Les Brèves

  • Une envergure internationale

    Conseillé par la Fédération Française de Sport Automobile et la Fédération Française de Motocyclisme, le circuit du Technopôle de la mobilité se doterait de dimensions dignes des meilleures infrastructures européennes. Il mesurerait 3,2 km de long sur 12 m de large. La surface totale, qui comprendrait plusieurs bâtiments permettant d’accueillir les différentes activités, serait comprise entre 60 et 70 hectares. Ouvert 250 jours par an, ce pôle mécanique ferait travailler 6 à 8 personnes permanentes et serait ouvert 8 h par jour, pour une amplitude horaire allant de 8 h à 18 h, avec une fermeture de 2 h pour la pause déjeuner. 

Des entrepreneurs orléanais investissent dans un projet colossal

Sports mécaniques en Centre-Val de Loire

En 2016, Antoine Metz, Didier Burban, Lucien Deret et Patrick Bornhauser se sont lancés dans l’élaboration d’une importante structure sportive auto et moto à Châteaudun. Multipliant les démarches depuis lors, ils tentent de faire enfin émerger un projet de pôle mécanique en région Centre-Val de Loire.

Charly Colin 

Des entrepreneurs orléanais – et pas des moindres – se mettent en quatre depuis trois ans pour faire émerger à quelques dizaines de kilomètres de la cité johannique un projet d’envergure dédié au sport auto et moto. « On a travaillé en toute discrétion pendant trois ans, car on ne souhaitait pas être le énième projet qui avortait », confie Antoine Metz. Dirigeant d’une société éponyme spécialisée dans le bâtiment, il est l’un des quatre investisseurs du projet de « Technopôle de la mobilité » qui pourrait s’installer à Châteaudun. Ayant travaillé à l’abri des regards indiscrets, ces chefs d’entreprise orléanais ne souhaitaient pas, en effet, ressusciter un enthousiasme démesuré après les multiples projets de ce type qui avaient été arrêtés sur le papier. Mais si ces quatre investisseurs ont réuni leurs forces pour élaborer cette immense structure, c’est avant tout par passion, disent-ils. Ils sont effectivement tous engagés, de près ou de loin, dans le monde de l’automobile et celui de la moto.

Du sportif, mais pas que…

Ce projet, baptisé donc « Technopôle de la mobilité », tourne autour de plusieurs axes. La colonne vertébrale étant le sport loisir, il s’agira de permettre aux amateurs de pilotage auto et moto d’assouvir leur passion. Le second s’inscrit dans une démarche de formation continue au travers de stages de conduite. En lien avec des compagnies d’assurances et les comités d’entreprises, ces derniers seraient animés par des moniteurs brevetés d’État et auraient pour objectif de permettre aux usagers de la route de rouler avec un maximum de sécurité sur la voie publique. Par exemple, il y aurait des simulations sur piste à adhérence précaire ou encore des situations d’urgence afin d’appréhender les réactions du véhicule dans ces conditions particulières.

Le troisième axe est de développer les énergies nouvelles, à l’heure où le « zéro émission » est au cœur de l’actualité. « Nous sommes très attachés à cette problématique environnementale et agissions en ce sens dans nos activités professionnelles respectives, évoque Antoine Metz. Créer un pôle mécanique sans se préoccuper de cette problématique n’aurait aucun sens. Cette structure sportive a donc pour but de promouvoir l’énergie électrique et les biocarburants, dans une région où les matières premières nécessaires à la production de bioéthanol sont abondantes. L’implantation d’une ferme photovoltaïque sur notre site nous permettrait également de bénéficier d’une énergie verte directement disponible. » Initialement prévu en face de la base aérienne de Châteaudun et sur une surface de 55 hectares, le projet du Technopôle de la mobilité devrait finalement voir le jour sur le lieu même de la base aérienne. En effet, sa fermeture étant prévue à l’horizon 2021, c’est plus de 550 hectares qui seront disponibles. En plus du pôle mécanique, d’autres idées sont à l’étude sur ce même territoire.

« l’implantation d’une ferme photovoltaïque est également prévue »

Si la construction d’infrastructures de ce type nécessite la prise en compte de divers éléments, ceux de l’environnement et de l’impact acoustique sont parmi les plus complexes. Dans le but de préserver la faune et la flore impactées par les différents projets potentiels, une compensation globale devrait être pratiquée, notamment en gelant une partie du territoire de la base. Aussi, pour le Technopôle de la mobilité, les acousticiens ont calculé l’impact sonore des autos et motos via des simulations : « Pour les projets de cette nature, le ministère des Sports a délégué les homologations à la fédération française du sport automobile et à la fédération française de motocyclisme, détaille Antoine Metz. Elles sont données dès lors que les installations respectent la règlementation du Code du sport. Sur celui-ci vient cependant se greffer le Code de la santé publique, qui prend notamment en compte la notion de tranquillité publique. Dans le but d’y être conforme et avec une certaine marge, nous avons décidé d’écrire le règlement à 95 décibels, alors que les fédérations auto et moto limitent respectivement à un maximum de 100 et 102. En ce sens, nous serons largement conformes à la règlementation en vigueur. Car notre intérêt est de permettre la pérennité du projet. »

Va-t-il voir le jour ?

Les quatre entrepreneurs loirétains ont reçu, disent-ils, un accueil favorable de la part de nombreux élus locaux du Grand Châteaudun. Dans le même temps, ce projet répondrait à une forte demande de la part des amateurs de sports mécaniques. Géographiquement, il serait situé à 1 h 15 de Paris et proche des régions Pays de la Loire, Normandie. Et l’on n’oublie pas qu’en Centre-Val de Loire se niche un vivier important de pratiquants…

En outre, ce Technopôle apporterait une attractivité certaine au territoire puisqu’il contribuerait à dynamiser le commerce, l’hôtellerie et la restauration. De nombreux événements y seraient ainsi organisés et il pourrait faire naître d’autres projets d’entreprises autour de l’automobile et de la moto, assurent les investisseurs, désormais en attente du feu vert. Au moment de boucler ces lignes, il était prévu qu’un comité de pilotage, dirigé par la préfète d’Eure-et-Loir, se prononce sur la compatibilité des différents projets dans les prochains mois.

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