Les Brèves

  • Un dernier mandat pour Marie-Agnès Linguet ?

    C’est en tout cas ce que promet la maire actuelle, en cas d’élection en 2020. « Si je suis élue, ce sera mon dernier mandat, affirme-t-elle. Car maire, ce n'est pas un métier, et la vie ne s'arrête pas là. » Pour elle cependant, son rôle à la Métropole, comme à la région, est « utile » à la commune.

Un quarté pour la mairie

Élections municipales à Fleury-les-Aubrais

Il n’y a pas qu’à Orléans où l’animation est de mise pour les municipales : au niveau de Fleury-les-Aubrais, les candidats sortent du bois et les amis d’hier sont les adversaires d’aujourd’hui… Résumé de la situation et présentation des projets.

gaëla messerli

On parle beaucoup d’Orléans, mais à Fleury, le climat politique est également tendu, avec notamment des élus de la majorité qui ont fait sécession. À cela s’ajoutent des candidats qui annoncent leur présence dans la course aux municipales. La campagne s’agite désormais sur fond de déceptions et de rancœurs. La présence de trois, voire quatre listes, pour mars prochain est ainsi envisagée.

Sans surprise, Marie-Agnès Linguet, la première magistrate de Fleury-les-Aubrais, est candidate à sa propre succession, malgré les tensions dans sa majorité de 2014. « Si cette situation n’arrivait qu’à moi, je me dirais qu’il faut que je rentre chez moi. Mais comme elle est partagée autre part… », soupire la maire actuelle, qui voit en la fracture au sein de son équipe « des problèmes d’ego et de frustrations. Je ne les ai pas vus venir tout de suite car en règle générale, on regarde plutôt l’opposition. Aujourd’hui, je pense aussi que je suis passée de leur collègue à leur maire… Le maire prend tous les risques, c’est celui qui tranche. »

« la fracture dans ma majorité ? des problèmes d’ego et de frustrations »
Marie-Agnès Linguet

Pour l’édile, son bilan est cependant bon, avec le désendettement de sa commune, mais aussi des investissements réussis, comme la Maison de Santé Pluridisciplinaire. Selon elle, il y a encore toutefois des choses à faire avec « le Grand Projet de Ville dans le cadre de la politique de la ville, qui concerne notamment les quartiers Lignerolles ou Ormes du Mail. » Il y a aussi les écoles : « il faut continuer à investir, insiste-t-elle. Nous avons développé les coups de pouce, le repas alternatif et conservé une liaison chaude pour la cantine. Nous n’avons pas de Délégation de Service Public pour la cantine, car nous avons préféré l’intégrer à un plan santé nutrition pour accompagner les enfants et les parents. »

Soutenue par Macron… et d’autres

Pour préparer son programme, Marie-Agnès Linguet, soutenue par LaREM, est déjà partie à la rencontre des habitants avec son équipe et sa « Marie-Agnès mobile », plaisante Rémi Silly, son directeur de campagne, « Macronien » assumé. En effet, l’élue a prévu d’aller dans chaque quartier à la rencontre des habitants, avec une permanence mouvante. « Je ne suis pas toute seule, explique l’actuelle maire de Fleury. Avec moi, il y a des gens de tous les quartiers, de tous les horizons professionnels, de tous les âges. Il y a aussi des co-listiers plus à gauche que moi, et jusqu’à des LR ! » Même si sa liste sera renouvelée – « peut-être de deux tiers » –, on retrouvera cependant des élus de la mandature 2014-2020, comme Jean-Jacques Ratajski, Jacqueline Besnard, Elsa Douzon ou encore Anthony Domingues. « Je suis soutenue par mon parti, l’UDI, mais aussi par Guillaume Peltier localement pour les LR et par Richard Ramos pour le Modem. » Se présentera-t-elle toutefois avec une étiquette ? Pas vraiment, répond celle qui balaye « les estampilles. Il y aura certes le soutien d’un certain nombre de partis. Mais surtout, derrière cette diversité, il y aura un projet co-construit. Je suis pragmatique, une vraie centriste. Il faut proposer un programme qui corresponde aux Fleuryssois. » Au menu, donc : « l’enseignement avec un accompagnement à la parentalité, mais aussi l’économie. Fleury accueille déjà des entreprises reconnues comme Thales, des commerçants, les abattoirs… Il faut créer de l’emploi local. »

