Les Brèves

  • Trop d’attentes la nuit ?

    Les usagers orléanais remontent souvent une autre difficulté : les temps d’attente trop longs entre les différentes rames lorsque le soleil se couche. Ne serait-ce que sur le tram, il n’est pas rare d’attendre près de trente minutes pour voir une nouvelle rame arriver… C’est trop, a ainsi pointé du doigt Nathalie Kerrien, candidate aux élections municipales de 2020, qui a promis de prendre à bras-le-corps le problème si elle était élue. Le sujet de la sécurité dans les transports en commun est d’ailleurs au cœur des joutes politiques orléanaises depuis le mois de septembre. François Lagarde, conseiller municipal orléanais et ancien responsable de la Police municipale et Intercommunale des Transports, a ainsi récemment demandé à ce que les agents de la PMIT soient armés de tasers. Il a expliqué en avoir commandé, mais a aussi assuré que le président de la Métropole, Olivier Carré, n’avait pas écrit à la Préfecture pour lui donner son aval. Une séquence à remettre dans le contexte de la bataille politique que les membres de l’ex-majorité de 2014 se mènent depuis cet été…

Orléans mobile... et mobilisée !

Prévention dans les transports urbains nocturnes

Une fois la nuit tombée, la fréquence des transports sur les lignes diminue, tandis que peut s’instaurer proportionnellement un sentiment d’insécurité chez les utilisateurs. Mais qu’est-ce que la Métropole met en place de façon préventive pour assurer aux usagers un maximum d’aisance ?

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Les transports orléanais sont-ils sûrs le soir ? En tout cas, les usagers sont de plus en plus nombreux à emprunter les transports en commun une fois la nuit tombée. Grâce à la coordination des enquêtes d’Orléans Métropole et de celles de son délégataire Keolis, de constantes améliorations du service de transports publics au fil des années ont permis d’accroître la fréquentation nocturne. En deux ans (2017-2019), 15 % d’usagers supplémentaires ont ainsi été recensés sur la tranche du soir (après 20 h), avec en moyenne 33 000 voyages par soir en semaine, dont un peu moins de 10 000 en bus.

Insécurité et sentiment d’insécurité

D’après les enquêtes de satisfaction émises par Keolis, l’une des préoccupations majeures des utilisateurs concerne ainsi la sécurité dans les transports urbains lors de leurs déplacements nocturnes. « La question de la sécurité le soir est différente de celle du matin, car la vie n’est pas la même et l’animation non plus », reconnaît Jean-Philippe Deloge, directeur marketing et commercial chez Keolis.

« en moyenne, 33 000 voyages sont recensés chaque soir de la semaine »

Celui-ci souligne cependant une nuance importante : l’insécurité réelle et le sentiment d’insécurité qui serait davantage alimenté par un climat général suite à des incidents divers que par une évaluation objective des risques. Toutefois, ce sentiment peut s’avérer inhibiteur pour l’usager, qui hésiterait à se déplacer en agglomération une fois la nuit tombée (et particulièrement en hiver), où elle survient plus tôt et où les animations se font rares. Cependant, les incidents sur le réseau auraient baissé de 14 % entre 2017 et 2018, selon les chiffres donnés par Keolis.

L’arrêt à la demande

Depuis le 25 février, la Métropole a mis en place un nouveau dispositif : la possibilité de descendre entre deux arrêts de bus sur les horaires nocturnes, dès 21 h. Sur l’exemple de Nantes et de Bordeaux – deux villes dans lesquelles cette initiative a récolté de nombreux retours positifs – et sur l’initiative de Bruno Malinverno, vice-président d’Orléans Métropole en charge des transports, celle-ci introduit cette mesure destinée, à l’origine, à pallier les violences faites aux femmes. Mais il est maintenant étendu à tous les usagers, peu importe leur âge ou leur genre, car « le sentiment d’insécurité est propre à chacun et ne peut en aucun cas être justifié par le sexe d’une personne », déclare Jean-Philippe Deloge.

Cela n’entraînerait pour le moment aucun retard sur le trajet, le trafic étant fluide la nuit. Mais comment cela fonctionne-t-il ? Lors d’un arrêt, il suffit de prévenir le conducteur à quel endroit de l’itinéraire l’on souhaite descendre, et le conducteur choisit alors le meilleur endroit à proximité, pour stationner en sécurité. Depuis le mois de février, 15 demandes par semaine sont enregistrées en moyenne. Mais il convient d’informer les usagers de ce droit avec lequel la Métropole dit œuvrer pour l’égalité homme/femme dans l’espace public.

Autre innovation en marge de l’aspect sécuritaire, mais toujours dans l’optique de renforcer le service client, depuis le début d’année, le numéro de téléphone TAO (0800 01 2000) fonctionne de 4 h 30 à 1 h 30 comme numéro unique pour signaler un incident, déposer une réclamation, poser une question, alerter voire vérifier un horaire. L’avenir dira si ces dispositifs de prévention porteront leurs fruits.

Les Brèves

  • EN BREF / TRANSPORTS

    Transports en commun : Les conducteurs accompagnés

    Le stress face à une situation délicate existe aussi côté conducteur de transports en commun, mais plusieurs dispositifs lui assurent un accompagnement à toute heure. L’intégralité du réseau est ainsi couverte par la vidéoprotection à titre dissuasif, ainsi que pour permettre l’établissement des faits et l’identification des personnes concernées en cas d’incident. Aussi, le conducteur est en lien permanent avec le Poste Central de Commande du Réseau sur toute l’amplitude du service qui peut, si urgence, demander une intervention de la police des transports ou de la police nationale.


    Police des transports : Comment la pmit intervient-elle ?

    La Police Municipale et Intercommunale des Transports (PMIT) regroupe 16 agents qui interviennent sur l'ensemble du réseau de la Métropole. Leurs interventions sont calées en fonction du flux de passagers et des problématiques rencontrées. Chaque mois, en lien avec Keolis, un point d'étape est effectué et permet de suivre des indicateurs terrain. Cela permet de moduler les interventions dans l'espace et le temps. Les patrouilles sont ensuite calées par jour, par créneau et par ligne.


    VTC à Orléans : Uber galère

    L’application de chauffeurs VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur) à la demande est disponible sur la cité johannique depuis le 18 septembre 2019, date de lancement de la dernière édition du Festival de Loire, consacrant Orléans comme la 22e agglomération française uberisée, après Tours en avril. Or, les Orléanais qui n’ont pas eu l’information sont légion ; pourtant, pas moins de 169 000 personnes ont déjà essayé de commander une course depuis Orléans en ouvrant leur application en 2019. Bruno Malinverno, vice-président d’Orléans Métropole, alerte cependant : « ce n’est pas le modèle social idéal pour notre ville », ni même un modèle d’écologie selon lui, puisque la multiplication des véhicules thermiques va « à l’encontre des souhaits de la Métropole pour son territoire ».

    Les 60 Taxis d’Orléans, eux, voient la concurrence des VTC comme déloyales, et s’étonnent du rendement des chauffeurs Uber, entre la demande plus faible à Orléans que dans les grandes agglomérations et les fortes commissions reversées au géant de la micromobilité. Ils font d’ailleurs valoir leur propre application (Taxis d’Orléans).