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    L’interview qu’Olivier Carré nous a accordée a eu lieu le mercredi 10 juillet, à l’heure du déjeuner. Deux heures et demi d’entretien à l’eau claire autour d’une assiette de pâtes et d’un café. Le maire d’Orléans n’a éludé aucune question, même si on l’a senti pressé de laisser derrière lui la séquence dite du Canard Enchaîné. Détendu mais ferme à certains moments, toujours adepte de démonstrations fleuves sur certains sujets, il n’a pas nié avoir été touché par les événements de ces dernières semaines. Mais il se projette déjà sur le prochain mandat et le rassemblement qu’il souhaite porter.

« Aujourd’hui, j’aurais de quoi faire deux listes… »

Interview : Olivier Carré, Maire d’Orléans et président d’Orléans Métropole

Le mandat d’Olivier Carré à la tête de la Ville d’Orléans et de la Métropole se terminera en mars 2020. Mais ces dernières semaines ont montré que la course aux municipales avait d’ores et déjà commencé. Son bilan, ses projets et même… ses emmerdes actuelles, Olivier Carré les détaille lors d’une longue interview, exclusive, qu’il nous a accordée.

benjamin vasset

Votre mandat actuel n’est pas terminé mais, selon vous, quels sont les points qui méritent d’être mis à votre crédit ?

Nous avons réalisé 90 % des 400 points sur lesquels nous nous étions engagés en 2014. Ensuite, les réalisations faites au niveau de l’enseignement supérieur sont significatives. Nous avons renoué le lien avec l’Université et nous avons fait venir de grandes écoles à Orléans.

Et les points sur lesquels vous avez des regrets ?

La question de la Santé n’est pas résolue, même si elle ne dépend pas tout à fait de nous. Ensuite, c’est vrai, on n’est pas allé au bout du projet territorial Orléans-Blois-Tours. Enfin, la SNCF n’est pas au rendez-vous.

Entre les deux grands chantiers que sont HPM et CO’MET, lequel sera le plus structurant pour les dix ans à venir ?

HPM : grâce à ce projet, on va changer l’atmosphère du centre-ville et découvrir qu’Orléans est une ville étudiante. CO’MET va, lui, donner un élan – notamment économique – au territoire. Ce sera aussi un élément de concert et de sport qui apportera de la notoriété.

CO’MET, c’est 100 M€ au bas mot. Comment persuadez-vous l’Orléanais de base qu’il aura vraiment besoin de cet équipement ?

Évidemment, on ne va quasiment jamais remplir la salle de 10 000 places, sauf pour des concerts d’artistes de premier rang. Mais regardez celui de Sting au Zénith, qui a vendu en une demi-heure 6 000 places à 160 € : il y aurait eu la grande salle, les 10 000 places, il les aurait remplies. Avec cet outil, on va pouvoir attirer des artistes qui se produisent habituellement dans des salles de cette jauge.

Dans cette optique, pourquoi laisser le Zénith en place ?

Parce que quand vous avez une jauge de 2 500-3 000 personnes, ce n’est la peine de mobiliser une salle de 10 000 places. Chacun de ces équipements va trouver son équilibre. Et puis n’oublions pas que cette grande salle aura une connotation sportive indéniable.

EMBOUTEILLAGES, TRANSPORTS EN COMMUN, MOBILITÉS…

Les élus semblent tomber des nues quand on leur dit qu’Orléans est embouteillée. C’est parce qu’ils font leurs courses à pied ou sur Internet ?

(sourire) J’ai été surpris d’apprendre qu’en termes de bouchons, Orléans était la troisième ville de France de plus de 100 000 habitants la moins embouteillée. Alors ok, la tangentielle sur son arrivée nord-est est un point noir, et sur la RD 2020, ça ralentit un peu le matin…

Donc pour vous, il n’y a pas de problème ?

Non, je dis qu’il faut relativiser par rapport à d’autres sujets. Ce qu’il faut, c’est une meilleure efficacité des transports en commun. Cela fait partie des éléments que je reconnais comme négatifs sur la mandature qui se termine.

« keolis mérite à peine la moyenne »

Justement, quelle note mettriez-vous à Keolis aujourd’hui ?

