Les Brèves

    Postures

    Ces dernières semaines, la campagne aux élections municipales à Orléans a connu un coup d’accélérateur. Les positions sont mieux établies, et les premières manœuvres officielles s’étalent désormais au grand jour. Les arguments sont martelés et répétés à longueur d’interviews ou de « retweets » pour rentrer à coups de pelle dans le cortex des électeurs. On saura, en mars prochain, si ceux-ci auront bel et bien ingurgité cette forme insidieuse de bourrage de crâne.

    Prenons l’exemple de la majorité municipale de 2014, qui vole actuellement en éclats. Serge Grouard et son camp font désormais passer le message suivant : ces derniers mois, Olivier Carré se serait comporté comme un roitelet local, cumulant les pouvoirs à la Ville et à la Métropole, sans écouter les avis contraires. Chez les partisans de l’actuel maire, on a trouvé depuis vendredi dernier une réplique cinglante : Serge Grouard ferait désormais cause commune avec le Rassemblement national, puisqu’il a été vu, le 18 novembre dernier, discutant avec la conseillère municipale non-inscrite mais ex-FN, Arlette Fourcade, avant le débat concernant la « destitution » de Florent Montillot. Preuve à l’appui : une photo de La République du Centre et le vote qui s’en est ensuivi. Vous voyez d’ici l’argument-massue ? Olivier Carré serait la digue, le rempart contre l’Antéchrist, à savoir l’alliance de la droite avec l’extrême-droite !

    Ce scénario a le mérite de monter face à face les deux camps autour d’une ligne de front savamment entretenue. La guerre est déclarée ? Oui, mais ce serait oublier un peu vite que sur le plan des idées, on navigue en eaux plutôt calmes. Aujourd’hui, difficile de dire quelles sont les grandes lignes de fracture dans le camp de l’ex-majorité de 2015. En poussant le bouchon un peu plus loin, on dirait même que le consensus englobe aussi la gauche car, dans le débat, qui pense aujourd’hui qu’il faudra moins d’écologie, moins de participation des citoyens, moins de solidarité et moins de santé ? Personne. Preuve qu’en politique, le bon sens glisse aussi vers le non-sens lorsque le fumet du pouvoir fait frétiller les naseaux de quelques taureaux affamés.

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