Les Brèves

  • Pas (trop) de dégâts agricoles

    Au niveau de la Chambre d’agriculture du Loiret, Xavier Girard, chef du service agronomie, n’a pas observé plus d’incendies de champs cultivés que d’habitude cette année : « en période de moisson, il y a parfois des moissonneuses qui prennent feu avec le frottement des courroies, un sol caillouteux, dit ce dernier. Le phénomène n’est pas plus important que les années précédentes, peut-être aussi parce que les moissons étaient bien avancées avant la période la plus intense de la sécheresse. Il y a cependant eu plus d’incendies de ce type en Eure-et-Loir. »

    Le risque incendie est cependant bien connu des agriculteurs : « ils ont toujours un extincteur et souvent un baril d’eau à proximité. Les agriculteurs sont aussi souvent solidaires en cas de départ de feu et viennent retourner la terre pour éviter la propagation. » 

Le Loiret, ce sera bientôt le sud…

Feux et incendies dans le département

Pendant tout l'été, le Service d'Incendie et de Secours (SDIS) du Loiret était sur le pont pour lutter contre les départs de feux de forêts, champs et autres friches. Les pompiers n’ont pas fini de bûcher pendant la période estivale, puisqu’ils assurent que ce risque devrait être de plus en plus prégnant dans les années qui viennent. Comment s’en prémunir ?

gaëla messerli

La sécheresse a des conséquences, et pas seulement au niveau des cours d'eau et des cultures : le risque d'incendies est bel est bien une réalité dont ont pu prendre conscience cet été certains Loirétains, qui ont vu leur habitation brûler ou ont été évacués à cause du feu. Au 20 août dernier, le SDIS 45 constatait ainsi une augmentation notable de ces phénomènes, totalisant 1 070 hectares d’espaces et milieux non-cultivés brûlés depuis le début année. 162 interventions ont du reste été dénombrées. Le 25 juillet, au plus fort de la crise, « sur les 664 hectares de chaume concernés ce jour-là, trois interventions – Manchecourt, Orveau et Pressigny-les-Pins – se concentraient déjà sur 460 hectares... », témoignent le lieutenant-colonel Pascal Davy, chef du groupement opérations et compétences et le commandant Bruno Morineau, responsable engins et matériels opérationnels.

Les pompiers loirétains en sous-nombre

Les soldats du feu font face à une vraie problématique. « Depuis quatre ou cinq ans, les agriculteurs emmagasinent de la paille, précisent-ils. Il y a des quantités monstrueuses qui sont transportées ! » Autre problème : « actuellement, les nappes de surface sont à sec. On est donc obligé de prendre de l'eau potable », indiquent les pompiers, qui se sont retrouvés quelque peu débordés cet été. « Le 25 juillet, nous avons dû gérer 10 à 12 départs de feux en même temps, racontent-ils. On a juste pu avoir du renfort du Loir-et-Cher, car les autres départements étaient également mobilisés. Traditionnellement, des colonnes de pompiers partent en renfort l'été dans le sud pour faire face aux incendies. Mais avec le changement climatique, nous allons bientôt devoir faire face à la même activité que là-bas. Les images de feux que les gens découvraient du Midi à la télé, c'est maintenant ici qu’ils les verront, tout près d’eux… »

Pour les pompiers, une réserve citoyenne pourrait à l’avenir être pertinente pour la surveillance des départs de feux. Plus que pour la gestion de ceux-ci, il y a surtout un volet prévention à effectuer auprès des élus – notamment pour les inciter à la prise d'arrêtés de débroussaillage –, mais aussi des chambres consulaires et des citoyens. « Les gens n'ont pas conscience du risque… », se désolent ainsi les pompiers du Loiret.

Des réserves d'eau comme solution ?

Gilles Lepeltier, président de l’Union Départementale des Maires Ruraux du Loiret, explique que l'arsenal législatif existe déjà pour faire face à ces incendies. « Cela nous arrive de faire des arrêtés pour que des champs soient défrichés, assure-t-il. Certes, en Sologne, nous voyons des zones non entretenues, mais il faut savoir que ce n'est pas toujours évident à gérer au niveau des propriétaires… » Pour lui, une sensibilisation de ces derniers est donc à faire au niveau des syndicats forestiers. « Contre les grands propriétaires du CAC 40 qui mettent de hautes clôtures et font venir des sangliers, on ne peut pas faire grand-chose, déplore le président de l’UDMR 45. Car ceux-ci se servent de la loi et font ce qu’ils veulent sur leur propriété. L’époque n’est donc pas vraiment à leur imposer des coupe-feux… »

« l’état et les préfectures doivent définir un plan ! »
Gilles Lepeltier, président de l’UDMR 45 

La solution, pour Gilles Lepeltier, serait plutôt de mettre en place de réserves d’eau afin de stocker en prévision des sécheresses estivales : « c’est à l’État et aux préfectures de définir un plan au niveau de l’ensemble du territoire », réclame-t-il. Du côté de la préfecture du Loiret, justement, on répond que les mesures de prévention des feux de chaume et feux de forêt, « qui peuvent avoir des origines diverses, sont rappelées à la veille de chaque période estivale. Les tirs de feux d’artifice font notamment l’objet d’une attention particulière », avec des recommandations adressées par le Préfet aux maires et aux organisateurs de spectacles pyrotechniques dès le mois de juin. Cet été, « une dizaine de spectacles pyrotechniques n’ont pas été autorisés en vertu des dispositions de l’arrêté (interdiction de tir à moins de 200 mètres d’une zone boisée) », dit la Préfecture du Loiret.

« douze départs de feux à gérer le 25 juillet… »

Rappel a également été fait en début de saison estivale concernant le brûlage des déchets et les feux de plein air, qui peuvent être sources de propagation d’incendie. Les représentants de l’État dans le Loiret indiquent également avoir été mobilisés le 25 juillet dernier suite à l’activation du Centre Opérationnel Départemental en préfecture « afin de coordonner les opérations de lutte contre l’incendie. Sur le terrain, plus de 230 pompiers ont été déployés dans plusieurs communes. Ces événements, concomitants avec l’alerte canicule, feront l’objet d’un retour d’expérience en présence des différents acteurs concernés afin d’améliorer les mesures de prévention de ce type d’incendie », précise la Préfecture du Loiret. 

Les Brèves

  • Y a le feu au lac !

    Les incendies ont aussi touché la Métropole ! Le 23 août dernier, dans l’après-midi, c’est un champ non cultivé situé à Olivet, derrière le lac de Bel-Air à Saint-Pryvé, qui a pris feu. Plusieurs hectares ont été brûlés, mais il n’y a eu aucun dommage au niveau des habitations, ni de victimes selon Thierry Cousin, le maire de Saint-Pryvé, commune dont des habitations se trouvent à proximité. « On a fait le point avec la police municipale, mais on ne connaît pas l’origine du départ du feu », a indiqué l’édile, qui ne se souvenait pas avoir eu affaire à ce genre de cas depuis qu’il est élu.