Les Brèves

  • Combien ça coûte ?

    La formation est payée par l’entreprise. Il ne reste à la charge de l’apprenti que l’hébergement et la restauration. « Le tarif varie si on est en demi-pension ou en pension complète, précise Nathan Perrein. Il faut aussi savoir que le jeune touche un salaire. »

  • 10 000

    C’est le nombre de jeunes en formation chez les Compagnons du Devoir et du Tour de France, entre l’apprentissage et le Tour de France. Plus de 1 700 d’entre eux partent à l’étranger chaque année.

  • Les filles aussi !

    Depuis 2003, les filles peuvent rentrer chez les Compagnons du Devoir et du Tour de France. Aujourd’hui, elles représentent 13 % des jeunes formés. « On les retrouve dans tous les métiers, mais surtout dans les métiers de bouche, chez les peintres et la maroquinerie. Il n’y a aucune différence en termes de parcours », relève Nathan Perrein.

Le compagnonnage, voie d’excellence

Une formation réputée depuis des siècles

Le compagnonnage existe depuis plusieurs siècles. En région Centre-Val de Loire, les Compagnons du Devoir possèdent un centre de formation à Tours et une antenne à Orléans, qui préparent à une quinzaine de métiers.

gaëla messerli

S’il est une formation gage d’excellence et de voyages, c’est bien la voie proposée par les Compagnons du Devoir et du Tour de France. Dans la cité johannique, c’est Nathan Perrein, 24 ans, prévôt d’Orléans, qui gère les jeunes intéressés par le compagnonnage entre Orléans, Montargis, Bourges et même Saint-Amand-Montrond.

Ce carrossier industriel, qui est entré chez les Compagnons à l’âge de 15 ans, gère également les relations avec les partenaires sociaux et les entreprises. « J’ai toujours eu envie de voyager », commence-t-il. C’est en effet la spécificité des Compagnons : la mobilité est dans leur ADN et, une fois leur diplôme décroché dans un métier, il leur est possible de se perfectionner en réalisant un Tour de France, de ville en ville et d’entreprise en entreprise. Certains font même le choix d’aller à l’étranger.

Comment y entrer ?

Il y a plusieurs portes d’entrée chez les Compagnons du Devoir et du Tour de France. La première est la formation en alternance ou en apprentissage, dans l’un des trente métiers proposés – de la boulangerie en passant par la tonnellerie – par les Compagnons. Le centre de formation de Tours en prépare à quinze. « Le jeune doit rechercher une entreprise, mais nous l’accompagnons », explique Nathan Perrein.

À la fin de l’apprentissage, ou avec un diplôme du métier, les jeunes peuvent ensuite partir sur leur Tour de France. « Nous les aidons dans la construction de leur parcours et leurs changements de villes pour qu’ils se concentrent sur leurs formations », rassure Nathan Perrein. Lorsque les Compagnons partent à l’étranger, il y a minimum un mois de cours de langue proposé sur place, mais avec « les compétences techniques, on se comprend toujours… », estime le prévôt d’Orléans, qui a pour sa part travaillé aux États-Unis, en Angleterre et se voyait même bien partir en Suède ! « On apprend à ne pas avoir peur d’y aller, souligne-t-il. C’est une formation humaine et professionnelle. »

Une antenne à Orléans

D’ailleurs, la formation des Compagnons passe aussi par la vie en communauté. « Vivre dans une même maison permet de découvrir d’autres métiers, poursuit Nathan Perrein. Cela donne une ouverture d’esprit. » À noter que la formation ne s’arrête pas à 18 h comme dans un CFA classique : des bénévoles sont présents au sein des maisons pour aider les jeunes à se perfectionner.

« une formation autant professionnelle qu’humaine »
Nathan Perrein, prévôt d’Orléans

À Orléans, ce n’est pas une maison, mais le Logis Camille qui accueille les Compagnons lorsqu’ils sont en entreprise dans le cadre de leur Tour de France. « C’est différent d’une maison. Il y a d’autres associations, mais il y a des chambres et des salles », détaille Nathan Perrein, qui tient aussi à casser les idées reçues : « ce n’est pas parce que l’on se forme à un métier manuel que l’on ne peut pas être, demain, le patron de son entreprise. » Preuve que les temps changent, les Compagnons réfléchissent aujourd’hui à des partenariats pour que leurs recrues puissent un jour devenir ingénieurs.

Pour se reconvertir aussi !

Mais déjà, ils proposent des formations pour adultes. Il est ainsi possible de pousser la porte des Compagnons pour ceux qui souhaitent se reconvertir, ou pour les salariés qui voudraient monter « en compétence en entreprise ou dans nos centres de formation. » Mais comme pour l’ensemble des formations proposées, « chaque parcours est unique, car on n’a pas le même degré de maturité à 15 ans qu’à 20 ans. » Grâce à ce mélange entre tradition et modernité, le taux d’insertion professionnelle est quasiment de 100 % chez les Compagnons du Devoir. 

Les Brèves

  • À SAVOIR

    Histoire : Ça date de quand ?

    Difficile de le dire, mais le compagnonnage serait né au Moyen Âge, avec une apogée du mouvement au XVIIIe siècle. Le compagnonnage était alors très lié à la religion, ce qui n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. Il existe actuellement plusieurs associations compagnonniques en France, dont les deux plus importantes, la Fédération compagnonnique et l’Union compagnonnique.

    Découverte : Les Compagnons ouvrent leurs portes

    17, 18 et 19 janvier mais aussi les 13 et 14 mars, les Compagnons du Devoir et du Tour de France ouvrent leurs portes à la Maison de Tours, 25 rue Franche-Comté. Une occasion de découvrir la réalité de ces formations et l’ambiance dans laquelle elles sont dispensées. En attendant, il est possible d’obtenir des renseignements auprès de la Maison d’Orléans, au 22, place Louis XI (02 38 83 09 66). Il y a également des possibilités de s’inscrire à une présentation sur une demi-journée.