À peine la moyenne, alors qu’on devrait être proche du 16/20. Parce que le coût global de fonctionnement des transports est très important, à peu près 100 M€ par an. Aujourd’hui, il y a trop de problèmes de régularité sur les transports en commun, mais aussi de vitesse commerciale. L’offre n’est, au global, pas à la hauteur. Et cela doit aussi amener une réflexion pour augmenter de façon massive les transports à la demande.

Avec un tel constat, pourquoi avoir reconduit Keolis en 2018 ? Parce qu’elle était seule sur les rangs ?

De façon assez étrange, on s’est retrouvé avec une seule proposition. Alors cela nous a permis de discuter, de voir que Keolis faisait remonter beaucoup d’argent à son siège et de faire en sorte qu’aujourd’hui, ce ne soit plus le cas. Nous devons pousser Keolis à être très innovante et à se mettre au-dessus d’une simple logique d’exploitation. Les gens doivent avoir plus de choix pour se déplacer ; il faut leur donner plus de « briques ». C’est d’ailleurs cela qui fera baisser l’usage de la voiture dans l’intra-agglo.

C’est une tarte à la crème, mais aller vers la gratuité des transports en commun, ce n’est pas aller dans le sens de l’histoire ?

Si je faisais ça, avec les recettes de billettique qu’on enlèverait – autour de 20 M€ par an – ça veut dire que je supprimerais environ quatre politiques à la métropole. Ensuite, les retours d’expérience dans différentes villes où la gratuité a été appliquée montrent qu’elle faisait baisser un peu la part modale de la voiture, et beaucoup celle du piéton. Moi, je veux améliorer le service, et je défends une idée qui ferait que, pour grosso modo 50 € par mois, on puisse avoir accès à tous les transports : tram, bus, stationnement, vélo… Un peu comme on utilise une Box, en gros. En outre, je pense que la proposition de Lemaignen, qui consiste à faire évoluer les tarifs en fonction du quotient familial, c’est cela qui me paraît inéluctable.

ANIMATION D’ORLÉANS, ATTRACTIVITÉ, TOURISME

Êtes-vous satisfaits de l’animation globale d’Orléans ? Vous aviez râlé à une époque contre les commerçants du centre-ville qui demandaient beaucoup et faisaient peu. Vous le pensez toujours ?

Ça change, des éléments progressent. Par exemple, je trouve qu’il y a une meilleure réceptivité par rapport à la Saint-Valentin, au Festival de Loire, etc.

Êtes-vous déçu des effets du classement du centre-ville en zone touristique ?

Ça viendra progressivement. Nous, on impulse une certaine dynamique touristique, on ne cherche pas à moraliser tout le monde. Le dimanche, je vous l'accorde, il y a un vrai challenge pour animer la ville. Mais ce que je vois, c’est que lorsqu’il y a des événements un peu forts, les Orléanais répondent présent, ce qui n’était pas toujours le cas avant : moi, vous savez, j’ai connu Orléans ville morte à partir du samedi soir… Je suis donc favorable à certaines initiatives, comme les Étincelles, par exemple, qu’on avait mises en bord de Loire.

Ne trouvez-vous pas que la ville manque d’un marqueur fort qui fasse venir les touristes toute l’année, afin que ceux-ci ne prennent pas seulement Orléans pour une ville-étape ?

Orléans a deux identifiants forts : Jeanne d’Arc bien évidemment, mais aussi la nature, et on l’oublie un peu trop. Il faut la faire entrer dans la ville, ou continuer à le faire. La marine de Loire doit, aussi, avoir plus de place dans l’Orléanais. Et puis, vous savez que je défends l’idée d’un Centre Jeanne d’Arc, qui serait un lieu d’attraction touristique fort et pourrait s’installer dans l’Hôtel des Créneaux quand le Conservatoire aura déménagé.

POLITIQUE CHINOISE ET CULTURE

Depuis qu’Orléans est tournée vers la Chine grâce au partenariat avec Yanghzou, quel est le retour sur investissement ?

Déjà, Orléans et Yanghzou sont devenues des références dans le cadre de la normalisation touristique : notre travail respectif va servir de base à une norme ISO qui va s’appliquer à l’échelle mondiale. Et puis, nous avons été assez vite connus en Chine : désormais, nous figurons sur certains tour-operators. Bon, ce n’est pas encore explosif, mais c’est très net.

Mais y a-t-il un indicateur sur le nombre de touristes chinois qui viennent à Orléans ?

