Les Brèves

    Évidences

    Le feu couvait depuis des mois, et l'eau a donc fini par déborder de la marmite. Lundi dernier, Serge Grouard a officiellement acté une rupture consommée depuis des semaines avec Olivier Carré. Voilà donc une majorité divisée, dispersée façon puzzle entre les indécis, les frondeurs et les fidèles. Mais fidèles à qui, à quoi ? Au maire de 2014 ou à celui de 2015, élus ensemble, à l’époque, sur une liste commune ?

    Les élections municipales n’auront lieu qu’en mars 2020, mais l’on se demande déjà comment va bien pouvoir fonctionner cette « majorité » actuelle. Bien sûr, les derniers mois d’un mandat sont traditionnellement ceux où l’on expédie les affaires courantes. À partir de septembre, de nombreux dossiers vont être mis en suspens. Le temps va être long, très long… Et l’on souhaite bien du courage aux communicants de la Ville pour tenter de faire passer une unité de façade dans les différents supports édités par la mairie…

    Cela étant, le spectacle dont on a été témoins vendredi dernier n’est pas tout à fait surprenant. Comment faire rouler droit un vélo monté sur deux roues différentes ? Comment faire cohabiter une majorité qui a subi de plein fouet le renouvellement politique de ces deux dernières années, et la dislocation des droites et des gauches ? À ce contexte global se sont ajoutées les ambitions personnelles et les frustrations des uns et des autres. Olivier Carré n’a sans doute pas pris la bonne mesure de ces lignes de fracture qui se creusaient, et s’est fait cueillir sur son point faible. À ce stade des éléments donnés par le Canard Enchaîné, et compte tenu de la défense qu’il a apportée, il serait aujourd’hui incongru de porter des jugements hâtifs sur l’éthique de l’actuel maire d’Orléans et de le clouer au pilori : ses « amis » s’en sont déjà chargés. Mais c’est une (autre) évidence : il y aura forcément un match retour. 

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