Les Brèves

  • CV

    29/09/1962 : Naissance à Orléans

    Novembre 2016 : Doyen de la faculté de droit d’Orléans

    31 Octobre 2019 : Publie Orléans, les maires qui ont transformé la ville (1800-2020), aux éditions Infimes 

Pierre Allorant : Une histoire orléanaise

Doyen de la faculté de droit, membre du CESER et du conseil de développement, Pierre Allorant a été très courtisé à l’approche des élections municipales. Pas étonnant, car l’homme ne cache pas sa passion pour sa ville, sa région et l’Histoire.

gaëla messerli

Avec Pierre Allorant, le temps est aboli. Il faut dire que l’homme est un puits de connaissances en matière d’Histoire du droit et de politique ayant trait à la cité johannique, au Loiret ou à la région. Le Maréchal Foch disait : « parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. » Une citation qui correspond bien à Pierre Allorant, dont la trajectoire est à la croisée du passé, du présent et de l’avenir. « Je suis orléanais par un hasard répété, explique ainsi, preuve à l’appui, ce descendant d’André Jozon, préfet du Loiret entre 1930 et 1934. Ma mère a étudié au lycée Jeanne d’Arc à Orléans et a gardé de bons souvenirs de la ville. Elle est devenue infirmière puis sage-femme et a rencontré mon père, interne aux hôpitaux de Paris. Ils sont venus s’installer à Fleury-les-Aubrais, faubourg Bannier, car mon père, médecin, cherchait une patientèle. »

Pierre Allorant est donc né à Orléans, rue Pasteur. De quoi garder quelques souvenirs des tournées à domicile de son père, médecin de famille, entre les Blossières et les baraquements des Groues. Après des études au lycée Pothier et un bac scientifique, le futur Doyen de la faculté de droit hésite entre la médecine – « pour devenir pédiatre » – instituteur et les sciences politiques. L’homme, qui aime le sport, notamment le football et le tennis, se serait bien vu, aussi, journaliste sportif. Mais dans les années 80, avec le début du numerus clausus, son père lui déconseille le serment d’Hippocrate. Ce seront donc les sciences politiques, à Paris. « J’ai eu une révélation pour l’Histoire », souligne-t-il. Son agrégation d’Histoire obtenue, il enseigne alors au collège Dunois, au lycée Condorcet puis à Voltaire.

« je ne voulais pas être le chef de file de l’opposition »

À cette époque, Pierre Allorant donne aussi quelques cours d’histoire contemporaine et de travaux dirigés à l’université d’Orléans, en administration économique et sociale. « Michel Pertué, Doyen de la faculté de droit, m’a alors proposé de préparer une thèse avec lui », raconte-t-il. Une jolie opportunité, qui lui demanda néanmoins de reprendre des études de droit. Entre son mémoire de DEA, sa thèse et sa thèse d’habilitation, il travaille alors sur les présidents du Conseil général du Loiret de 1871 à 1982, le corps préfectoral et les municipalités dans les départements de Loire moyenne au XIXe siècle. En ce qui concerne sa thèse en elle-même, Pierre Allorant a la surprise de découvrir que la seule publication sur ce sujet datait du début du XXe siècle et qu’elle avait été écrite… par l’un de ses ancêtres ! N’allez cependant pas croire que l’homme est seulement tourné vers le passé : ses activités se conjuguent aussi bien au présent qu’au futur, comme l’ont prouvé ces derniers mois…

Candidat… en 2021 ?

Pour les municipales, ce père de quatre enfants, bientôt grand-père, a été courtisé par tous, « sauf le RN et la France Insoumise ». Il a songé un temps proposer une liste de rassemblement allant du Modem aux écologistes, en passant par les Socialistes. Mais la distribution des cartes ne lui convenait pas. Et les derniers rebondissements politiques ne l’invitent pas aux regrets… « Je ne me voyais pas dans une candidature de témoignage, et je ne veux pas être chef de file de l’opposition à la Métropole, énonce-t-il. Cela ne m’intéresse pas. » De quoi néanmoins imaginer une candidature dans le futur ? À la Métropole, certainement pas, assure-t-il. Mais il reconnaît aujourd’hui que l’échelon régional l’intéresse : on le retrouvera donc, peut-être, en 2021…

Pour l’heure, le Doyen de la fac de droit a fort à faire avec le campus de l’ex-hôpital Madeleine, qu’il souhaiterait voir baptiser du nom de Jean Zay. Côté formations, il dit batailler afin d’obtenir l’ouverture, pour septembre 2020, d’une classe préparatoire pour l’école de la magistrature de Bordeaux. « Nous avons également rendez-vous avec des représentants de la police nationale du Grand Ouest pour créer une préparation au concours d’inspecteur et de commissaire », révèle-t-il. Du côté de l’économie-gestion, il ambitionne la création de bi-licences économie et droit, tournées vers les datas. Il glisse aussi que le Centre-Val de Loire ne possède pas, non plus, d’institut d’études politiques... De quoi lui faire dire qu’il se verrait bien poursuivre son travail de Doyen pendant quelques temps encore…

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