Les Brèves

  • Pierre Allorant n’ira pas

    C’est ce qu’il a affirmé lundi matin au micro de France Bleu Orléans. Égratigné régulièrement par ses anciens « amis » socialistes sur les réseaux sociaux, l’universitaire, récent auteur d’un ouvrage sur les maires d’Orléans qui ont transformé la ville, a préféré ne pas répondre aux appels du pied émanant de différents candidats déclarés. 

Le tournant de novembre

Élections municipales à Orléans

Serge Grouard candidat LR ; les Verts, le PC et le PS en passe de conclure un rassemblement ; le RN qui annonce avoir trouvé sa tête de liste ; Nathalie Kerrien qui assure qu’elle ira jusqu’au bout… Le mois de novembre va permettre d’éclaircir quelques lignes en vue de l’échéance municipale de mars 2020 à Orléans.

Benjamin Vasset 

De vacances, il n’y en a pas eu pour tout le monde durant ces quinze derniers jours. Sur le plan politique, les lignes ont en effet pas mal bougé, et cela a commencé dès le 29 octobre dernier, avec un Serge Grouard officiellement reconnu comme chef de file des Républicains pour les élections municipales de 2020 à Orléans. Ragaillardi par ce joli coup politique, l’ancien maire de la ville a depuis entamé sa tournée médiatique : lundi dernier, au micro de France Bleu Orléans, il s’est montré particulièrement guilleret, comme revigoré par ce challenge qui l’attend. Serge Grouard a cependant laissé planer le mystère quant au fait de savoir s’il serait ou non tête de liste, mais il a déjà annoncé quelques-unes des couleurs de « son » programme : la santé et l’écologie semblent y figurer en bonne place. Par les hasards de la vie, l’ancien maire d’Orléans se serait aussi rapproché des milieux culturels ces derniers mois. Il se murmure d’ailleurs que l’alliage qu’il présentera aux Orléanais au mois de mars en sera imprégné. Cette investiture a cependant fait des dégâts à droite : le président des Républicains dans le Loiret, Olivier Geffroy, a rendu son tablier. Contesté par plusieurs caciques du parti dans le département, dont les parlementaires Jean-Pierre Door, Jean-Noël Cardoux et Marianne Dubois, l’actuel adjoint orléanais à la tranquillité publique partira aux côtés d’Olivier Carré, soutenu par LaREM.