Moi, je ne l’ai pas, mais on l’a, oui. Aujourd’hui, les nationalités les plus représentées sont l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique. Mais les Chinois progressent fort.

Des entreprises orléanaises se sont-elles installées en Chine depuis que cette coopération avec Yanghzou existe ?

Non, pas à ma connaissance. Une grosse entreprise proche de l’agglo orléanaise a eu, je crois une expérience malheureuse en Chine, et elle n'a pas envie d’y retourner. Mais vous savez, tout ça, c’est très français : quand je suis allé à Yanghzou il y a trois ans, la zone réservée aux entreprises françaises était vide, alors qu’elle était pleine chez les Italiens et les Allemands...

« on ne peut pas dire oui à toutes les initiatives »

Parlons culture. Vous avez certes créé des événements qui se tiennent, comme les Voix d’Orléans et le Parlement des écrivaines francophones, mais combien d’Orléanais s’y intéressent vraiment ?

Ces événements sont pointus, mais ils ont trouvé leurs places. 1 000 visiteurs par jour pour les Voix, c’est pas mal, même si on pourrait aller plus loin. Après, au Théâtre, le nombre de spectateurs n’est pas toujours très élevé non plus. Avec les Voix, il y avait un projet politique : celui de lutter contre ces petites mauvaises idées qui arrivent de façon insidieuse, comme dans les années 30.

Certains acteurs culturels se plaignent que la Ville ne leur octroie pas (assez) de subventions parce qu’ils ne feraient pas assez d'entrées…

On ne peut pas dire oui à toutes les initiatives. Et ce n’est pas parce qu’il y a 100 personnes dans une salle que l’effort de création ne vaut pas la peine d’être soutenu. Et inversement, ce n’est pas parce que le public ne vient pas que c’est la marque d’une grande opération… Regardez Orléanoïde que, pourtant, j’avais poussé. Il y a des équilibres à trouver. La popularité est un des critères, mais ce n’est pas le seul.

VENTE DE L’OLB, NOUVEAU STADE À LA SOURCE…

Sur le sport : la Ville, qui est actionnaire de l’OLB, a-t-elle vocation à continuer à lui donner plus d’un million d’euros par an ?

Déjà, l'OLB est "passé" à la métropole. Mais la vraie question, c’est la gouvernance de ce club. Je suis pour qu’on « démunicipalise » l’actionnariat, mais encore faut-il trouver les bons porteurs de projet. J’avais confié, c’est vrai, le soin à Alex Vagner de réfléchir à ces questions et aujourd’hui, les réflexions ne sont pas complètement mûres, me semble-t-il. Mais Alex fait partie des gens qui ont des compétences, qui sont sincèrement attachés au club et qui peuvent faire quelque chose pour le basket. Plus largement, je pense qu’il faut un projet large et consensuel, le projet d’une équipe, mais pas d’une équipe municipale. Avec Didier Nourault, on avait besoin de quelqu’un qui vienne du sport, et non pas par affinité avec des gens du conseil municipal. Je pense cependant qu’on a eu de très bons présidents à l’OLB.

« il faut « démunicipaliser » l’olb »

Vraiment tous ?

(sourire) Pour deux d’entre eux, oui. Ce n’est pas compliqué : ce sont ceux qui sont passés de Pro B à Pro A, qui se sont maintenus en Pro A et qui viennent de remonter en Pro A...

Oui ou non, Orléans a-t-elle besoin d’un nouveau stade ? On a l’impression que depuis 2014, on met des rustines à La Source…

J’ai une vision moins péjorative que celle de « rustines ». On accompagne une montée en puissance du stade dans sa configuration actuelle : on a soutenu l’arrivée d’un centre de formation important (pour 100 000 €, ndlr), on va soutenir l’amélioration de la pelouse et accompagner l’arrivée de loges VIP pour rehausser le niveau de l’USO. Mais c’est vrai, il va y avoir un moment où le stade, dans sa configuration actuelle, ne pourra plus progresser. Et c’est là que se posera de façon très claire la question de sa transformation. Mais ce stade doit accompagner aujourd’hui la montée en Ligue 1 -on est favorable à cette dynamique-, mais cela doit d’abord être le résultat d’un développement endogène du club.

Mais ce ne serait pas trop tard d’attendre la Ligue 1 pour mettre en place ce projet ?

