Les Brèves

    Un combat de marcheurs ?

    Crise politique à Orléans

    Tout était aligné pour qu’Olivier Carré soit a minima soutenu par La République en Marche lors des municipales de 2020. La tempête dans laquelle se trouve l’actuel maire d’Orléans pourrait rebattre les cartes.

    b.v

    Le soir du 26 mai dernier, au sortir de l’élection européenne, Olivier Carré devait se frotter les mains. À Orléans, La République en Marche était arrivée largement en tête, avec plus de 26,5 % des voix. Trois jours plus tôt, le maire d’Orléans s’était publiquement affiché aux côtés d’Édouard Philippe lors du déplacement de ce dernier à La Chapelle-Saint-Mesmin. La participation d’Olivier Carré à une tribune appelant à soutenir Emmanuel Macron aux côtés de 71 élus de droite et du centre était un autre acte fort à l’égard de la majorité gouvernementale. Dans l’esprit de beaucoup, il ne faisait alors guère de doutes qu’Olivier Carré serait le candidat soutenu par LaREM en mars 2020 à Orléans. Et ce malgré le fait que Richard Ramos, député Modem, eût fait part en mars dernier de son intention d’être tête de liste dans la cité johannique, et que Jihan Chelly, la référente départementale de La République en Marche dans le Loiret, se fût elle aussi déclarée intéressée par le « job ». Certes, celle-ci est aujourd’hui élue à Briare, mais elle nous confiait la semaine dernière son intention de revenir habiter sous peu à Orléans… Mercredi dernier, malgré les révélations dont il avait été l’objet le matin même, Olivier Carré sous-entendait encore que son investiture n’était, de son avis, pas remise en cause par cette « affaire ». Il semblait certain de bénéficier de soutiens en haut lieu…

    Ah, le nouveau monde…

    Officiellement, c’est pourtant la Commission Nationale d’Investiture (CNI) de LaREM, mise en place depuis le 3 juin, qui doit désigner les têtes de liste que le parti présidentiel soutient dans les villes de plus de 9 000 habitants. Cette CNI se base normalement sur l’avis de comités politiques locaux (« COPOL »), qui sont composés, dans les départements, du référent et des députés LaREM (dans le Loiret, Jihan Chelly, Richard Ramos, Caroline Janvier et Stéphanie Rist). Mercredi dernier, quelques heures après la publication de l’article du Canard, Jihan Chelly nous indiquait espérer que la tête de liste LaREM à Orléans fût désignée début septembre, après remontée d’informations, « analyse des projets » et tutti quanti… Un marcheur local nous a pourtant fait savoir en début de cette semaine qu’Olivier Carré aurait dû, selon lui, faire partie de la première salve d’investitures LaREM, lesquelles ont été annoncées… lundi dernier, sans qu’Orléans ne fasse partie du lot.

    Pourtant, à moins d'autres révélations à venir, cela ne veut pas dire qu’Olivier Carré est aujourd'hui discrédité auprès de Paris, même si, dans les critères édictés par la CNI, celui de l’« éthique et de la probité » prévaut sur tous les autres. Ainsi, la semaine dernière, quelques jours après la sortie du Canard, les marcheurs locaux n’affichaient pas un soutien débordant à Olivier Carré : « je ne suis pas juge, mais le mélange des genres n’est jamais bon », commentait la députée du Loiret Stéphanie Rist. Deux jours plus tôt, Jihan Chelly taclait : « ce qui est gênant, c’est le fonctionnement entre Olivier Carré et sa compagne. » Avec des amis pareils, pas besoin d’avoir d’ennemis : certains élus de la majorité estiment ainsi que la taupe du Canard est un marcheur orléanais; d'autres qu'elle se niche dans les services de la Ville, car les éléments sortis par le volatile seraient « trop précis. » Ce n’est plus un billard à trois bandes : c’est un flipper fou.

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