Les Brèves

  • Et bientôt, le budget métropolitain…

    Ce sera le gros morceau de cette fin d’année 2019 : le 19 décembre, le conseil métropolitain adoptera son budget primitif pour 2020, dans des proportions qui montrent, s’il fallait encore le prouver, que le cœur du réacteur se situe bien là : alors que le budget de la Ville d’Orléans est d’environ 210 M€, celui de la Métropole tournera autour des 800 M€ ! 

QUE FAIRE DE L'ARGENT DES ORLÉANAIS ?

Un débat fructueux sur le budget…

Le conseil municipal d’Orléans a voté lundi un budget 2020 de quelque 210 M€. Même sur fond d’élections, de vraies nuances ont été évoquées sur l’utilisation de l’argent public entre les proches d’Olivier Carré, ceux de Serge Grouard et l’opposition de gauche.

b.v 

Il y avait lundi dernier, dans la salle du Conseil municipal d’Orléans, trois candidats déclarés aux prochaines élections municipales de 2020 : Olivier Carré, Nathalie Kerrien et Jean-Philippe Grand. On peut raisonnablement penser que Serge Grouard le sera la semaine prochaine, en attendant de savoir ce que le PC et le PS feront bientôt. C’est cependant Michel Martin, maire-adjoint aux Finances – mais membre du groupe dissident des « Orléanais » – qui a présenté le budget 2020 de la Ville d’Orléans. Un budget de 208,9 M€, tournant autour de quatre postes clés de dépenses : le soutien à la pratique sportive et aux associations (37,3 M€), l’éducation (31,6 M€), la culture et le patrimoine (24,5 M€) et la politique sociale (23,5 M€). Michel Martin a également confirmé que les bases de fiscalité n’augmenteraient pas l’année prochaine. « Elles sont inchangés depuis 1996 », a relevé l’élu qui a, en outre, rappelé que la dette serait encore contenue (à un niveau de 107 M€ pour la fin de l’année 2020), de même que les dépenses de fonctionnement.

L’opposition de gauche, à commencer par Dominique Tripet (PC), a cependant peu goûté cette dernière ligne : « on ne peut pas travailler mieux avec moins de personnel qui n’est pas renouvelé ! » Muriel Sauvegrain, première maire-adjointe en charge des Ressources Humaines, lui répondait que tous les postes d’agents à destination du public (ATSEM, policiers municipaux…) seraient bel et bien remplacés en cas de départs en retraites. Michel Ricoud, lui, a de nouveau pointé les « lacunes » de la Ville dans son traitement de la question sociale. Jean-Philippe Grand (EELV) a pour sa part appuyé sur le coût de construction du MOBE, qui s’est envolé (+ 6 M€, alors que 3,9 avaient été budgétés). Il s’est aussi permis une petite formule de derrière les fagôts... : « ce budget 2020 est peut-être un budget de transition, mais pas de transition écologique ! »

Débat dans la majorité de 2014

Nathalie Kerrien, ex-adjointe à la Culture, s’est elle aussi offert un bon mot, en observant une baisse de 17 % des crédits dédiés à la Culture (de 35 à 29 M€, selon elle, entre 2019 et 2020).

« Je voudrais que la culture ne se noie pas dans les piscines, même si j’aime nager… », a-t-elle exprimé, regrettant par là les efforts consentis par la Ville pour construire deux équipements aquatiques d’envergure : la piscine de La Source et le centre aqualudique L’O. Nathalie Kerrien s’est également désolée de voir que le projet de réhabilitation des Vinaigreries ait, selon elle, « disparu des radars » (voir notre édition de la semaine dernière, ndlr).

« la grenouille doit-elle être plus grosse que le bœuf ? »
Michel Martin, maire-adjoint aux Finances

Dans le camp des « Orléanais », si l’on a voté sans problèmes le budget 2020 présenté par Michel Martin, on a voulu se projeter sur les années à venir. Sans doute faudra-t-il y voir quelques-unes des futures lignes programmatiques que Serge Grouard et ses amis présenteront dans leur projet pour mars prochain. On a alors un peu débordé du conseil municipal pour évoquer aussi l’intercommunalité, et l’ancien maire d’Orléans a mis en garde : « à la Métropole, la barque est chargée. Est-ce que ces budgets seront soutenables dans les années à venir et à quelles conditions ? Faudra-t-il augmenter la dette et les impôts, ou bien réduire les dépenses ? » Charles-Éric Lemaignen lui emboîtait le pas et prévenait contre « la folie des grandeurs », dans un contexte où, « dans les années à venir, les contraintes financières seront de plus en plus élevées. » Michel Martin, quittant momentanément son costume de "rapporteur" du budget, enchaînait : « des grands équipements, on ne peut pas en faire plus d’un par mandat. Or, dans le prochain, il y aura déjà la Cité musicale, qui coûtera 40 M€ ». Et l’élu de s’interroger : « la culture, c’est bien, mais les Halles-Châtelet, ça mérite aussi, non (sic) ? On voudrait qu’Orléans soit dans le Top 15 des métropoles françaises, mais la grenouille doit-elle se faire plus grosse que le bœuf ? Je pose la question. »

Semblant donc s’inscrire dans une promesse de rigueur budgétaire future, ces trois hommes distillaient aussi en creux l’idée qu’Olivier Carré pourrait être, lui, le tenant de dépenses plus affirmées. Le maire actuel défendait cependant la « culture de la gestion » de la Ville et se projetait vers une politique d’investissement mesuré, reprenant l’un de ses thèmes fétiches : la crainte de voir Orléans déclassée. Muriel Sauvegrain rebondissait aussi : « évidemment que nous tenons à la bonne santé financière de la Ville ! Oui, la soutenabilité des investissements est possible. C’est une question de volonté ! » Si certains s’étonnaient de ce débat à l’intérieur de l’ex-majorité, il était cependant à noter qu’il se faisait cette fois sur le terrain des idées, et sans agressivité. Les anciens co-listiers de 2014 votaient en tout cas à l’unanimité le budget 2020, à l’exception de Nathalie Kerrien, qui s’abstenait.

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  • EN BREF

    Orléans / Région : Le vœu de Florent Montillot

    En fin de conseil lundi soir, Florent Montillot a porté un vœu qu’il avait déjà exprimé au conseil régional, où il siège également : celui de mettre en place une « licence Majeure Santé » commune à Orléans et à Tours, alors que la première année d’étude de médecine (PACES) a été supprimée cet automne par le Gouvernement. « L’ouverture de cette première année de licence commune entre Tours et Orléans représenterait une opportunité exceptionnelle que nous ne pouvons pas laisser passer », a déclaré Florent Montillot, suivie notamment par… Corinne Leveleux-Teixeira !

    Orléans / Département : Accord sur le Parc Floral

    La délibération n’a pas fait beaucoup de bruit, mais elle a bien été votée lundi au conseil municipal : la Ville d’Orléans va acquérir pour 1 € symbolique les parts « indivises » que détenait le Département du Loiret sur le Parc Floral et le Château de La Source, notamment. Alexandrine Leclerc, également conseillère départementale, a cependant assuré que le Département continuerait de financer des investissements sur les lieux. Corinne Leveleux, s’est, elle, montrée « réservée » sur l’avenir du château de La Source, actuellement occupé par la présidence de l’Université. « Je souhaite que ce bâtiment reste en usage public », a demandé l’élue PS, alors que la Ville a un temps projeté de le transformer en outil hôtelier et touristique.