Les Brèves

    La semaine de quatre jours validée !

    Rythmes scolaires à Orléans

    Les quatre jours reviennent dans les écoles orléanaises. Si l’opposition socialiste met en avant la problématique des pics d’attention des élèves, Florent Montillot, adjoint à l’Éducation, pointe les heures de sommeil qui ne cessent de se restreindre….

    philippe hadef

    Il ne fallait plus qu’une délibération en conseil municipal, et ce fut chose faite lundi dernier. Après avoir préféré ne pas « plonger » immédiatement durant la rentrée de septembre dans un retour à la semaine de quatre jours, la Ville d’Orléans s’était laissée du temps pour repenser son dispositif et consulter les conseils d’école et la direction académique. Les conseils d’école ont, eux, réagi très positivement à un retour à la semaine de quatre jours (72 % d’avis favorables), ce qui n’a pas manqué de susciter des commentaires de la part de Corinne Leveleux-Teixeira. Au nom du groupe PS, celle-ci a estimé qu’il s’agissait de décisions qui répondaient aux problématiques des parents et des enseignants et laissaient de côté l’intérêt de l’enfant. L’opposition relevait ainsi que les pics d’attention des élèves étaient principalement situés le matin…

    Les bons comptes…

    Florent Montillot a, lui, fait un autre décompte. Se basant lui aussi sur un certain nombre de travaux d’experts, l’adjoint à l’Éducation a rappelé que le second pic identifié était positionné entre 15 h et 16 h 30, là où, précédemment, on organisait les TAP… Et que, sur l’ensemble de la semaine, le nombre des heures à « haut rendement » n’était en rien diminué. « Par contre, a ajouté Florent Montillot, j’ai pu constater, sur la base d’une autre étude, que les enfants de moins de sept ans avaient en moyenne perdu 20 minutes de sommeil et que 28 % des adolescents dormaient moins de cinq heures ! » Une intervention à même prouver que, si les rythmes scolaires étaient évidemment un élément important pour l’apprentissage, d’autres rythmes échappant à la collectivité ne montraient pas des signes très prometteurs…

    À l’occasion de cet échange, on aura ainsi pu faire quelques additions et étudier les pourcentages mais, pour ce qui est du vote, le calcul fut rapidement acté : avec 42 voix pour, 4 contres et 2 abstentions, la semaine des quatre jours serait donc une réalité pour l’ensemble des écoliers maternels et primaires d’Orléans lors de la rentrée de septembre 2018.

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    • Ce qui changera en septembre

      Rythme scolaire : retour à la semaine de quatre jours (8h30-11h30, 13h30-15h30) avec accueil périscolaire le matin dès 7 h 30 et le soir jusqu’à 18 h (aide aux devoirs gratuite jusqu’au quotient familial G, ou accueil)

      Le mercredi : atelier ludo-éducatifs (ALE) le matin pour les élémentaires, dans les écoles (comparables aux TAP actuels).

      Accueil de loisirs sans hébergement (ASLH) à la journée (avec déjeuner) pour les maternelles et les élémentaires.

      Accueil de loisirs ASELQO (sans déjeuner) à la demi-journée, matin et/ou après-midi pour les élémentaires et/ou les maternelles.

      Les pré-inscriptions des familles pour les ALE de septembre à décembre 2018 seront ouvertes à compter de la fin du mois de mai. Un questionnaire numérique ou papier, accessible sur orleans-metropole.fr, permettra aux parents de faire connaître leurs souhaits quant à cette nouvelle offre d’activités.

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      Loin du tumulte, les mots de Mathilde

      589e fêtes ëjohanniques

      Alors qu’elle venait d’être désignée pour incarner Jeanne d’Arc, les réseaux sociaux puis les médias traditionnels se sont emparés d’une pseudo-polémique nauséabonde lancée par des extrémistes de droite. Mais pour Mathilde, qui ne se connecte pas aux réseaux sociaux, la tempête est passée sans qu’elle soit perturbée outre mesure. Et pour cause… Elle a un modèle à suivre !

      philippe hadef

      Dès la désignation de Mathilde pour figurer Jeanne d’Arc à l’occasion des 589e fêtes johanniques, des propos racistes ont été relayés sur les réseaux sociaux. Des propos jugés suffisamment violents et caractérisés pour inciter le procureur de la République à ouvrir une enquête préliminaire pour incitation et provocation à la haine raciale. Alors que le père de Mathilde, la présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc et même le maire d’Orléans répondaient à une presse avide de nouvelles, la jeune fille était, elle, préservée. « Cela ne m’a pas perturbée plus que cela, car j’étais plongée dans la préparation de ce pèlerinage passionnant », explique aujourd’hui l’intéressée.

