Les Brèves

  • 56 % des TER au diesel !

    Le train plus écologique que la voiture ? Les statistiques exposées par la Chambre régionale des comptes laissent planer le doute lorsque l’on découvre que sur les 1 343 lignes régionales, 44 % seulement sont électrifiées et 56 % roulent… au diesel !

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    C’est, en moyenne, le nombre de centimes d’euros par voyageur-km que coûtaient les TER en 2016, en tenant compte de l’exploitation et des investissements, des régimes de retraite et des coûts environnementaux. Cela fait du TER le mode de transport le plus coûteux.

    Source : Rapport de la Cour des comptes

Les TER coûtent de plus en plus cher !

Transports express régionaux en Centre-Val de Loire

Même si beaucoup le pensaient déjà, un rapport de la Chambre régionale des comptes vient étayer le constat : les TER coûtent très cher aux régions, pour une qualité de service dégradée. À l’heure de l’ouverture à la concurrence, cette synthèse vient-elle par exemple augurer d’un remplacement progressif de la SNCF en Centre-Val de Loire ?

Gaëla Messerli 

Ce n’est pas un scoop mais au moins, les choses sont désormais claires et chiffrées. Si l’on en croit le rapport présenté le 23 octobre dernier aux niveaux national comme régional par la Cour des comptes, les trains régionaux sont de plus en plus coûteux, alors que le service est subventionné à hauteur de 88 % et que sa qualité se dégrade de plus en plus. En Centre-Val de Loire, entre 108 et 116 millions d’euros sont ainsi payés par an par la Région pour les TER au titre de la contribution annuelle d’exploitation définitive, déduction faite des réfactions et des pénalités.

La Région, qui porte aussi la compétence transport, a également investi dans le financement de matériel roulant. La Chambre régionale des comptes souligne cependant « que les acquisitions faites jusqu’à présent ne doivent pas masquer le vieillissement du parc. La part des engins de plus de dix ans est ainsi passé de 84 % en 2012 à 90 % en 2017 ». La Chambre insiste également sur la baisse de la compensation aujourd’hui versée par l’État au titre de la reprise en gestion par la Région de plusieurs lignes dites Intercités. Cette contribution de l’État « va diminuer à l’horizon 2022 de 24,5 millions d’euros ».

« entre 108 et 116 M€ sont payés tous les ans par la région pour les ter »

Au niveau national, la Cour des comptes constate pour sa part que le financement des TER est essentiellement assuré par la « subvention publique, et que le client est de moins en moins sollicité ». C’est le cas en Centre-Val de Loire, mais de manière moins importante que dans les autres régions, « où le taux de couverture du chiffre d’affaires TER par les clients est l’un des plus élevés (30 % en 2017). De même, la contribution régionale rapportée au voyageur-km devient l’une des plus faibles ». Mais en Centre-Val de Loire, l’investissement reste cependant important, et il est à mettre en face d’un service qui se dégrade de plus en plus.

Des trains en retard

Des trains en retard ou qui ne partent pas : selon la Chambre régionale des comptes, les objectifs de ponctualité à 5 min 59 s ont été loin d’être atteints entre 2015 et 2017. En 2017, seulement 90,8 % des trains sont ainsi arrivés « à l’heure. » Il avait aussi été demandé à la SNCF à ce que 97,9 % des trains prévus circulent effectivement : l’année 2016 a affiché un taux de circulation de 94,7 %… Ces chiffres expliquent un recours important aux pénalités données par la Région. Mais la Chambre régionale estime ce dispositif « peu incitatif », le risque encouru par l’exploitant ne représentant que « 1 % de la contribution prévisionnelle 2018, hors mécanisme de remboursement aux usagers ».

À ce manque général de fiabilité s’ajoutent « le développement du covoiturage, la baisse des carburants entre 2012 et 2016, les grèves, l’état des infrastructures générant des travaux ». Tout cela a eu pour conséquence une baisse de la fréquentation des trains entre 2012 et 2016. Selon la Chambre régionale des comptes, nous sommes passés en région Centre-Val de Loire d’un peu plus de 900 000 voyageurs-km et plus de 10 400 trains-km en 2012 à un peu moins de 840 000 voyageurs-km et moins de 10 000 trains-km en 2017…

L’avenir des petites lignes

Autre donnée inquiétante : le taux de fréquentation de certaines gares pose question, notamment sur les petites lignes. Le rapport national de la Cour des comptes fait état de près de 285 gares en France qui accueilleraient moins de trois voyageurs par jour. Très nombreuses seraient celles recevant moins de 10 voyageurs par jour.

Sur la problématique de ces petites lignes, la Chambre régionale des comptes indique pour sa part que « le réseau régional est vieillissant et que son âge moyen est parmi les plus élevés. En janvier 2019, SNCF Réseau a indiqué que plus de la moitié du réseau ferré régional français était soumise à des ralentissements. En Centre-Val de Loire, cinq des sept lignes les moins fréquentées connaissent aujourd’hui ou devraient connaître une réduction de performance à compter de 2020 ». Pour les magistrats de la Chambre régionale, un examen ligne par ligne serait ainsi souhaitable. « Un développement de la fréquentation peut se concevoir et justifier l’investissement, prévient-elle. Dans d’autres cas, le transfert sur route, moins coûteux, reste possible. »

« le réseau régional est vieillissant et son âge moyen est parmi les plus élevés »

Pour augmenter la fréquentation des lignes, la Région a fait le choix cette année d’une refonte tarifaire incitative « dans un sens favorable au client occasionnel, dont le coût se trouvera reporté sur le contribuable si cette politique commerciale incitative ne produit pas les effets escomptés », souligne la Chambre régionale des comptes. D’autres régions ont fait le choix de davantage faire appel aux voyageurs.

Quid de la concurrence ?

L’ouverture à la concurrence est prévue pour fin 2023, mais certaines régions ont fait le choix de l’expérimenter en amont pour la période 2019-2023 (Grand Est, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur). Ce n’est pas le cas de la Région Centre-Val de Loire. Les représentants de celle-ci auraient ainsi annoncé, selon la Chambre régionale des comptes, « qu’ils prévoyaient de renouveler jusqu’en 2022 la convention en vigueur conclue avec la SNCF et d’en signer une nouvelle pour dix ans, comme la loi l’autorise. La concurrence ne serait ainsi une réalité qu’en 2032 ». Un point sur lequel on est beaucoup moins affirmatif du côté de la Région, interrogée sur ce sujet. La convention avec la SNCF est effectivement bien reconduite jusqu’en 2020. Elle pourrait ensuite être prolongée « de deux ans maximum, soit pour un an renouvelable une fois, soit pour deux ans. Chaque prolongation fera l’objet d’un avenant distinct », est-il d’ailleurs bien écrit dans ce document.

Les Brèves

  • De nouveaux trains Rémi Express

    La Région Centre-Val de Loire et SNCF Mobilités ont commandé 32 nouveaux trains auprès de Bombardier Transport France, pour un coût de 460 M€. Ces nouvelles rames à deux niveaux, dites Omneo Premium, seront mises en circulation de manière progressive sur les lignes Paris-Orléans-Tours, Paris-Bourges-Montluçon et Paris-Montargis-Nevers à partir de 2020 et jusqu’en 2022. Une présentation en libre accès de ces nouveaux trains, à l’aide d’un casque virtuel est prévue, le 13 décembre, de 11 h à 19 h, en gare d’Orléans.