Les Brèves

  • CV

    10/09/1954 : Naissance à Oran

    1963 : Arrivée dans le Loiret

    Octobre 2019 : Parution du Défi des drones, Sédrap, collection Sciences en tête 

Guy Jimenes : L’homme aux histoires

Écrivain et ancien bibliothécaire, Guy Jimenes se consacre à la littérature jeunesse. Des mythes grecs en passant par le harcèlement à l’école et dernièrement les drones, ce Loirétain prouve qu’il n’existe pas de sujet tabou et que la littérature jeunesse n’est pas un sous-genre.

Gaëla Messerli

Le visage de Guy Jimenes vous dit peut-être quelque chose. Peut-être l’avez-vous croisé dans les rayons de la bibliothèque de Saint-Jean-de-Braye, où il a exercé le métier de bibliothécaire à mi-temps pendant de nombreuses années. Peut-être l’avez-vous également lu à vos enfants car cet écrivain, né à Oran en 1954, a publié depuis 1981 de nombreux livres, à L'école des loisirs, chez Nathan, Rageot, etc. Une vie de mots ; une vie d’histoires toutes plus différentes les unes que les autres, qui n’a pas commencé dès le berceau : en effet, les premiers textes de Guy Jimenes remontent au collège. « J’ai vécu en Algérie jusqu’à l’âge de 9 ans, raconte-t-il. Je ne lisais pratiquement rien, juste à l’école. Il n’y avait pas de livres à la maison. J’ai commencé à lire en 6e-5e, avec de la poésie. » Une découverte de la littérature et de l’écriture qui changera sa vie. « La lecture m'a sauvé, affirme-t-il aujourd’hui. C’était une période compliquée, juste après l’indépendance de l’Algérie. Là-bas, les petits Algériens se demandaient pourquoi nous étions là. Et à notre retour en France, ce fut aussi le cas… »

Bibliothèques et édition

Guy Jimenes arrive dans le Loiret en 1963. « Une de mes tantes vivait à Ouzouer, dit-il. Mon père, lui, a trouvé un poste de rédacteur à la mairie de Beaugency. » Le jeune garçon suit d’ailleurs sa scolarité dans la cité balgentienne, puis à Orléans, où il passe le baccalauréat au lycée Pothier, avant de devenir étudiant à Tours. « J’y faisais surtout des petits boulots, se rappelle-t-il. C’étaient les années 70, j’avais un an d’avance… Je collais des affiches à mi-temps. » C’est par hasard « que la personne avec qui je vivais et avec qui je vis toujours m’a dit qu’il y avait une formation gratuite de bibliothécaire, exprime-t-il. J’ai donc passé l’examen et je l'ai eu  ! J’ai pris l’option jeunesse. »

« la lecture m’a sauvé »

Lors de cette formation, l’écrivain suit un stage auprès des bibliothécaires de la ville de Tours. Un coup de cœur. Son premier livre, Le Grand Réparateur, paraît ainsi en 1981. « J’écrivais de la science-fiction et je pouvais aussi bien m’adresser à des adultes », narre-t-il. Mais c’est une éditrice jeunesse, Isabelle Jan, qui lui fait reprendre son ouvrage puis le dirige vers Bayard Presse et la collection J’aime lire. Depuis cette époque, Guy Jimenes a partagé sa vie entre l’écriture de ses livres et son métier de bibliothécaire, une dizaine d’années à Beaugency puis à Saint-Jean-de-Braye jusqu’en 2001. Le tout entrecoupé de congés pour se plonger dans des phases intenses de recherche et de rédaction pour certains livres comme L'Enfant de Guernica, vote des adultes au Prix des Incorruptibles 2008. « J’ai trouvé la fin de cet ouvrage juste devant le tableau de Picasso… » indique-t-il malicieusement.

La littérature pour tous

Guy Jimenes n’a pas seulement donné vie à des livres allant du mythe d’Orphée aux drones en passant par le harcèlement à l’école, bien avant que le sujet ne soit tellement présent dans l’actualité. Il est aussi père de deux enfants, dont le plus âgé est né un an après la publication de son premier livre. Un déclencheur de vocation ? Plutôt une simple coïncidence liée au calendrier de l’éditeur, répond l’intéressé. « J’écris plus pour l’enfant que j’étais et que je suis toujours, affirme Guy Jimenes. Lorsque l’on s’adresse aux enfants, il n’y a rien de tabou, on est d’égal à égal. » L’écrivain, qui vient de publier cet automne Le Défi des drones, a déjà de nouvelles idées en tête. Mais depuis « sa retraite » de bibliothécaire, il continue aussi de rencontrer le public au travers des ateliers et des lectures, comme le 26 novembre prochain, à 20h, au Blanc, avec le Cercil. On devrait également le retrouver en décembre sur les ondes de RCF. La malle aux histoires n’est pas près de se refermer…

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