Les Brèves

  • « À partir de septembre… »

    Des équipements sportifs structurants sortiront-ils de terre à Orléans d’ici la fin de l’année 2019 ? De grands événements sportifs auront-ils lieu au cours de l’automne ? On sait que des travaux sont en cours à la piscine de La Source notamment, et que des jeux pour enfants sont programmés sur l’île Charlemagne. Sinon, Soufiane Sankhon dit être « en négociations pour accueillir un événement de boxe anglaise à l’automne. » Pour le reste, les élections municipales de 2020 empêchent de se projeter plus loin. « À partir de septembre, on ne bouge plus une oreille », dit ainsi l’adjoint aux Sports.

« Certains sont en campagne, moi je suis au boulot »

Soufiane Sankhon, Adjoint aux Sports à la Ville d’Orléans

Adjoint aux Sports depuis 2014, Soufiane Sankhon a connu une année animée. Alors que le mandat de l’équipe actuelle vit ses derniers feux, il passe en revue son bilan et évoque son avenir. Dans ou en dehors de la politique ?

propos recueillis par benjamin vasset

Quel bilan général faites-vous de la saison 2018-19 des clubs pros à Orléans ?

J’élargirais à la métropole, en vous disant qu’il est plutôt bon. On espère que Saran remontera prochainement ; quant à l’USO, elle a réalisé la meilleure saison de son histoire. L’OLB a effectué une année pas simple à son niveau, mais est en finale de play-offs*.

Autour de l’OLB, justement, le climat s’est-il apaisé selon vous ?

Germain Castano fait un très bon travail. Selon moi, il doit continuer. Avec le président de l’OLB, ça se passe bien : il connaît le sport. Le climat s’est apaisé dans le club. Autour ? Il y a des éléments que je ne calcule pas plus que ça, parce que ça n’a aucun intérêt. L’ancienne équipe dirigeante ? Ces gens auront les boules toute leur vie. C’est dommage pour eux, mais tout est question de cycles.

L’OLB doit-elle être privatisée ?

Je n’ai pas de religion. Si le développement du club doit passer par un statut qui n’est pas une Société d’Économie Mixte, pourquoi pas. Mais peu ont aujourd’hui les moyens de racheter le club. Personnellement, je ne mettrais de veto à personne.

Et si cette personne était Alex Vagner ?

Si ça sert l’intérêt du club… Après, ce monsieur veut tout reprendre et tout faire, et ça risque de lui coûter cher (sourire). Et dans le cadre du sport, il n’a encore rien fait.

CO’MET ne sera-t-il pas trop grand pour l’OLB ?

Non, car il sera doté d’un aménagement modulable, et qu’il permettra à Orléans de se positionner sur des compétitions internationales. Bien sûr, l’OLB sera le seul club résident, mais l’endroit permettra de développer un nouveau modèle économique, notamment grâce aux loges. Le prix de la location à l’OLB ? Il n’est pas encore défini.

Que pensez-vous de la proposition de Jean-Philippe Grand, qui voudrait « ouvrir » CO’MET à d’autres associations sportives de tout niveau et de tout âge ? 

Que ce n’est pas compatible avec la pratique du haut niveau, justement. Une équipe de sport de haut niveau a besoin de planification, de ses matchs comme de ses entraînements. Ce fonctionnement ne servirait pas les performances de l’OLB.

À quoi servira le Palais des Sports quand l’OLB sera partie ?

Déjà, quand l’O sera ouvert, on fermera la piscine et on réaménagera cet espace vacant. Un dojo, un plateau dédié à la GRS, des espaces VIP… Il y a plusieurs possibilités. Pour le reste, le Palais continuera à tourner en accueillant les Panthères et en devenant un équipement davantage fléché handball, avec Saran également.

Au fait, êtes-vous aujourd’hui le patron du sport sur la métropole ?

(Sourire) Non, mais je ne sais pas s’il y a un patron. Enfin, la délégation est aujourd’hui à Olivier Carré. Il n’a échappé à personne que je suis simple conseiller de base…

Mais le fait qu’il n’y ait pas de vice-présidence à la métropole dédiée au sport, c’est un souci, non ?

Un souci, non, un sujet, oui. J’ai eu l’occasion d’échanger avec Olivier Carré sur le sujet. Toutes les métropoles ont un poste de vice-président au sport. Ce serait dans la logique des choses qu’à Orléans, on fonctionne comme ça.

Avec le recul, avez-vous compris la gueulante et le départ des Panthères de Jean-Pierre Gontier cet hiver ?

Jean-Pierre, on le connaît. Il a énormément apporté au sport orléanais et au handball. Après, les choses ont toujours été claires depuis le début…

Si elles étaient si claires, pourquoi tout ce foin ?

Des attentes ont été générées sur le passage de la compétence sport pro à la Métropole, mais la Métropole n’est aujourd’hui pas en capacité d’y répondre. Je tiens d’ailleurs à rappeler que cet hiver, on a mis dans le même sac les prises de parole de Jean-Pierre Gontier et d’Emmanuel Vasseneix au SHB, mais ce sont deux dossiers qui n’ont absolument rien à voir.