      Certes, Mathilde aurait probablement préféré un environnement plus apaisé pour préparer cet événement unique. Car pour bien comprendre les motivations de la jeune fille, il faut rappeler qu’elle et sa famille sont arrivées à Orléans alors qu’elle n’était âgée que de deux ans. Et c'est seulement l’année suivante, qu’attirée par le son des cornemuses rendant traditionnellement hommage aux soldats écossais, elle découvrit le décor de la rue de Bourgogne et Jeanne d’Arc en armure. « Quand j’ai vu cette jeune fille sur son cheval, j’ai vraiment cru que c’était la vraie, rappelle-t-elle. Depuis, je suis ce mouvement. J’étais déjà actrice des fêtes johanniques par le biais de l’association ‘Sainte Jeanne hier, aujourd’hui et demain’. Mais c’était une évidence pour moi. Je rêvais de figurer un jour Jeanne d’Arc. » Son rêve s’est enfin réalisé cette année, après une première candidature en 2017. Et visiblement, rien ne semble aujourd’hui pouvoir gâcher ce moment ou effacer le sourire de son visage. Pas de compte Twitter ou Facebook pour Mathilde, qui n’a donc pas été confrontée directement aux débordements dont elle fut la cible. « Pour moi, les réseaux sociaux, c’est une perte de temps, raconte-t-elle. Je préfère lire et rencontrer les vrais gens. C’est plus intéressant. »

      « les journalistes ont voulu faire le buzz »  

      Alors, plutôt que de tendre l’oreille au battage médiatique, elle s’est plutôt focalisée sur ce parcours préliminaire et les six jours passés à suivre les traces de la Pucelle d’Orléans. « C’était génial, j’ai refait toute l’Histoire de France en six jours car, même si nous sommes restés concentrés sur Jeanne d’Arc, nous avons croisé beaucoup d’autres traces de personnages emblématiques, comme, par exemple, la plaque qui marque le baptême de Clovis à Reims. » Et Mathilde d’ajouter, toujours prise par l’émotion de son voyage : « pendant tout le parcours, chaque fois que j’allais dans une des villes où Jeanne était passée, j’avais l’impression que c’était un moment fort, plus fort encore que le précédent. Mais finalement, tout était très intense et particulièrement Reims, là où Jeanne était à son apogée auprès du Dauphin, qu’elle avait amené jusqu’à cette cathédrale pour son couronnement. »

      « Je n’y penserai pas »

      Si son sourire est toujours aussi vivace et si les propos racistes n’ont pas entamé sa générosité et son enthousiasme, c’est probablement, aussi, parce qu’elle est totalement imprégnée de l’héroïne dont elle marquera prochainement le souvenir. « Jeanne d’Arc, à son époque, a également essuyé des insultes et elle a continué malgré tout, explique Mathilde. Elle avait une grande persévérance. Ce n’est pas parce qu’il y a des difficultés qu’il faut tout arrêter ». D’ailleurs, elle ajoute que « personnellement », cela ne l’a pas « plus touchée que cela ». « D’autant que, autour de moi, je ne ressens que de la joie », ajoute-t-elle.

      Pour son entrée dans la ville, le 29 avril, Mathilde chevauchera donc avec fierté et sans crainte. « Non, je n’aurai aucune pensée pour ce qui s’est passé. La seule chose qui va occuper mon esprit, c’est figurer Jeanne d’Arc au mieux et aller à la rencontre des Orléanais », dit-elle. Ces Orléanais qui, on l’espère, sauront la récompenser de son courage par des applaudissements nourris tout au long de ces journées.

      « je ne ressens que de la joie »   

      Pour Mathilde, toute cette histoire est donc à ranger dans la colonne des pertes et profits. « Les journalistes ont voulu faire le buzz, je ne vois rien de plus. Et vraiment, cela ne m’intéresse pas plus que cela », assure-t-elle avec un vrai détachement. D’ailleurs, elle certifie que, lors des fêtes, « il n’y aura aucun problème ». « J’ai l’habitude de défiler avec l’association depuis quatre ans », énonce-t-elle. Les mots qui ont été prononcés et les attaques racistes n’entameront donc en rien son enthousiasme, à la veille de ces moments de rencontre avec la population orléanaise. « Le plus important, c’est Jeanne d’Arc et les valeurs qu’elle incarne. Moi, je ne suis qu’une parmi tant d’autres ayant figuré ce personnage historique » si important aux yeux des Orléanais. 

