Les Brèves

    Orléans veut dire stop aux incivilités

    Espaces publics

    Les chiffres de la délinquance sur l’année 2016 à Orléans ont été débattus lundi dernier en conseil municipal. Mais au-delà des crimes et délits recensés, la mairie a annoncé vouloir s’attaquer aux incivilités du quotidien. Et par exemple à celles qui concernent, sans rire, les déjections canines… 

    Benjamin Vasset

    Il paraît qu’en marchant dedans avec le pied gauche, ça porte bonheur. Mais malgré toutes les bonnes croyances populaires, cela colle surtout aux basques. Rentré chez soi, qui n’a pas un jour maugréé en découvrant un fumet nauséabond s’échapper de la semelle de son soulier ? Orléans ne fait pas exception en la matière, les toutous n’y sont pas spécialement mieux dressés que dans le reste de la France, et dans un contexte de restriction des dépenses, la Ville d’Orléans n’a semble-t-il pas vocation à démultiplier son arsenal de motocrottes pour aspirer les étrons. Alors lundi dernier, lors d’une conférence de presse organisée pour présenter les chiffres de la délinquance (voir par ailleurs), Olivier Carré a ainsi ouvert un aparté des plus sérieux pour évoquer le problème des déjections canines sur la voie publique. Le dossier pourrait prêter à sourire, mais il s’agirait « d’une des demandes qui émerge le plus lors des réunions publiques », a expliqué le maire d’Orléans. Pour répondre aux tourments de ses concitoyens, l’édile a ainsi évoqué une piste, actuellement en réflexion dans les services, concernant un possible usage de la « vidéo-verbalisation » des propriétaires de chiens qui laisseraient fumantes, sur l’espace public, les déjections de leur animal de compagnie. « Il faut que nous nous assurions que ce soit juridiquement faisable, a poursuivi Olivier Carré. Mais cela fait partie des problèmes que nous devons prendre à bras le corps. »

    De l’usage de la vidéo…

    Le maire d’Orléans sait très certainement que dans d’autres villes de France, les autorités essaiment des pistes de réflexion plus ou moins nocives – ou farfelues – sur le sujet. Parmi les exemples les plus seyants, citons la récente annonce choc du maire de Béziers Robert Ménard, qui avait claironné, à l’automne, vouloir ficher les chiens de sa ville via des prélèvements ADN. Ceux-ci auraient été mis en relation avec des échantillons réalisés sur les déjections retrouvées sur la voie publique pour confondre les maîtres indélicats ! Lasse, la cour d’appel administrative de Marseille estimait après coup que ces mesures seraient « disproportionnées au regard des exigences de la sécurité et de la salubrité publiques… » Dans un autre style moins tapageur, dans le Grand Est, la Ville de Bar-sur-Aube a lancé en décembre l’idée d’une plateforme collaborative qui permettrait aux usagers de signaler à tout moment des problèmes de ce type.

    À Orléans, la Ville a, elle, déjà mis en place des « canisites » – il y en a vingt-neuf sur le territoire communal – pour permettre aux toutous de faire leurs besoins. 111 distributeurs de sacs sont également installés sur l’espace public à destination des propriétaires, qui sont donc, pour le moment, sanctionnés d’une amende forfaitaire de 75 € s’ils sont pris, sans mauvais jeu de mots, la main dans le sac. « Il y a de toute façon une vraie pédagogie à mener sur le sujet, dit-on en mairie. Dès qu’on communique dessus, ce problème a tendance à se résorber. Mais dès qu’on lâche la bride, ça repart… »

    « Des problèmes à prendre à bras le corps »
    Olivier Carré, maire d’Orléans

    De façon plus générale, Olivier Carré estime qu’il fallait en faire plus sur « les emmerdements au quotidien » que rencontrent les habitants. C’est-à-dire être plus vigilant sur ces « incivilités » qui renfrognent jour après jour la mine des habitants qui les subissent de manière plus ou moins directe. Aux conséquences potentiellement plus dramatiques que les problèmes de déjections canines, les rodéos sauvages, les mariages exubérants ou les ivresses publiques et manifestes (IPM) sont dans le collimateur de la mairie. Concernant les mariages exubérants, la Ville déclare vouloir poursuivre les efforts qu’elle a engagés en collaboration avec la Police nationale. « C’est un vrai sujet en termes de sécurité routière », a ainsi noté Olivier Geffroy, maire adjoint à la Sécurité et la Tranquillité Publiques, qui a dit, là encore, réfléchir à « l’utilisation de la vidéo-verbalisation » pour diminuer le nombre d’infractions constatées lors de ces samedis un peu trop festifs.

    Alors qu’Orléans compte actuellement un peu plus de 200 caméras installées sur son territoire, la vidéo-surveillance – à laquelle les élus préfèrent le terme de « vidéo-protection », on notera la différence sémantique – pourrait donc voir, à terme, son sceptre d’intervention s’élargir. Mais il ne sera toutefois pas question de l’utiliser pour verbaliser les propriétaires auteurs de pratiques de stationnement gênant, comme c’est le cas à Montargis par exemple. « À Orléans, c’est niet ! », a ainsi affirmé Olivier Carré.

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    • Le chiffre : 17

      C’est le nombre de caméras Go-Pro dont est équipée la Police municipale d’Orléans. Chacune coûte 500 € pièce. « C’est une manière de protéger les agents, explique Olivier Geffroy. Cela rééquilibre les conditions de leurs interventions. »