L’USO a, semble-t-il, des envies pressantes de moderniser et d’agrandir le stade de La Source. Qu’en dites-vous ?

Que c’est super d’avoir des idées et des projets, mais qu’il faut avancer de manière structurée et organiser tout ça dans le temps. Avec l’USO, on veut prioriser : 3 ans, 6 ans, 9 ans. L’une des priorités, c’était la mise en place d’un terrain hybride, et ce sera fait à l’été 2020.

L’USO doit-elle avoir des envies de Ligue 1 ?

Monter en Ligue 1, ça ne se passe pas comme ça. Déjà, pensons à la saison prochaine : j’espère qu’elle sera aussi belle que celle que nous venons de vivre. Pour le reste, il faut être sérieux : il y a d’abord un travail de mobilisation des partenaires à faire. Je prends souvent l’exemple du club de rugby de La Rochelle : dans une ville de 75 000 habitants, ce club, à lui tout seul, a plus de partenariats privés que tous les clubs pros de la métropole orléanaise réunis…

Que pensez-vous de cette association qui s’est montée cet hiver autour de Florent Montillot, notamment, pour faire monter l’USO en Ligue 1 ?

Qu’on n’en a pas besoin.

On a parlé d’une belle engueulade entre vous deux cet hiver…

(Sourire) Je ne sais pas. Il semblerait... Ce qui se passe dans les murs de la mairie reste à la mairie. Après, je peux juste dire que je n’ai insulté personne.

De quoi êtes-vous le plus fier depuis que vous êtes adjoint aux Sports ?

D’avoir accueilli de nouveaux événements comme le gala de boxe de Brahim Asloum, le Tour de l’Avenir, l’équipe de France de basket… On a eu tous les ans deux événements majeurs qui sont passés par Orléans, des trucs vraiment « épais ». On a aussi facilité l’accueil des Panthères au Palais des Sports, on a contribué à la montée en puissance de Saran. Je suis super fier aussi du parcours de running au bord de la Loire.

Vous n’avez pas de regrets, comme le Tour de France ?

On a encore rencontré les organisateurs du Tour à l’automne dernier. Après, moi, j’ai un fonctionnement qui m’est propre : quelque chose ne s’est pas fait ? OK, on continue à avancer. Par exemple, on était sur le coup pour accueillir Tony Yoka à l’automne, mais ça ne se fera pas. Tant pis, on avance.

Continuerez-vous après 2020 ?

Franchement, je ne sais pas. Il y en a qui sont en campagne, moi je suis au boulot. Je ne peux pas être sur les deux fronts en même temps.

Si vous repartez, ce serait avec Olivier Carré ?*

Si je repars, ce ne sera pas avec certaines personnes de l’équipe actuelle, mais Olivier Carré n’en fait pas partie. Je ne suis pas encarté, je n’ai pas de dogme idéologique. Ma carte, c’est Orléans.

Pourquoi Olivier Carré a dit au printemps que vous ne repartiriez pas, alors que quelques jours plus tard, vous démentiez ?

Lui l’avait compris comme ça, peut-être que je m’étais mal exprimé… Il faut que je mesure maintenant si je serai en pleine capacité de me consacrer à un autre mandat et une autre campagne. Si j’y vais, ce ne sera pas pour faire les choses à moitié.

Vous pourriez lorgner une autre délégation que le sport ?

Même si le sport fait évidemment partie des éléments me concernant, je suis pluriel. J’ai une formation en géographie et en urbanisme, je garde une grande attache pour le culturel, donc rien n’est exclu.

Le maire a aussi dit que vous aviez été victime d’une « cabale » cette année…

Franchement, à un moment, tous ces articles m’ont fait marrer. Il y a eu une obstination à mon encontre. Mais il semblerait que pour être tranquille, il faille ne rien faire. Donc, je vais continuer à faire.

Avez-vous pensé à démissionner ?

(Surpris). Jamais de la vie ! Au contraire, ça met de l’essence. Moi, je dis ce que je pense, et ça ne me pose pas de problème d’aller au clash. Je suis diplomate, mais je respecte ceux qui me respectent. Mon seul intérêt, c’est de développer le sport.

* Interview réalisée avant la finale retour de Pro B et le conseil municipal du 17 juin dernier.

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  • Making of

    Salle de sport, Formasat, subvention à l’USO… Soufiane Sankhon a été particulièrement chahuté par des médias cette année. Il en garde une certaine rancœur, mais sait aussi qu’il n’a pas que des amis sur Orléans. S’il met en avant son « réseau » dans le monde du sport et son travail sur le terrain, on sent que l’homme a été agacé, c’est un euphémisme, par ces derniers mois. Une fois l’entretien terminé, il nous enverra d’ailleurs ce SMS : « j’avais oublié de rajouter que je ne suis pas responsable des fantasmes de ceux qui projettent leur vie ou spéculent sur la mienne par complexes ou frustrations. N’étant pas psychologue, cela dépasse mes compétences. » Du Sankhon dans le texte.