Marie-Agnès Linguet fait aussi de la sécurité l’un de ses dadas. Elle veut ainsi continuer de renforcer la présence de la police sur le terrain, « avec des patrouilles de nuit et plus de vidéosurveillance. Il faut aussi que nous travaillons avec les bailleurs sociaux afin qu’il y ait une véritable mixité dans les attributions. Et nous devons obtenir la présence de médiateurs de nuit. »

Des citoyens « indépendants »

Dans le reste du paysage politique local, les listes « citoyennes » fleurissent aussi. Un collectif « citoyen » baptisé « Les Fleuryssois » a ainsi vu le jour, notamment composé d'anciens élus de la majorité actuelle et regroupés dans le groupe des « Indépendants » au conseil municipal. Parmi eux, Sophie Loiseau, Gérard Borderiou, Fabienne Leproux, Bernard Meunier, Philippe Desormeau, Laurence Bulteau et Jean-Philippe Delbonnel. Ce collectif se veut cependant une sorte de laboratoire d'idées. Et si l’on suppose qu'il s'agit d'une liste seulement composée de dissidents de la majorité, on se trouve vite recadré... « Avant d'être élu, on est citoyen, clame ainsi ce collectif. Tout le monde peut apporter sa pierre à l'édifice ! » On ne saura donc pas encore qui sera leur chef de file aux municipales, même s’il se murmure que ce groupe pourrait rejoindre un candidat déjà déclaré (voir plus bas). En tous les cas, ce collectif recherche encore « des gens compétents, qui ont envie de participer à la gestion de la ville. »

Quant aux raisons de l'émergence d'un tel mouvement, Gérard Borderiou, Fleuryssois de naissance et ancien cadre SNCF, explique que ces élus « dissidents » n'ont pas avancé masqués, et que Marie-Agnès Linguet était depuis longtemps prévenue de leurs divergences... « Nous avons voulu faire comprendre à madame le maire que nous n'étions pas dans la bonne direction au niveau de la gestion de la Ville, affirme-t-il. Non, nous ne sommes pas des mercenaires ! » Parmi les idées que veut faire passer ce collectif, il y a celle du référendum, afin de consulter directement les Fleuryssois sur des sujets importants comme « l'EHPAD », par exemple, mais aussi les dossiers Interives ou Chapit’O. « On doit davantage informer la population », demandent les « Fleuryssois ». Le collectif veut aussi faire davantage entendre la voix de Fleury à la Métropole : « avec elle, on perd aujourd'hui en proximité. Et c’est dommageable, parce que, dans l'esprit des gens, la municipalité reste l'interlocuteur. » Le groupe regrette ainsi la métropolisation des Panthères de Fleury et s'interroge sur les nouvelles compétences métropolitaines comme le sport professionnel, tout en déplorant le manque d'unité dans la mise en lumière des communes pour Noël…

Socialiste, communiste et écologiste !

Figure de l’opposition mais aussi de l’échiquier politique métropolitain, Carole Canette (PS) sera également en lice pour les municipales. Elle n’avance pas seule : une liste « ouverte à tous », mais rassemblant « socialistes, communistes et écologistes », se préparait à être présentée à l’heure où nous écrivons ces lignes. Côté programme, Carole Canette affiche cependant déjà la couleur : qu’il s’agisse de l’EHPAD qui doit selon elle être fermé – et pour laquelle la Ville a dû voter « en urgence une délibération pour une étude sans montant annoncé » – ou le fait de pousser le dossier fleuryssois pour le faire entrer dans le cadre de l’ANRU, la candidate socialiste l’annonce : « il faut se battre pour faire bouger les lignes. Nous devons engager une politique qui protège et tisse du lien avec le citoyen. Cela passe par les enfants au sens large : l’école, le périscolaire, la petite enfance… C’est là que se construisent les citoyens de demain, et cela recoupe d’autres politiques liées à la commune, comme la santé ou l’accès à la culture. » Carole Canette entend aussi porter une « vision écologiste » pour Fleury, avec l’idée que la Ville prenne part à la transition écologique, mais que celle-ci « ne soit pas non plus trop dure pour le citoyen. Nous devons commencer par le fait que nos enfants ne "brûlent" plus dans les cours des écoles ou n’étouffent pas dans leurs classes pendant la canicule. Il faut intégrer cette dimension dans les réfections des bâtiments. »

