Les Brèves

  • Une « concertation » affichée

    La Ville et la Métropole mettent en avant leur méthode dans la rénovation urbaine qui se poursuit à l’Argonne. « Concertation » et « co-construction » sont ainsi les deux maîtres mots employés pour montrer que la transformation du quartier se fait avec les habitants. Entre 2017 et 2018, une quinzaine d’ateliers regroupant une soixantaine de personnes en moyenne ont eu lieu pour échanger sur différents sujets. 

la métamorphose de L’Argonne

Rénovation urbaine à Orléans

La convention du nouveau programme de renouvellement urbain signée en septembre dernier va continuer à changer le visage de l’Argonne au cours des dix prochaines années. De lourds travaux de démolition et de réhabilitation de logements vont notamment être engagés.

Benjamin Vasset 

Dix ans plus tôt, quand de nouveaux habitants arrivaient à Orléans, les premiers échos qu’ils entendaient au sujet de quartiers à « éviter » tenaient en deux noms : La Source et l’Argonne. Cette mauvaise réputation est peu à peu en train de changer. Avec l’ANRU 2, le second volet de programme de rénovation urbaine signé par la métropole orléanaise en septembre 2019, c’est plus de 254 M€ qui vont être investis dans ces deux quartiers, mais également aux Chaises, à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Si l’on reste sur le territoire strictement orléanais, l’Argonne va bénéficier de 138 M€ TTC, apportés par la Métropole (26 M€ environ), la Caisse des Dépôts par le biais d’un prêt (39,25 M€), la Région (6,77 M€), la Ville (4,40 M€), l’Europe (1,21 M€) et donc par l’ANRU (30,90 M€). Cet argent, s’il est bien dépensé, devra permettre d’améliorer significativement le cadre de vie des 8 000 habitants de ce quartier de 85 ha, dont l’histoire mélange cultures maraîchère puis ouvrières. De nombreux logements sociaux y ont en effet été construits dans le courant des années 60-70.

Dynamisme économique et cadre de vie

Pour les élus, la priorité a notamment un nom : « désenclaver ». « L’Argonne s’apaise et s’ouvre sur l’extérieur », lit-on dans les notes transmises par les services de la métropole. Une ambition qui s’est déjà matérialisée par l’arrivée de la ligne B du tramway en 2012 et par la construction du complexe sportif l’Argonaute, boulevard Marie-Stuart, dont les élus saluent aujourd’hui l’implantation et l’activité foisonnante, malgré quelques petits bugs au démarrage. Le quartier abrite aussi quatre CFA (Aftec, BTP, Pharmacie et Orléans Métropole) regroupés dans un Campus des Métiers, sur lequel l’agglomération veut capitaliser. Une résidence pour apprentis pourrait ainsi voir le jour au cours des années à venir. Économiquement, l’Argonne, classée en Zone Franche Urbaine (ZFU) depuis 2006, peut aussi attirer entreprises, commerces et artisans par le biais d’une exonération de charges lors de leurs implantations. Le Genabum Park, situé rue de l’Argonne, est d’ailleurs l’une des vitrines d’un dynamisme entrepreneurial qui ne demande qu’à se développer. Dans le quartier, les services de la métropole expliquent par exemple que la pharmacie Marie-Stuart est « l’une des trois pharmacies qui marche le mieux dans le Loiret ». À la lisière de l’économie et de la santé, la Ville brandit également comme un étendard la MSP Liliane-Coupez, qui abrite en son sein « 17 praticiens, dont 12 médecins généralistes répartis dans 12 cabinets ». Dans le secteur César-Franck, un équipement est également dans les tuyaux pour favoriser l’arrivée de commerces, de bureaux et d’un tiers-lieu apte à faire rayonner le quartier.

Sur le plan culturel cette fois-ci, un autre équipement, qui sera situé entre l’UDAF et l’Argonaute, boulevard Marie-Stuart, abritera prochainement une future médiathèque, une salle polyvalente et un espace privatif. Au niveau de la qualité de vie, les pouvoirs publics ont aussi pour ambitions de « développer le réseau de liaisons douces au sein du quartier et à grande échelle en direction du centre-ville, de la Loire et des espaces verts structurants », de « jalonner l’Argonne par des micro-sites (squares, jardins…) et de renforcer la matrice de « nature en ville ».

