Les Brèves

    Le pape du porno arrive en Centre-Val de Loire !

    Sexe et commerce

    Marc Dorcel, bien connu des amateurs de films X, a ouvert la semaine dernière son premier concept store en région Centre-Val de Loire. Avec l’ambition de grignoter du terrain sur notre territoire.

    b.v

    C’est un mastodonte du sexe qui vient donc de s’implanter dans le Centre-Val de Loire. Le groupe Dorcel, ses 38 M€ de chiffre d’affaires annuel, sa centaine de salariés en France et ses 50 studios, a en effet posé sa patte sur le territoire ligérien. C’est plus précisément à Chambray-les-Tours que l’entreprise a ouvert son premier concept store en région, sur une superficie de 250 m2. On ne peut pas dire que la boutique soit située dans un quartier particulièrement glamour, puisque Dorcel s’est installée dans une banale zone commerciale, entre vendeurs de canapé et marchands de salles de bains. La position horizontale et la cabine de douche : voilà deux images qui ne sont certes pas si éloignées que cela du pape du porno, mais celui-ci n’en a cure : après s’être développée dans l’ouest, son idée est « d’être sur toute la France » d’ici à trois ans et d’ouvrir une quarantaine de magasins dans l’Hexagone. Orléanais, toi qui doit te contenter d’un seul sex-shop sur toute la métropole, tu pourrais donc bien voir débarquer dans quelques mois celui qui a envouté tes premiers samedis soirs du mois à partir des années 90…

    « Luxure chic »

    En attendant, Grégory Dorcel, directeur général du groupe éponyme, se désole de constater que, niveau sexe, la « France est le pays le plus conservateur d’Europe occidentale ». D’où son intention d’évangéliser les masses par l’ouverture de magasins spécialisés et répondant à de nouvelles tendances : « s’il n’y a jamais eu aussi peu d’érotisme dans la sphère publique, les gens ont pris davantage leur plaisir en main dans la sphère privée, explique-t-il. Ce n’est pas le sexe qui s’est démocratisé, c’est le plaisir féminin. Et ce depuis la diffusion, en France, de la série Sex and the city. »

    Preuves à l’appui, Grégory Dorcel s’appuie sur des « sondages » que son groupe aurait menés ces dernières années. Et celles-ci convergeraient : « 92 % des adultes français ont déjà consommé du X, certifie-t-il. 71 % des Français ont utilisé ou utilisent un sex-toy. Et 26 % des femmes adultes ont déjà vu du porno au moins une fois dans leur vie. » Il y aurait donc une demande que Dorcel s’empresserait d’assouvir en ouvrant des magasins qualifiés de « premium » : « nous nous adressons plutôt aux couples, et autant aux femmes qu’aux hommes, poursuit Grégory Dorcel. D’ailleurs, les clientèles, dans nos différents concept-stores, sont composées d’un tiers d’hommes, d’un tiers de femmes et d’un tiers de couples. Leur âge se situe autour de 18 à 65 ans, avec une petite prédominance de trentenaires. » La communication appuie, en outre, sur le côté « luxure chic » : « avez-vous vu dans ce magasin un seul visuel porno ? Nous, nous voulons parler de toutes les formes de plaisir. » Un petit tour dans les étals confirme cet état de fait : le lieu n’a rien à voir avec les bons vieux peep-shows des années 80 et 90, autrefois tenus par des patrons moustachus aux allures de margoulins.

    D’ailleurs, cette concurrence régionale pourrait-elle nuire au seul sex-shop de la métropole orléanaise, Les Caprices de Pan, situé rue Etienne Dolet ? Contacté, le patron des lieux nous a aimablement répondu : « Dorcel ? Oui, ils ouvrent plein de magasins, qu’ils ferment aussitôt. Si ça va nous impacter ? Comment je peux vous le dire ? Des boutiques comme ça, il y en a plein à Paris, et c’est à même distance que Tours ! » Cet homme-là nous aurait dit d’aller nous faire paître qu’il n’y serait pas pris autrement.

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