Les Brèves

  • Odysight en pratique

    L’application Odysight est téléchargeable gratuitement sur les smartphones et les tablettes. Mais surtout, pour être suivi en ligne, il faut une prescription médicale. Aujourd’hui, un seul ophtalmologue, exerçant au CHR d’Orléans, l’utilise dans le Loiret. Odysight n’ayant été lancé qu’en juin dernier, d’autres ophtalmologistes, spécialistes de la rétine, pourraient cependant se pencher sur le sujet. On ne peut que croiser les doigts, étant donné que cette spécialité requiert une salle de consultation adaptée, en plus des salles classiques. En France, seuls 10 % des ophtalmologistes sont rétinologues. 

Ophtalmos : c’est 118 jours d’attente !

Centre-Val de Loire et Loiret

D’ici trois ans, le nombre d’ophtalmologistes va diminuer d’environ 10%. Dans le Loiret comme dans toute la région, beaucoup vont partir à la retraite et ne pas être remplacés. Pour tenter de suivre certains patients, des outils numériques se mettent en place.

claire seznec 

L es chiffres sont alarmants : de moins en moins d’ophtalmologistes s’installent dans la région Centre-Val de Loire. Dans l’ensemble du Loiret, ils ne sont que 38. La région fait partie des (très) mauvais élèves, tant en nombre de spécialistes qu’en délai de prise de rendez-vous. Alors que sur l’ensemble de la France, il faut attendre en moyenne 55 jours pour obtenir un rendez-vous avec un ophtalmo, en Centre-Val de Loire il faut compter 118 jours, d’après une récente enquête Ipsos. Dans les années à venir, ce délai devrait s’allonger encore : « on prévoit une baisse de 10 % des ophtalmologistes installés d’ici trois ans, explique le docteur Jérémie Halfon, ophtalmologue spécialiste de la rétine. En 2030, cette baisse va atteindre 35 %. » La raison ? La majorité des médecins ont plus de 60 ans. Et les jeunes peinent à se lancer dans cette profession. Comme pour les médecins généralistes, l’accès aux soins diminue donc, laissant pour comptes les moins aisés, les moins mobiles.

Une appli pour la DMLA

Néanmoins, ces dernières années, la « télémédecine » se développe. Mais en ophtalmologie, cette solution n’est pas vraiment possible. Toutefois, le fondateur de l’Institut de la Vision a créé, avec un confrère et un laboratoire, une application de suivi des patients : Odysight. L’idée est de permettre au patient atteint de maladies dégénérescentes de la rétine, comme le DMLA, de vérifier sa vision. Cette maladie chronique se déclare après 50 ans et peut rapidement progresser. Il n’existe pas de traitement curatif, mais une injection permettant d’« endormir » la progression est possible. Cette piqûre est à faire à chaque fois que la vision diminue de nouveau. Pour le savoir, l’application Odysight semble innovante.

À raison d’une à plusieurs fois par semaine, le patient réalise ainsi des tests d’acuité visuelle, notamment avec la grille Amsler, et d’hyperacuité. Si les résultats diminuent de manière significative, dans la durée, une alerte est donnée à la fois au patient et à l’ophtalmologiste qui le suit. « À ce moment-là, il faut prendre rendez-vous le plus rapidement possible pour faire une injection et éviter d’attendre que la dégénérescence s’accentue, précise le docteur Jérémie Halfon. Comme le médecin reçoit les résultats, il peut lui-même proposer un rendez-vous au patient, car certains malades font l’autruche avec leur vision... » C’est ce qui est arrivé, une fois, à Fernand, un retraité souffrant de DMLA depuis six ans. Au moins deux fois par semaine, il réalise les tests de l’application : c’est ce qui a permis de constater que sa vision avait diminué. Depuis, ses visites chez son spécialiste se sont espacées, puisqu’elles sont désormais guidées par ses « mauvais » résultats.

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