Les Brèves

    BTP : La reprise est en marche !

    Conjoncture

    L’année 2016 a été marquée par une reprise pour le secteur du bâtiment au niveau national. Pour 2017, année où vont se succéder plusieurs échéances électorales majeures, l’optimisme est de rigueur, même si des disparités existent selon les territoires, notamment au niveau du Loiret. État des lieux.

    Guillaume Torrent

    Avec une activité en hausse de 1,9 % à la fin de l’année 2016, le BTP a pu se réjouir d’un exercice positif, au global, sur le territoire français. C’est en grande partie le logement neuf qui aura tiré le secteur vers le haut, avec près de 380 000 logements mis en chantier en France durant l’année écoulée, soit une hausse d’activité de 7,4 % en volume. Le secteur a donc repris des couleurs, alors qu’il affichait une petite santé depuis 2007.

    Les raisons de cette embellie sont à trouver du côté du dynamisme des ventes de logements neufs, mais aussi du niveau des taux d’emprunt immobilier historiquement bas et de quelques mesures incitatives à l’investissement prises par le Gouvernement (dispositif Pinel, prêt à taux zéro, etc.). Ventes par les promoteurs ou encore constructions de maisons ont ainsi été favorisées par ces diverses aides. Du côté du logement non résidentiel neuf, on a assisté à une baisse contenue de 1,7 %, en raison de la diminution de la construction des bâtiments administratifs. Enfin, pour l’amélioration-entretien, la hausse d’activité est limitée à 0,5 %. Au final, les effectifs nationaux du bâtiment se sont stabilisés en 2016, puisque la hausse de l’emploi intérimaire (augmentation de 10 000 postes en équivalent temps plein) a été contrebalancée par la baisse de l’emploi salarié (diminution de 10 000 postes).

    Et dans le Loiret ?

    Du côté du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, la situation fut un poil plus compliquée. En effet, si les mises en chantier de logements neufs ont augmenté de 3 %, celles des bâtiments non résidentiels (entreprises, collectivités) ont diminué de 9 %. « Au global, le résultat est négatif sur l’année écoulée, note Aline Mériau, présidente de la Fédération du BTP pour le Loiret. Sur l’emploi, nous avons assisté à une baisse de 4,6 % du nombre de salariés pour un secteur qui en compte seulement 15 000. Et l’augmentation de 2 % sur le nombre d’intérimaires n’est pas venue contrebalancer ce chiffre. » La baisse des dépenses publiques – la construction de bâtiments liés à des marchés publics représente en général 30 % de l’activité du secteur – y a notamment été pour beaucoup. S’est ajouté à cela une diminution du nombre d’entreprises s’installant sur le département, d’où une baisse des constructions non résidentielles.

    Au regard de ce bilan, que peut-on espérer pour l’année 2017 ? Au niveau national, la croissance de l’activité devrait s’amplifier, avec une hausse de 3,4 % en volume, notamment grâce au marché du neuf qui s’accélérera avec 410 000 mises en chantier, soit une augmentation de 8,6 % d’activité en volume. Au global, sur le territoire français, 10 000 nouveaux postes seront créés (6 000 salariés et 4 000 intérimaires). « Nous espérons que la progression de l’activité au niveau national aura une répercussion directe sur celle du Loiret, veut croire Aline Mériau. Tous les acteurs se remobilisent pour que l’activité reparte sur le département. Nous sommes optimistes et focalisés sur une stabilisation des emplois actuels. »

    Des raisons d’y croire

    En effet, les professionnels du Loiret souhaitent que les perspectives nationales encourageantes pour 2017 lui apportent un nouvel élan. Quelques signaux encourageants sont notamment à trouver, tout d’abord, du côté de la pérennisation du fonds de financement du logement social. On peut ainsi s’attendre à une accélération de la rénovation et de la construction de logements sociaux. Mais ce n’est pas tout, puisque la reconduite du dispositif Pinel d’incitation à l’investissement locatif dans l’immobilier neuf, le maintien du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) ou encore le prêt à taux zéro sont attendus comme des locomotives.

