Les Brèves

  • C’est où ? C’est quand ?

    Le Festival de Cannes 1939 à Orléans se déroulera du 12 au 17 novembre prochain au Théâtre d’Orléans, au Cinéma les Carmes et Place du Martroi. Programmation complète et billetterie sur le site www.festivalcannes1939.com.

Orléans déroule le tapis rouge !

Le Festival de Cannes 1939 aura bien lieu…

Le Festival de Cannes 1939, initié par Jean Zay, est finalement tombé à l’eau tandis que se déclenchait la Seconde Guerre mondiale. Il renaît à partir du 12 novembre sur les rives de Loire, 80 ans après sa création, autour d’une programmation somptueuse et d’un superbe casting...

Ambre Blanes 

Lorsque François Hollande inscrit Jean Zay au Panthéon en 2015, les projets mettant à l’honneur l’ancien ministre des Beaux-Arts foisonnent dans les esprits. Yann Chaillou, l’actuel président du collectif Tous Orléans !, échafaude pour sa part l’idée folle de (re)créer le festival de Cannes 1939, en recherchant les films inscrits à la programmation. Quatre ans plus tard, ce vœu est exaucé. Grâce à l’activité de plusieurs passionnés et au travail d’organisateurs menés par François Caspar, le Festival de Cannes 1939 aura bien lieu… à Orléans, à partir de mardi prochain.

Histoire et synopsis

Petit retour dans le passé, pour commencer : à l’automne 1938, lorsque se clôt la Mostra de Venise, beaucoup considèrent que le festival de cinéma italien est devenu un outil de propagande fasciste. Les Dieux du stade, le célèbre film de Leni Riefensthal à la gloire du régime nazi et de la race aryenne, y a été consacré. Lorsque la délégation française quitte Venise, elle formule le projet d’un « festival des nations libres », que Jean Zay, alors ministre de l’Education Nationale et des Beaux-Arts, approuve. Le festival de Cannes se prépare durant le début de l’année 1939, avec l’objectif de se tenir en septembre. Mais alors que, des stars aux pellicules, tout est prêt sur la Croisette, l’Allemagne envahit la Pologne, provoquant le début de la Seconde Guerre mondiale. Cette invasion tue dans l’œuf cette manifestation cinématographique, qui deviendra par la suite la plus importante du monde, et dont la première édition aura finalement lieu en 1946.

Pour ressusciter la version mort-née de 1939, les Orléanais à l’origine du projet ont dû remettre la main sur des films russes, suédois, polonais, français, américains et même tchécoslovaques. Il a fallu aussi contacter les ayants droit, retravailler la qualité des supports, ajouter le sous-titrage, numériser… Pourtant, ce « revival » du festival de Cannes 1939 ne sera pas un événement pour cinéphiles avertis, mais un temps de divertissement et d’hommage pour le grand public. Ainsi, tous les films projetés seront accompagnés par des historiens et des critiques de cinéma afin de rappeler le contexte et/ou l’écho du film à l’époque de sa réalisation. Aussi, quatorze documentaires participeront à éclairer le public sur le contexte artistique et politique d’alors, comme sur la personnalité ou les actions de Jean Zay.

La distribution

Seront projetés, soit au Théâtre d’Orléans, soit au cinéma des Carmes, quatre films évoquant le contexte cinématographique de 1939, huit avant-premières de cinéma contemporain (avec les équipes des films), quatorze films documentaires, sans oublier les très attendus trente films de la sélection internationale de 1939. Parmi eux, La bête humaine de Jean Renoir, avec Jean Gabin et Simone Simon (13/11, 22h, Salle Touchard), Le Magicien d’Oz, l‘œuvre de Victor Fleming passée à la postérité à l‘international et qui a propulsé Judy Garland sous les projecteurs d’Hollywood (14/11, 14h45, Salle Touchard), ou encore Seuls les anges ont des ailes, de Edward Hawks, avec Cary Grant et Rita Hayworth, icône du cinéma révélée grâce à ce long-métrage (15/11, 17h, Les Carmes).

« emmanuelle béart de passage aux carmes le 13 novembre »

Fidèle à son ADN cannois, le festival orléanais mettra également au programme une cérémonie d’ouverture (mardi 12), ainsi qu’une cérémonie de remise des prix (samedi 16) présidée par Alex Lutz, comédien et réalisateur. Il y aura également trois rencontres autour du cinéma de patrimoine, ainsi que des leçons de cinéma animées par Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma, en présence des réalisateurs et des membres du jury (le tout au Théâtre d’Orléans). C’est le cinéaste israélien Amos Guitaï qui présidera le jury et remettra son prix le samedi soir, à l’issue de la cérémonie.

Du 13 au 15 novembre se tiendront aussi les demi-finales et la finale d’un concours d’éloquence, en partenariat avec le collectif Tous différents, tous Orléans ! et les treize ASELQO de la ville. Un peu plus d’une quinzaine de candidats originaires de quartiers sensibles s’exclameront sur scène et devant un jury sur le thème : « La culture nous enferme-t-elle dans nos quartiers ? » Par ce biais, les organisateurs veulent célébrer l’ingéniosité de Jean Zay, qui pointait du doigt, dans Souvenirs et solitude (publié en 1945), la nécessité d’apprendre aux enfants non seulement à s’exprimer, mais aussi à convaincre... En clôture de l’événement, Arthur Nauzyciel et Patrick Boucheron liront justement des extraits de l‘œuvre de Jean Zay qu’ils auront choisis et mis en scène (Théâtre d’Orléans, 17 novembre).

Les décors

Dès ce samedi 9 novembre, Orléans fera un bond dans le temps grâce à la déambulation de figurants en costume d’époque dans les rues du centre-ville et à l’exposition de véhicules anciens sur le parvis du Théâtre. Enfin, qui dit festival de cinéma dit « stars en liberté », pour reprendre l’expression de Benoit Poelvoorde. Emmanuel Béart et Jeanne Balibar seront ainsi présentes pour faire la promotion de Merveilles à Montfermeil (sortie janvier 2020), qui sera projeté en avant-première au cinéma des Carmes, le 13 novembre prochain.

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