Non, parce que si l’USO monte en Ligue 1 la saison prochaine, le stade est aux normes, en modifiant seulement quelques petites choses.

Un stade de 20 000 places serait-il seulement envisageable sur l’actuel site de La Source ?

Ça pourrait, mais ce n’est pas obligatoire. Au moment où l’on sentira que l’USO peut passer à un stade au-dessus, on engagera les réflexions pour aller vers un vrai (sic) stade. C’est une perspective que l’on peut commencer à préparer dans le mandat qui vient, mais qu’on ne mettra pas en œuvre dans le mandat qui vient.

Donc pas de « nouveau » stade avant 2026 ?

Oui. C’est plutôt quelque chose qui devra être là en 2030 plutôt qu’en 2023.

LES GRIEFS SUR SA GOUVERNANCE

Pour justifier (en partie) sa décision de démissionner, Nathalie Kerrien a expliqué que certaines décisions, dans son domaine de compétences, lui étaient passées au-dessus de la tête. Que répondez-vous à cela ?

Que je suis un peu surpris, parce que je n’ai pas décidé de beaucoup de subventions sans qu’elle n'ait été là, ou alors en nombre infinitésimal. Mais vous avez un exemple ?

On parle notamment d’une subvention à Cannes 1939 à Orléans, qu’elle aurait apprise en réunion avec des membres de la DRAC, etc.

Elle m’en a parlé, c’est vrai. Et c’est le seul argument qu’elle m’ait donné, d’ailleurs. Donc : j’ai rencontré les gens de Cannes 39 et je leur ai dit qu’ils devaient être plus ambitieux et qu’il fallait donner un autre relief à cet événement unique. Ils étaient d’accord, mais ils m’ont dit qu’il y aurait alors une question de budget. On a fait une réunion à laquelle Nathalie Kerrien n’a pas pu participer, et c’est au cours de cette discussion, en parlant avec tout le monde, que j’ai jugé que les étiages n’étaient pas bons. D’accord, on n’a pas fait un mail directement à Nathalie, mais si c’est cela le grief… Cela dit, sans ouvrir de polémique, je rappelle que je reste quand même le maire, et il me semble que le maire est dans son rôle quand il s’agit de jauger les événements que la Ville peut porter ou accompagner.

Donc, vous niez les accusations de court-circuitage dont d’autres élus font aussi état ?

Non, ça peut arriver, mais c’est le lot de toute collectivité. Parce qu’on va vite et qu’il y a beaucoup de sujets à traiter. Après, il y a un autre élément : avec la métropolisation, certains adjoints ont vu certaines de leurs compétences réduites ; celles-ci sont allées vers des vice-présidents qui sont souvent des maires d’autres communes.

Cela a heurté des susceptibilités ?

Je vous donne des exemples : quand beaucoup d’éléments du développement durable sont passés à la métropole, Stéphanie Anton n’a pas été souvent associée aux décisions prises. C’est d’ailleurs moi qui aie rappelé que l’adjointe d’Orléans, compétente dans ces domaines, soit au courant. C’est vrai aussi pour le tourisme : Martine Grivot a commencé avec un portefeuille plein et aujourd’hui, cette compétence est pilotée à la métropole par Jacques Martinet. À propos de Jacques, il a aussi fallu caler son rôle avec celui de François Foussier à propos du commerce. Bref, ces éléments-là vont nous obliger à adapter la gouvernance de la métropole dans le futur.

LE CANARD, SERGE GROUARD, SES ÉMOLUMENTS

Comment avez-vous vécu personnellement les événements de ces dernières semaines ?

À Orléans, on avait, il me semble, toujours évité les attaques personnelles. Donc, oui, j’ai été déçu. Mais je savais que l’article du Canard n’était pas fondé et qu’il avait été le fruit d’une manipulation. L’un des collègues de M.Guédé – l’auteur de l’article – m’a d’ailleurs dit qu’il s’était fait avoir, et que c’était très rare de sa part. J’ai été tout de suite très transparent et du coup, les attaques ont été faibles, même sur Internet. Et comme je sais aussi que cet article a été suscité par des élus…

Vous êtes donc toujours persuadé de cette théorie. D’autres disent que la fuite vient des services.

