Les Brèves

    OLB : il y a urgence !

    Orléans Loiret Basket

    Orléans Loiret Basket a enchaîné, samedi dernier contre Gravelines, une sixième défaite consécutive en Pro A. Scotché à l’avant-dernière place du championnat, le club est maintenant à deux victoires du premier non-relégable. Comment sauver ce qui peut encore l’être ? Benjamin Vasset

    Il reste douze matchs. Douze matchs pour caresser l’ambition d’effectuer une… douzième saison consécutive en Pro A. Alors que 23 rencontres ont déjà été jouées, cet objectif paraît s’éloigner de jour en jour, et cela ressemble de plus en plus à un immense gâchis. Ce week-end, l’OLB se rendra à Villeurbanne, chez le champion de France sortant, pour tenter de respirer un peu. Et la réception de Nancy, actuelle lanterne rouge, le 25 mars, au Palais des Sports, prend déjà des airs de match de la dernière chance… Deux rencontres que Thomas Drouot, l’entraîneur d’Orléans Loiret Basket, jouera sans l’ailier Tony Mendy, retenu par la sélection du Sénégal pour deux tournois qualificatifs au championnat d’Afrique des nations, l’Afrobasket, qui se tiendra du 19 au 30 août prochain. « Les clubs sont dans l’obligation de libérer les joueurs appelés en sélection nationale », précisait l’OLB dans un communiqué envoyé lundi dernier.

    Pour aborder cette fin de saison à hauts risques, Orléans Loiret Basket n’avait pas tellement besoin de ça, puisque les blessés se ramassent déjà à la pelle. À l’OLB cette année, on a l’impression qu’il suffit que les joueurs mettent le pied sur le parquet pour prendre un ticket direct vers l’infirmerie. Une infirmerie qui ne désemplit d’ailleurs pas au Palais des Sports. Touché aux abdominaux depuis la fin février, Micah Downs ne devrait revenir que fin avril. Et le meneur suisse Jonathan Kazadi, opéré en début de semaine d’une rupture du ligament d’un pouce, a lui aussi tiré un trait sur sa saison. Mohammed Sylla et Georgi Joseph sont eux aussi aux soins, et Kévin Dinal n’est pas au mieux. Certes, l’ailier J.P Prince et le pivot Gabriel Olaseni sont venus récemment garnir les rangs de l’OLB, et un autre renfort devrait arriver dans les prochains jours. Mais il ne sera de toute façon pas qualifié pour le match de samedi contre Villeurbanne. Ayant déjà signé quinze contrats depuis le début de la saison – la limite autorisée est de seize – les dirigeants et le staff sportif savent qu’ils n’auront pas le droit à l’erreur sur leur ultime joker.

    « Nous soutenons Thomas Drouot »

    L’avenir à court terme est fait de craintes et d’interrogations et, parmi les plus fidèles suiveurs du club, certains avouaient, suite à la défaite contre Gravelines, ne plus se bercer d’illusions. « On est déjà en Pro B… », glisse ainsi un partenaire désabusé. « On vit une situation compliquée, acquiesce Laurent Lhomme, le président du directoire. Bien sûr qu’on est dans l’urgence. Mais vous savez, on n’a pas besoin des médias pour nous le dire. Il y a plein de donneurs de leçon autour du club, mais ce n’est pas pour autant que la solution magique se trouve sous le sabot d’un cheval. Je ne vais pas convoquer de marabout ! » Ni revenir, plus prosaïquement, sur le choix d’installer Thomas Drouot comme entraîneur numéro 1 de l’équipe pro après la mise à l’écart de Pierre Vincent, au début du mois de janvier. « Thomas Drouot est soutenu aussi bien par son groupe que par le directoire », appuie Laurent Lhomme, par opposition à la position qu’il avait adoptée envers son ancien entraîneur, envers qui il affichait une défiance notoire.

    Samedi dernier, lors du match contre Gravelines, Laurent Sciarra, débarqué pour sa part de son poste d’entraîneur d’Evreux (Pro B) le 25 février, a été vu dans les travées du Palais des Sports, alimentant de nouveau des fantasmes autour d’un possible retour. Mais la ficelle paraît trop grosse pour être honnête. « Laurent Sciarra était là à titre amical », soutient Laurent Lhomme, démentant aussi l’arrivée éventuelle de l’ancien meneur orléanais des années fastes.

