Les Brèves

  • Ce week-end, un village du sport-santé

    Samedi 29 juin, de 10 h à 18 h, place du Martroi à Orléans, le Comité Régional d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire de la Région Centre-Val de Loire organise son premier Village sport-santé. L'occasion de profiter de démonstrations, de mini-conférences mais aussi de participer en testant le parcours motricité pour les enfants ou le simulateur de vieillissement pour les plus grands. 

Le sport sur ordonnance cherche son souffle

Sport-santé dans le Loiret

L'activité physique est un allié pour prévenir comment lutter contre la maladie, quelle que soit la pathologie. Un décret du 30 décembre 2016 permet d’ailleurs aux médecins de prescrire une activité physique adaptée à la pathologie de leurs patients dans le cas d'une affection de longue durée. Une démarche intéressante mais encore trop méconnue, qui bénéficie rarement d'une prise en charge financière…

gaëla messerli

Le sport sur ordonnance, cela n'aurait que des bienfaits. En tout cas, ce n'est pas Virgile Amiot, chef du service médecine du sport et explorations fonctionnelles respiratoires au CHR d'Orléans, qui dira le contraire. « C'est très positif, même si ce n'est pas assez connu, ni développé, explique le praticien. Pourtant, nous avons fait une présentation aux médecins de « l'hôpital de jour du sport », ouvert au sein du CHR depuis mars 2018. Celui-ci permet de réaliser un bilan complet, sur une journée, avec les patients. Ils peuvent faire un test d'effort, rencontrer un diététicien... C’est seulement maintenant qu’on commence à observer un peu plus de demandes. »

Une cinquantaine de patients environ ont pu, en un an, bénéficier de ce bilan qui permet de flécher les activités idéales pour le patient, ainsi que les structures adaptées. « L'idéal est que le patient nous soit adressé par son médecin traitant dans le cadre du parcours de soin », éclaire Virgile Amiot. Pour ce spécialiste, il faut encore communiquer davantage pour faire en sorte qu'il soit facile d'identifier les structures proposant une activité adaptée, mais aussi réfléchir à une prise en charge. « Les patients intéressés ne comprennent pas pourquoi le sport sur ordonnance n'est pas remboursé alors qu'il y a une prescription. C'est un frein. »

Une activité physique adaptée

Du côté du Comité Départemental d'Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire du Loiret, une des fédérations actives autour du sport-santé, le constat est le même. « Les choses commencent à bouger, mais l'absence de prise en charge par la Sécurité Sociale », ou seulement pour « les forfaits les plus élevés par certaines mutuelles », n'aide pas. « Nous avions auparavant une aide de l'ARS, mais nous n'avons plus de subventions aujourd’hui », raconte Sophie Puisset, conseillère en développement et éducatrice APA. Pour cette professionnelle de l'activité physique adaptée, « les vertus de l'activité physique sont pourtant prouvées scientifiquement ! Cela permet de lutter contre la fatigue et de conserver le muscle dans le cas d'un traitement de chimiothérapie. Pour les diabétiques, certains ont pu diminuer leurs prises d'insuline... Tout le monde s'accorde sur les bienfaits pour la santé, mais il n'y a pas de moyens... »

« le sport sur ordonnance n’est pas remboursé même s’il y a prescription… »

Le Comité Départemental d'Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire du Loiret continue cependant de proposer des cycles de douze séances pour permettre un retour à l'activité physique, mais aussi des séances adaptées pour les personnes atteintes de cancers ou de diabète : « Nous travaillons beaucoup avec le CHRO, Oréliance et des MSP. Nous avons réalisé un listing à remettre aux médecins avec le contact d'une vingtaine d'éducateurs formés à l'activité physique adaptée sur le département. Au total, 175 heures hebdomadaires sur le département sont adaptées aux personnes souffrant de pathologies dans nos clubs. » Objectif pour cette éducatrice APA : que le médecin puisse facilement orienter le patient. « Le plus difficile est d’amener les patients à faire une séance. Après il y a une bonne ambiance, cela se passe bien mais il faut dépasser l'idée du sport compétition que cer-tains peuvent avoir », explique celle qui estime qu'un tiers des 11 500 licenciés du département de sa fédération souffre d'une pathologie.

Faire le lien entre médecins et éducateurs

Au niveau de la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRDJSCS), Gildas Grenier, le coordinateur régional en charge du sport-santé, estime que 50 personnes par département pratiquent une activité dite de sport sur ordonnance, soit 300 dans notre région. Un chiffre qui peut paraître bas, mais qui ne prend pas en compte ceux qui ne passent pas par une prescription d’un médecin ou sont sortis du dispositif. « Nous avons mis en place avec l’ARS un site référençant les structures au niveau régional et nous sommes en train de créer un réseau, indique Gildas Grenier. Il y a une communication au niveau des médecins et des collectivités et la mise en place d’outils de suivi, de type carnet de suivi, pour faire le lien entre les médecins et les éducateurs sportifs. »

Pour ce représentant de la DRDJSCS, autant le monde sportif est formé et prêt pour le sport sur ordonnance, autant le monde médical « était un peu frileux, car il y avait l’idée que le repos était conseillé pour la maladie. La recherche montre le contraire, qu’une activité physique est nécessaire pour rester en bonne santé. » Un enjeu de taille pour lequel il existe quand même des aides du ministère des Sports, mais aussi « un remboursement des mutuelles en fonction des pathologies pour les personnes très malades. Il y a aussi un financement de l’ARS à travers les contrats locaux de santé et aussi une mobilisation des collectivités. » Néanmoins, la prescription du médecin reste le nerf de la guerre pour Gildas Grenier, qui travaille également sur la sensibilisation en amont, dès le plus jeune âge, avec l’Éducation nationale.

En savoir plus

www.sport-sante-centrevaldeloire.fr

Les Brèves

  • Fleury expérimente, Orléans informe

    Depuis mars dernier, une quarantaine de patients atteints de diabète de type 2 ont participé à des séances sportives adaptées à leurs pathologies et proposées par la Ville de Fleury-les-Aubrais, en partenariat avec la MSP et la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale. En résumé, les médecins de la MSP prescrivent et les patients sont encadrés par des éducateurs sportifs (gym articulaire et aquagym) de la Ville ou font de la marche nordique avec le CJF Athlétisme (une participation de 50 € est demandée aux patients fleuryssois, 70 € hors commune). Un bilan devrait être dressé début juillet pour savoir si l'expérience est étendue, mais les premiers retours sont positifs selon Frédéric Delpy, référent handicap en charge de développer le sport sur ordonnance dans la commune. « Une évaluation doit être réalisée, notamment par les professionnels de santé, mais l'offre devrait être reconduite en octobre, précise ce dernier. Il y a eu une forte assiduité et les retours des éducateurs sont bons en termes de dextérité et d'aisance... » L'offre pourrait même être étendue à d'autres pathologies, même si la formule semble particulièrement adaptée aux diabétiques de type 2.

    Du côté d’Orléans, les informations des associations proposant ces activités sont présentes dans le Guide des sports de la Ville, mais cela s’arrête là. « Deux sections avaient été proposées au public dans le cadre d'Orléans vous coach en 2018, avec la présence d'un éducateur spécialisé, in-dique-t-on dans les services. La mairie n'avait cependant reçu aucune inscription pour ces sections accessibles sur certificat médical. Le concept n'a donc pas été renouvelé ».