…

    Le saviez-vous ?

    L'OMS admet la notion de « santé sexuelle » comme étant « un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d'avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. »

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