Les Brèves

    Élection masquée

    La campagne électorale des présidentielles entame son sprint final. Durant cette dernière phase, les phrases chocs vont s’amonceler pour marquer les différences ou montrer les failles de son adversaire désigné comme prioritaire. Pourtant, derrière ces ultimes joutes se profile une autre élection pas moins importante. On pourrait même la définir comme indissociable, puisqu’elle aura pour vocation, par la remise à plat de la représentation nationale, d’adouber ou de contester les orientations présidentielles et de faire émerger, par cette nouvelle majorité, le futur gouvernement. Autant dire qu’il s’agira là d’un troisième tour de l’élection suprême. Et c’est probablement l’esprit de cette association de calendrier qui s’est imposé avec l’émergence du quinquennat. Cela pose néanmoins un certain nombre de questions. Les législatives sont-elles simplement là pour conforter le vote précédent ? Devra-t-on se contenter de choisir l’étiquette et ne plus s’intéresser à la personnalité du futur député, à ses capacités ou ses compétences à occuper la fonction ? Tout cela parce que, par cohérence, il conviendrait d’appuyer, lors des législatives, son vote aux présidentielles par un vote partisan… Pourtant, le rôle de cette assemblée n’est-elle pas de débattre, d’amender et de voter des lois ? Si les députés se retrouvent dans une situation de dépendance totale, allant même jusqu’à s’engager à une charte de gouvernance et programmatique, que restera-t-il à débattre ? On en viendrait presque à regretter les frondeurs… 

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