Réhabilitations et démolitions

Voilà pour le squelette, mais le cœur des opérations dans le cadre d’ANRU 2 mène aussi tout droit à de lourdes opérations de rénovation de l’habitat, en particulier celles concernant les logements sociaux. Dans le quartier, les Résidences de l’Orléanais sont un acteur incontournable, et de nombreuses démolitions et réhabilitations des immeubles vont les concerner. L’une des zones emblématiques sera celle du Clos-Boudard : 116 logements et quatre immeubles vont ainsi être démolis à partir de 2020 (puis en 2021 et en 2022). Les requalifications vont, elles, concerner 158 logements et six immeubles, et cela commence dès ce mois de novembre. L’image de ces bâtiments sera travaillée, notamment en ce qui concerne le bardage. « On veut retrouver des scissions sur ces immeubles, explique Muriel Chéradame, maire-adjointe en charge de l’aménagement urbain et du logement à Orléans. Nous voulons éviter d’avoir des effets de barre, qui sont très stigmatisants. » Alors que les précédentes réhabilitations de l’intérieur avaient eu lieu en 2001, des travaux d’isolation thermique par l’extérieur et d’étanchéité des toitures, des remplacements des menuiseries, des VMC ou encore l’installation de robinets thermostatiques sont également prévus. « L’objectif est de faire baisser la facture énergétique et d’augmenter l’étiquette de ces bâtiments, indique Muriel Chéradame. On devrait passer d’une classification E à du C ou du B. » Les loyers du Clos-Boudard seront-ils augmentés ? « Ils font partie des plus bas de la métropole, répondent les Résidences de l’Orléanais. Le but est de travailler sur un gain de charge pour permettre une hausse modeste des loyers. » Des travaux de résidentialisation seront aussi réalisés dans ce secteur de l’Argonne.

« l’avenir de l’argonne se dessine bien »
Muriel Chéradame, maire-adjointe d’Orléans 

Autre zone plus modeste mise en avant, dans la continuité du boulevard Marie-Stuart : la résidence Léo-Delibes, qui fait l’objet de rénovations depuis janvier. Ici, une quarantaine de logements T1 bis vont bénéficier d’une couverture plus adaptée pour un coût estimé à 1,4 M€ TTC environ. Installation de chaudières à condensation, remplacement des portes de halls et traitement acoustique font partie du programme. « Et puis, on est ici sur une qualité paysagère exceptionnelle », s’enthousiasme Muriel Chéradame, en pointant quelques mètres carrés de verdure environnants.

Un souci d’attractivité

En tout et pour tout, le programme de rénovation urbaine prévu dans le cadre de l’ANRU 2 prévoit la démolition de 410 logements (Wichita, Clos Boudard, Clos Gauthier), la requalification de 504 d’entre eux (Clos Boudard toujours, Petit Pont, Croix Feuillatre, Alexandre Ribot…), mais aussi la résidentialisation de 484 logements et la construction de 250 en diversification (maisons de ville, petits collectifs principalement en accession, programmes personnes âgées OPH). De sorte que lorsqu’on lui demande comment elle envisage l’avenir de l’Argonne, Muriel Chéradame répond qu’il « se dessine bien. L’Argonne doit être le quartier des possibles ». Jérôme Denis, chef de projets au Service de rénovation urbaine de la métropole, va plus loin : « l’objectif, c’est que ce quartier bénéficie à ceux qui y vivent, mais en même temps les rendre attractifs pour l’extérieur et en cela, l’Argonaute est un bon exemple. » Les élus veulent aussi libérer du foncier pour favoriser l’accession à la propriété. On n’a pas fini d’entendre parler de l’Argonne dans les années à venir. En bien, espérons-le désormais.

Les Brèves

  • 9 126 €

    C’est le revenu médian / an et par habitant dans le quartier de l’Argonne