Les Brèves

  • Des films qui cartonnent

    Abonné au succès, Nicolas Vanier fait partie du groupe très restreints des réalisateurs français qui ont fait 5 films d’affilée à plus d’un million d’entrée. L’école buissonnière, ode à la Sologne et satire sur les grands propriétaires terriens qui emprisonnent la faune sauvage, a réuni 1 700 000 spectateurs.

« ces propriétaires parisiens sont en train de tuer la sologne ! »

Le coup de gueule du loirétain Nicolas Vanier sur l’engrillagement

En novembre, le restaurant Les 2 bécasses, à Cerdon-du-Loiret, recevait Nicolas Vanier, pour la dédicace de son livre Donne-moi des ailes. Le réalisateur loirétain a pourfendu de nouveau les propriétaires solognots qui "s'engrillagent" derrière leurs clôtures.

l.b

L’homme arrive pile à l’heure. Il entre tout sourire et salue à la cantonade une foule serrée et impatiente. La clameur qui l’accueille explique la décontraction du réalisateur-écrivain. Il est ici chez lui, heureux de partager un moment dans la bienveillance, entouré, chose rare, de ses trois enfants. Au milieu des signatures, volontiers provocateur, Nicolas Vanier demande si quelqu’un a une pince. « Non ! », s’exclament les Louis, fondateurs de l’association des Amis des chemins de Sologne, farouchement opposés aux méthodes illégales. Au bout de deux heures, il est enfin possible d’approcher l’artiste et d’évoquer le sujet de l’engrillagement, combat de l’association. Aussitôt, le ton change et l’émotion affleure. Nul doute, Nicolas Vanier a mal à sa Sologne…

Comment vous êtes-vous rapproché des Amis des chemins de Sologne ?

Toutes les personnes attristées par la situation de l’engrillagement se parlent en Sologne et c’est tout naturellement que je suis près de l’association pour faire avancer la cause. Nous avons fait de nombreuses réunions depuis des années.

Suite à la mission d’inspection diligentée par trois ministres, cet été, pensez-vous que cela va bouger ?

Non. J’ai parlé longuement à Emmanuel Macron, au ministre de l’Agriculture, au président de la fédération des chasseurs, Willy Schraen, au lobbyiste Thierry Coste, j’ai fait une heure d’entretien avec Nicolas Hulot… J’ai parlé à la terre entière. Tout le monde est d’accord pour faire quelque chose. Mais voilà, il y a un groupe chasse à l’Assemblée nationale et au Sénat qui a tellement de poids qu’il bloque tout. Ce sont eux, dont on va bientôt donner les noms, qui viennent chasser en Sologne dans ces zoos !

Vous parlez d’élus régionaux ?

Entre autres. Mais il y a un certain nombre de propriétaires, présidents de grandes sociétés, quasiment tous Parisiens, qui sont en train de tuer la Sologne. Tel que Forestier par exemple, qui parle de développement durable sur son site Internet ! Là aussi, nous allons donner les noms. Comme lui, ils sont une vingtaine. Ces gens-là sont bienvenus, à condition des respecter notre territoire. Ils sont venus ici parce qu’il y avait de grandes forêts, et ils sont en train de les détruire.

Quand vous appelez à prendre les pinces, cela ne vous pose pas de problèmes ?

Pourquoi la Corse est-elle si belle ? Parce que les habitants n’ont pas laissé faire. Les Solognots sont trop passifs. Moi, j’ai usé de tout. Que puis-je faire de plus qu’en parler au président de la République ? Lorsque j’apprends qu’un vice-président de la fédé a été chasser dans un parc en Sologne en disant : « il nous fait chier Vanier, on ne pourra bientôt plus faire de tableaux de 80 sangliers… » Il arrive un moment où ça suffit. 99 % des Solognots sont contre ces 20 personnes. Il faut que les chasseurs qui ont un peu de courage refusent de se rendre dans ces zoos. Tout comme les rabatteurs avec leurs chiens. Sans eux, cette chasse ne pourra plus exister.

Les Brèves