Les Brèves

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    C’est le nombre de personnes qui ont manifesté dans le Loiret le 5 décembre dernier, selon la Préfecture 

Large mobilisation dans le Loiret

Manifestation du 5 décembre

Le 5 décembre dernier, plus de 5 000 personnes à Orléans ont manifesté contre la réforme des retraites, mais ont surtout exprimé un ras-le-bol général, partagé aussi bien par le secteur public que par le privé.

g.m

Jeudi dernier à Orléans, outre des Gilets jaunes plus nombreux qu’à l’habitude, on a pu croiser des corps sociaux que l’on ne rencontrait pas souvent, jusqu’alors, dans les manifestations : des salariés du FRAC par exemple, mais aussi des lycéens ou des militants pour l’environnement. C’était une foule bigarrée, mêlant des gens de tout âge, du privé comme du public, qui battait ainsi le pavé orléanais en brandissant des pancartes.

Dès 10 h, le parvis de la Cathédrale était déjà bien rempli. On pouvait y parler avec des Gilets jaunes comme Gaston, ancien du rond-point d’Écrennes, qui voulait bouter Emmanuel Macron « hors du château de l’Élysée ». Il racontait le quotidien d’une agricultrice de sa connaissance, qui ne touchait que 200 € par mois de retraite pour vivre… Gaston était en outre accompagné d’une Gilet jaune qui ne portait pas sa casaque « pour ne pas être arrêtée, témoignait anonymement cette dernière. En entreprise, on est mal vu quand on est Gilet jaune et que la police nous fiche… »

« Une réforme de machos ! »

Un peu plus loin, il y avait des enseignants en nombre, avec des banderoles par lycée (Gaudier-Brzeska, Péguy…) D’ailleurs, une professeure d’espagnol, accompagnée d’un représentant de Sud Éducation, relevait non seulement la souffrance des enseignants face à une réforme des lycées jugée compliquée, mais aussi « des élèves en difficulté et des professeurs éprouvés ». « On travaille 45 h par semaine et personne ne le voit, révélait-elle. Il faudrait comparer avec les autres pays quand on dit que les enseignants sont coûteux ! » Pour elle, qui déclarait avoir travaillé à mi-temps afin d’élever sa fille, la réforme des retraites ressemblerait à « une réforme de machos. Je vais avoir 900 € par mois de retraite avec un bac + 5. C’est lamentable ! », s’agaçait-elle.

Dans le cortège, on croisait aussi des représentants de FO logistique, avec des salariés venus en masse de Neuville-aux-Bois. C’était le cas de Valérie Raoul, une déléguée syndicale qui estimait que toute la population devait se sentir « concernée par les retraites ». Derrière les banderoles, Aurélio Ramiro, secrétaire général de la CGT du Loiret, expliquait que « 70 % des gens » étaient « contre la réforme des retraites. Si celle-ci passait en l’état, les gens perdraient au minimum de 150 à 300 € par mois, voire plus, pour des professions comme les enseignants, poursuivait-il. Les femmes seraient les grandes perdantes de la réforme. » Ce représentant de la CGT souhaitait d’ailleurs voir s’organiser des assemblées générales dans les entreprises pour défendre les salaires, l’emploi et les pensions futures. Pour tous ces manifestants, jeudi dernier, la bataille ne faisait que commencer…

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