Les Brèves

  • Il a changé son fusil d’épaule

    Nicolas Barbier a investi le Lab’O en août 2016. Auparavant, il avait fait carrière dans le conseil en numérique et avait collaboré avec nombre de services RH. Les termes qu’il emploie pour présenter sa société reflètent d’ailleurs une connaissance pointue du milieu. « La culture de l’entreprise, je l’ai », résume-t-il. Lorsqu’il a voulu lancer son affaire, il avait plutôt dans l’idée d’associer numérique et salles de sport. Mais il a finalement réorienté son projet vers le sport en entreprise, parce que cela « faisait sens ». Bien lui en a pris, visiblement. 

Salariés, on transpire !

Économie numérique

Installée au Lab’O, la start-up orléanaise Alter Ego souhaite « préserver le capital santé des salariés par le sport ». Le support numérique sert ici de lien et de facilitateur pour les entreprises désireuses d’améliorer la qualité de vie au travail de leurs employés. benjamin vasset 


Souquer ferme, mais en bonne forme. Avec Alter Ego, Nicolas Barbier, le patron de cette start-up orléanaise, veut installer le sport et l’activité physique dans la vie des entreprises. Mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain) : la formule ne date pas d’hier et nombreuses sont les sociétés à désormais prendre en compte le fait que le sport puisse être bénéfique pour ses salariés. De plus en plus, les salles de muscu et/ou de fitness sont d’ailleurs intégrées au sein même des locaux d’une entreprise. À Orléans, Partnaire ou Keolis s’en sont d’ailleurs dotées.

Bien, mais pas assez, signifient ceux qui scrutent les questions de bien-être au travail, aussi appelées « QVT » pour « Qualité de Vie au Travail ». Au Lab’O, Nicolas Barbier a par exemple décidé d’aller plus loin pour faire davantage entrer l’activité physique dans le quotidien des entreprises. Cet Orléanais dit ainsi vouloir « préserver le capital santé des salariés par le sport ». Ceux qui réalisent des tâches physiquement éprouvantes au cours de leur journée sont des populations particulièrement visées : Alter Ego veut « préparer leurs corps à leurs postes de travail et les inscrire dans une logique de régénération. » Pour ce faire, des questionnaires sont remplis en amont par les intéressés et Alter Ego adapte alors un programme qui répondra aux exigences du poste et aux douleurs ressenties. Les emplois dits « sédentaires », comme le travail au bureau, sont aussi concernés par les solutions que propose la start-up. « Nous couvrons l’ensemble des situations dans une entreprise », affirme Nicolas Barbier.

Motivé(e), motivé(e)s !

Pour un salarié, l’idée est de se sentir mieux dans son corps, et donc dans sa tête. Pour un patron, c’est d’avoir « un retour sur investissement », en « diminuant l’absentéisme, en augmentant la productivité, en motivant et en retenant les talents et en innovant dans la pénibilité et la RSE*. » Nicolas Barbier indique d’ailleurs que ses prestations sont concoctées en étroite relation avec toutes les composantes d’une entreprise : dirigeants, évidemment, mais aussi responsable(s) RH, ergonomes, managers, salariés, etc. « Mais on ne se substitue pas aux services de santé au travail », souligne le fondateur d’Alter Ego, qui met ensuite à disposition un outil dont tous peuvent s’emparer dans une démarche commune. « Nous cherchons à actionner les leviers de la motivation collective », explicite Nicolas Barbier.

« la sécurité des données est un point essentiel » Nicolas Barbier 

Cet outil, ce sont une plateforme numérique et une appli chargées de faire le lien et de servir d’appui. Chaque salarié peut par exemple s’inscrire à une séance de coaching et voir ainsi qui de ses collègues en fait partie. Un « suivi des performances » est ensuite décodé pour mesurer les résultats des séances. En backoffice, l'entreprise a donc accès à un nombre pour le moins volumineux de données. Nicolas Barbier est d’ailleurs bien conscient que cela exige une sécurisation fine, afin d'éviter les amalgames de chiffres. Chacun reste ainsi propriétaire de ses propres informations, et les accès sont d’ailleurs bien distincts. « Les règles d’accès aux données sont clairement expliquées et validées par les entreprises et leurs partenaires sociaux, précise Nicolas Barbier. Chacun récupère le juste niveau d’informations qui le concerne. » À l’ère du 2.0, pas de micro 1984 à l’échelle de l’entreprise, donc. « On maîtrise notre appli, notre base de données », jure le dirigeant d’Alter Ego.