    En dehors de Laurent Sciarra, le président du directoire, a également réfuté une possible option consistant à épauler Thomas Drouot dans son management. « Coach de coach » ou spécialiste de la préparation mentale : Laurent Lhomme balaie pour le moment cette hypothèse. « Cela peut être une option mais, aujourd’hui, cela ne fait pas partie de notre réflexion », réagit-il dans une formule qui laisse néanmoins la porte ouverte aux supputations.

    « Donneurs de leçons », « pollueurs » et « parasites »

    Il faut dire que Laurent Lhomme, n’a, au final, plus beaucoup de leviers sur lesquels agir. Sa décision d’écarter Pierre Vincent a, dit-il, permis au club de « gagner en sérénité ». Mais le président du directoire continue de fustiger les « deux-trois parasites » qui continueraient, « par derrière », à déstabiliser l’OLB. « Donneurs de leçons », « parasites » et même « pollueurs », dit-il aussi : les attaques de la tête exécutive du club à destination d’ennemis dont ils ne donnent pas les noms ne manquent pas de piquant. Dernièrement, Laurent Lhomme a fort peu apprécié le reportage diffusé le 13 février dernier par la chaîne SFR Sport, lequel revenait sur l’éviction de Pierre Vincent au cours du mois de janvier. « C’était un reportage à charge contre le club », assure aujourd’hui le président du directoire. Au cours des sept minutes de cette « pastille », des joueurs de l’effectif actuel – mais aussi Nicolas Raimbault, qui a démissionné du directoire le 6 janvier, Thomas Drouot ou Jean-Noël Prets, le président des Magic Sup – étaient intervenus. Mais pas Laurent Lhomme. « Le jour où SFR est venu filmer, je n’étais pas à Orléans pour des raisons professionnelles, assure ce dernier. Et puis, nous avons convenu avec la mairie de ne pas répondre. Nous ne voulions parler que du sportif, mais ça n’intéressait pas SFR, qui n’a cherché qu’à faire de la polémique. » Plus précisément, Laurent Lhomme était furieux de voir que Pierre Vincent avait été filmé, « avec un micro », dans les tribunes du Palais des Sports, lors du match contre Pau-Orthez, le 11 février. Il y a vu une nouvelle « tentative de déstabilisation ». Et a refusé, quelques jours plus tard, de satisfaire à la demande de son ancien coach de recevoir deux places pour le match contre Antibes au Palais des Sports, le 25 février.

    Sur les réseaux sociaux, le président du directoire sait qu’il est vertement critiqué par certains supporters, agacés par la tournure des événements. « Je ne lis pas ces attaques, répond l’intéressé. Mais quand même, ce n’est pas moi qui blesse les joueurs, non ? » Il affirme également ne pas penser à démissionner. « Vous pensez que cela ferait gagner l’équipe ?, demande-t-il. Je ne suis pas sur le terrain. Cela dit, je ne suis pas absolument pas accroché à mon poste. Président de l’OLB, ce n’est pas une rente à vie ! » Pas d’allusion malheureuse à l’affaire de sa rémunération qui avait éclaté en janvier dernier, mais Laurent Lhomme est trop rompu à la politique et au sport pour ne pas savoir qu’il est désormais en première ligne, et qu’il survivrait difficilement à la relégation du club. À la mairie, où il n’a pas que des soutiens – ses relations avec Soufiane Sankhon, le maire-adjoint aux Sports, sont exécrables – les résultats du club ne sont, forcément, pas bien vécus. Car un Comet’ flambant neuf à l’horizon 2020-2021, mais avec un OLB en Pro B, ferait plutôt mauvais genre. Et le scénario du pire, c’est-à-dire la descente du club à l’échelon inférieur, dont certains imaginent qu’il pourrait être le départ d’une refondation complète, reste une hypothèse à l’issue incertaine. L’exemple de Bourg-en-Bresse, descendu en Pro B il y a deux ans et demi et y végétant malgré un budget supérieur à l’OLB, est là pour le prouver.


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    • En Suisse

      Le fameux mail anonyme reçu par Laurent Lhomme et Jean-Christophe Pacaud en novembre dernier, et révélé par La République du Centre le 10 décembre, est, selon le président du directoire, entre « les mains de la justice suisse » (ce mail avait, selon le quotidien orléanais, été expédié via un service de messagerie dont les serveurs sont basés en Helvétie, NDLR). Et « l’enquête suit son cours », précise Laurent Lhomme, qui prévient pourtant, de façon énigmatique, que « des choses sortiront » prochainement. Quand et quoi ? Mystère et ballon de basket.