Les Brèves

  • CV

    05/06/1979 : Naissance à Beaugency

    Avril 2008 : Garde technicien de la réserve naturelle de Saint-Mesmin

    Janvier 2018 : Conservateur de la réserve

Damien Hémeray : Gardien du temple vert

Depuis un peu plus d’un an, ce Balgentien est le conservateur de la réserve naturelle de Saint-Mesmin. Une histoire d’amour de longue date avec cet espace protégé aux portes d’Orléans.

gaëla messerli

La relation entre la réserve naturelle de Saint-Mesmin et Damien Hémeray ne remonte pas à janvier 2018 et son arrivée au poste de conservateur. « J’ai des souvenirs de classe de découverte et d’une opération de baguage d’oiseaux… », raconte Damien Hémeray qui a développé son goût pour la nature, au départ, avec l’ornithologie : « c’est ce qu’il y a de plus simple. Lorsque l’on entend le chant des oiseaux, on a envie de mettre un nom sur ce que l’on a entendu. Maintenant, je suis devenu un bon généraliste ! »

Ce natif de Beaugency n’est pourtant ni fils de botaniste, ni d’entomologiste. « C’est une vocation, mais aussi le fruit de rencontres intéressantes », raconte-t-il. Des vacances en famille en montagne y furent également pour quelque chose. Tout cela lui donna finalement envie de tenter – et de réussir – un BTS de gestion et protection de la nature dans le Jura et en Basse-Normandie. À son issue, il passa le concours de garde et assouvit ses envies de montagne en devenant garde dans le parc de la Vanoise. Une belle expérience, où immensité rima cependant avec solitude. « Ce fut aussi une approche professionnelle différente, dans un établissement public de 60 salariés, avec un siège à 120 km… », dit-il.

Observations et surveillance

C’est pour devenir garde technicien de la réserve naturelle de Saint-Mesmin qu’en 2008, Damien Hémeray revint en terre loirétaine. « C’était une opportunité et l’occasion de se rapprocher de la famille, confesse-t-il. Je connaissais surtout la rive sud, moins la rive nord, finalement… » Pendant dix ans, aux côtés du conservateur d’alors, Michel Chantereau, il veilla sur le joyau vert. Une expérience qui lui donna également l’envie de s’impliquer en devenant, à son tour, le maître de cette réserve gérée par Loiret Nature Environnement. « Une association avec une petite équipe qui partage des valeurs communes », précise Damien Hémeray, d’ailleurs assez loin de l’image de l’homme des bois solitaire que l’on peut imaginer, les contours de son quotidien étant en effet multiples et variés : « il y a le travail en réserve, mais aussi le lien avec le monde de la recherche, les conservateurs d’espaces naturels et l’observatoire régional de la biodiversité. C’est une approche transversale. » Il y a aussi, avec la DDT et l’INRA, le suivi du projet Bio Mareau, une île qui a été arasée pour limiter le risque de crue. L’homme évoque aussi cet animal emblématique qu'est la loutre : « des indices de sa présence ont été observés en 2013, et pendant deux ans, on ne l’a plus vue. Nous savons qu’elle est là, mais peut-être pas tout le temps. » Parmi les études à mener dans la réserve, le volet entomologiste mérite encore, selon lui, d’être davantage exploré : « les papillons de nuit, les insectes liés aux bois… Ce sont des groupes que l’on connaît moins. » Avec la chaleur des beaux jours, Damien Hémeray surveille aussi le retour des promeneurs dans la rivière à la pointe de Courpain, ainsi que le retour des déchets… « Nous sommes appuyés par la gendarmerie qui verbalise et l’ONCFS, mais il faudrait presque y être tous les soirs en ce moment... », soupire-t-il.

« l’été, le retour des promeneurs… et des déchets »

Et pour la suite ? Même si aucun agrandissement n’est en projet pour la réserve, les choses évoluent, par le biais de conventions passées avec quelques riverains afin d’entretenir des parcelles attenantes de manière écologique. Loiret Nature Environnement a acheté également un terrain face à la pointe de Courpain. Petit à petit, l’oiseau fait son nid, comme le partenariat qui est en train de se lancer avec la MFR de Chaingy « pour des chantiers nature. » Et pour faire évoluer la signalétique dans la réserve, Damien Hémeray imagine, à l’avenir, une application téléphonique. Pour l’heure, le conservateur a prévu de partir en vacances dans le Parc de la Vanoise. En attendant, il savoure le sentiment d’être coupé du monde sur les îles de Mareau…

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