Une baisse de l’absentéisme observée

Développée depuis septembre 2016, celle-ci connaît – c’est le principe même du concept – une croissance rapide. Associé à Mikaël Robin-Pavie, Nicolas Barbier emploie aujourd’hui trois développeurs passés par la Wild Code School toute proche, puisqu’installée au Lab’O. Il fait également bosser deux stagiaires et un coach salarié (Alter Ego collabore en outre avec une trentaine de coachs répartis sur toute la France). Dans les semaines qui arrivent, l’un des défis majeurs de l’entreprise sera de faire grossir son portefeuille de clients. Un grand groupe dans le secteur de l’aéronautique – Safran Nacelles – en fait déjà partie depuis janvier 2017. Alter Ego est à l’affût d’un autre gros coup dans l’est de la France, et son co-fondateur prospecte évidemment en local pour faire connaître son concept. « L’effet référence » que constitue la carte Safran Nacelles est forcément un atout quand il s’agit d’aller démarcher d’autres clients. Et ce d’autant plus que, dans cette entreprise, la fameuse « préservation du capital santé » prônée par Alter Ego a eu, semble-t-il, des résultats tangibles. « Nous avons observé une baisse de l’absentéisme de 20 à 50 % selon les individus, une baisse du ressenti des douleurs, une amélioration de l’état physiologique général et de l’ambiance au sein des équipes », lance Nicolas Barbier, qui lorgne également du côté des assurances et des mutuelles pour développer son affaire. L’entrepreneur a remarqué que ces dernières proposaient « des actions de prévention pour leurs clients » et souhaite donc s’immiscer dans le package présenté. L’avenir dira à quel point ce marché potentiel aura été sensible à un concept qui paraît, de l’extérieur, joliment huilé. 

* Responsabilité sociale des entreprises

 Plus d'infos : Alter Ego – 02 38 69 80 54 / 1, avenue du Champ de Mars / www.alterego-digital.eu

Les Brèves

  • Le sport, un vrai plus ?

    En 2015, une étude de « l’impact économique de l’Activité Physique sur l’entreprise, le salarié et la société civile » avait été portée par le MEDEF et le Comité National et Olympique du Sport Français. Quels résultats énonçait-elle ? Qu’une « personne sédentaire qui se mettait à une APS en entreprise améliorait sa productivité de 6 à 9 % », qu’une entreprise gagnait « entre 1 % et 14 % de rentabilité nette » et qu’un salarié en tirait « 5 à 7 % d’économies pour lui ». Conclusions de cette enquête : « l’APS est bonne pour l’économie individuelle, l’économie collective (Sécurité Sociale) et la productivité des entreprises ». CQFD. 

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    Très drone...

    Aérodromotion

    La terre vue du ciel ? C’est possible grâce à l’utilisation d’un drone, un engin qu’une micro-entreprise ingréenne, Aérodromotion, propose, sur la métropole, à de multiples usages. B.V


    Le drone, c’est le futur. C’est aussi déjà le présent, Amazon ayant par exemple annoncé qu’elle utiliserait un jour ce robot pour livrer ses clients. En octobre dernier, c’est Airbus qui a fait voler pour la première fois un... drone-taxi ! « Les drones génèreront certainement des emplois et, dans le même temps, des métiers (comme les géomètres) risquent de sérieusement évoluer grâce au traitement de l’image », estime l’Orléanais Christophe Beaubras, qui a créé en février 2017

    Aérodromotion, une micro-entreprise de capture numérique par drone. L’engin qu’il met à disposition de sa clientèle peut agir en de nombreuses circonstances : prises de vue classiques, reconstitutions en 3D, thermographie, mais aussi observations d’implantations urbanistiques ou prospectives de projets architecturaux. « Google Earth, c’est très bien, mais ce n’est pas actualisé et ce ne sont pas les mêmes angles de vue… », argumente Christophe Beaubras, par ailleurs passionné d’aéromodélisme et pilote d’ULM. « Un drone peut être très utile quand un maire veut réviser un PLU ou quand un service patrimoine veut inspecter un ouvrage. On gagne un temps fou, c’est d’une précision chirurgicale et, en plus, on a à faire à un outil vraiment magique… »

    « Une activité hyper légiférée »

    Un outil magique à ne pas mettre entre toutes les mains : pour pouvoir voler, le pilote d’un drone doit d’ailleurs passer sous les radars d’une multitude d’interlocuteurs : préfecture, mairies, district aérien militaire et Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile Interrégionale doivent entre autres donner leur accord pour le survol d’une zone donnée. Il arrive cependant que des « dronistes » prennent parfois des libertés avec la réglementation. Christophe Beaubras dit de son côté de ne pas plaisanter avec la sécurité, car « un drone peut faire des dégâts. Voler est un acte responsable, il faut le faire dans les règles de l’art ». Ce à quoi s’astreint le fondateur d’Aérodromotion, qui détaille quelques points à bien respecter : « dès qu’on veut voler en agglomération ou qu’on se trouve à moins de 150 m d’un regroupement de personnes, il faut une autorisation de la préf. Le survol de personnes est interdit. » Celle-ci ne l’avait évidemment pas donné lorsque des drones avaient survolé quelques centrales nucléaires de la région en 2015. Ces aéronefs s’étaient alors offerts, malgré eux, un coup de pub à moindre frais…. 

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    • Beau bébé

      Il existe sur le marché toute une gamme de drones, mais celui qu’utilise Christophe Beaubras pour ses activités professionnelles est un quadrirotor d’1,3 kg gyrostabilisé et équipé d’une caméra 4k. D’une valeur de 1 000 € environ, il peut voler jusqu’à environ 120 m de haut et peut tenir dans les airs environ une demi-heure en toute autonomie.