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      • « Il n’y avait pas de message »

        Bénédicte Baranger, présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc, ne pensait probablement pas qu’une telle tornade allait s’abattre sur Orléans après le « conclave » qui désigna Mathilde. Certains ont même commenté ce choix en supposant que la nouvelle équipe, aux commandes depuis deux ans, aurait voulu marquer une forme de modernité par ce choix. « C’est absurde, a répondu Bénédicte Baranger. Mathilde a été choisie pour ce qu’elle est, avec ses qualités. Son dossier a été étudié avec attention, comme celui des treize autres jeunes filles qui avaient souhaité figurer Jeanne d’Arc 2018. Il n’y avait ni souhait, ni demande de quiconque pour faire passer un message. »

        La présidente de l’association s’attend-elle pour autant à une ambiance particulière lors des différents rendez-vous des fêtes johanniques ? « Ce sera, comme d’habitude, un rassemblement autour de Jeanne d’Arc, avec une belle ferveur. Le seul effet réel de cet épisode, c’est, qu’en interne, cela a resserré encore nos liens au sein de l’association. La jeune fille qui représente Jeanne d’Arc est toujours ovationnée tout au long du parcours et comme toutes celles qui l’ont précédée, elle entendra aussi quelques bêtises émanant de la foule. Mais je ne crois pas que cet épisode regrettable aura des répercussions. » 

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        D’abord la France, ensuite le monde…

        Les fêtes johanniques reconnues nationalement

        Après un premier dossier qui n’avait pas retenu l’attention du ministère de la Culture, une deuxième mouture a permis d’inclure les Fêtes de Jeanne d’Arc à l’Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel dans le domaine des pratiques festives. Une première étape.

        philippe hadef

        L’objectif de la Ville d’Orléans est de faire figurer un jour les fêtes de Jeanne d’Arc à l’Inventaire du Patrimoine immatériel de l’Unesco. Mais avant d’en arriver à cette ultime étape, encore fallait-il être reconnu au plan national. Les élus orléanais devront ensuite convaincre les membres du ministère de la Culture de présenter, à leur tour, le dossier à l’Unesco. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, semble dire Jean-Pierre Gabelle, conseiller municipal délégué aux Fêtes de Jeanne d’Arc. « Il était déjà essentiel d’obtenir cette reconnaissance, car on ne peut candidater qu’une seule fois, rappelle l’élu. Un refus aurait été définitif. » Un échec aurait ainsi mis un coup d’arrêt à une opération qui a vocation à faire reconnaître la particularité de ces festivités et à donner un coup d’éclairage à la ville. « Ce label est un événement national qui permet à la flamme de Jeanne d’Arc de perdurer », explique Jean-Pierre Gabelle.

        Objectif 2020 ?

        Reste maintenant à passer à l’étape supérieure et à obtenir cette même reconnaissance au plan mondial par le biais de l’UNESCO. « On va d’abord digérer cette première phase, note l’élu orléanais. Nous engagerons ensuite une réflexion et une étude avec le ministère pour présenter ce dossier. » Mais Jean-Pierre Gabelle le sait, l’UNESCO est un bastion difficile à prendre. La volonté de conserver un nécessaire équilibre entre les différents continents, les dossiers déjà nombreux émanant de la France pour des sujets qui pourraient nous faire sourire –mais qui sont pris très au sérieux par les régions qui les défendent– sont autant de freins à une décision de l’institution mondiale.

        Mais, d’ici là, d’autres événements en lien avec Jeanne d’Arc devraient inciter les élus orléanais et l’association Orléans-Jeanne d’Arc à se montrer inventifs. En effet, en 2020, alors que Léonard de Vinci sera sur toutes les lèvres avec le 500e anniversaire de la Renaissance, on fêtera également le centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc. Et on imagine aisément qu’Orléans voudra marquer le coup...

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        • Un travail collaboratif

          L’inclusion des Fêtes de Jeanne d'Arc à l'Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel est le fruit d’un travail engagé depuis janvier 2014 et validé par le Comité du patrimoine ethnologique et immatériel le 26 février 2018. Au plan local, elle est le résultat d’une véritable mobilisation pour la constitution de ce dossier et, notamment, d’un véritable partenariat entre la Direction régionale des affaires culturelles Centre-Val de Loire et la mairie d'Orléans. La fiche d'Inventaire, nécessaire pour mener à bien ce projet, a été réalisée avec l'appui, au plan historique, d'Olivier Bouzy (responsable scientifique de la Maison Jeanne d'Arc à Orléans), de Yann Rigolet (doctorant en histoire contemporaine), de Virginie Boyer (responsable du Service Ville d’Art et d’Histoire de la mairie d’Orléans), et soutenue au plan anthropologique par Véronique Dassié (chargée de recherches CNRS à l'IDEMEC) et de Guillaume Etienne (maître de conférences à l'université de Tours).

          La coordination générale de la démarche a été assurée par Dominique Masson, conseillère pour le patrimoine culturel immatériel à la DRAC Centre-Val de Loire et l’interlocutrice privilégiée a été Émilie Musset, cheffe de projet des fêtes de Jeanne d’Arc à la mairie d’Orléans.