Les Brèves

    Témoignage : De l’or dans le paysage

    Meilleur apprenti de France

    Âgé de 17 ans, Quentin Legrand suit un cursus en apprentissage depuis deux ans à La Mouillère. Son truc à lui ? L’aménagement paysager. En quête d’autonomie et plein d’assurance, il revient sur son parcours dans un monde végétal qu’il adore.

    Claire Seznec

    Sacs sur le dos, pas vifs. Il est 13 h 30 et les élèves de La Mouillère, à Orléans, sortent de cours. Parmi eux, Quentin Legrand, originaire de Saran. Réservé d’apparence, le jeune homme de 17 ans s’anime lorsqu’il parle de végétal. Car, déjà petit, il passe son temps dehors. « Je suivais mon père qui partait bricoler. J’avais même des petits outils », se souvient-il en mimant légèrement les gestes, un sourire flottant sur ses lèvres. Pendant les vacances scolaires de son enfance, son grand-père l’accueillait une semaine. Il y avait un jardin-potager, alors Quentin l’aidait. Pourtant, si le travail de la terre l’a toujours intéressé, il a d’abord voulu être maçon. « Et puis un jour, j’ai pensé que je pouvais peut-être concentrer les deux domaines. L’aménagement paysager m’a paru le secteur le plus large pour me permettre de faire ce que je veux », explique-t-il.

    Il est alors en 3e Découverte professionnelle (DP3) au collège Jean Pelletier, à Orléans. Après un premier stage, il décide d’en faire un second, dans l’entreprise Arcadie Centre, à Saint-Jean-de-Braye. « Finalement j’y suis resté, puisque c’est là où je fais mon apprentissage depuis deux ans ! » Deux années pendant lesquelles il a alterné les cours théoriques en baccalauréat professionnel aménagement paysager, à La Mouillère, et la pratique, chez Arcadie Centre, une semaine sur deux. « C’est incroyable comme on apprend mieux et beaucoup plus qu’en cours », songe l’apprenti, qui n’aime pas vraiment rester derrière une table à écrire un cours dicté par un professeur. « Je vois les chantiers de A à Z et surtout, je touche à tout, complète-t-il. Ça permet d’avancer et d’avoir une certaine autonomie, dans le travail mais aussi financièrement. »

    Quatre heures pour convaincre

    Au tout début de l’année scolaire 2015-2016, le parcours de Quentin prend un tournant. Les professeurs demandent alors aux apprentis de La Mouillère s’ils souhaitent participer au concours des Meilleurs apprentis de France. Plein de motivation, le Saranais se lance. En mars-avril 2016, il passe sans problème les sélections départementales et régionales. Et se prépare pour la suite, l’épreuve nationale. « C’était le 24 septembre dernier, près de Bordeaux. Je me souviens qu’il faisait très chaud ce jour-là ! » Était-il fin prêt ? En tout cas, le jeune apprenti avait révisé de nombreuses méthodes d’aménagement paysager...

    Sur place, après un entretien technique et une reconnaissance de végétaux grâce à des échantillons, il a eu quatre heures de pratique. Quatre heures pour créer un carré de quatre mètres sur quatre avec du dallage, une bordure arrondie, du gazon de plaquage et des plantations. « Le tout, c’est de savoir gérer son temps. C’est faisable dans le temps imparti, mais avec quelques minutes de plus, j’aurais pu mieux finir », admet Quentin. Mais tout de même, le jury a été conquis, puisqu’il a remporté la médaille d’or du Meilleur apprenti de France en aménagement paysager. Aujourd’hui, malgré sa jeunesse, le garçon reste humble : « Oui, je suis content, mais ça ne change rien à ma vie, c’est surtout super pour le CV. »

    « Ça ne change rien à ma vie, C’est surtout super pour le CV »
    Quentin Legrand, Meilleur apprenti de France

    À la fin du mois de juin, Quentin aura terminé son baccalauréat et son contrat en apprentissage. Mais il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Je vais continuer en BTS, soit à Tours soit à Angers, mais toujours en apprentissage. D’ailleurs, j’espère pouvoir continuer dans mon entreprise actuelle », précise l’intéressé. Puis il vise deux années de spécialisation en élagage et en gestion d’entreprise. Il veut travailler un peu pour, ensuite, fonder sa propre structure. « C’est ce qui me conviendra le mieux : être autonome et ne dépendre que de moi », conclut-il. Décidément, l’apprenti saranais n’a pas froid aux yeux.

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