Mais les services, eux, ils ont les vraies pièces ! Ils n’inventent pas des choses erronées, comme la fameuse nuit au Georges V, qui n’a jamais eu lieu. Les services, ils ont les factures, ils savent que ça n’existe pas ! Donc, les services, ils ont bon dos…

Au cours des derniers mois, n’auriez-vous pas dû vous faire poser la question en conférence de presse à propos de cette relation personnelle évoquée par le Canard ?

Mais pourquoi ?

Les gens en auraient été informés publiquement, cela aurait peut-être déminé certaines choses.

Mais on ne s’est pas caché ! Et sur le plan professionnel, on s’est toujours attaché à cloisonner les choses. Le premier qui aurait pu être gêné par cette situation, c’est le directeur général des services. Interrogez-le, et vous verrez ce qu’il dit.

Vous dites que vous ne vous êtes jamais caché, mais l’Orléanais moyen ne savait peut-être pas, lui.

Mais qu’est-ce que ça aurait pu lui faire ?

L’article du Canard appuie sur un potentiel mélange des genres…

Non : l’article dit, en gros, que j’ai fait embaucher quelqu’un avec qui j’avais une relation personnelle. C’est complètement faux, je l’ai déjà dit. Passons à autre chose.

« mes mandats ? c’est deux fois 4 000 € avant impôts »

Vous êtes-vous senti « trahi » par Serge Grouard ?

Il m’avait prévenu qu’il allait faire un amendement au conseil du 17 juin ; mais un amendement dont je ne connaissais pas la teneur. Il dit que je l’ai déçu, et moi il m’a beaucoup déçu. Bon, on dit que les amitiés longues ne durent jamais longtemps en politique…

C’était vraiment un ami ?

Pour moi, oui (silence). Je reconnais ce qu’il a fait pour Orléans mais encore une fois, c’est la vie. Il faut se tourner vers l’avenir.

Vous n’avez jamais pensé, vous, à faire passer des messages… ?

(Ferme) Je n’irai jamais sur ce terrain-là.

Quel est aujourd’hui votre niveau de rémunération mensuel issu de vos mandats ?

Deux fois 4 000 € environ avant impôts, en tant que maire et président de la métropole. Cela correspond à deux pleins temps, soit entre 70 et 80 heures par semaine. Je précise que sont des éléments plafonnés par la loi. Et à la Ville, je ne suis pas celui qui est le plus rémunéré : il y a, avant moi, le DGS et un ingénieur hors-cadre. Toutes les autres fonctions que j’ai, comme au conseil de surveillance de l’hôpital, entrent dans le cadre des mandats et sont bénévoles. J’ai, au global, la même rémunération que j’avais lorsque j’étais parlementaire. Et je ne suis pas celui qui cumule le plus de rémunérations sur la métropole, il me semble.

LA CAMPAGNE DE 2020

En résumé, que retenez-vous de cette séquence ?

Que la campagne a commencé. Certains n’ont sans doute pas été contents que je soutienne LaRem ; d’autres que je rassemble au-delà de ce mouvement.

Même si vous n’avez pas le soutien de LaRem, vous mènerez de façon sûre et certaine une liste à Orléans ?

Oui, sur la base d’un grand rassemblement. Et je reprécise que je ne cherche pas d’investiture. Si je souhaite faire une alliance avec LaRem, c’est parce que je me sens proche de ce que ce parti défend. Ce n’est pas par calcul politicien ; c’est l’expression d’une sensibilité. Il ne me semble pas, d’ailleurs, que sur les questions de sécurité ou de fiscalité, il y ait beaucoup de différences entre LR et LaRem. Et de toute façon, les habitants d’une ville ne résonnent pas à l’échelle des partis.

Avez-vous des partants certains sur la liste que vous comptez mener ?

Oui. Je ne vous dirai pas qui, évidemment, sauf qu’ils sont de tout horizon, de tout âge et de toute condition. Mais aujourd’hui, je pourrais faire deux listes (sourire). Je veux partir avec des gens qui veulent créer un collectif, travailler ensemble, et qui partagent ma vision de co-construction que je veux continuer à développer.

« je ne cherche pas d’investiture »

Est-il vrai que vous déjeunez toutes les semaines avec Édouard Philippe ?

Mais non ! On se voit, on se parle au téléphone, mais ça, c’est une blague ! Alors oui, c’est important d’avoir des connexions de ce type. Je soutiens les actions du Président et du Premier ministre sur certains sujets, mais vraiment, je suis très loin de passer mon temps sur Paris…

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