Les Brèves

  • CV

    18/07/1952 : naissance à Paris

    1981 : entrée à La République du Centre

    2020 : sortie de deux nouveaux livres

Jean-Dominique Burtin : Tout un poème

Des portraits, il en aura écrit des centaines en tant que journaliste, dessinateur ou auteur, mais jamais il ne sera trouvé à la place du principal intéressé, jusqu’à notre rendez-vous au Lutetia, qu’il fréquente depuis de très nombreuses années…

ambre blanes

Lorsque nous rencontrons Jean-Dominique Burtin, l’homme revient de Cancale, où il a passé le réveillon du Nouvel An. Tandis qu’il nous vante, sitôt assis, les charmes de la Bretagne, on ne peut s’empêcher de voyager dans le le temps avec lui... Né à Paris, ce fils et petit-fils de musicien passe toute son enfance dans les coulisses du Châtelet ou de l’Opéra, quand il ne suit pas ses parents en tournée. Il dépeint en passant une scène digne du film Amélie

Poulain… « J’ai grandi à Montmartre ; en haut de la rue, il y avait un petit café, un primeur… ». En 1968, sa mère est embauchée comme professeur de violoncelle à Orléans. « Jean-Do » entre alors en pension en Seine-et-Marne, où il retrouve d’autres enfants d’artistes, avant de rejoindre ses parents quelques temps plus tard pour y terminer ses études, avec l’option « arts et musique », puis entre au Conservatoire. C’est là qu’il découvre la flûte traversière et l’art dramatique, avec la femme de Pierre-Aimé Touchard.

« J’aurais dû faire Lettres, confie-t-il, tandis qu’il évoque par la suite son entrée en fac de droit. Je voulais écrire. Ça a toujours été l’écriture, mais je préférais continuer de lire par goût de la lecture plus que par rigueur littéraire. » Pourtant, le monde littéraire ne tarde pas à le rattraper : dans la mouvance Lang des années 80, Orléans voit se créer successivement la Médiathèque, le CCNO, la Scène Nationale… Et Jean-Dominique Burtin, happé par ce bain de culture, reconnaît que cette période n'était pas loin d’être une époque bénie…

Peu avant cet "âge d’or", il se crée un cercle d’amis artistes et goûte à la liberté : « on avait un atelier sur les bords du fleuve, on y dormait, raconte-t-il. C’était la vague celtique, on regardait la Loire et on rêvait de partir en Bretagne… » C’est grâce à ce cercle qu’il publie un recueil poétique pour la première fois, une activité presque suffisante pour vivre à l’époque. La mouette ou le pigeon paraît aux éditions Saint-Germain-des-Prés, L’arbre à beau temps chez Armand Colin. Jean-Do est aussi écrivain public en lettres d’amour sur les marchés ! Le dessin se présente aussi à lui : d’abord une série d’esquisses en noir et blanc, puis une exposition au Carré Saint-Vincent, une autre au Lutetia. Il dessine même la carte de vœux pour Dubois Imagerie en 1999, pour laquelle il remporte un Awards à Las Vegas, dans un concours de sérigraphie mondiale.

« il m'est parfois arrivé d'avoir les chocottes ! »

Vient enfin le journalisme. D’abord pigiste « culture » à La Rép’, qu’il intègre en 1981, il finit par être titularisé deux ans plus tard. Il se souvient avec émotion de toutes les rencontres que le quotidien orléanais lui aura permis de vivre, Jean-Louis Trintignant et Véronique Sanson remportant les palmes les plus touchantes. « J’arrivais ouvert à la rencontre, narre-t-il, mais il m’est parfois arrivé d’avoir les chocottes ! » Pourtant, la douzaine d’interviews qu’il nous détaille nous prouve qu’il y a bien, chez lui, une fibre particulière pour recueillir la confiance et les confidences des plus grands artistes.

Un grand pudique...

Jean-Dominique Burtin quitte La Rép’ en 2015 et monte Mag’Centre avec Christian Bidault. En parallèle, il continue de s’épanouir dans l’écriture personnelle, notamment grâce aux Amis des Musées, qui lui commandent pour 2020 un livre sur les plans et les vues en ciel d’Orléans du XVIe au XIXe siècle, dont l’élaboration l’enchante : « pour moi, c’est un voyage amoureux au cœur des collections », confesse-t-il. Il prépare aussi un recueil de poésie et de dessin, Battement d’elles, dédié à sa plus jeune fille. Il en a deux, mais reste très pudique sur sa vie privée. « Ce sont toujours des grandes histoires d’amour », glisse-t-il. Jean-Dominique Burtin est un réel écrivain dans l’âme, guidé par l’émotion. S’il aime de nombreux arts, la danse est ce qui l’attire le plus en tant que spectateur. Nous émettons l’hypothèse que c’est parce que cela reste la seule discipline qui lui échappe… Il rit : « Peut-être bien ! Petit, je disais à ma mère, qui avait vu Noureev danser, que je voulais être danseur… »

Si d’aventure, vous vous promenez en un endroit orléanais où retentit de la musique classique, où sautillent des danseurs contemporains et où s’exclament des acteurs, vous croiserez sans doute Jean-Do, émerveillé et curieux, tel le petit garçon qu’il était dans les coulisses de théâtres parisiens.

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