Les Brèves

  • CV

    28/08/1950 : Naissance à Orléans

    1996 : Devient vice-président de la Fédération Française de Judo

    2019 : Décroche son 8e dan

Frédéric Sanchis : Jus d’haut gradé

Ce natif d’Orléans est un « monsieur » du judo français. Après avoir participé au développement de l’école technique de judo d’Orléans, il a occupé – et occupe toujours – différentes fonctions de dirigeant à la Fédération Française. Il est entré, cette année, dans le cercle très fermé des hauts gradés de cette discipline.

charly colin

« Si c’est à refaire, je resigne dès demain ! », lance d’emblée Frédéric Sanchis. Les mots de ce judoka orléanais suffisent à comprendre l’amour qu’il porte pour son sport et, de surcroît, à son métier. Que ce soit au travers des valeurs partagées, mais également de l’état d’esprit général qui règne dans le judo, il a rapidement trouvé sa place dans ce milieu et cette culture.

Reconnu officiellement comme discipline olympique aux Jeux de Munich en 1972, le judo a connu un véritable essor en France avec, entre autres, un certain David Douillet, titré à deux reprises aux JO (en 1996 à Atlanta et en 2000 à Sydney). De nombreux athlètes tricolores lui ont depuis emboîté le pas, à l’image de Frédérique Jossinet ou Céline Lebrun, toutes deux orléanaises, ou bien sûr de Teddy Riner, le plus grand judoka de l’histoire, qui flirta un temps, quant à lui, avec Orléans...

Formateur de champions

Au fil des années, la cité johannique s’est ainsi imposée dans le paysage du judo français, avec une école spécifique créée au début des années 80. Après un parcours sportif ponctué de plusieurs sélections en équipe de France, c’est dans ce lieu de formation que Frédéric Sanchis a débuté sa carrière professionnelle. « J’ai effectivement fait mes premiers pas à l’USO Judo, confirme l’intéressé. Je me suis vite tourné vers l’enseignement, puisque j’ai intégré l’école d’Orléans en tant qu’enseignant pour former les étudiants au Brevet d’État de judo. À l’époque, il n’y avait pratiquement que cette structure pour les futurs BE en France. »

« redonner au judo ce qu’il m’a apporté »

Parallèlement à cet établissement, une école technique de judo – impulsée par l’USO Judo et reconnue par l’Éducation nationale – voit le jour en 1989, à Orléans. Le but est de récupérer de jeunes athlètes prometteurs, dont le dossier scolaire n’est pas assez élevé pour intégrer les pôles de sport-étude. Frédéric Sanchis est alors recruté dans cette structure en qualité de formateur. « Nous offrions une seconde chance à ces jeunes et une nouvelle opportunité de se réaliser dans leur sport sans délaisser leurs études, rappelle-t-il. Les profs se déplaçaient pour donner les cours et nous nous occupions des entraînements judo. Nous avons notamment accueilli Céline Lebrun, vice-championne olympique à Sydney en 2000. »

Rage de "Dan"

L’Orléanais saisit ensuite l’opportunité d’évoluer en tant que vice-président de la FFJDA en 1996. Il occupe ce poste pendant trois olympiades, avant de passer secrétaire général de la commission des grades, rôle qu’il occupe toujours aujourd’hui. « Je me rends environ une fois par semaine à Paris, souligne-t-il. Mon rôle est de gérer les passages de grades et cas exceptionnels, comme les grades aménagés, les homologations et reconnaissances de grades étrangers. Il y a une multitude de situations à gérer, mais c’est un travail passionnant. »

Au-delà de ses qualités d’encadrant et de gestionnaire, Frédéric Sanchis s’est naturellement engagé dans son sport pour contribuer à son développement. En effet, pour obtenir les différentes ceintures et « Dan » (grades après la ceinture noire), il est nécessaire de candidater auprès des instances fédérales. Cependant, passé le sixième Dan, les judokas se font appeler par leurs « pairs ». S’impliquant avec altruisme dans la vie du judo depuis de nombreuses années, Frédéric Sanchis s’est fait convoquer, cette année, pour passer son 8e Dan, un niveau exceptionnel dans cette discipline. « On doit attendre un an entre le 1er et 2e Dan, deux ans entre le 2e et 3e et ainsi de suite jusqu’à patienter quatorze ans entre le 7e et 8e, détaille-t-il. C’est un sentiment de gratitude d’être reconnu dans son sport, par le travail fourni, l’engagement et la passion. Dans notre milieu, c’est très important de redonner au judo ce qu’il nous a apporté. Il faut s’impliquer pour les autres et la discipline. » Pour ce passage de grade, Frédéric Sanchis a réalisé un mémoire ainsi qu’une soutenance devant des hauts gradés sur le sujet de la naissance du judo. Comme un retour aux sources pour le judoka orléanais.

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