Les Brèves

    La chine met un pied à Orléans

    Première rentrée pour l'Institut Confucius

    Inauguré en juillet dernier, l'Institut Confucius fait sa première rentrée avec des cours de chinois qui devraient démarrer mi-octobre. Rencontre avec Guillaume Giroir, l'un des directeurs du 17e Institut Confucius en France, qui en profite pour répondre aux réserves sur l’implantation d’une telle structure à Orléans…

    G.M

    Le bel écrin de l'Hôtel Dupanloup abrite désormais, dans l'une de ses ailes, l'Institut Confucius, cofinancé par l'Université d'Orléans et le Hanban (représente le ministère de l’Éducation chinois). Le 17e Institut Confucius créé en France sera codirigé par une directrice nommée par la Chine et par le professeur de géographie de l'université d'Orléans Guillaume Giroir, qui connaît bien ce pays, car il en a fait l'objet de ses recherches depuis le début de sa carrière. « Nous avons une convention qui lie l'université d'Orléans et l'université Centre Sud de Changsha, dans la province du Hunan, explique ce dernier. Nous proposerons l'apprentissage du chinois en petits groupes, mais aussi de l'animation culturelle ainsi que des échanges d'étudiants français et chinois. Le but est également de développer la mobilité enseignante. »

    « nous ne faisons pas de politique »
    Guillaume Giroir, co-directeur de l’Institut Confucius

    Autre volonté affichée côté orléanais : aider au développement des relations économiques entre la Chine et la région Centre-Val de Loire. « J'ai rencontré le vice-président de la CCI en charge des relations internationales, affirme Guillaume Giroir. L'idée est de maximiser les retombées de cet institut au niveau local et régional. » D'ailleurs, celui-ci aura la particularité d'être tourné vers le tourisme et l'environnement. Toutefois, pour Guillaume Giroir, le but n'est pas de créer une sorte de tour d'ivoire du savoir réservé aux élites, mais plutôt de toucher différents publics, même s'il confesse que l'apprentissage de la langue chinoise demande d'oublier certains réflexes linguistiques… « Nous ne pensons pas qu’aux retombées économiques, insiste-t-il. Il y a aussi une utilité sociale, notamment pour les personnes âgées. La médecine chinoise a des effets très positifs dans de nombreuses infections ; la calligraphie peut également être développée en lien avec les maisons de retraite. Bref, il y a un champ important de possibilités. »

    Un « Soft power » chinois ?

    À ceux qui critiquent l'arrivée de cette présence chinoise à Orléans, le directeur français de l'Institut Confucius répond : « nous ne faisons pas de politique ! Nous sommes l'équivalent des Alliances françaises, qui sont d’ailleurs plus nombreuses en Chine que les Instituts Confucius en France. En Chine actuellement, 100 000 étudiants chinois apprennent le français. Cela va dans les deux sens. La Chine, ce n'est pas simplement une grande puissance : c'est une très grande civilisation. On ne se fait pas coloniser ! C'est à nous de savoir qui on est et ce qu'on peut apporter aux Chinois. »

    Pour l'heure, l'organisation de l'Institut et sa communication vont se dessiner début septembre. Conjointement au début des cours mi-octobre, deux événements sont déjà prévus : la venue de l’écrivaine Zhang Yueran et d'une troupe d'artistes de l'université Centre Sud.?

    Plusd'infos

    www.univ-orleans.fr/fr/univ/universite/institut-confucius 

    Les Brèves