Les Brèves

    Amende requise contre des antispécistes

    Abattoir de Fleury-les-Aubrais

    Le Tribunal correctionnel d’Orléans jugeait jeudi dernier le vol par effraction d’un porc et l’occupation de l’abattoir Tradival de Fleury, le 7 septembre 2017. Une affaire qui n’est pas la première pour l’association 269 Life libération animale, qui a revendiqué cette « exfiltration ». g.m


    Jeudi dernier, lors de l’audience à laquelle ils étaient convoqués, les deux présidents de l’association 269 Life libération brillaient par leur absence sur le banc des accusés. Une absence justifiée, selon leur avocat, par « la venue des services vétérinaires au sanctuaire », le refuge pour animaux « sauvés » par l’association. Mais cette absence a aussi été soulignée par l’avocat de la société Tradival, dont l’abattoir a été la cible du duo, ainsi que d’une cinquantaine de manifestants antispécistes en septembre 2017. « Je ne les ai jamais vus à la barre », a affirmé l’avocat de Tradival, dont ce n’était pas la première affaire mettant en cause les deux présidents de l’association 269 Life libération.

    Pour rappel, une cinquantaine de personnes vêtues de T-shirts noirs aux couleurs de l’association, ainsi que les deux prévenus, s’étaient introduits durant cette nuit de septembre 2017 dans l’abattoir fleuryssois en découpant un grillage. Ils avaient aussi bloqué le fonctionnement du couloir menant à l'abattage des porcs. Refusant de quitter les lieux après avoir crié « Tradival assassin ! », selon l’avocat de l’entreprise, les manifestants avaient finalement été évacués par la police. Un porc avait au passage été embarqué en voiture par les militants, comme on avait pu le constater sur un documentaire diffusé à l’époque par France 5.

    Un « état de nécessité » plaidé par la défense

    Pour l’avocat de Tradival, les prévenus sont « des professionnels de la délinquance, des multirécidivistes. Les antispécistes considèrent que les animaux sont égaux aux humains. Il ne s’agit pas de critiquer l’idée. On peut manifester, mais pas l’imposer par la violence ! » Tradival a estimé les dégâts et l’occupation de l’abattoir à 6 283 €, mais considère surtout que son image a été atteinte.

    L’entreprise a demandé 100 000 € en réparation à cause de l’amalgame que l’on peut désormais faire, selon elle, avec des « abattoirs maltraitant les animaux. »

    « des professionnels de la délinquance, des multirécidivistes ! »
    L’avocat de Tradival

    Également partie civile, l’interprofession INAPORC a demandé un euro symbolique de dommages. « Une mesure d’éloignement du couple infernal », serait souhaitable selon les avocats des spécialistes de la viande. Pour le Procureur, il y a bien eu trouble à l’ordre public. « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », a-t-il résumé. 90 jours de peine-amende à 10 €, soit 900 €, ont été réclamés contre les prévenus. Du côté de la défense, on a plaidé l’« état de nécessité » pour empêcher « un acte de cruauté envers des animaux en captivité. » La décision du tribunal est attendue le 7 novembre, à 13h30. 

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