Les Brèves

  • CV

    9 juillet 1955 : Naissance à Vichy

    1991 : Arrivée dans le Loiret

    2006 : Rachat d’Alstef avec son équipe de management et les salariés

Pierre Marol : Capitaine d’INDUSTRIE

Depuis le 13 juin dernier, suite à la démission d’Antoine Bonneville, la Chambre régionale de commerce et d’industrie de la région Centre-Val de Loire, a un nouveau capitaine en la personne de Pierre Marol, vice-président industrie pour le Loiret depuis 2016 et patron d’Alstef, à Boigny-sur-Bionne.

gaëla messerli 

L’arrivée de Pierre Marol aux commandes du navire régional des chambres de commerces et d’industrie souffle un vent nouveau. Elle coïncide avec le déménagement de l’institution dans des locaux mutualisés d’Interives, en compagnie de la CCI du Loiret, de Loire & Orléans et de l’UDEL. « J’ai été élu sur un programme construit avec les présidents des six chambres territoriales », explique cet amateur de voile. Pour Pierre Marol, la CCI du Centre a un rôle d’animateur des CCI territoriales ; elle abrite les fonctions-supports mais doit également accompagner les entreprises à l’international. Le nouveau patron de la CRCI veut aussi faire en sorte que les six CCI soient « plus efficaces, plus performantes, notamment en utilisant des outils, des processus et des prestations similaires dans toute la région. » Dans cette optique, l’avenir des CCI serait aussi à chercher dans la réduction de charges. « Et pas qu’avec la masse salariale, même si l’on sait que l’on ne remplacera pas poste par poste dans les trois ans à venir. » Cette politique passe aussi par le bâtiment Citévolia, qui devrait être « plus fonctionnel », et « par le développement des revenus au niveau formations et prestations, ainsi qu’immobiliers. » Certes, ce fils d’architecte devenu chef d’entreprise comprend la logique de réduction de la TFC (Taxe pour frais de chambre) engagée depuis 2013 par le Gouvernement, mais « on en fait vraiment beaucoup plus que certains. La TFC aura été divisée par quatre entre 2013 et 2022. C’est un peu violent ! »

D’Alstom à Alstef

Et avant qu’il ne réfléchisse à ces gros sous, à quoi rêvait Pierre Marol ? Petit, il voulait être vétérinaire. « Mes parents ont eu l’intelligence de ne pas me contrarier… », sourit-il. Doué en maths, c’est assez naturellement que celui qui se considère comme un Auvergnat monte ensuite à la capitale pour étudier à l’école d’ingénieur ENSTA Paris Tech. « Je suis le seul ingénieur de la famille. Je n’ai pas eu trop de difficultés à entrer dans la vie active », poursuit-il. C’est en 1991 qu’il s’installe dans le Loiret : « je suis venu avec ma famille pour rejoindre une filiale d’Alstom installée à l’époque à Saint-Jean-de-Braye. » Un hasard de la vie professionnelle, mais aussi une opportunité pour celui qui était auparavant passé par PSA pendant quatre ans, et avait alors compris qu’il ne voulait « pas faire carrière dans un grand groupe », mais souhaitait devenir « patron de PME-PMI. »

« je suis le seul ingénieur de la famille »

Après un premier faux-départ dans une PME, un poste de directeur chez Alstom se présente à lui. « Je m’étais préparé intellectuellement, j’avais organisé l’entreprise pour la reprendre, raconte Pierre Marol. L’opportunité s’est produite, je l’ai saisie. » En 2006, il rachète cette filiale avec son équipe de management et la rebaptise Alstef. La boîte est aujourd’hui spécialisée dans la manutention de bagages, le stockage automatisé, la maintenance et l’exploitation de systèmes. « Du jour au lendemain, j’étais tout seul aux manettes et, en même temps, il y avait du monde à côté. Associer le management et les salariés a été une bonne décision, déterminante pour la réussite du projet. » Depuis, la société a prospéré et Alstef s’est même regroupée avec BA Systèmes, à Rennes, en 2018, pour former B2A Technology, passant d’un effectif de 100 personnes en 2006 et 20 millions de chiffre d’affaires à… 550 personnes pour 109 millions d’euros. Une belle dynamique qui ne semble pas prête de retomber, car l’entrepreneur prévoit 130 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année et compte recruter 50 personnes par an.

Dans son fauteuil de sage, Pierre Marol n’est pas inquiet pour la rentrée économique. Il estime juste que les Gilets jaunes ont fait du mal aux commerçants de centre-ville : « au final, ils ont fait le jeu d’Amazon. » Quant au Brexit, « nous en profiterons peut-être, mais il y a toujours des gagnants et des perdants… » En ce qui le concerne, à bientôt 64 ans, la question de la transmission de son entreprise se posera un jour, mais la solution n’est, a priori, pas à chercher du côté de ses enfants. Pour l’heure, il a en effet prévu de naviguer cet été avec son fils en direction du Groenland, et pourquoi pas d’acheter un bateau !

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