« le collectif "les fleuryssois" ? ils sont dans la convergence de rancœurs… »
Carole Canette

Politiquement, Carole Canette se dit « médusée » par « cette droite qui se déchire » au sein du conseil municipal actuel. On ne la sent d’ailleurs pas vraiment proche du collectif « Les Fleuryssois (voir plus haut), qui s’est monté récemment. « Il n’y a pas de cohérence politique chez eux, mais plutôt la convergence de rancœurs, analyse-t-elle. Avec tout cela, ils ne s’occupent ni de la ville, ni des services, ni des dossiers qui piétinent… Je n’ai rien contre les collectifs citoyens, mais les partis, ce n’est pas sale. C’est même plutôt structurant ! » On ne peut pas dire non plus que la chef de file socialiste semble motivée par l’idée d’un rapprochement avec l’ex-militant socialiste Stéphane Kuzbyt, chef de file d’une liste de gauche écologiste portée par l’association « Ensemble pour un nouveau Fleury ». La patronne des socialistes loirétains dit cependant travailler « pour un rassemblement de la gauche. Avant de faire des annonces, on préfère border les dossiers sur le fond et la gouvernance. C’est important pour répondre aux inquiétudes des services et de la population. »

De gauche… et écologiste

Stéphane Kuzbyt, donc : c’est le quatrième larron de ce tour de table local. Il n’est pas tout à fait nouveau sur la place : en effet, ce Fleuryssois de 49 ans, qui a grandi dans la commune, a déjà brigué la mairie lors des dernières élections municipales. Cet homme, qui œuvre professionnellement pour les finances de l’Institut national d’Histoire de l’art, est aussi un ex-responsable de la section fleuryssoise du Parti Socialiste. En 2013, il a pris « la décision de faire différemment », selon ses mots.

Cet habitant du quartier Lamballe a donc choisi de faire de nouveau campagne pour 2020 autour de l’idée de ville en transition, et ce « dans toutes ses dimensions, et pas seulement celle de la rénovation urbaine ». Même s’il vient tout juste de récupérer son local de campagne (il doit être inauguré le 13 décembre à Lamballe, ndlr), Stéphane Kuzbyt compte mener une campagne de terrain, à commencer par… Lamballe. Son idée est aussi de faire des habitants « des citoyens acteurs », en les poussant à s’emparer de certains sujets. Il affirme aussi se baser sur une consultation citoyenne pour bâtir son programme. « L’aménagement public est une catastrophe, dit-il. Pour ce qui est de l’EHPAD, il faudrait réfléchir à faire en sorte que les gens puissent vivre tout au long de leur vie à Fleury, en pesant notamment sur l’offre de logements. Tout le monde doit pouvoir rester dans cette ville ! » Attaché « à l’exemplarité des élus » mais aussi au renforcement du lien social, Stéphane Kuzbyt plaide également pour une éducation des plus jeunes. « Marie-Agnès Linguet a taillé dans le service à la jeunesse ! », dénonce-t-il. Enfin, pour ce qui est d’imaginer un rapprochement avec sa famille politique d’origine, la communication semble rompue. L’homme reconnaît avoir d’ailleurs « davantage d’échanges » avec le collectif « Les Fleuryssois » et avec Marie-Agnès Linguet, « même si l’on n’est pas d’accord ! » À Fleury-les-Aubrais, il faudra en tous les cas attendre encore un peu pour connaître la distribution finale des cartes…

Les Brèves

  • Plus de démocratie ?

    Pour Sophie Loiseau, ancienne esthéticienne, Fleuryssoise de longue date et membre du collectif « Les Fleuryssois », « depuis le mouvement des Gilets jaunes, les gens ont besoin de s'exprimer. On a parlé démocratie participative, mais on n'a pas mis les moyens. Il faut s'adapter aux citoyens. Le citoyen a besoin qu'on l'écoute et qu'on soit dans la proximité. Ce n'est plus le vieux monde ! »