    L’année 2017, marquée par les élections présidentielles, et surtout l’année 2018, avec les premières mesures, seront observées avec attention par les professionnels du BTP. « Nous serons vigilants afin que de nouvelles normes qui viendraient alourdir le coût du travail ou de la construction ne soient pas votées, prévient Aline Mériau. Nous attendons de véritables mesures pour relancer l’activité, à l’image de la baisse de l’impôt sur les sociétés à 28 % afin de redonner du pouvoir d’achat et un peu d’air. Tout ce qui va dans le sens de la construction, à l’image du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), ne peut que nous réjouir. Seul un regain de l’activité créera à nouveau de l’emploi. »

    « Nous serons vigilants sur d’éventuelles nouvelles normes qui viendraient alourdir les coûts… »
    Aline Mériau, président de la Fédération BTP du Loiret

    En tout état de cause, les propositions des candidats à la présidentielle seront observées à la loupe par la Fédération du BTP. Récemment, la question du compte pénibilité a été remise en cause par François Fillon, qui fait de sa suppression l’une de ses mesures phares. « Nous aimerions surtout, sur ce sujet, un suivi médical par la médecine du travail, souligne Aline Mériau. Le compte-pénibilité est à l’heure actuelle très difficile, voire impossible à mettre en place pour les entreprises. Comment estimer ou quantifier, par exemple, le niveau de bruit auquel est soumis un électricien qui travaille sur un chantier, suivant qu’il soit soumis ou non à une nuisance sonore liée à du gros œuvre ? C’est un véritable casse-tête ! »

    L’apprentissage favorisé au niveau local

    Avec le retour d’une activité conséquente du bâtiment sur le département, l’apprentissage pourra également tirer son épingle du jeu. À ce titre, la région Centre-Val de Loire fait partie des territoires d’expérimentation de l’élargissement de ce type de formation, jusqu’à l’âge de 30 ans. Cette initiative novatrice, soulignée par Aline Mériau, devra s’organiser, notamment sur la question de la rémunération. « La grille de l’apprentissage s’arrête à 25 ans, avec une rémunération à hauteur de 70 % du SMIC. À 28-29 ans, il s’agit d’un public qui ne vit plus forcément chez ses parents. La question d’un complément de salaire se pose ». Au 31 décembre 2016, 47 entreprises n’avaient pas trouvé d’apprenti au niveau local.

    Un travail plus global d’information sur l’apprentissage et de valorisation de la filière du bâtiment est donc encore à mener auprès des jeunes. « En 2008, nous manquions d’entreprises pour accueillir les apprentis et aujourd’hui, c’est l’inverse. Nous devons, de plus, faire face à un frein propre à notre département, explique Aline Mériau. En effet, les entreprises sont principalement situées à l’ouest du territoire, alors que la majorité des jeunes vivent à l’est. Il existe un problème de mobilité sur les mineurs apprentis. Nous travaillons donc, avec PRO BTP, sur la possibilité d’intégrer ces jeunes en famille d’accueil les semaines où ils travaillent en entreprise. »

    Les Brèves

    • La chasse aux fraudeurs est lancée !

      Afin de lutter contre le travail illégal, les entreprises du BTP ont pour obligation, depuis le 1er janvier 2017, d’équiper tous leurs salariés d’une carte d’identification professionnelle. La Fédération du BTP se réjouit de cette mesure. Ainsi, les travailleurs du BTP devront présenter cette carte lors de tout contrôle effectué par les inspecteurs du travail. Munie d’un QR Code, renvoyant à une plate-forme informatique, elle est en quelque sorte un passeport de travail sécurisé. Pour les salariés détachés, une carte sera nécessaire par contrat de travail. Cette obligation touchera environ deux millions de travailleurs évoluant sur les chantiers en France.