À gauche, un rassemblement en gestation

À gauche, Jean-Philippe Grand devait présenter à la presse le 4 novembre dernier le rassemblement qu’il appelle de ses vœux. Lundi pourtant, les journalistes n’avaient rien d’officiel à retranscrire, pour une raison d’emploi du temps, selon le candidat écolo. Celui-ci espère désormais que les choses se décanteront d’ici une dizaine de jours. « Nous avons encore plusieurs rendez-vous cette semaine et encore quelques ajustements à faire », nous expliquait-il lundi après-midi. Le Parti communiste, par les voix conjointes de Dominique Tripet et de Michel Ricoud, s’est déjà rallié à sa cause, en réussissant à infléchir l’une des positions du candidat écologiste sur la problématique des transports en commun : la liste OSE (Orléans écologique solidaire) proposera ainsi aux électeurs une gratuité jusqu’à 26 ans (initialement, l’équipe de Jean-Philippe Grand penchait pour 18, ndlr). Le candidat vert a aussi affirmé qu’un accord de principe avait été acté avec Génération.s : un rapprochement plus symbolique qu’autre chose, tant les troupes du mouvement créé par Benoît Hamon semblent restreintes à Orléans. Enfin, Jean-Philippe Grand espère toujours pouvoir conclure le rapprochement tant espéré avec le PS… « Ça discute dur », confirmait en début de semaine Baptiste Chapuis, désigné comme « Premier des Socialistes » à Orléans. « Il y a encore des questions de gouvernance et de programme à régler, continuait ce dernier. Nous sommes dans un moment où tout peut basculer. Mais sous une dizaine de jours, nous devrions y voir plus clair. En l’état actuel des choses, je suis plutôt optimiste. Il existe une vraie volonté de rassemblement. » À gauche toujours, La France insoumise paraît pour le moment vouloir toujours mener une liste seule, malgré des difficultés à trouver 57 noms… et même si, sur le plan national, Jean-Luc Mélenchon a récemment fait savoir qu’il verrait d’un bon œil des alliances avec les écologistes. Cela n’a pas échappé aux représentants de LFI à Orléans : « Nous ne sommes pas (plus ?) opposés à l’idée d’un rassemblement, disait-on en début de semaine chez les Insoumis du cru. Ce n’est pas fermé. Mais il faudrait se rassembler sur des lignes programmatiques communes. Ce qui pèse aujourd’hui, c’est que chacun y va de son ego personnel… » Un adoucissement notable de ton envers Jean-Philippe Grand, même si le candidat écolo nous assurait lundi dernier ne pas avoir eu de contacts récents avec les représentants de LFI. Quant à la liste citoyenne Orléans Ensemble, elle est courtisée. Personne ne nie les contacts entre les uns et les autres. Mais Philippe Rabier, son architecte, bottait cependant en touche en début de semaine : « On discute avec tout le monde : avec le PS, avec Jean-Philippe Grand, avec Nathalie Kerrien…, soulignait ce dernier, quelque peu agacé. Tout le monde a bien conscience d’un rassemblement mais le tout, c’est de respecter les travaux des uns et des autres. Nous, on ne veut pas être étiqueté politiquement, on n’a pas de tête de liste auto-proclamée. Vis-à-vis de Jean-Philippe Grand, nous pensons que cette question doit être remise sur le tapis. Ça pourrait être lui, ou un autre. Ce ne sont pas les médias qui vont définir la tête de liste de ce groupe. On a besoin de ce rapprochement, mais pas à n’importe quel prix. Par exemple, nous pensons que les questions de démocratie sont aujourd’hui absentes du débat. »

« il existe une vraie volonté de rassemblement »
Baptiste Chapuis 

Nathalie Kerrien est convaincue

Au centre, Nathalie Kerrien a renouvelé son intention de présenter une liste. « J’ai dit que je ne renoncerai pas, je vais aller jusqu’au bout », nous indiquait-elle en début de semaine, indiquant la tenue d’une conférence de presse avant la fin du mois. « Il me manque encore quelques femmes », poursuivait-elle, en jetant un œil amusé sur les tractations menées à sa gauche et à sa droite. « Pour nous, c’est plus facile, car nous sommes sans étiquette. Je n’ai pas besoin d’avoir l’avis de la Kommandantur…, glissait-elle, espiègle et déjà en campagne. À gauche, ils se détestent tous et ils se battent en interne. À droite, on a des mecs aux manettes depuis presque vingt ans. Tout cela me fait un peu peur… » Caroline Janvier, députée LaREM de la deuxième circonscription du Loiret, pourrait-elle la rejoindre ? « Elle n’a pas caché qu’elle avait envie que je me présente, répondait Nathalie Kerrien. Moi, je ne lui demande rien. C’est une amie, mais je ne l’embête pas avec ça. » Parmi les personnalités convoitées au centre, le député Modem de la sixième circo, Richard Ramos, n’a pas encore dévoilé publiquement ses intentions. Suivra-t-il Olivier Carré ? Ou, par fidélité –mais c’est moins probable – son ami Tahar Ben Chaabane, même s’il se dit que les relations entre les deux hommes se seraient rafraîchies dernièrement ? Mystères. Enfin, à l’autre bout de l’échiquier politique, le Rassemblement national a confirmé à La Tribune Hebdo qu’il avait trouvé sa tête de liste pour Orléans, après le désistement d’un médecin orléanais initialement désigné. Cette personnalité sera présentée mi-novembre à la presse, a assuré Ludovic Marchetti, le référent départemental du RN dans le Loiret. Il s’agirait d’une figure « historique » du parti sur le plan local. Philippe Lecoq ? Ludovic Marchetti en personne ? En début de semaine, ces hypothèses faisaient leur chemin dans le landernau politique orléanais.

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